Gestion du gouvernement libéral - Révoltantes mines

On se serait attendu qu’un gouvernement qui nous serinait quotidiennement avec son « Plan nord » eût pris tous moyens afin que le Québec profite vraiment de son riche sous-sol.

Pas du tout ! Alors qu’il chantait les louanges de ce territoire « trois fois plus grand que la France », le gouvernement Charest se traînait carrément les pieds dans le secteur le plus déterminant de son prétendu « Plan », les mines. Suffit de consulter le dernier rapport du Commissaire du développement durable Jean Cinq-Mars pour s’en convaincre.


2009: dans un rapport qui a fait date, le vérificateur général (VG) Renaud Lachance avait conclu que les analyses fiscales et économiques du ministère des Ressources naturelles (MRN) ne permettaient même pas « d’établir de façon claire et objective si le Québec retire une compensation suffisante en contrepartie de l’exploitation de ses ressources naturelles ». Avantages fiscaux et crédits d’impôts en 2008 ? 137 millions. Revenus en droits miniers ? 98 millions. De 1997 à 2007, le nombre d’emplois associés au secteur avait baissé de 17 %. En avait-on eu pour notre argent ? Absolument pas. On payait les minières pour leur permettre de faire des profits.


Le Commissaire au développement durable (qui relève du VG) a étudié ce qui a été accompli depuis les 15 recommandations formulées en 2009. « Les résultats sont décevants », constate-t-il. Des progrès satisfaisants n’ont été constatés que pour quatre recommandations sur 15.


Alors que les dépenses d’exploration depuis 2007 ont bondi de 77 %, que la valeur de production des métaux s’est accrue de 54 % pour atteindre 6,1 milliards en 2011, rien ou presque n’a été fait pour que les Québécois en profitent. Pas d’analyse coût-bénéfices, alors que le VG l’avait exigé. Stratégies minérales en retard. Absence de système informatique au MRN pour suivre les dossiers miniers. Mécanisme déficient pour le contrôle de la restauration des sites souillés par les minières. Ce passif des sites dits « orphelins » était évalué à 264 millions en 2008. Aujourd’hui ? Il est de 1,2 milliards, écrit le Commissaire.


Certes, en 2010, le gouvernement libéral avait fait passer les redevances de 12 à 16 %. Pour M. Cinq-Mars toutefois, l’effet global ne pourra être évalué qu’une fois les données de l’année financière 2012-2013 disponibles. Seule consolation : avec ce rapport, la ministre Martine Ouellet sera en position de force devant les minières, lors du Forum sur les redevances, prévu pour les 16 et 17 mars. Espérons qu’ensuite, le gouvernement Marois réussira à faire modifier le plus rapidement possible le régime minier ruineux pour les Québécois.

  • Normand Carrier - Abonné 23 février 2013 07 h 19

    Le développement anarchique du gouvernement libéral .....

    On aura jamais assez répété que le fameux plan nord n'était qu'un plan marketting qui a servi a faire un développement totalement anarchique des mines du grand nord et de convaicre les électeurs de lui donner un autre mandat ...Dans ce développement , on faisait de la publicité de notre potentiel minier et on donnait des permis d'exploration et d'exploitation sans études et a la va comme je te pousse , sans études d'impact et environnementales .....C'était le bulldozage gouvernementale sans savoir si nous les contribuables payeurs de taxes y trouveraient notre compte et s'avérerait rentable pour le Québec ...

    On a retrouvé le même développement anarchique dans les gaz de schiste mais cette fois en catimini car durant trois ans , les électeurs n'entendaient parler de rien jusqu'au jour ou ils ont vu apparaitre des tours d'exploration dans leurs cours arrière .... Nous avons douleureusement appris que tous les permis d'exploration avait été accordées a pour toutes les zones gazières pour des peanuts (20 millions / an ) contrairement a la Colombie britannique qui en retirait $ 1.5 milliard annuellement .... On connait la suite et ce fut un recul sur toute la ligne ...

    Le gouvernement du PQ n'a pas finit de réparer les dégats faits par Jean Charest et son gouvernement et je n'enbarque pas dans la collusion , la corruption et le financement des partis politiques dont nous paieront toujours le retard de 30 mois avant de déclencher cette commission d'enquête ...

  • Patrick Boulanger - Abonné 23 février 2013 08 h 47

    Le PLQ le parti de l'économie ?

    Après l'électricité achetée en trop par Hydro-Québec (voir : « Hydro-Québec - 1,5 milliard pour des surplus d’électricité imposés par les libéraux »), la décision du PLQ de maintenir la centrale de Gentilly-2 ouverte même si économiquement elle n'était pas rentable (voir: Gentilly-2: le PLQ savait que le projet de réfection était injustifié, dit Vandal »), les pertes à la Caisse de dépôt et placement du Québec (voir : « La Caisse dévoile ses pertes: 39,8 milliards ») et maintenant les mines, peut-on parler sérieusement du PLQ comme le « parti de l'économie » ?

