Pétrole - Le temps qu’il faut

Il n’y a pas de réponse simple à la question « Faut-il exploiter le pétrole que pourrait contenir le sous-sol du Québec ? » La seule chose qui soit certaine, c’est que le principal enjeu de ce débat est l’atteinte d’un équilibre nécessairement fragile entre les considérations d’ordre économique, social et environnemental.

À l’échelle de la planète, de plus en plus nombreux sont ceux qui revendiquent la fin de l’exploitation et de la consommation des énergies fossiles comme seul moyen d’inverser le processus de réchauffement climatique. Pour des raisons bien différentes, ce sont souvent les mêmes qui appellent aussi à la fin du nucléaire sans lequel le réchauffement serait pourtant, aujourd’hui, beaucoup plus prononcé.


Leur point de vue est logique, leur bataille légitime, mais la complexité du débat démocratique autant que les rapports de force sociaux et les habitudes de consommation forgées au fil des ans ralentissent considérablement le processus de transition vers un modèle de développement plus vert.


Ce grand débat mondial trouve écho jusque chez nous en ce qui a trait tant à notre consommation qu’à notre production d’énergie. Le Québec a fermé Gentilly 2 pour des raisons économiques, mais aussi pour des motifs de sécurité, et tout indique qu’il n’y aura pas non plus d’exploitation de gaz de schiste dans la vallée habitée du Saint- Laurent pendant très longtemps.


En revanche, la vaste majorité des ménages roulent tous les jours dans des voitures mues par des moteurs à essence sans que le Québec en produise lui-même. Or, compte tenu de la position économique désavantageuse qu’occupe le Québec au sein du Canada, de ses difficultés considérables à offrir les services essentiels à sa population sans accroître indûment son niveau d’endettement, il ne fait aucun doute que l’exploitation réfléchie de pétrole, si on en trouve, doit être envisagée.


En contrepartie, à l’instar d’un grand pays producteur comme la Norvège, il faut multiplier les mesures pour réduire notre consommation.


Cela étant admis, chaque projet d’exploitation pétrolière doit être étudié au mérite, à la lumière de ses particularités. Anticosti, Bourque, Gaspé et Old Harry ne présentent ni les mêmes avantages ni les mêmes contraintes et inconvénients. Contrairement aux libéraux de Jean Charest qui se sont comportés comme des marionnettes au service du capital dans la totalité des dossiers d’exploitation de ressources, les péquistes doivent se tenir debout dans l’intérêt de tous.


Faut-il ou non devenir propriétaires des sociétés d’exploitation de nos richesses naturelles ? Là encore, la réponse n’est pas facile. En effet, il n’est pas certain qu’une participation majoritaire ou égalitaire au capital des sociétés d’exploration minière ou pétrolière soit un gage de rentabilité pour les contribuables, étant donné le risque lié à la taille des investissements et à la fluctuation des prix. De plus, une telle participation lierait les mains du gouvernement à titre d’arbitre au dossier, comme cela s’est vu pour d’autres sociétés d’État.


Rien ne presse. Tout change rapidement dans le merveilleux monde de l’énergie. Hier encore, il était question de construire deux ports pour superméthaniers sur le Saint-Laurent, deux projets que la chute du prix du gaz a tués dans l’oeuf. Prenons le temps de bien faire les choses, nous ne le regretterons pas.

19 commentaires
  • Georges Washington - Inscrit 5 février 2013 03 h 37

    Pour des raisons strictement financières.

    Désolé, mais il est inexact de dire que le gouvernement a fermé Gentilly-2 pour des raisons de sécurité. Jamais dans aucune conférence de presse, ni aucun texte le gouvernement du Québec n'a invoqué des raisons de sécurité pour fermer la centrale de Gentilly-2. La centrale a été fermé sur le dépôt d'un rapport strictement financier.

    Bien des gens voudraient qu'il en soit autrement, parce que la justification financière ne tient pas la route, mais ce n'est pas le cas.

    Jamais de toute sa durée d'exploitation la centrale de Gentilly-2 n'a présenté un danger pour la sécurité des riverains et des Québécois. Personne ne pourra prouver le contraire avec un rapport sérieux. Il y a bien des gens pour quoi le moindre petit Becquerel de radioactivité est considéré comme un danger, mais ces gens-là ignorent qu'ils émettent eux-mêmes jusqu'à 6000 Becquerels de radiations et qu'on en trouve des dizaines dans les produits de consommation courante, partant des bananes et passant par les fêves rouges. Peut-être bien que certains n'ont pas compris que le principe de la datation au C-14 a pour postulat l'accumulation d'un isotope radioactif du carbone, le C-14, dans l'organisme et sa lente disparition après la mort ce qui permet d'estimer l'âge d'un fossile.

