Conflit étudiant - Quelle supercherie!

L’entente de la fin de semaine entre le gouvernement et les associations étudiantes est survenue après des semaines de grèves étudiantes et de manifestations.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’entente de la fin de semaine entre le gouvernement et les associations étudiantes est survenue après des semaines de grèves étudiantes et de manifestations.

Le contenu de «l’entente» que le gouvernement a rentrée dans la gorge des quatre leaders étudiants est absolument grotesque! Le gouvernement les a endormis avec cette vieille stratégie technocratique, usée à la corde, consistant à faire semblant de régler un problème en le dissimulant derrière une pléiade de comités.

Ainsi, il y aura un comité provisoire où quatre étudiant(e)s siégeront avec onze représentants des institutions d’enseignement et des syndicats, ainsi que deux représentants des milieux d’affaires et du représentant de la ministre, pour déterminer s’il est possible de couper dans les budgets des universités... Le fardeau de la preuve reposera sur les jeunes épaules des quatre étudiants, qui devront convaincre les quatorze autres de réduire leurs propres avantages budgétaires dans le but de les transférer vers la réduction des droits de scolarité. C’est d’une incroyable naïveté!


Les onze interlocuteurs institutionnels et syndicaux des étudiants dénoncent depuis des années le sous-financement des universités et ils considèrent tous en avoir fait maintes fois la preuve. Quant aux milieux d’affaires, qui militent depuis des lustres en faveur de la réduction de leur propre contribution fiscale, leurs deux représentants veilleront à ce que les propositions des étudiants ne débouchent sur aucun investissement public supplémentaire. Et le représentant de la ministre libérale les appuiera, comme elle le fait invariablement.


[...] Belle foire d’empoigne en perspective! Et pendant que les étudiants perdront leur temps à tenter de négocier avec leurs partenaires ou leurs adversaires, les droits de scolarité auront été majorés selon le désir du gouvernement et des milieux d’affaires.


Au conditionnel...


Si, par miracle, les quatre étudiants parvenaient à convaincre les autres membres de ce conseil provisoire, ce dernier serait ensuite remplacé par un conseil permanent… qui réétudiera tout ça pour formuler des suggestions de coupures à la ministre… qui pourra en disposer comme elle l’entend. Ensuite, si toujours par miracle, ces coupures sont acceptées par tous les «partenaires», en contradiction flagrante avec leurs propres intérêts, elles serviraient alors à réduire l’augmentation des droits de scolarité.


Quelle belle entente! Comme d’habitude, le gouvernement libéral aura réussi à renvoyer dos à dos tous ceux qui réclament, pour diverses bonnes raisons, une augmentation des investissements gouvernementaux en éducation.


Les «partenaires» s’entredéchireront: les administrateurs universitaires, les syndicats d’enseignants, les milieux d’affaires (surtout ceux-là), et les étudiants formeront ainsi un magnifique panier de crabes, sous l’oeil amusé et satisfait du Ponce Pilate gouvernemental. Il n’en sortira rien du tout pour personne, surtout pas pour les étudiants. Et le gouvernement et les plus fortunés de la société auront encore vaincu. L’argent frais dont les universités et leurs étudiants ont besoin, il se trouve dans les revenus mirobolants d’un grand nombre d’entreprises aux profits mirobolants, comme les institutions financières. Mais évidemment, les milieux d’affaires et leurs «délégués» gouvernementaux veillent au grain! Ils seront même aussi nombreux que les étudiants au sein de ces fameux comités trompe-l’oeil! Encore une fois, les dés sont pipés en faveur des segments les plus riches de la société.


Chaos social


La gestion libérale de la richesse collective nous conduit tout droit au chaos social. Lorsque les grandes entreprises fortunées quémandent des subventions, le gouvernement leur trouve des millions si rapidement que les journaux n’ont même pas le temps d’en parler. Lorsque les riches demandent des réductions d’impôt, le gouvernement leur offre gracieusement des échappatoires fiscales. Lorsque leurs entreprises veulent de plantureux contrats gouvernementaux, ils n’ont qu’à ristourner le parti au pouvoir. Et lorsque des hauts fonctionnaires se font attraper en train de piger dans le plat de bonbons, on leur offre des indemnités de départ scandaleuses et on les réengage dans un autre organisme du gouvernement.


