Logiciels libres - L'équivalent de la hausse en économies!

À la fin du mois de mars, alors que le mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité prenait son envol, votre gouvernement approuvait un vaste plan de migration de l’ensemble des postes informatiques de l’État et des organismes de la santé et de l’éducation vers Windows 7.

Le coût de la migration a été évalué par vos services à 1,4 milliard de dollars. Il concerne 738 000 postes de travail, dont près de 500 000 postes pour l’éducation.


Le coût de ce projet pour le seul secteur de l’éducation est évalué à 904 millions de dollars.


Les revenus supplémentaires prévus par la hausse des droits de scolarité pour la période 2012-2017 totalisent 964 millions de dollars.


Ainsi, dans les faits, la hausse des droits de scolarité pour la période 2012-2017 couvrira essentiellement des dépenses (récurrentes) en frais de migration et de licences logiciels, qui vous sont imposées par une multinationale étrangère.


Pourtant, pour l’essentiel, les logiciels nécessaires aux postes de travail, à la collaboration et plus généralement à l’éducation des étudiants du primaire, du secondaire des cégeps et des universités sont disponibles gratuitement sur Internet : ce sont des logiciels libres.

 

Des économies possibles


Nous, chefs d’entreprises spécialisées en logiciels libres, professionnels et experts des nouvelles technologies de l’information et des communications, affirmons que l’utilisation de logiciels libres dans le secteur de l’éducation, en lieu et place de logiciels privateurs, permettrait de réaliser des économies de plus de 450 millions de dollars et couvrirait la moitié de la hausse des droits de scolarité.


Nous ne voulons pas seulement affirmer que l’utilisation de logiciels libres est parfaitement adaptée au contexte de l’éducation, mais aussi qu’elle est souhaitable puisque les valeurs de partage, de communauté, d’éthique et de transparence propres aux logiciels libres sont également celles que souhaite véhiculer notre système d’éducation.


Les logiciels libres donneront aux nouvelles générations les outils pour façonner et construire le Québec de demain. Ils leur permettront de s’approprier la modernité et de construire un Québec plus libre, plus juste et plus prospère.


Les logiciels libres permettront d’affranchir le Québec du contrôle qu’exercent des multinationales sur nos systèmes d’information, renforceront l’expertise et la capacité d’exportation des entreprises québécoises, et contribueront à bâtir l’économie du futur : l’économie du savoir.

 

Valeurs de la jeunesse


L’avenir de notre culture, des arts, du savoir, de la vitalité de notre langue seront déterminés par notre capacité à nous approprier collectivement les nouvelles technologies de l’information et des communications. Cela commence par l’éducation.


La liberté, le travail, la collaboration, le partage et la transparence constituent les valeurs au coeur du développement du logiciel libre dans le monde.


Ces valeurs correspondent aujourd’hui à celles de la jeunesse du Québec. Sans avoir la prétention de penser que cette proposition puisse résoudre la crise actuelle que le Québec traverse, nous restons convaincus qu’une proposition de réduction de 50 % de la hausse des droits de scolarité pourrait contribuer à sa résolution.

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Benoît des Ligneris, Président de l’Association professionnelle des entreprises en logiciels libres; Cyrille Béraud, Président de la Fédération québécoise des communautés et industries du libre; Daniel Pascot, Président de Facil, pour l’Appropriation collective de l’informatique libre

12 commentaires
  • Steve Chabot - Inscrit 28 mai 2012 08 h 13

    Oh ..

    Vous ne tapez pas seulement sur une guêpe de l'économie quand vous parlez de logiciels libres, mais aussi dans la ruche de l'idéologie . Une idéologie qui va au-delà de la partisanerie politique ou commerciale, mais bien de mentalité pour ne pas dire de cyber mentalité .

    Ça va prendre une génération entière avant que le libre prenne sa place de façon majoritaire dans le système publique . Vous voyez , je vois la même difficulté pour le libre versus le privé que l'établissement du système métrique sur l'ancien système impérial .
    Les gens de cette époque trouvaient que c'était plus facile de retenir 1/2, 1/4, 1/8, 1/16, 1/32, 1/64 de pouce, etc. et 12 pouces pour 1 pied
    que
    10milimètres pour 1cm, 100cm (1 mètre) , 1000 mètres pour un kilomètre etc .

    Les gens sont psychologiquement habituels a fonctionner selon la méthode Microsoft et leur confort psychologique en dépend , même si avec le temps les solutions des systèmes d’exploitation au niveau du libre son devenu moins complexe a utiliser que Windows ( Ubuntu 12 versus Windows 8) le simple fait que le système porte le nom de Windows mettra en confiance les gens .

    • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 28 mai 2012 11 h 47

      la conversion de winxp à linux mint cinnamon m'apparait plus facile que de winxp à win8 tel que je l'ai testé sur des ainés.

      Guillaume Blouin-Beaudoin

    • Claude Coulombe - Abonné 28 mai 2012 13 h 58

      Oui, je conviens que le logiciel libre n'est pas gratuit au sens qu'il faut bien apprendre à s'en servir. Mais en 2012, Linux (dont Ubuntu) n'est pas plus compliqué à apprendre pour un technicien digne de ce nom qu'un logiciel de Microsoft. D'ailleurs, la connaissance des logiciels Microsoft n'est pas inscrite dans le code génétique... Il faut l'apprendre... et souvent à grand frai$.


