Si les élus avaient de la hauteur de vues, tout partis confon- dus, ils s’empareraient du rapport Maîtriser notre avenir énergétique, que Le Devoir vient de dévoiler, pour tracer un projet d’avenir collé à notre siècle. Mais le rapport est exi- geant, ce qui n’est jamais de bon augure en politique, même quand les pas proposés sont réalistes.

Il y en aura des promesses dans la campagne électorale que l’on sait imminente au Québec. On les devine déjà trop vastes pour y croire (un médecin de famille pour tous, c’est pour quand déjà ?), ou à l’inverse trop ciblées pour avoir un impact autre qu’électoraliste. Ainsi va la vie politique, où vision d’avenir et méthode pour la concrétiser s’allient trop peu souvent.

Roger Lanoue et Normand Mousseau, experts dûment mandatés l’été dernier par la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, pour présider une commission d’étude centrée sur les enjeux énergétiques du Québec, n’ignorent pas cette dynamique politique. Mais, et ils le disent d’entrée de jeu dans leur volumineux rapport, ils ont choisi de se positionner autrement.

Oui, alors même que leur commission consultait et se promenait dans 16 villes du Québec, le gouvernement a fait des annonces en matière énergétique. La question, dès lors, leur fut posée à moult reprises : « À quoi bon tenir une commission si les décisions sont déjà prises ? » Eh bien, à sortir du temps court des politiciens afin d’opter « pour une vision cohérente qui s’inscrit dans le long et même le très long terme ».

MM. Lanoue et Mousseau ajoutent : « Le monde est engagé dans une profonde transformation de sa relation avec l’énergie et cette mutation prendra vraisemblablement plusieurs décennies à s’accomplir. » Ils veulent que le Québec arrive en ville, se mette au diapason, rebrasse ses façons de faire.

Le rapport Maîtriser notre avenir énergétique ne mâche donc pas ses mots, mais il réussit à convaincre le lecteur que les changements proposés ne sont pas de l’ordre de l’utopie et qu’avec de l’organisation, le Québec peut devenir une nation inspirante de ce siècle. Il lui faudra, pour ce faire, tenir compte du fait que la réduction des émissions de gaz à effet de serre est une « priorité inéluctable » et qu’il ne prend pas les moyens pour y arriver ; que miser sur de nouveaux grands projets hydroélectriques ou éoliens est inutile et ruineux et qu’il faut avoir le courage de stopper les nouvelles phases de La Romaine ; que les Québécois font partie des grands gloutons énergétiques de la planète et qu’ils devront consommer autrement.

Mais parce qu’on sait très bien que personne ne veut renoncer là, tout de suite, immédiatement, à son confort et à ses habitudes, les deux coprésidents ont choisi de voir grand, mais de façon découpée. Cibler des secteurs où agir, avec des objectifs à atteindre à chaque étape plutôt que de tout miser sur une cible finale. Réaménager les programmes qui existent en matière d’efficacité énergétique et en sortir les distributeurs qui sont en conflits d’intérêts. Pour le citoyen, qui tient tant à ses choix, il s’agira non pas d’interdire, mais d’inciter, en tenant compte de la réalité — par exemple qu’une voiture a une durée de vie de 11 ans et qu’il ne faut pas s’imaginer que le parc automobile changera demain matin.

Ce rapport parle encore d’aménagement du territoire, si peu réfléchi au Québec, et du pétrole maudit mais indispensable (et qu’il faudra exporter si on l’exploite !). Il parle d’audace, mais dans la rigueur. Il inscrit le Québec dans son contexte nord-américain, qu’on ne peut ignorer, mais avec des caractéristiques qui lui sont propres et dont on fait souvent fi en lui plaquant des modèles venus d’ailleurs. Il dit surtout que l’inaction n’est pas une option. Vraiment un beau programme…
  • Léonce Naud - Abonné 24 février 2014 04 h 31

    Le territoire du Québec, un concept ringard ?

    Depuis les travaux de la lointaine Commission d'étude sur l'intégrité du territoire du Québec (1966-1972), la géographie québécoise est devenue pratiquement nulle quant à la défense et illustration d’un territoire national perçu comme un tout qui fait du sens dans l’Est de l’Amérique:
    http://www.gpfchicago.org/images/carte-quebec-gran

  • Pierre Couture - Inscrit 24 février 2014 05 h 23

    Oui, mettons fin au délire éolien.

