Motion de blâme contre Yves Michaud - Souvenir d'un cirque honteux à l'Assemblée nationale

Le 14 décembre 2000, 109 députés de l'Assemblée nationale du Québec s'avilissent en votant à l'unanimité une motion de blâme contre un citoyen, en violation flagrante des droits fondamentaux de la personne: sans faire comparaître le citoyen, sans lui lire son acte d'accusation, sans lui assurer une défense pleine et entière.

Les conspirateurs de cette félonie — du jamais vu dans l'histoire de plusieurs siècles de parlementarisme — sont Lucien Bouchard, ancien premier ministre et actuel lobbyiste du gaz de schiste, Jean Charest, actuel premier ministre, et le cauteleux Sylvain Simard, député de Sorel.

L'auteur des présentes lignes est le citoyen sali par le Parlement de la nation. Il attend toujours de l'Assemblée nationale une modification de ses règlements prohibant à jamais un viol aussi public et éhonté de la réputation. Des 66 députés du Parti québécois qui ont participé à ce vote infamant, 59 se sont excusés. Outre l'olibrius cité plus haut, trois membres de la députation péquiste, Nicole Léger, Danielle Drolet, Claude Pinard, n'éprouvent aucun remords. Madame Marois n'a pas réussi à amener le trio délinquant à la moindre résipiscence. Discipline de parti à échelle variable?

Parmi les autres égarés de la formation indépendantiste, on retrouve l'ineffable François Legault, bégayeur de la langue française, géniteur du parti «cacaquiste», hochet divertissant de deux millionnaires qui s'ennuient. Suivent dans l'ordre Diane Lemieux, Jacques Léonard, Serge Ménard, Guy Chevrette, Jacques Brassard, Maxime Arseneau, dont le sommeil ne semble pas troublé par leur vote irresponsable de l'époque.

Quarante-quatre libéraux dévalués ont participé à la goujaterie imbécile du 14 décembre 2000. Personne, dans ce qui fut jadis cette formation politique respectable, n'a exprimé le moindre regret d'avoir été partie prenante au cirque honteux d'il y a 11 ans. Surtout pas l'actuel ministre de l'Injustice, Jean-Marc Fournier, hostile à toute forme de repentance et de correction des moeurs parlementaires, notamment les siennes, qui ne sont pas un modèle d'élégance et de raffinement.

Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous, dit le proverbe. Le 14 décembre 2000, une folie collective a frappé les prêtres de notre temple des lois. Onze ans après, les choses demeurent en l'état. Il y a encore de beaux jours à venir pour notre Parlement bouffon.
16 commentaires
  • Pierre Schneider - Abonné 14 décembre 2011 06 h 37

    Merci

    Merci monsieur Michaud de nous rappeler cette odieuse infamie qui demeure une bêtise de ce parlement bouffon, comme vu le décrivez si justement.

  • Gilles Bousquet - Inscrit 14 décembre 2011 07 h 27

    Une affaire de moutons

    Plus une affaire de moutons qu'une affaire de goujats. Il semble qu'une majorité, sinon une totalité de députés seraient même prêts, sans plus réfléchir, à se jeter au bas d'une haute falaise si le chef leur demandait.

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 14 décembre 2011 07 h 35

    Gens d'honneur

    Vous le savez bien, M. MIchaud, il n'y a que des gens d'honneur qui ont le courage de reconnaître leur tort.
    Que voulez-vous? Vous étiez dérangeant pour bien du monde, surtout pour ceux qui ne daignent s'excuser. Ils savaient qu'ils ne pouvaient rien contre vous ni devant une cour de justice ni devant l'opinion publique.
    Alors ils ont décidé, outrepassant les limites décents du pouvoir qui leur est confié, de se faire justice eux-mêmes.
    Merci M. Michaud de nous rappeler cet évènement honteux qui ne devrait jamais plus se renouveler. Merci pour toutes ces batailles que vous avez menées au nom du peuple pour le peuple.

  • François Dugal - Inscrit 14 décembre 2011 08 h 11

    Proverbe chinois

    «Quand hibou parle, le peuple des animaux écoute avec respect (et avec son dictionnaire)» Lao-Tseu

  • Yvon Bureau - Abonné 14 décembre 2011 09 h 29

    Une distance de la blessure

    Je partage avec vous votre tristesse.

    Petite suggestion sage et fragile : ne pas habiter la blessure, si possible s'en garder avec le temps une saine distance.