Les omissions scandaleuses de la direction de la Caisse de dépôt et placement

La véritable catastrophe financière de l'année 2008 a été la perte à la vente de placements en actions de 22,8 milliards par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Cela dit, l'omission la plus scandaleuse de la part de la direction de la Caisse a été de s'abstenir de toute explication, de toute analyse de ce fait éminemment important, de cette immense perte réelle irrécupérable de 2008.

Ainsi, pourquoi la Caisse a-t-elle vendu des milliards d'actions alors que le marché des actions, à l'automne 2008, s'effondre? Pas un mot d'explication crédible. Qu'est-ce qui forçait la Caisse à faire des gestes aussi insensés conduisant à perdre 23 milliards de dollars de l'argent de ses déposants? Aucune explication.

Au lieu de répondre aux vraies questions sur les vraies pertes, pour la direction de la Caisse, la règle comptable de la juste valeur a été la raison principale de la perte de 39,8 milliards. Selon cette règle, la Caisse doit établir la juste valeur marchande de ses placements au 31 décembre, comme s'ils étaient tous disponibles à la vente à cette date. Cela a donné en 2008 des moins-values, des pertes comptables ou des pertes sur papier d'un montant de 22,4 milliards, un montant élevé, mais moindre que la perte réalisée à la vente de placements.

Image déformée

Or, dans le communiqué de presse du 25 février 2009, dans le rapport annuel rendu public le 21 avril 2009, lors de l'allocution de monsieur Rousseau le 9 mars 2009 et lors des audiences de mai 2009 de la Commission des finances publiques, la direction de la Caisse a prétendu que les moins-values étaient principalement dues aux pertes de valeur des biens immobiliers et aux provisions additionnelles sur PCAA. Ce n'est pas le cas.

En 2008, le total des provisions et des pertes comptables sur immeubles et sur PCAA est de 4,7 milliards, bien en deçà des pertes comptables sur actions et sur produits dérivés, qui eux totalisent 25,4 milliards. C'est tout simplement de la désinformation. Dans mon dictionnaire, ce mot signifie donner une image déformée de la réalité. Mais ce n'est pas tout.

En effet, les moins-values les plus importantes sur les actions et sur les produits dérivés ne sont pas détaillées et ne sont pas analysées dans les documents annuels. Le rapport annuel décrit longuement le contexte de marché en 2008 au Québec, au Canada et dan le monde à l'égard de toutes les catégories de placements, mais des renseignements détaillés et de l'analyse des pertes comptables de 13,7 milliards sur actions, il n'y a rien.

Intégrité demandée

Et que dire des pertes comptables de 11,7 milliards ayant trait au passif, liées aux instruments financiers dérivés? D'ailleurs, je doute que ces moins-values sur produits dérivés soient récupérées plus tard. Ces instruments sont décrits par la Caisse elle-même, dans le rapport annuel, comme des «instruments complexes et opaques qui se sont avérés fragiles en période de stress». C'était une raison de plus pour analyser et détailler ce montant de 11,7 milliards. Or, ce petit détail a été omis et il s'agit d'une omission de faits importants.

La Caisse doit appliquer avec intégrité sa propre politique d'attestation financière et sa propre politique de divulgation de l'information financière. La Caisse doit améliorer considérablement sa reddition de comptes. La Caisse doit passer outre la culture du secret des 44 dernières années.

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Pierre Goyette - Ancien sous-ministre des Finances, ancien membre du conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec et ex-président et chef de la direction de la Banque Laurentienne du Canada
  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 25 février 2010 07 h 16

    Caisse de dépôt... électoral

    En 2008 la Caisse a perdu 40 milliards, si elle avait eu un rendement comparable aux autres fonds de cette catégorie elle aurait perdu 30 milliards; d'où une sous performance de 10 milliards.

    Ce qui explique cette sous performance qui va se poursuivre en 2009, 'est le tripotage politique de la Caisse par Jean Charest (un tabou pour les analystes).