    • Patrick Boulanger - Abonné 5 février 2013 14 h 21

      « Jamais de toute sa durée d'exploitation la centrale de Gentilly-2 n'a présenté un danger pour la sécurité des riverains et des Québécois. » ?

      Je ne connais pas la question M. Savard, mais j'ai l'impression qu'après l'accident nucléaire de 2011, aucun pays - ou province - peut prétendre exploiter une centrale nucléaire sans que cela comporte une part de danger.

    • Georges Washington - Inscrit 5 février 2013 15 h 12

      M. Boulanger,

      d'une part, je crois que les tsunamis et les tremblements de terre d'envergure sont plutôt rares à Bécancour.

      D'autre part, rien n'est à risque nul. Les barrages face à Matane pourraient aussi céder et inonder la ville. Devrait-on les détruire?

      Et finalement, quoique vous en pensiez, lors de la fermeture de Gentilly-2, jamais le gouvernement n'a invoqué des raisons de sécurité. Ça c'est la réalité de la fermeture de cette centrale. Dire aujourd'hui que la centrale a été fermée pour des raisons de sécurité est un mensonge. Il est vrai que certaines personnes, comme vous possiblement, craignaient, mais ce n'est pas du tout pour cette raison que la centrale a été fermée. Jamais le gouvernement n'a justifié sa décision, ni motivé sa décision, ni soutenu que la sécurité autour de Gentilly-2 était un problème.

      Il y a des centaines de centrales en exploitation qui ne posent aucun problème de sécurité. Et si les gens du Québec se croient à l'abri parce que Gentilly-2 est fermée, ils se leurrent lamentablement. Il y a des dizaines de centrales nucléaires en amont du St-Laurent et sous un vent favorable ouest-est.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 6 février 2013 00 h 08

      La quantité faramineuse de raccourcis démagogiques auxquels ont recours des inconditionnels du nucléaire est stupéfiante.

      Selon une étude allemande rigoureuse, la proximité d'une centrale nucléaire est liée à une très forte sur-représentation (2X+) des cas de cancer, particulièrement la leucémie infantile.

      Une étude au Québec ne peut pas arriver à cette conclusion parce que le bassin de population vivant à proximité immédiate de la centrale Gentilly2 ne permet pas une étude statistiquement significative. C'est assez faible comme défense pour le nucléaire.

      Que vient faire le carbone-14 présent naturellement en quantités infimes et d'une demi-vie de plus de 5500 ans dans cette discussion? Il peut cependant devenir polluant «grâce» à l'industrie nucléaire. http://fr.wikipedia.org/wiki/Carbone_14#Le_carbone

      Confondre radiation naturelle du corps et radiation artificielle supplémentaire, confondre exposition externe (ex : radiographie) et exposition interne (ex : consommer des aliments contaminés avec lesquels le corps fabrique ses cellules), c'est le genre de raccourcis mensongers du lobby nucléaire qui usent le peu de capital sympathie de cette industrie en montrant sa mauvaise foi.

      Le risque zéro n'existe pas, soit. Le risque nucléaire est injustifiable au Québec.

    • Georges Washington - Inscrit 7 février 2013 00 h 13

      M. Bouteu,

      les études épidémiologiques ont été réalisées au Canada autour des centrales de l'Ontario avec pour résultat un risque statistiquement inexistant. C'est-à-dire qu'il est impossible de distinguer le taux de cancers ou autres maladies qui sortent de la moyenne statistique du pays. Cette étude a été réalisée par le Dr Fairlie lui-même, un vif opposant au nucléaire qui apparaît d'ailleurs dans le film de propagande diffusé à Télé-Québec quelques jours après le scrutin du 4 septembre dernier. Se trouvant dans l'incapacité de démontrer un risque réel, le Dr Fairlie est donc devenu un apôtre du risque nul.

      Maintenant, j'ai cité le C14 qu'à titre d'exemple d'un isotope radioactif présent dans la nature parmis tant d'autres. Les bananes et les fêves rouges contiennent aussi des isotopes radioactifs de potassium dans une mesure beaucoup plus élevée que tout ce qui a été mesuré dans l'environnement autour de la centrale de Gentilly-2 au fil des ans. Et je dois vous annoncer gravement que nous consommons les bananes et les fêves rouges.

      D'un point de vue radioprotection, la distinction entre radioisotopes naturels et artificiels n'existe pas. Le danger provient des radiations, peu importe que l'isotope soit naturel ou artificiel. La seule chose qui importe c'est le type de radiation, l'énergie de cette radiation, son intensité et la durée de l'exposition.

  • Georges Washington - Inscrit 5 février 2013 03 h 44

    Le gouvernement exploitant du pétrole? NON merci!