    Souvenons-nous : les éolopathes nous avaient promis que les éoliennes – utilisant du vent gratuit – allaient régler une bonne fois pour toutes le problème du réchauffement climatique.

    Or, qu’arrive-t-il, vraiment?

    D’abord, le vent est peut-être gratuit, mais sûrement pas les robots à pales. Ceux-ci sont coûteux au point d’être ruineux et ils dépendent entièrement de la charité publique pour survivre.

    Sans subventions princières et sans réglementation obligeant les réseaux électriques à acheter leur production – besoin, pas besoin – il n’y aurait aucune centrale éolienne sur Terre.

    Malheureusement, de très nombreux politiciens dans de nombreux pays sont tombés dans le panneau, de telle sorte que les éoliennes hérissent leurs mâts dans les plus beaux paysages.

    Tous ces malheurs pour un impact nul – et même négatif – sur le climat.

    Voici le cas des États-Unis.

    En 2011 et 2012, ce pays avait réussi à réduire ses émissions de CO2, non pas grâce aux milliers d’éoliennes déjà installées, mais grâce au gaz de schiste, moins cher que le charbon, et moins polluant aussi.

    Le prix du gaz ayant grimpé, les producteurs d’électricité reviennent au charbon (http://www.forbes.com/sites/lorensteffy/2014/02/14

    Les éoliennes n’entrent même plus dans les jeux économiques.

    Elles sont tout juste considérées comme une contrainte dont il faut tenir compte : la loi oblige de leur acheter l’électricité, et on le fait, mais on s’en tient à cela, car on a bien compris que cette filière n’a aucun avenir.

    Il n’y aura plus bientôt que le Québec pour s’entêter à gaver de subventions une industrie mort-née.

    Vite, Madame Marois, ouvrez les yeux et fermez le robinet des subventions milliardaires.

    • Danielle Caron - Inscrite 24 février 2014 10 h 05

      "En 2011 et 2012, ce pays avait réussi à réduire ses émissions de CO2, non pas grâce aux milliers d’éoliennes déjà installées, mais grâce au gaz de schiste, moins cher que le charbon, et moins polluant aussi."

      Je ne sais pas sous quel angle vous examinez la situation quand vous parlez de gaz de schiste moins polluant. Peut-être moins polluant si on élimine la pollution de l'eau et tous les autres types de pollution qu'entraînent ce type d'extraction. Après tout cela, il serait moins polluant, en faisant preuve de sélectivité sur les types de pollution qu'on inclut dans l'équation.... ?

    • Jean Richard - Abonné 24 février 2014 10 h 12

      Vous oubliez que le rapport fait aussi mention de l'hydraulique, du projet de la Romaine qu'il faut avoir le courage de freiner. L'électricité qu'on pourrait y produire coûterait aussi cher que celle de l'éolien, avec un impact beaucoup plus grand sur l'environnement.

      L'éolien implique quelques joueurs. L'hydraulique au contraire se bâtit sur des méga-projets où les risques de dérapage sont nettement plus élevés.

      Je crains devoir vous dire que votre regard sur l'éolien est plutôt distordu, même si je suis d'accord qu'on ne doive pas miser sur lui au point de continuer à le développer.

      Enfin, historiquement, l'éolien n'a rien de nouveau. Amsterdam aux Pays-Bas doit à l'éolien le fait que plusieurs quartier de la ville soit au sec et non englouti sous l'eau. Nos ancêtres ont déjà exploité l'éolien pour moudre la farine qui servait à se nourrir.

      Et en Espagne, en Catalogne pour être plus exact, on a un jour inventé une histoire devenu célèbre, celle d'un type un peu dément qui s'était transformé en chevalier ardent et qui se croyait investi d'une mission humanitaire. Et c'est ainsi que voulant sauver une dulcinée imaginaire, Don Quijote de la Mancha s'est mis à combattre les éoliennes, y voyant des monstres qui voulaient tuer sa dulcinée.

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 février 2014 11 h 00

      Gaz de schiste et réchauffement clilmatique. Je crois qu'on peut être certain que la seule manière d'affirmer que l'extraction du gaz de schiste permet de moins nuire au climat que d'autres formes d'énergie est «d'oublier» de tenir compte des fuites, tant à l'extraction que lors du transport. Je ne serais d'ailleurs pas étonné que la fracturation amène toute la région fracturée à laisser s'échapper un peu du méthane ainsi libéré. Après tout, si du méthane peut se retrouver dans la nappe phréatique, une partie peut sûrement fuir dans l'atmosphère.