    • Martin Maynard - Inscrit 23 février 2013 11 h 34

      Le problème c'est que les gens qui votent PLQ ne le font pas pour les bonnes raisons.

      Il est certain que quand on regarde leur bilan de manière logique, ce parti n'aurait aucune raison de continuer d'exister. C'est tellement pathétique.

  • Raymond Chalifoux - Abonné 23 février 2013 08 h 57

    Étonnant que ça étonne, vraiment

    Ce gouvernement Libéral a fait subir au Québec la pire crise de son histoire et les survivants (élus) du parti ne se rendent même pas compte aujourd'hui à quel point nous sommes passés à un cheveu de la catastrophe.

    La fameuse matinée d'affrontement (largement télédiffusée) au cegep Lionel-Groulx, à Ste-Thérèse, aurait pu virer au drame, fatal; et que dire de Drummondville...

    Or que le dossier des mines ait été mené de la même façon que celui de la grève étudiante et du Soulèvement Populaire sans précédent…

    Quand on gère, on gère TOUT de la même façon: on n'est pas rigoureux et perfectionniste ici et totalement poche et distrait là... Cela ne devrait donc étonner personne, il me semble. Le dernier gouvernement Charest empestait la médiocrité, l'incompétence, l'incurie et un insatiable appétit pour la « petite politique » à dix lieues à la ronde!

    • Mireille Deschênes - Inscrite 23 février 2013 11 h 48

      Ce que je dirais, c'est ceci. Tous les journalistes, commentateurs, chroniqueurs, animateurs tous ceux qui désirent travailler dans ce charmant monde des médias, je leur dis de retourner à l'école ou de revoir les notions de base de leur métier, pour se rappeler que c'est important d'informer la population correctement, avec un souci d'intégrité, d'avoir un peu d'éthique et surtout de retrouver leur indépendance. De cette manière peut-être que les gens auront une idée plus claire de qui fait quoi et pourquoi.

    • Jean Boucher - Inscrit 24 février 2013 13 h 37

      Bravo Mme Deschênes.

  • Jean-Serge Baribeau - Abonné 23 février 2013 10 h 18

    Ne pas confondre «gisement épuisé» et «mine de rien»

    Sauf erreur de ma part, c’est le bédéiste Franquin, père adoptif de Gaston La Gaffe et «peintre» des idées noires, qui a été le premier à utiliser ce lien entre «mine de rien» et «gisement épuisé».

    Je pense que le gisement intellectuel et politique des libéraux québécois (et canadiens) est épuisé depuis de nombreuses lunes.

    Le perpétuel MINE DE RIEN de Jean Charest a été dévastateur et a miné tous les efforts nécessaires pour mettre en place une politique minière qui ne soit pas de la frime de type duplessiste ou libérale (je pense surtout, mais pas seulement, aux libéraux de l’époque Charest).

    En fait, on peut dire que Charest et ses ouailles «faisaient bonne mine et mauvais jeu», ce qui signifie qu’ils cachaient bien leurs innombrables turpitudes, minières ou autres. Mais maintenant, comme le démontre magistralement l’analyse d’Antoine Robitaille, «la mine est éventée». Nous voici devenus «lucides» ou, pour éviter toute confusion, plus clairvoyants, plus perspicaces et moins benêts.

    Voici que les libéraux, médiocres et réactionnaires, «ne paient vraiment pas de mine». Mais méfions-nous quand même. Ces «politicailleurs» vénèrent le pouvoir, même le pouvoir stérile et régressif. Le pouvoir pour le pouvoir est leur principale politique et va de pair avec leur triste manière de mal gouverner ou de ne pas gouverner.

    En terminant, je remercie le linguiste Claude Duneton qui m’a «suggéré» diverses expressions, souvent imagées et idoines, pour me permettre de parler ainsi des mines, des gisements et des politiques minières.

    Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias (mine de rien !)

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 24 février 2013 12 h 22

      Je suis d accord avec votre texte image,sauf que je ne suis pas convaincu que les quebecois dans l ensemble sont plus clairvoyants,perspicaces et moins benets,souvent j ai comme l impression qu ils ne veulent rien "sawoir" du aux medias "fast-food" et a ceux pro-liberaux. JP.Grise

  • France Marcotte - Abonnée 23 février 2013 10 h 48

    C'est ben de valeur!

    Qu'aurait mérité que nous fassions le gouvernement libéral Charest au moment même où il faisait preuve de tant d'arrogance et de mépris?

    On a beau s'indigner maintenant, il est trop tard.

    Mais pour quoi d'autre n'est-il pas trop tard?