Crise au PQ - Monsieur Parizeau, faites-nous confiance

Jacques Parizeau<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jacques Parizeau

Monsieur Parizeau, les événements de la dernière semaine nous amènent, à titre de jeunes députés du Parti québécois, à prendre la plume. Nous sommes tristes et déçus d'avoir perdu des collègues auxquels nous sommes profondément attachés, mais nous sommes déterminés à incarner la farouche volonté de changement, de vrai changement du Québec de 2011.

Pour plusieurs d'entre nous, vous avez été un mentor politique. Nous vous avons fait confiance. Certains d'entre nous, au début de la vingtaine, ont participé à vos côtés à la campagne référendaire de 1995 dans le camp du OUI. D'autres d'entre nous, qui avaient sept ou huit ans à l'époque, n'étaient même pas en âge de voter. On nous a raconté cette page importante de notre histoire. Vous avez adopté une démarche pour préparer le plan de match souverainiste. Vous et M. Lucien Bouchard nous avez menés aux portes du pays. Nous nous rappelons l'enthousiasme des foules dans les collèges et universités que vous avez visités. Malheureusement, il a manqué quelques milliers de voix pour que le Québec se dise OUI.

Incarner le changement

Seize ans plus tard, le Québec a évolué, a changé. De nouvelles générations ont acquis le droit de voter. Elles souhaitent que nous leur parlions d'avenir, d'aujourd'hui et non du passé. Le Parti québécois, comme parti souverainiste, a changé et doit encore changer. Nous sentons cette volonté de ces nouvelles générations de faire de la politique autrement. Nous en sommes. Nous voulons incarner ce changement pour ce Québec que nous aimons.

Nous appartenons à une génération qui est souverainiste pour des raisons différentes de nos parents. Nous sommes issus d'une génération qui n'a jamais connu le Québec sans la Charte de la langue française et la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.

Nous sommes d'une génération qui fait du développement durable, de l'indépendance énergétique et de la protection de l'environnement une priorité. Le développement de nos ressources naturelles doit se faire de façon responsable et au bénéfice des Québécois. On doit aussi prendre un virage majeur résolument axé sur les transports collectifs et l'électrification de nos modes de transport, qui réduiraient notre dépendance au pétrole, ce qui nous permettrait de diminuer les effets néfastes des gaz à effet de serre.

Nous sommes d'une génération qui est ouverte sur le monde, préoccupée par la qualité de vie dans notre coin de pays, mais aussi par le sort de celles et ceux qui vivent aux quatre coins de la planète. Pour nous, la solidarité dépasse les frontières.

Nous sommes souverainistes

Nous sommes souverainistes, car nous croyons qu'il faut plus de Québec dans le monde pour défendre la démocratie, les valeurs de paix, de solidarité, pour le développement durable et la protection de l'environnement et pour assurer, bien sûr, le rayonnement de notre culture.

Nous sommes souverainistes, car nous voulons bâtir une société à l'image de notre génération, de ceux qui nous suivent et de ceux qui nous ont précédés. La souveraineté nous permettra de fonder en Amérique du Nord un nouveau pays basé sur des valeurs de solidarité et de partage de la richesse.

Des milliers de jeunes ont choisi de s'engager dans toutes sortes de causes sociales pour défendre leurs valeurs et leurs idées. Pour notre part, nous avons choisi la politique et le Parti québécois, car la souveraineté est au coeur de notre engagement. Avec Pauline Marois, nous avons participé à l'élaboration, au cours des deux dernières années, du nouveau programme du Parti québécois, adopté en avril dernier par les 1800 délégués.

Ce document définit clairement nos valeurs, nos idées et notre vision sur des questions telles que l'intégrité et l'éthique, le développement des ressources naturelles, le bien-être des familles du Québec. Il définit surtout notre démarche vers le pays, comme vous l'avez fait avant l'élection de 1994.

Nous existons

Nous sommes la nouvelle génération de députés souverainistes. Malheureusement, bien des Québécois ne nous connaissent pas ou ne le savent pas, car les médias se tournent régulièrement vers d'anciens porte-étendards souverainistes pour commenter l'actualité politique. Nous existons. Nous sommes fiers de votre héritage et déterminés à y faire honneur, à notre façon. Nous vous demandons de nous faire confiance pour l'avenir de notre parti et de notre pays comme nous vous avons fait confiance en 1995.