    Le changement de la Loi sur la gouvernance de la Caisse en 2004 a levé la limite d'acquisition de produits dérivés; ce qui l'a rendu vulnérable à la crise.

    Et lors de la dernière élection, alors que de signes inquiétant parvenaient de la Caisse au sujet de pertes records. Ce qui pouvait inquiéter l'électteur. Les dirigeants de la Caisse sont venu à la rescousse de la campagne de Charest pour rassurer l'électorat sur la situation.

    Pour venir dire au publique qu'il n'y avait pas de problème de "liquidité'. il a fallu que la Caisse effectue des ventes de feu de son portefeuille d'actions en pleine capitulation boursière. Transformant des pertes sur papiers en pertes réalisées:

    " (...) la Caisse a cherché à se faire rassurante sur l'ampleur des liquidités dont elle dispose et sur la façon dont elle sera affectée par la crise financière actuelle. Les hauts dirigeants actuels, Pierre Brunet et Fernand Perreault, ont affirmé qu'il n'existait actuellement pas de problème de liquidités, dont le niveau est de 20 G$, ont-ils dit." (Novembre 2008)

    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/20

    .........................

    Conclusion cette conférence de presse des dirigeants de la Caisse, venu en aide pour élection de Charest nous a couter des milliards. C'était une commande politique.

    Appréciez l'ironie de cette citation de Jean Charest:

    «On ne veut pas intervenir politiquement dans les affaires de la Caisse. Ce serait une grave erreur.»

    En fait Charest est en mission pour démembrer la Caisse:

    http://www.vigile.net/Le-demembrement-en-trois-tem

    JCPomerleau

  • Andre Vallee - Abonné 25 février 2010 08 h 18

    Le démolisseur

    Jean Charest continue á démolir ce que les Jean Lesage et René Lévesque ont construit et qui nous ressemble et nous rassemble. Il serait en mission commandée de Toronto et de Paul, Jean James et il ne ferait pas autrement. Il place des pions aux postes clés pour accomplir ses basses besognes

  • jacques noel - Inscrit 25 février 2010 08 h 25

    Le mystère de la piasse

    La Caisse a perdu(enfin elle a dit qu'elle a perdu) 9 milliards à cause de la chute de la piasse. Elle n'avait pas prévu que la piasse s'enfondrait à 77 cents US. Tous les mécanismes de protection ont sauté. C'est là qu'est le scandale.
    Sans ces mécanismes, on aurait rien perdu puisque la piasse a remonté à 95 cents US.

    Les médias ont préféré s'attarder au dossier du papier commercial parce que ce dossier était déjà traité largement depuis deux-trois ans.

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    Une question comme ça: combien la Caisse a d'actions de Ford?
    (l'action est passée de 1$ à 12$ cette année!)

    http://bigcharts.marketwatch.com/advchart/frames/f

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 25 février 2010 12 h 12

    Sous performance due à la sous pondération en actions

    La Caisse publie ses résultats:

    (...)

    La sous-pondération des marchés boursiers au début de 2009 a fait rater à la Caisse une partie de la relance des Bourses. C'est d'ailleurs dans le premier semestre que la Caisse a souffert de la comparaison avec l'indice de référence de ce secteur. L'institution avait alors enregistré un rendement légèrement négatif (-0,3%), pendant que l'indice était à 4,7%. Dans le deuxième semestre, la Caisse a fait mieux, avec un rendement de 10,4%, contre 9% pour l'indice.

    ...............

    JCPomerleau

  • jacques noel - Inscrit 25 février 2010 12 h 14

    La Caisse se vide?

    Si j'ai bien lu (page 5), les dépots des déposants exédaient de 4,554,000,000$ les retraits en 2008. Or, en 2009, revirement spectaculaire: les retraits des déposants exédaient de 252,000,000 les dépots. Sommes-nous déjà dans le rouge?

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/Docume