On a connu l’écriture d’Emmanuel Schwartz dans son spectacle Chroniques, réunissant trois pièces assez digressives et logorrhéiques où des personnages écorchés se lançaient dans de sinueuses et viscérales quêtes de soi. Nathan n’échappe pas à cette règle, mais, puisqu’écrite bien avant ces trois chroniques, elle porte davantage l’empreinte du maître Wajdi Mouawad, avec qui Schwartz collabore depuis ses débuts.
La lune est à moi
Texte : Marie-Luce Maupetit. Mise en scène : Patrick Martel et Michel P. Ranger. Une création du Théâtre de l’Avant-Pays présentée au collège Maisonneuve dans le cadre de Petits bonheurs. Public visé : les enfants de 4 à 9 ans. Durée : environ une heure.
Voici un spectacle aussi ambigu que polysémique, qui résiste très fort à la description, échappe profondément au discours unique et risque de susciter une grande diversité d’interprétations. Céline Bonnier, visiblement à la recherche d’un nouveau langage scénique, nous invite à observer, comme dans sa courte pièce Hello… how are you créée à La Chapelle en octobre dernier, des corps performatifs qui s’essoufflent dans la répétition de gestes aliénants ou pulsionnels. Sans la nudité, cette fois. Elle disait en entrevue vouloir aborder l’érotisme. La pièce s’y aventure, certes, mais elle semble plutôt inviter à une réflexion sur le thème, plus large, de la rencontre : comment se présenter sincèrement à l’autre ; quelle facette de nous-mêmes sommes-nous prêts à mettre de l’avant ?