Le fantôme de Porter

Philippe Couillard s’est emporté mardi, alors qu’il était à nouveau interrogé sur son association avec Arthur Porter, ancien patron du CUSM et partenaire d’affaires du chef libéral. Outre de s’exclamer qu’il en avait « plein le dos », M. Couillard a ajouté : « Je ne tolérerai plus toute tentative de me lier par association à ce qui est reproché au Dr Porter dont il aura à répondre devant les tribunaux. » Soit. Mais ce que révélait Le Devoir ce jour-là ne concernait pas ses problèmes judiciaires, mais le statut d’une entreprise dont M. Couillard était partenaire et qui porte son nom.

 

La firme Porter, Couillard et associés a été créée en contravention de la Loi sur la santé et les services sociaux, qui stipule que le directeur général d’un centre hospitalier, ce qu’était M. Porter à l’époque, ne peut occuper d’autres fonctions dans le domaine de la santé.

 

M. Couillard avait été ministre, c’est le genre de disposition qu’il devait connaître. Semble-t-il qu’il a cru Arthur Porter lorsque celui-ci lui a dit que toutes les autorisations avaient été obtenues et cela lui a suffi. De toute manière, l’entreprise n’a jamais été active, a expliqué le chef libéral. Et pourtant là est le fond du problème : M. Couillard ne semble pas un homme très curieux, ce qui ramène à son jugement.

 

On dit qu’Arthur Porter, aujourd’hui accusé de fraude et d’abus de confiance mais qu’on retrouve dans plusieurs dossiers sombres, était un maître dans l’art d’amadouer ses interlocuteurs. On s’attend néanmoins à ce que quelqu’un qui est prêt à se lancer en affaires avec un associé dépasse la séduction et ne lui laisse pas carte blanche. La confiance est une belle qualité, mais la frontière est mince qui la sépare de la naïveté ! Le constat vaut particulièrement en politique, lieu de tous les assauts pour qui veut arriver à ses fins. Un premier ministre doit savoir être vigilant. M. Couillard ne semble pas très doué à cet égard.

 

Ses liens avec l’Arabie saoudite en sont un autre exemple, comme l’avait fait voir un reportage paru dans le National Post — qu’on ne peut guère taxer d’activisme séparatiste ! — en novembre 2011. Le quotidien s’était intéressé aux curieuses nominations, par le gouvernement conservateur, de messieurs Porter et Couillard au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité. M. Couillard siégeait au même moment au conseil consultatif mis en place par le ministre saoudien de la Santé. Or les hôpitaux de ce pays, disent des spécialistes du renseignement, sont soupçonnés de participer à l’application stricte de la charia qui y sévit, notamment des amputations. M. Couillard, cité ailleurs dans l’article, a refusé de commenter ce point. Il ne s’est d’ailleurs jamais trop épanché sur le contexte de son travail là-bas. Y avait-il là aussi carte blanche ?

51 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 18 mars 2014 23 h 10

    CSARS

    Quels sont les critères pour être choisi au comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité?

    • Pierre Schneider - Abonné 19 mars 2014 08 h 36

      Sûrement une fidélité indéfectible à la Reine.

    • René Poireau - Inscrit 19 mars 2014 12 h 22

      Excellent article Madame Boileau.

      Aux électeurs:

      Ne vous en faites pas trop avec le PLQ, le PQ sera majoritaire et nous ferons la SÉPARATION du Québec d'ici deux (2) ans!

      Monsieur Péladeau est l'homme qu'il nous faut!

      René Poireau de Gatineau

    • Gérard Pitre - Inscrit 19 mars 2014 14 h 25

      À René Poireau. Je souhaite que votre désir devienne réalité, mais ma peur est qu'il ne se réalise pas. Si les québécois ramènent le PLQ au pouvoir, ça veut dire qu'ils préfèrent la corruption à l'intégrité. Jamais je ne comprendrai ce peuple qui n'a de cesse de se traîner les pieds et de se faire enfirouaper. C'est à croire qu'il aime ça. C'en est décourageant. N'importe qui mais pas le PLQ. Que le ciel nous en protège. Merci..
      Gérard Pitre

    • Roch Yves Simard - Abonné 19 mars 2014 16 h 38

      À monsieur Pitre,

      Il n'y a pas si longtemps les Montréalais ont réélu la gang à Tremblay, même si tous savaient que c'était une administration corrompue.

  • Marcel Bernier - Inscrit 19 mars 2014 02 h 00

    Quel mystère?

    La vérité, c'est que l'aspirant premier ministre est quelqu'un de «drabe» et qu'il cherche à se donner une aura qu'il ne possède pas. Imaginez! un gestionnaire de cliniques de santé privées qui se prend pour Indiana Jones. Élire le parti libéral au pouvoir, ce serait la République de bananes à l'affiche avec un histrion en grande vedette.

  • Claude Champagne - Inscrit 19 mars 2014 06 h 50

    C'est très obscur...

    Qu'est-ce que ce type a à cacher, oui l'affaire Porter, c'est illégal et doit répondre à la justice et il est retenu quelque part entre le Panamá et les Bahamas. Il faut se méfier, qui a le pouvoir et l'influence de l'empêcher de revenir et subir son procès lui et Couillard?. Une autre question pourquoi tant vouloir le pouvoir, est-ce c'est pour rendre nos ressources en pétrole et gaz sur un plateau au Cie Saoudienne? C’était déjà commencé sous Charest, vendre l'île d'Anticostie pour une cente? Percé des trous dans nos cours, pour le gaz de schiste, nous étions les derniers à le savoir impuissant. Ça sent mauvais, réveillons-nous avant la vente de feu.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 19 mars 2014 11 h 35

      Dans votre commentaire vous posez la question essentielle: Pourquoi Philippe Couillard et le PLQ veulent-ils tant le pouvoir ? Pourquoi ? Pourquoi un médecin que l'on dit intelligent et chevronné accepte-t-il de s'accoquiner avec le malfrat Porter, de devenir un espion pour le SCARS, et de trafiquer je ne sais quoi avec l'Arabie-Saoudite ? Est-ce que sa présence en Arabie-Saoudite est un secret d'État ? Que faisait-il dans ce pays, qui est le fer-de-lance de l'extrémisme islamiste ? Pourquoi le médecin Couillard est-il devenu un agent du SCARS ? Pour quoi faire ? Pourquoi ? Pourquoi ? Autant de questions auxquelles Philippe Couillard doit répondre avant de mériter le siège de PM du Québec...

    • Gaétan Fortin - Abonné 19 mars 2014 15 h 18

      Il ne faut pas charrier.

      Sil y une chose dont l'Arabie Saotdite regorge, c'est
      bien de pétrole.

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 19 mars 2014 08 h 09

    «Si j'ouvre mes papier ca va faire du tapage»

    Arthur Porter se désole que son «ami inconditionnel» et ex partenaire d'affaire, Philippe Couillard, se distance de lui au moment ou il en aurait bien besoin.

    Le message de Porter resemble à une menace :

    «Si j'ouvre mes papier ca va faire du tapage»

    Porter à t il la possibilité d'exercer une contarinte sur certains policticens, dont Coulllard, s'il devient premier ministre ?

    Cette question mérite qu'on s'y arrête.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 19 mars 2014 09 h 58

      M Porter a lui aussi dit qu'il aurait des révélations supplémentaires ...

  • Stéphane Martineau - Abonné 19 mars 2014 08 h 14

    Et certains le veulent comme PM ?

    Comment peut-on vouloir d'un tel homme comme PM ?