    • Raymond Labelle - Abonné 24 février 2014 11 h 52

      Merci de votre apport éclairant M. Richard.

      Petit détail qui n'enlève rien à la pertinence de votre propos: le célèbre chevalier de la Mancha était de Castille plutôt que de Catalogne.

    • Pierre Couture - Inscrit 24 février 2014 12 h 06

      @Danielle Caron.

      Madame,
      les États-Unis tirent la plus grandes partie de leur électricité de centrales thermiques au charbon ou au gaz. Alors, oui passer des centrales au charbon à des centrales au gaz a permis de réduire considérablement les émissions de GES. En fait, les États-Unis, non signataires du traité de Kyoto, sont quand même ceux qui avaient le plus réduit leurs émissions, justement à cause de ce passage au gaz.

      Ils reviennent au charbon, car celui est redevenu moins cher que le gaz.

      Ce que je voulais signaler c'est que les éoliennes ne figurent même plus dans le tableau énergétique. Elles sont considérées comme une nuisance réglementaire, et rien de plus.

    • Pierre Couture - Inscrit 24 février 2014 12 h 12

      @ M. Richard
      Vous avez entièrement raison : l'utilisation du vent comme source d'énergie est ancienne, et même millénaire.

      Mais elle avait été abandonnée très rapidement - par la marine, par les moulins, par l'industrie - dès que sont apparus de procédés plus fiables et capables de livrer l'énergie selon les besoins plutôt que selon les caprices du vent.

      Les tentatives actuelles pour ressusciter cette technique désuète n'ont en rien amélioré sa fiabilité et n'auront servi qu'à enrichir des multinationales étrangères et à creuser les déficits budgétaires du gouvernement.

    • Pierre Couture - Inscrit 24 février 2014 12 h 18

      @ M. Auclair

      Comprenez-moi bien : je ne plaide pas pour l'extraction du gaz de schiste.

      La fracturation est un procédé extrêmement improductif, polluant et dangereux. Je ne veux en rien laisser entendre que j'appuie les «fractureux».

      Ce que je veux souligner c'est qu'aux États-Unis (notre situation est entièrement différente) malgré les milliers d'éoliennes qui barbèlent leur territoire, celles-ci ne sont même plus prises en compte.

      Et, oui, dans ce pays, dont l'électricité vient principalement de centrales thermiques au charbon (très polluantes) et de centrales thermiques au gaz (moins polluantes) le passage du charbon au gaz lorsque celui-ci est devenu moins cher a réduit considérablement les émissions de gaz à effet de serre DANS CE PAYS.

    • Sylvain Auclair - Abonné 24 février 2014 13 h 47

      Monsieur Couture,
      Le président des États-Unis ont signé le protocole de Kyoto. Mais le sénat ne l'a pas entériné. C'est différent.

    • François Beaulé - Abonné 24 février 2014 18 h 08

      M.Couture, les émissions de GES causées par l'exploitation du gaz de shale (ou schiste) sont beaucoup plus élevées que les évaluations faites officiellement. La réduction des émissions américaines calculée pour le remplacement du charbon par le gaz de shale est surestimée.
      Les éoliennes produisent une énergie renouvelable sans émission de GES. Elles vont se multiplier dans les prochaines décennies et siècles. La compagnie GE vient d'annoncer des investissements de plusieurs milliards de dollars dans les énergies renouvelables.

    • Pierre Couture - Inscrit 24 février 2014 21 h 54

      @ M. Beaulé
      Je vais vous répéter ce que j'ai déjà souligné souvent. Les éoliennes ne fonctionnent que quand il y a assez de vent et pas trop et quand il ne fait ni trop chaud ni trop froid. Autrement dit, elles ne fournissent de l'électricité que quand elles le peuvent et non pas quand on en a besoin.

      Il faut donc toutes les doubler de sources sûres pour les remplacer au pied levé lorsqu'elles cessent de tourner.

      Au Québec, elles sont doublées par l'hydro-électricité, une source constante, fiable, économique et durable. Mais nous avons largement assez d'hydroélectricité pour répondre à nos besoins et les éoliennes sont donc inutiles. Alors pourquoi dépenser des dizaines de milliards de dollars en subventions, exemptions fiscales et marchés garantis pour des machines dont nous n'avons pas besoin et qui sont sources de nuisances graves.