En revanche, lorsque les segments les plus démunis de la société revendiquent un abri pour la nuit, des repas pour survivre, des logements décents, des soins de santé adéquats, l’éducation accessible pour tous, le gouvernement leur répond que les coffres sont vides et les renvoie dos à dos, en les ensevelissant sous une pléthore de comités d’étude et de tables de discussion où ils devront s’entredéchirer pour se partager ce que les plus riches de la société et leur gouvernement consentent à leur laisser.


C’est odieux, et les jeunes du Québec l’ont compris. Très tôt dans le conflit, ils ont fait de la question des droits de scolarité un exemple parmi d’autres de l’injustice fiscale actuelle, en précisant bien que ce ne sont pas eux-mêmes qui seront les plus affectés par cette hausse, mais plutôt ceux qui les suivront. [...]

 

Solidarité sociale


La hausse des droits de scolarité universitaires n’est qu’une manière de déporter sur les épaules des étudiants la plus grande part possible du financement de l’éducation, qui bénéficie pourtant à tout le monde. Pourtant, les contribuables fortunés qui exigent ce transfert fiscal sont, pour la plupart, des gens qui arriveront bientôt à la retraite et qui vieilliront de plus en plus rapidement.


Ne s’aperçoivent-ils pas qu’ils auraient le plus grand avantage à continuer de financer la formation universitaire de la jeunesse? Car demain, ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui devront à leur tour payer les impôts nécessaires au financement des services de santé et de soutien de toutes sortes que cette immense cohorte de vieillards revendiquera, car elle en aura désespérément besoin ! C’est alors que si nos cerveaux déclinants ne sont pas encore devenus comme de la béchamel, nous regretterons amèrement d’avoir refusé en 2012 de financer l’éducation et la prospérité de ceux qui devront nous faire vivre.


Aujourd’hui, le financement de l’éducation des jeunes par leurs aînés plus fortunés est donc une question de solidarité sociale. Demain, ce sera le juste retour des choses par le financement des services de santé offerts aux vieux et payés par les plus jeunes. Dans les deux cas, c’est un devoir de solidarité intergénérationnelle et ça devrait passer loin devant le concept de «l’utilisateur payeur» inventé par les économistes et les comptables à courte vue, qui se sont mis au service de leurs plus riches clients pour leur faire économiser de l’impôt. [...]


Visiblement, ce gouvernement souhaite se bâtir du capital politique auprès des milieux d’affaires et des couches sociales les plus apathiques de la population, qui adorent généralement les dirigeants qui intimident leurs adversaires en montrant leurs muscles, comme dans les matchs de hockey. Le gouvernement a fait le pari de gagner ce match politique contre les étudiants en les forçant à descendre dans la rue, pour mieux les réprimer et ensuite les enfermer dans la logique des comités bidon…


Mais les jeunes ne sont pas dupes. Leurs parents et grands-parents non plus. La rue n’a pas fini de parler, et nos étudiants, s’ils refusent cette supercherie d’entente, seront bientôt rejoints par des centaines de milliers de gens plus âgés qui ne permettront plus que le gouvernement tabasse nos jeunes, viole leurs esprits et rabroue les meilleures valeurs fondamentales de la société québécoise.

***
 

Pierre-Yves Guay, Sociologue du développement économique et professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM

51 commentaires
  • Darwin666 - Abonné 8 mai 2012 01 h 38

    Merci!

    Qu'en termes éloquents résumez-vous mes sentiments...

  • Victor Beauchesne - Inscrit 8 mai 2012 07 h 12

    réaction typiquement sociologique

    Un autre intellectuel à pipe réagit vivement, et les 15 000 lecteurs du Devoir vont l'applaudir. Entretemps les autres 7 985 000 Québécois continuent d'appuyer les hausses.

    Vouloir accuser la vaste majorité des citoyens d'appartenir aux ''milieux d'affaires et des couches sociales les plus apathiques de la population'' est un déni complet de la réalité. On dirait que ce genre de professorus québécicus vit dans une bulle révolutionnaire bien à eux et indétectable par la majorité.

    • Bernard Dupuis - Abonné 8 mai 2012 10 h 12

      C'est que nous sommes plusieurs lecteurs du Devoir qui se demandent toujours quels sont les arguments politiques justifiant les hausses. Ce n'est pas parce qu'il y aurait 7 985 000 Québécois qui seraient en faveur des hausses que cela constitue un bon argument politique. De plus, ce n'est pas parce qu'on accuse les professeurs québécois de vivre dans une «bulle» que cela va convaincre beaucoup de monde.