    Vous donnez vous-même la réponse à votre question. Les deux ports méthaniers sont morts à cause de la fluctuation du prix du gaz et vous voudriez que dans ces conditions le gouvernement du Québec se mette à jouer au poker avec l'argent des contribuables? C'est clairement non. Il ne saurait être question que le gouvernement devienne un exploitant du pétrole québécois et du gaz de schiste. Nous avons bien assez d'exemples de projets qui ont échoués lorsque confiés au gouvernement.

    Pour ma part, c'est un non obstiné à toute incursion du gouvernement dans l'exploitation de nos ressources. Qu'il perçoive des droits, mais qu'il ne se mette surtout pas en tête de devenir entrepreneur. Un autre domaine où l'obtention des postes se fera par copinage et pour services rendus au parti.

    • François Ricard - Inscrit 5 février 2013 07 h 14

      Bien des pays le font avec succès: la Norvège, l'Écosse, le Venezuela, le Mexique,l'Arabie saoudite, l'Iran entre autres.
      Économiquement parlant, nous sommes un peuple frileux qui ne croit pas en lui-même. Il faut toujours confier la gestion et l'exploitation de nos richesses par d'autres.
      ne serait-ce pas la raison qui fait que nous demeurons pauvres pendant que d,autres sÙ,enrichissent à nos dépens?

    • Marc-André Fortier - Abonné 5 février 2013 08 h 44

      Monsieur Savard, tout dans la vie n’est pas blanc ou noir. Il existe des nuances de gris et dès le moment où l’on fait ce constat, la vie nous apparaît du coup plus simple et plus équilibrée.

      Le gouvernement joue les entrepreneurs depuis des années dans le domaine de la production d’énergie, Hydro Québec ça vous dit quelque chose. Et bien que le modèle soit loin d’être parfait, il a tout de même permis de créer beaucoup de richesse pour les Québécois.

      Alors, pourquoi ne pas en faire de même avec les mines et les autres ressources de notre territoire, quelles qu’elles soient? Des ingénieurs, des économistes, analystes et autres spécialistes, ça s’emploie aussi dans le secteur public, la compétence n’est pas l’apanage des seules sociétés privées et qui plus est, lorsque celles-ci sont étrangères.

      De quoi avons-nous peur? Là où vous dites non, moi je dis oui, nous le pouvons!

    • Claude Smith - Abonné 5 février 2013 08 h 45

      Nous avons aussi beaucoup d'exemples de projets qui ont échoué lorsque confiés à l'entreprise privée. La présente crise économique, qui en est la cause première ?

      Claude Smith

    • Georges Washington - Inscrit 5 février 2013 15 h 16

      Messieurs,

      vous semblez oublier que le gouvernement du Québec se retrouverait soudainement arbitre et parti dans l'exploitation pétrolière au Québec. Percevoir des droits est amplement suffisant pour s'assurer d'aller chercher la part de la valeur de cette richesse qui appartient à tous les Québécois. Il est totalement inutile et contre productif que le gouvernement devienne entrepreneur. Les domaines dans lesquels il se retrouve entrepreneur posent déjà des problèmes: SAQ, Loto-Québec.

      Hydro-Québec constitue un exemple à part, mais n'est pas exempt non plus de certaines aberrations. Toutefois, dans ce cas précis, les avantages existent encore, mais pour combien de temps? Au rythme où les gouvernements successifs se sont obstinés à se servir d'Hydro-Québec à d'autres fins que sa mission primordiale, ils sont en train de mettre la société d'Etat dans une mauvaise posture.

      Désolé, mais c'est toujours NON pour moi.

    • Georges Washington - Inscrit 5 février 2013 15 h 22

      M. Fortier,

      vous êtes excessivement jovialiste concernant les gains potentiels de se lancer dans cette aventure avec l'argent des contribuables. Vous savez, les contribuables sont toujours capables d'acheter et de décider d'acheter ou non des actions de ces compagnies minières et autres exploitants de nos richesses naturelles. La voie gouvernementale n'est pas la seule option possible.

      Aussi, j'aimerais vous rappeler comment l'usine Magnola a lamentablement piqué du nez alors que le prix du magnésium sur les marchés internationaux s'est effondré. J'aimerais aussi vous rappeler comment la CDPQ a perdu 40 milliards de dollars des contribuables et autre contributeurs à la caisse en investissant dans des papiers commerciaux. L'Etat entrepreneur peut aussi être acculé à la faillite. Compte tenu de ce que nous observons ces derniers jours de corruption et de malversions au sein même de l'Etat, il ne faudrait pas non plus croire que l'Etat entrepreneur met à l'abri des ripoux. Ce serait simpliste.

  • Normand Carrier - Abonné 5 février 2013 07 h 03

    Exploiter avec sagesse ...