      Dans des pays où l'électricité est principalement fournie par des centrales thermiques au charbon ou au gaz, c'est encore pire car il faut que ces centrales passent constamment du ralenti au plein régime pour compenser les fantaisies éoliennes. Tout comme une voiture roulant en ville consomme plus que sur l'autoroute, car elle doit y constamment ralentir et accélérer, les centrales thermiques consomment - et polluent - plus comme doublures d'éoliennes que si elles agissent seules. Où est le gain?

      Non, décidément, les éoliennes n'ont rien de vert.

    • François Beaulé - Abonné 25 février 2014 05 h 41

      M. Couture,
      Vous répétez les mêmes faussetés depuis des mois. Les éoliennes constituent un très bon complément à l'hydroélectricité. Il est vrai que dans la conjoncture, le Québec n'a pas besoin des éoliennes mais d'autres pays en ont besoin. Et dans vingt ou trente ou cinquante ans, qui sait, le Québec pourrait en avoir besoin à nouveau.

      Vous devriez savoir que les turbines à gaz, contrairement aux centrales au charbon, peuvent varier leur vitesse rapidement et donc s'adapter sans perte aux fluctuations causées par les aléas du vent.

      Je vous ai déjà expliqué aussi que les autos, contrairement à votre prétention, consomment moins de carburant par unité de temps au ralenti qu'à 100 km/h. Les éoliennes permettent de réduire la quantité de combustibles brulés et donc les émissions de GES. Voilà pourquoi plusieurs pays ayant des préoccupations environnementales installent des éoliennes en nombre croissant.

  • Louis Desjardins - Abonné 24 février 2014 05 h 50

    un projet

    Pourquoi pas un programe de bonus-malus pour les voitures à pétrole vs les voitures électriques on pourrait ainsi stimuler le développement de l'utilisation de la voiture électrique, utiliser nos surplus d'électricité et réduire notre empreinte de GES. Si chacun des foyers qui possède deux voitures en avait une électriqe pour les courtes distances ce serait déjà un gros gain.

    Louis Desjardins

    • Jean Richard - Abonné 24 février 2014 10 h 24

      C'est exactement à l'opposé de ce que propose le rapport des deux experts. On y parle de CHANGEMENT dans notre approche de l'utilisation de l'énergie. Les bonus-malus, c'est une approche du siècle passé – donc, ce n'est pas un changement – et changer une voiture à pétrole pour une voiture électrique, ce n'est pas un changement non plus car il ne remet pas en question deux points précis, celui de l'aménagement du territoire et celui de la mobilité.

      Subventionner la voiture individuelle électrique, c'est l'erreur à ne pas faire. De l'autre côté, l'effet de la surtaxe comme moyen dissuasif n'a que très rarement une portée autre qu'à très court terme. Vous rappelez-vous de la surtaxe sur les climatiseurs de voiture ? Lorsqu'on l'a mise en place, moins de 10 % des voitures en étaient équipées. Quelques années plus tard, on doit tourner autour de 70 ou même 80 % des nouvelles voitures vendues qui en sont munies.

      Il ne faut pas oublier aussi que lorsqu'une voiture neuve arrive dans votre cour, elle a déjà consommé près de la moitié de l'énergie requise jusqu'à la fin de sa vie utile. La voiture électrique, au départ, exige encore plus d'énergie que celle à pétrole. Le bilan énergétique en faveur de la voiture individuelle électrique est beaucoup moins intéressant qu'on ne le croit.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 24 février 2014 14 h 23

      @Jean Richard, l’arriver du bonus/malus en France a fait plonger de quelques 20% la consommation des nouveaux véhicules dans un parc automobile qui consommait déjà bien moins qu’ici. Le succès a été aussi rapide qu’efficace, la consommation de pétrole à diminuer substantiellement sans vraiment nuire au niveau de vie de l’ensemble de la population, très difficile de demander mieux.

      Ensuite, la part de la fabrication et de la mise au rebus dans le cycle de vie des véhicules varie de 15 a 25% selon les études que j’ai trouvées. Le même type d’évaluation pour les véhicules électriques donne un bien plus grand impact environnementale à la fabrication pour cause de la batterie. Mais cette évaluation est moins précise que la voiture qui carbure au pétrole qui a des paramètres sont bien établis, ce qui n’est pas le cas pour la voiture électrique dont la production ne fait que débuter et débouchera sur le marché de masse qui si il y a un saut technologique sur les batteries, ce qui changera beaucoup le rapport d’efficience.