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Collectif de jeunes députés du Parti québécois

Ont signé cette lettre des députés du Parti québécois nés après la fondation du parti: Pascal Bérubé, Étienne-Alexis Boucher, Benoit Charette, Alexandre Cloutier, Sylvain Gaudreault, Nicolas Girard, Véronique Hivon, Martine Ouellet, François Rebello, Mathieu Traversy, Guillaume Tremblay, Dave Turcotte.
  • Claude Jean - Inscrit 11 juin 2011 04 h 56

    Citation sur l'espoir.

    Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Ça ne meurt pas, l'espoir.

    [Gabrielle Roy] Extrait de La route d'Altamont

  • Claude Jean - Inscrit 11 juin 2011 05 h 07

    Citation sur la confiance

    Les gens de la terre : ils comprennent avec leur coeur et ils ont confiance en la nature.

    [Alice Parizeau] Extrait de La charge des sangliers

  • Claude Jean - Inscrit 11 juin 2011 05 h 23

    Citation sur la jeunesse.

    Voulez-vous savoir ce qui fait les bons mariages ? - les sens dans la jeunesse - l'habitude dans l'âge mûr - le besoin réciproque dans la vieillesse.

    [Duc de Lévis] Extrait de Maximes et réflexions sur divers sujets

  • Nestor Turcotte - Inscrit 11 juin 2011 06 h 23

    L'ìndépendance: affaire de tout le monde

    Si vous existez, parlez de l'indépendance du Québec. Pas d'une vague souveraineté. Correction primaire dans votre vocabulaire.

    A ce que je sache, M. Parizeau ne vous empêche pas de parler d'indépendance. Au contraire, il en serait fort content. Et si vous sentez que vous n'avez pas assez de place dans votre parti, prenez celle qui vous revient.

    A trente ans, en 1970, contre René Lévesque qui n'aimait pas trop mon discours séparatiste, je parlais, comme Pierre Bourgault, de l'indépendance du Québec. Rien d'autre. En 1973 aussi...et j'ai obtenu plus de 35 % du vote populaire.

    Si l'indépendance (non la souveraineté-partenariat ou souveraineté-association qui sont en fait que du fédéralisme renouvelé) vous intéresse à ce point, expliquez-là. Personne ne peut vous empêcher de le faire. Dites si Pauline a raison ou pas d'affirmer qu'en faisant l'iindépendance, il y a aura 5 ans de turbulence. Et si c'est vrai, expliquez comment le peuple pourra passer à travers ces années difficiles.

    Lors des élections et celle d'avant, je ne vous ai pas entendu parter beaucoup d'indépendance du Québec. Sauf, quelques cris lors de forums (je ne dis pas de congrès puisque le dernier vient d'avoir lieu et il n'y en avait pas eu depuis 2005....) lancés en cacophonie: «ON VEUT UN PAYS...»

    Vous demandez à M. Parizeau, en quelque sorte, qu'il se «tasse....» pour que vous preniez toute la place. Il me semble que cette sorte de clivage n'est pas correct. Le Québec a besoin des gens d'expérience. On semble dire: «Tasse-toi, le bonhomme, on veut avoir toute la place».

    Qui, parmi les 12 signataires, auraient été capables d'imaginer le PLAN «O» de Monsieur Parizeau, lors du référendum de 1995? Je n'en vois aucun parmi les noms ci-haut mentionnés.

    Il ne faut seulement se fier à la jeunesse dans cette affaire-là: l'expérience compte aussi. Et surtout une certaine compétence qui s'apprend dans les universités de haute réputation...

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 11 juin 2011 07 h 37

    Réveillez-vous bande de caves

    Le leadership du PQ a perdu les pédales et ne représente plus le changement drastique qu'imposerait l'indépendance. Les Jacques Parizeau, Camille Laurin, Pierre Bourgault et Louise Beaudoin sont les figures de proue du mouvement indépendantiste. Les Pierre-Marc Johnson, René Lévesque, Pauline Marois, André Boisclair et Lucien Bouchard ne sont que piètre fédéralistes camouflés. Réveillez-vous car le nouveau mouvement François Legault va vous bouffer tous et sans respect pour votre âge. Qui êtes -vous ceux qui se réclament de votre jeunesse sans vision de l'avenir?