    Votre éditorial est juste monsieur Sansfacon et vous avez raison de dire que Gentilly 2 a été mis au rancart pour des raisons économiques et écologiques avec tous les débats , durant cet épisode , sur le nucléaire et la disposition des déchets nucléaires qui était en soi suffisante pour le rejeter ....
    Concernant la participation financière , il faudra que le gouvernement soit prudent contrairement a l'ADQ qui est près de se lancer en partenariat aveuglément ..... L'équilibre entre les redevances et les avantages et inconvénients du partenariat doit être évalué méticuleusement et prudemment ....

    • Georges Washington - Inscrit 7 février 2013 15 h 33

      Je ne vois pas en quoi la disposition des déchets était une raison de fermeture. Ces déchets existent déjà et il faudra en disposer. Une façon d'en disposer était de garder la centrale en opération. La quantité de déchets produite est loin d'être un problème chez-nous. Bien des gens s'abreuvent de l'expérience Française où il est beaucoup plus compliqué de disposer des déchets et transposent ces problèmes ici sans nuances.

      Nous disposons d'un vaste territoire, d'un des massifs rocheux les plus stables au monde et d'une quantité de déchets nucléaire infime. Où est le gros problème?

      De plus, il existe des moyens de retraiter ces déchets et d'en extraire de l'énergie, sauf que pour ça, il faut conserver des installations en opération.

      Les Québécois sont parmis les gens les moins bien informés sur le nucléaire et ils pavoisent comme s'ils savaient de quoi ils parlent parce qu'ils ont regardé un documentaire produit par des gens qui n'y comprennent rien non plus, mais ils ont une caméra sur l'épaule.

      Le Québec est déprimant dès qu'il est question de science.

  • Claude Saint-Jarre - Inscrit 5 février 2013 07 h 50

    La moue

    Mon instinct pour le pétrole, mais raisonné quand même, c'est la moue.
    1) Ce pétrole ne donnerait qu'une vingtaine de jours d'autonomie à l'Huamanité.
    2) Il ne sera pas pour nous, le pétrole ET nous, serons exploités comme nous le sommes d'habitude.
    3) Gardons-le pour les prochaines générations.
    En effet, rien ne presse. Nous ne sommes pas donnés l'équivalent de l'OPEP pou rnos ressources naturelles et à propos, de notre ressource en matière grise, il y a deux priorités: alphabétiser 50% de la population et augmenter l'efficience cognitive de 100% et accentuer sur apprendre à apprendre. Merci!

    • J-F Garneau - Inscrit 5 février 2013 09 h 27

      Une autre façon de voir la chose:
      Nous avons une vigntaine d'années (peut-ête 30) pour changer radicalement notre dépendance aux hydrocarbures, mais:
      1) Au lieu d'acheter 100% de ces hydrocarbures pendant les 30 prochaines années, on pourrait en acheter très peu, les produire ici même.
      2) Réinvestir les profits générés dans la société, mais plus spécifiquement dans les autres sources d'énergies afin de vraiemnt préparer les générations futures, hydraulique, éolien, solaire, géothermie profonde, biomasse, etc...

      Quant à votre point 2) je préfère croire que l'on peut faire mieux que ça.

  • Pierre Bellefeuille - Inscrit 5 février 2013 10 h 01

    A-ton vraiment le choix?

    Les pays industrialisés sont entièrement dépendants de la ressource pétrolière, cette longue molécule entre dans les polymères de toutes sortes, les médicaments, les processeurs d’ordinateur, etc. Le pétrole entre dans la fabrication de plus de 70 000 produits dérivés. Enlevez le pétrole demain matin et vous créerez la pire crise économique de tous les temps. Nous ne pouvons tout simplement pas nous passer de cette ressource.

    Par ailleurs, nous devons tout faire pour développer des sources d’énergie alternatives au pétrole, car la ressource est extrêmement précieuse!

    Ce ne sera jamais facile de rallier ceux désirant une meilleure protection de l’environnement et ceux désirant exploiter les ressources naturelles. Je pense que les modes industriels d’exploitation des ressources ne peuvent jamais tout à fait garantir à 100 % une empreinte écologique propre ou neutre.

    Au Québec, l’Estuaire du Saint-Laurent est fragile. Son écosystème est un des plus beaux au monde! La navigation maritime est complexe en raison des fortes marées, une des régions les plus difficilement navigables au monde, à ce point que les capitaines des grands bateaux étrangers sont remplacés par du personnel expérimenté d’ici pour éviter tout problème ou naufrage.

    Je crois que si l’industrie pétrolière veut exploiter la ressource dans le Saint-Laurent, elle devrait démontrer sans ambiguïté sa capacité à protéger l’environnement pendant l’exploitation ou lors d’un éventuel désastre.

    On peut aussi poser les questions suivantes :
    - Combien de navires chargés de pétrole sillonnent les océans chaque jour?
    - Quelle est la fréquence des incidents?
    - Suivant les désastres passés, les écosystèmes ont-ils pu récupérer entièrement? Si oui, après combien d’années?