Si vous vous attendez à lire une sorte d'Histoire de Pi tome deux, détrompez-vous. Le nouveau roman de Yann Martel n'a rien à voir avec son précédent,...
Si vous vous attendez à lire une sorte d'Histoire de Pi tome deux, détrompez-vous. Le nouveau roman de Yann Martel n'a rien à voir avec son précédent, récompensé par le Man Booker Prize en 2002, traduit en 38 langues et vendu à 7 millions d'exemplaires.
Déjà, à la conférence de presse du FFM, les films et les invités français sélectionnés frappaient par leur grand nombre. L'œil aguerri...
Déjà, à la conférence de presse du FFM, les films et les invités français sélectionnés frappaient par leur grand nombre. L'œil aguerri qui année après année soupèse les œuvres d'une programmation trop vaste, s'alluma illico: Tiens donc! On a droit au grand débarquement hexagonal cette année. Que nous vaut soudain pareille offensive?
On arrive presque au bout du FFM. L'heure du petit tour d'horizon. Bilan provisoire, car quelques films restent à voir: le volet compétitif, fer de lance d'un festival,...
On arrive presque au bout du FFM. L'heure du petit tour d'horizon. Bilan provisoire, car quelques films restent à voir: le volet compétitif, fer de lance d'un festival, manque de tonus et ennuie plus souvent qu'à son tour. Un problème récurrent d'une année à l'autre. Encore qu'on ait connu des crus plus fastes. Pas celui-ci. Que le Festival des films du monde, pris entre Venise et Toronto, n'ait pas accès à tous les films désirés, on le conçoit, on le comprend, sans attendre l'ascension des sommets. Sauf que certains choix semblent incompréhensibles. Au moins cinq films, soyons généreux, en lice pour le Grand Prix des Amériques, paraîtraient déplacés dans tout rendez-vous de films digne de ce nom.
C'est bien pour dire. Après s'être farci ce matin en compétition le très mauvais film japonais The Box de Banmei Takahashi — nous y reviendrons—, le...
C'est bien pour dire. Après s'être farci ce matin en compétition le très mauvais film japonais The Box de Banmei Takahashi — nous y reviendrons—, le désespoir s'est fait sentir. D'où l'envie de fuir à toutes jambes cette compétition de niveau globalement trop faible, en pestant contre cette pochade nippone qui serait déplacée dans tout festival de cinéma.
Je suis allé dimanche dernier voir Piranha 3D. Parce que la journée était par avance dédiée à la sottise tonitruante — le grand prix Nascar avait lieu...
Je suis allé dimanche dernier voir Piranha 3D. Parce que la journée était par avance dédiée à la sottise tonitruante — le grand prix Nascar avait lieu en même temps à l'île Notre-Dame, autant dire sous ma fenêtre —, j'ai décidé de courir dans le sens du vent. Mettez ça sur le compte de la chaleur qu'il faisait. Plus sûrement sur l'enthousiasme de collègues, amis et critiques, qui étaient revenus enchantés de la projection du film d'horreur d'Alexandre Aja, vantant la qualité plastique inattendue de la production (avec raison) et le sens d'autodérision «irrésistible» du scénario vaguement inspiré de celui du film original de Joe Dante datant de 1978.
À souligner: un nombre relativement élevé de réalisatrices dans cette compétition du FFM. Elles se retrouvent derrière cinq des vingt longs métrages de...
À souligner: un nombre relativement élevé de réalisatrices dans cette compétition du FFM. Elles se retrouvent derrière cinq des vingt longs métrages de la course (dont une coréalisatrice). Plusieurs festivals sont colorés pure testostérone, Cannes entre autres, pour ne pas le nommer. Lorsqu'un ou deux noms de femmes se glissent parmi les rangs des chauves et des poilus, on parle de cuvée des dames. Mais les voici en force au FFM. D'ailleurs, jusqu'à maintenant, les films de la Québécoise Julie Hivon, Tromper le silence et de la Norvégienne Maria Sodahl (Limbo) font partie des œuvres qui se sont démarquées. Le palmarès devrait souligner cette présence féminine qui épouse tous les genres.
On l'a dit: le Festival des films du monde attire davantage d'hôtes de marque que lors des dernières éditions. L'ennui, cette année, c'est que les...
On l'a dit: le Festival des films du monde attire davantage d'hôtes de marque que lors des dernières éditions. L'ennui, cette année, c'est que les événements importants se court-circuitent. Des raisons de disponibilité des invités doivent jouer un rôle là-dedans, comme une étrange gestion du calendrier. Dommage! Car la machine médiatique réclame sa part de chair au quotidien. Avant-hier, Bertrand Tavernier rencontrait des journalistes le même jour que l'équipe du film d'ouverture, ce qui dédoublait les grandes entrevues, tandis qu'on n'avait pas grand-chose à se mettre sous la dent le lendemain.
Le fait divers, surtout dans sa version sanglante et meurtrière, fascine. Les médias populaires en ont toujours fait leur nourriture principale, satisfaisant ainsi l'appétit...
Le fait divers, surtout dans sa version sanglante et meurtrière, fascine. Les médias populaires en ont toujours fait leur nourriture principale, satisfaisant ainsi l'appétit d'un grand public qui en redemande. Pour un Pierre Bourdieu qui dénonce l'abus médiatique de «cette sorte de denrée élémentaire, rudimentaire de l'information qui est très importante parce qu'elle intéresse tout le monde sans tirer à conséquence et qu'elle prend du temps», on trouve un Roland Barthes qui explique cette fascination en notant que le fait divers «est structurellement une information totale et immanente, puisqu'il ne nécessite aucune connaissance de son avant et de son après pour être compris».