      Quand la population exigera-t-elle le déclenchement d'élections le plus rapidement possible? Cela constituerait-il un acte révolutionnaire? Nous pourrions voir s'il y en a tant que cela qui soutiennent ces hausses bien arbitraires.

      Bernard Dupuis, Berthierville

    • Réal Rodrigue - Inscrit 8 mai 2012 10 h 33

      Vous véhiculez l'idéologie néolibérale, laquelle, entre autres choses, fait la promotion du principe utilisateur payeur. C'est votre choix, mais vous devez admettre que l'idéologie du bien commun et de la solidarité, laquelle reconnaît le droit à l'éducation pour tous, mérite au moins le respect. Mais votre stratégie est de flétrir l'adversaire, ce qui me paraît typique de la classe politique au pouvoir actuellement. M.Charest est passé maître en la matière.

    • Francis Paradis - Inscrit 8 mai 2012 10 h 39

      L'appel à la foule pour justifier une décision est un sophisme. On apprend à déceler ce genre de sophismes dans les cours de sciences molles: cela vous ferait peut-être du bien d'en suivre un ou deux.
      L'auteur de cet article est un professeur en science de la gestion: on parle d'un des milieux les moins à gauche parmi tous les programmes universitaires. Peut-être pourrions-nous alors nous baser sur les écrits plutôt que sur sa prétendue orientation politique?

    • Solange Bolduc - Abonnée 8 mai 2012 10 h 46

      Je connais des étudiants qui sont pour la hausse des droits de scolarité, dont les parents ne font pas partie du milieu "d'affaires et des couches sociales les plus apathiques de la population'' , mais qui ne s'intéressent pas non plus à la politique, ne pensent qu'à obtenir un diplôme, travaillent tout en poursuivant leurs études, et vous leur demandez s'ils sont au courant de ceci ou de cela , et c'est souvent non!!

      L'idéologie de ces gens c'est de terminer leurs études le plus rapidement possible, pour avoir une job bien rémunérée! Et sans que la culture en générale, l'histoire, la politique , etc...ne soulèvent chez eux indignation ou intérêt.

      Ce sont eux les vrais anarchistes, pas ceux qui marchent pour contrer les frais de scolarité. Au moins ils sont politisés et véhiculent certaines idéologies que l'on soit d'accord ou non avec elles !

    • Louka Paradis - Inscrit 8 mai 2012 10 h 54

      Le mépris discrédite son auteur.
      Louka Paradis, Gatineau

    • Georges Washington - Inscrit 8 mai 2012 11 h 04

      La rhétorique capitaliste ne se justifie que dans la mesure où l'égalité des chances existe. Le fameux «self-made man» pour gommer les iniquités du hasard de la naissance qui font de l'un un riche de naissance et de l'autre un pauvre de naissance. Et la pierre angulaire de cette égalité des chances réside dans l'accès universel à l'éducation.

      Jamais, jamais et jamais, je ne serai d'accord avec une mesure qui restreint l'accès à l'éducation.

    • Émile Essent - Inscrit 8 mai 2012 11 h 24

      @ Victor Beauchesne : vous avez tort parce que vous avez raison. le rôle de l'université n'est pas de se ranger à l'opinion de M. Toutlemonde (inutile de faire un doctorat pour cela) mais bien de prendre du recul. Cela peut mener à voir les choses de manière pas mal différente et à l'occasion de faire la promotion d'un changement. Inévitablement, l'universitaire dans cette position en vient à s'opposer à l'opinion dominante. C'est le cas ici.

      Pour le moment le gouvernement gagne la bataille de l'opinion avec un discours simpliste et démagogique qui fait tristement la preuve de son efficacité puisque la cote de popularité de Charest remonte en dépit des multiples scandales. C'est justement dans ces situations où il est pertinent d'écouter ceux qui réfléchissent.

      Si vous êtes en désaccord avec ça vous devriez, pour être cohérent, demander la fermeture de tous les départements universitaires autres que ceux dont la mission en est une de formation professionnelle (sociologie, littérature, histoire, mathématiques, etc.). Est-ce ce que vous voulez ?