      De plus, on est surpris du nombre de connaissances et compétences qui sont transférables de « Microsoft » à « Linux » et l'inverse. C'est de l'informatique après tout! Et ça permet d'étendre et généraliser ses connaissances.

      Cela est encore plus vrai du côté des applications bureautiques où souvent un éditeur de texte « LibreOffice » ou « OpenOffice » est plus proche d'une version d'Office pour Windows XP que de la plus récente version sous Windows 8. Il y a aussi des offres d'applications infonuagiques (cloud) très intéressantes.

      Je terminerai en disant qu'il ne faut pas avoir peur d'apprendre de nouvelles choses car « savoir » libère et enrichit!

  • Raymond Hill - Inscrit 28 mai 2012 08 h 24

    Complètement d'accord

    "Nous ne voulons pas seulement affirmer que l’utilisation de logiciels libres est parfaitement adaptée au contexte de l’éducation, mais aussi qu’elle est souhaitable puisque les valeurs de partage, de communauté, d’éthique et de transparence propres aux logiciels libres sont également celles que souhaite véhiculer notre système d’éducation"

    Complètement d'accord.

    Après avoir installé Ubuntu en 2009, j'ai cessé d'utiliser Windows. Mon seul regret depuis, c'est de ne pas avoir essayer Linux *avant*.

    Ubuntu vient avec un "Centre de logiciels" qui contient plus de 34 000 entrées présentement. Il n'y a pas un logiciel sur Windows que je n'ai pas trouver sur Ubuntu. Avec Ubuntu, les 34 000 logiciels sont trouvés et installés avec quelques cliques seulement, sans avoir à chercher sur internet, sans avoir à se retrouver sur des pages web douteuses, sans avoir à payer avant de pouvoir utiliser le plein potentiel du logiciel, et sans crainte que le logiciel qu'on installe va laisser des traces néfastes, sans "bloatware", et sans avoir à devenir captif d'un logiciel particulier (les formats sont ouverts).

    Je trouve très dommage que nos taxes aillent emplir les poches de Microsoft, alors qu'il y a des solutions de remplacement qui coûterait pas mal moins chers, garderait les sommes dépensées à l'intérieur de l'économie du Québec, et familiariserait les étudiants au monde du logiciel libre et ouvert, plutôt que d'être captivés par Microsoft en tant que futurs clients.

  • Alain Hebert - Inscrit 28 mai 2012 08 h 26

    et ça presse...

    La transition vers les solutions "open-source" pour l'ensemble de l'administration du Québec est une nécessité en soi. Nous ne serions pas les premiers à suivre cette voie. De nombreuses administrations françaises ont déja fait la transition. Il est inadmissible que nos taxes et impots (gagnés d'effort et sacrifice par chacun d'entre nous) serve à enrichir une multinationale américaine, alors qu'une alternative existe. Qui plus est, cette alternative permettrait de développer une expertise "open-source" locale et créerait de l'emploi ici au Québec.

  • Gilbert Fafard - Inscrit 28 mai 2012 08 h 28

    Pour une poignée de GiG qui mène au changement

    Votre analyse est vraiment d'actualité. Il est intéressant de constater comment le gouvernement est capable de dépenser quelques millions de $ sur de logiciels commerciaux sans vraiment se poser des questions essentielles sur l'utilisation des logiciels libres et l'économie potentielle que nous pourrions réaliser à tous les échelons de la société québécoise. Mais je doute que nos élus savent la différence entre un bit et un gig. Alors pour le logiciel libre... dans nos institutions québécoises, vaudra mieux être patient.

  • Solange Bolduc - Abonnée 28 mai 2012 10 h 06

    Proposition intéressante !

    Votre proposition est plus qu'intéresante et les leaders étudiants devraient s'en inspirer pour négocier avec le Gouvernement.

    "Les logiciels libres permettront d’affranchir le Québec du contrôle qu’exercent des multinationales sur nos systèmes d’information, renforceront l’expertise et la capacité d’exportation des entreprises québécoises, et contribueront à bâtir l’économie du futur : l’économie du savoir."

    Quel argument contre ...?

    • Sudama Hébert - Abonné 28 mai 2012 12 h 31

      Une conversion au logiciel libre coûterais excessivement cher. Beaucoup plus que la conversion à Windows 7. Les professionnel du logiciel libre coûte tou aussi cher que les professionnels de l'industrie "commerciale".
      Il ne faut pas oublier que Libre ne veut pas dire gratis. Les professionnels de l'industrie du logiciel libre on gros à gagner à manipuler l'opinion publique qui est en recherche de changement au niveau des dépenses publiques.
      Ceci dit, je ne doute pas de l'utilisabilité des logiciels libres ni de la faisabilité d'un tel projet. Je questionne seulement les bénéfices à court, moyen et long terme.

    • Alain Hebert - Inscrit 28 mai 2012 17 h 39

      A Sudama Hébert: Ce type de transition a été effectué dans plusieurs administrations françaises, dont la gendarmerie. Les économies réalisées ont été mesurées et publiées. Par contre, je précise que le yatch de Bill Gates est beaucoup plus spectaculaire que celui de Tonu Accurso... Donc, on reste avec Microsoft.