  • François Beaulé - Abonné 24 février 2014 06 h 40

    Les véritables enjeux

    Le gouvernement a reçu ce rapport au mois de janvier. Quand compte-t-il réagir ? Ne serait-il pas indiqué que les différents partis se positionnent face aux défis de l'énergie avant les élections? Les citoyens devraient pouvoir connaître les projets concrets des partis pour les 5 prochaines années relativement à la réduction de la consommation de pétrole et d'émissions de GES.

    Jusqu'ici, le gouvernement Marois a annoncé une cimenterie qui pourrait augmenter les émissions de secteur industriel de 10%; le forage du shale d'Anticosti; des subventions pour la promotion des autos électriques dont les objectifs pourtant modestes ne seront pas atteints si la tendance se maintient. Il faut beaucoup plus que cela pour nous libérer du pétrole et réduire radicalement les émissions de GES.

    Il faut aussi une révolution dans le domaine de la Santé. Revoir l'ampleur et le mode de rémunération des médecins n'en serait que la prémisse. De toute évidence, les Québécois ne pourront plus se payer le système actuel qui fonctionne mal et coûte trop cher.

    Il faut aussi adapter la fiscalité au vieillissement de la population. Les jeunes auront de la difficulté à accéder à la propriété tout en faisant vivre leurs familles et en payant les impôts, taxes et tarifs qui ne cessent d'augmenter. Le point de rupture approche.

    Voilà les grands défis: Énergie et environnement, Santé, Répartition de la richesse et fiscalité. Suis-je le seul à constater le décalage entre le discours des partis politiques et les véritables enjeux? Avons-nous vraiment les politiciens qu'on mérite?

    • Clermont Domingue - Abonné 24 février 2014 09 h 42

      Monsieur Beaulé, nous sommes au moins deux. Votre propos est d'une grande lucidité.Nous avons atteint le point de rupture.Dans nos campagnes, nos vieillards qui quittent leur demeure pour entrer au foyer gardent souvent leur maison vide en attendant le prix qu'un agent immobilier leur a fait miroiter.Nos vieux devront accepter que la valeur de leur propriété est celle que les jeunes peuvent payer avec leur petit revenu. Nous avons les politiciens qu'on mérite:ils sont aussi peu claivoyants que leurs électeurs. Clermont Domingue.

    • Jean Richard - Abonné 24 février 2014 10 h 34

      « des subventions pour la promotion des autos électriques dont les objectifs pourtant modestes ne seront pas atteints si la tendance se maintient »

      Pendant qu'on distribue des subventions pour l'achat de voitures individuelles électriques, pendant qu'on trouve des millions $ pour aider Bombardier Transport (Berlin) à tester sa technologie de recharge rapide d'éventuels autobus à batterie, on passe sous silence le fait que faute de ressources, la plus importante société de transport en commun du Québec soit obligée de réduire son offre de service, au moment-même où l'utilisation des transports en commun commençait timidement à réaugmenter.

      Le ministre des transports a bien détourné 900 M$ du fonds des infrastructures vers les transports en commun, mais il ne faut pas se leurrer : c'est un montant à moyen terme, qui servira à faire du saupoudrage électoral et non à édifier un système de transport urbain digne du XXIe siècle.

      La vision du Québec est une vision rurale des années 50, où on n'a pas encore compris que la majorité vivait ou du moins travaillait en ville.

  • Gilbert Talbot - Abonné 24 février 2014 08 h 24

    Il faut en prendre et en laisser!

    Oui à la maîtrise de notre développement énergétique: c'était déjà le but annoncé lors de la création d'Hydro-Québec par René Lévesque. Mais je suis loin d'être convaincu qu'entre temps on doive intégrer la production de pétrole sur Anticosti et la construction de dangerreux oléoducs - ou l'inversion de leur cours - pour y arriver! Cette partie-là me semble appartenir davantage à de l'oppoertunisme politique qu'à une véritable orientation à long terme de notre développement. Je suis loin d'être persuadé qu'il y a assez de pétrole sur Anticosti, tout comme le rapport dit explicitement qu'il n'est pas nécessaire de continuer la construction de la Romaine. Ces grands projets font l'affaire des promoteurs, mais pas nécessairement du payeur de taxe et de l'environnement.