    • Pierre Bellefeuille - Inscrit 8 mai 2012 12 h 41

      La réalité est en partie fabriquée par la concentration des médias chez Gesca et Québécor où on gère l’opinion publique par sondages favorables au gouvernement Charest. Les médias conservateurs, le milieu affairiste et le gouvernement se renforcent en boucle pour assurer la pérennité de leur pouvoir. C’est la grande illusion de la réalité fabriquée sur mesure pour servir les intérêts d’une élite.

      Le gouvernement est servile ici.

    • Christian Ouellet - Inscrit 9 mai 2012 03 h 29

      7 985 000 Québécois continuent d'appuyer les hausses.

      c'est selon votre prope sondage ?

    • Yves Arsenault - Inscrit 9 mai 2012 09 h 33

      Tout à fait raison M. Beauchesne. Quel ramassis de sottises. Les étudiants, "les plus démunis de la société"? La "solidarité sociale" consistant à ce que des gens qui travaillent au salaire minimum et / ou dont les enfants n'iront jamais à l'université payent pour cette clientèle qui est généralement très à l'aise financièrement? "Déporter sur les épaules des étudiants..." alors qu'ils ne financeront qu'un sixième des coûts de leurs études, même après les hausses? Franchement!!!

    • Pierre Bélanger - Inscrit 10 mai 2012 16 h 48

      J'appuie sans réserve les propos de Victor Beauchesne et je dois avouer que je ne fais partie ni de la go-gauche québécoise ni de l'idéologie néolibérale mais simplement du GROS bon sens. Je crois sincèrement que qu'une poignée d'anarchistes se sont tout simplement emparés du mouvement de contestation étudiante. Le temps presse il faut revenir à la raison : une trève s'impose car nous sommes dans une impasse dans laquelle il sera impossible de sortir. Je fais aussi partie des 7 985 000 Québécois qui continuent d'appuyer les hausses. Comme dit si bien Victor Beauchesne « Vouloir accuser la vaste majorité des citoyens d'appartenir aux ''milieux d'affaires et des couches sociales les plus apathiques de la population'' est un déni complet de la réalité. »

    • Pierre-Yves Guay - Abonné 10 mai 2012 21 h 47

      M.Beauchesne,

      Je suis très surpris que vous soyez irrité par le caractère typiquement "sociologique" de l'analyse d'un problème social. Je ne sais pas quelle est votre profession, mais supposons que vous soyez comptable ... il serait assez normal que votre analyse d'un bilan financier soit "typiquement" comptable et je serais le premier à respecter votre vision des choses. À chacun son métier monsieur !

      Par ailleurs, je n'ai jamais écrit que "la vaste majorité de la population était apathique" !! C'est vous qui le dites ! Le sens de mon propos était de souligner que le gouvernement flattait l'égo de ceux qui tenaient au statu quo ... Et les partisans du statu quo sont nécessairement apathiques face aux vertus du changement social, car ils lui sont réfractaires. Ça, c'est effectivement très sociologique.

      Quant à nos liens respectifs avec la "majorité", je vous avoue qu'à la lumière de l'ensemble des commentaires reçus, je me sens bien mieux "détecté" que vous ne l'êtes.

  • Diane Blaquiere - Inscrit 8 mai 2012 07 h 27

    Une décrocheuse!

    Je suis moi-même sans aucun diplôme et je travaille avec des autodidactes qui auraient bien besoin de programmes à la carte pour arriver à se payer des études. Les universités sont devenues des usines à clones et pour y avoir été récemment, je suis navrée de cette course à crochets et de ces frauduleux travaux d'équipes qui eux n'ont même pas à voir avec la connaissance ou l'acquisition de l'expertise. Encore moins avec l'éducation.

    Des diplômes copiés-collés ne méritent pas un sou de plus de la part des étudiants (lire leurs parents). Pas plus que le flattage d'égos des détenteurs du haut savoir doctoral. Il faudrait faire un sérieux ménage pour arriver à parler d'éducation au Québec et enfin ne garder que les profs qui s'assument.

    Les universités n'ont qu'un jeune sur 5 à instruire et rien ne progresse même avec les 4 milliards injectés (discours de vendredi 4/5/12 par le PM M. Charest) en éducation ??? qui représentent la faramineuse augmentatation de 40% du budget depuis 2003 (même source).

    Le décrochage ne fait aucun progrès malgré la multiplication des programmes et des organismes de soutien. Pourtant, quand nous parlons aux gens qui gagnent leur vie par leur addiction aux colloques et aux comités divers et aux tables de concertation et se préparent un revenu de retraite avec leurs absences rémunérées aux organismes et aux sous-minitères et papati et patata ..... je décroche. Le discours des mieux instruits et des "politicly correct" est aux autocongratulations et aux stratégies de nivellement par le bas.

    Aller leur parler 15 minutes d'autodidaxie pour les plus démunis dont le milieu socioéconomique est la principale raison de renonciation aux études....... c'est trop fort pour leurs méninges. Et nous, on prend nos trous sans aucun budget... pour l'amour de nos jeunes et sans protection syndicale.

    De tout ce mouvement de révolte des étidiants,, je ne regrette que les tactiques qui consistent à répéte

    • Christian Lamontagne - Inscrit 8 mai 2012 09 h 54

      J'adhère à votre analyse. Ce n'est pas tout le problème mais vous en décrivez très justement une facette généralement négligée et qui met tout le monde en cause... même les étudiants. Ce que vous décrivez, entre autres, c'est que le nivellement par le bas se fait jusqu'en haut.

      Mais le comité conjoint étudiants-universitaires-syndicalistes-etc. ne se rendra pas là.

    • Solange Bolduc - Abonnée 8 mai 2012 10 h 34

      Votre témoignage est intéressant. J'aurais aimé le lire jusqu'à la fin.

      J'aime les gens comme vous capables de s'indigner dans la franchise et la sincérité que semble vouloir brimer un gouvernement qui n'en est incapable, étant plus intéressé à défendre les mieux nantis que ceux qui en ont réellement besoin.

      Bravo de vous tenir debout, et dans la dignité, en plus!

    • sylvie drapeau - Inscrit 8 mai 2012 11 h 12

      Vous avez raison, et c'est vrai que c'est une des facettes. Je suis retournée étudier en tant qu'adulte, parmi les jeunes à temps plein de jour. J'ai obtenu un DEC qui me permet aujourd'hui de bien tirer mon épingle du jeu. J'ai terminé de payer les prêts ainsi que leurs intérêts, 10 ans plus tard sans ne jamais manquer un seul paiement.

      Ma première surprise: le kiosque à l'entrée du collège pour offrir aux jeunes une carte de crédit, en plus des prêts étudiants. Une jeune clientèle au crédit vierge, c'est très très alléchant pour les banquiers. Ils sont installés là en permanence et attrappent les jeunes un après l'autre.

      Ma deuxième surprise: la piètre qualité de la matière enseignée. À peu près tout ce qui me permet de m'en sortir aujourd'hui ne m'a pas été enseignée. Il a fallu que je ratisse bien plus large pour parfaire mes connaissances en autodictate pour complémenter à ce qu'on m'enseignait.

      Ma troisième surprise: l'éducation est vendue par des gens en position d'autorité exactement comme un bien de consommation. À une clientèle qui leur fait confiance.

      Si c'était possible, j'aurais fait une plainte aux droits des consommateurs pour vente de marchandise périmée et désuète! Sylvie L Drapeau

  • NDNM - Abonné 8 mai 2012 07 h 50

    élégance

    Qu'en termes élégants et justes vous décrivez cette entente et la situation.
    merci

  • Sanzalure - Inscrit 8 mai 2012 08 h 11

    Trois sortes de vieux

    Une sorte proche du pouvoir qui s'en fout de tout ça car sa vieillesse dorée est déjà assurée.

    Une sorte qui défend le pouvoir et va le regretter amèrement quand le pouvoir l'abandonnera lâchement à son triste sort.

    Une sorte qui s'attaque au pouvoir dans la rue avec les jeunes pour au moins essayer de créer un monde meilleur.

    De quelle sorte faites-vous partie ?

    Serge Grenier

    • sylvie drapeau - Inscrit 8 mai 2012 11 h 14

      Belle analyse des têtes grises. Je suis du trosième type et fière de l'être.

      Seulement, j'ai remarqué le même système dès l'âge de 30 ans.

    • Fournier P. - Inscrit 8 mai 2012 13 h 17

      @Mpnsieur Grenier,

      ...et si on répertoriait les jeunes de la même facon, en les classant dans des petites boîtes avec le même dépit, qu'en penseriez-vous ?

      Vous faites exactement ce que vous reprochez aux autres...

      Si jeune, seriez-vous déjà si vieux ?



      Pierre Fournier