En Iran, comme sous tous les régimes totalitaires, un créateur doit accumuler les métaphores pour passer ses messages. Je m'en faisais la réflexion cette semaine en...
En Iran, comme sous tous les régimes totalitaires, un créateur doit accumuler les métaphores pour passer ses messages. Je m'en faisais la réflexion cette semaine en visionnant L'Accordéon, court métrage de Jafar Panahi. Tourné à Téhéran, lancé bientôt au Festival des films du monde et à la Mostra de Venise, le film de sept minutes fait partie d'un collectif produit par Art of the World à partir de l'article 18 de la Déclaration des droits de l'homme. «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion», stipule-t-il. Beau programme! Mais ces mots paraissent d'une noire ironie lorsqu'un cinéaste emprisonné dans son pays en mars dernier et libéré en mai après dix jours de grève de la faim y greffe ses images.
Injustice flagrante de la postérité de Henry James: le gars a fait paraître à peu près soixante bouquins, mais la première chose qui me revient à son...
Injustice flagrante de la postérité de Henry James: le gars a fait paraître à peu près soixante bouquins, mais la première chose qui me revient à son sujet, c'est la phrase de Hemingway disant qu'il «écrit comme une vieille femme». J'ai connu bien des lecteurs qui avaient reculé devant les immenses profondeurs de la Recherche du temps perdu parce que l'auteur, génie ou pas, écrivait comme une vieille tante. Comme si on ne pouvait pas en même temps aimer le steak et le gruau... Ma blonde jette un coup d'œil de côté à la page du roman de Francis Wyndham que je suis en train de lire et elle trouve que ça n'a pas l'air bien terrible. Les dialogues lui paraissent un peu coincés, et ils le sont, ou plutôt le seraient si «coincés» était un terme suffisant pour décrire les effets de quelques siècles de domination impériale, de préjugés aristocratiques fleuris sur le vieux terreau tory et de pudibonderie victorienne sur le discours et le style narratif.
Essayiste marginal dont les ouvrages ne sont pas conçus pour faire la manchette, Paul-Émile Roy est néanmoins l'auteur d'une œuvre relativement importante qui brille...
Essayiste marginal dont les ouvrages ne sont pas conçus pour faire la manchette, Paul-Émile Roy est néanmoins l'auteur d'une œuvre relativement importante qui brille par sa constance. Défenseur de l'héritage catholique du Québec, souverainiste résolu et, surtout, champion d'une vie vécue avec la culture, aussi bien universelle que québécoise, Paul-Émile Roy se nourrit notamment de la pensée d'un Pierre Vadeboncœur, dont il offre une version vulgarisée et plus conservatrice.
À l'angle des rues Saint-Pierre et Saint-Paul dans le Vieux-Montréal, je suis allée voir si le chantier, en cours depuis deux ans, avançait, mais tout est...
À l'angle des rues Saint-Pierre et Saint-Paul dans le Vieux-Montréal, je suis allée voir si le chantier, en cours depuis deux ans, avançait, mais tout est placardé. On n'entre pas.
Ces scènes avaient jailli de ma télé au début des années 1990, en plein conflit de Balkans: la désintégration du vieux pont de Mostar en Bosnie et le...
Ces scènes avaient jailli de ma télé au début des années 1990, en plein conflit de Balkans: la désintégration du vieux pont de Mostar en Bosnie et le pilonnage de Dubrovnik en Croatie, ce joyau de l'Unesco. Crac! Boum! Des endroits superbes dont les couches de civilisation plusieurs fois séculaires explosaient comme dans un jeu vidéo. Les guerres font ça, mais celle-là, encore récente, demeurait imprimée dans mon esprit.
Raymond Carver fait ça tout le temps. Un couple est en train de se désagréger. C'est la nuit, l'homme regarde par la fenêtre et voit une porte s'ouvrir de...
Raymond Carver fait ça tout le temps. Un couple est en train de se désagréger. C'est la nuit, l'homme regarde par la fenêtre et voit une porte s'ouvrir de l'autre côté de la rue. Quelqu'un sort, quitte les lieux, la lumière du porche reste allumée un moment, puis s'éteint. Et Carver peut ensuite se permettre d'abandonner ses personnages après les avoir plongés dans la plus parfaite confusion et la plus totale ambiguïté, car le contrat a été respecté, il vient de vous indiquer comment leur histoire allait se terminer: quelqu'un va partir, une lumière va s'éteindre.
Sans la philosophie, la vie serait une erreur. Je sais cela depuis ma découverte de cette fascinante matière au collégial. Jamais, depuis lors, le puissant désir...
Sans la philosophie, la vie serait une erreur. Je sais cela depuis ma découverte de cette fascinante matière au collégial. Jamais, depuis lors, le puissant désir d'interroger fondamentalement la réalité ne m'a quitté. L'histoire et la méthode philosophiques me sont des boussoles permanentes et nourrissent ma conscience morale et mes pensées au quotidien, dans les grandes comme dans les petites choses. Vivre avec la philosophie est une grâce qui devrait être considérée comme un des droits de l'homme, et par conséquent aussi comme un devoir.
Il y a, au Québec, un million d'enfants de 12 ans et moins. Ils vivent dans un univers très différent de celui dans lequel nous avons nous-mêmes traversé cette...
Il y a, au Québec, un million d'enfants de 12 ans et moins. Ils vivent dans un univers très différent de celui dans lequel nous avons nous-mêmes traversé cette étape de la vie. Aussi, nous prévient Pascale Millot, rédactrice en chef adjointe du magazine Québec Science, ils ont changé, «beaucoup changé». Peut-on dire, toutefois, que notre façon de les percevoir a suivi le mouvement?
Où est Jean Désy? Quelque part du côté de Whitehorse, aux dernières nouvelles. À pêcher des saumoneaux gros comme des carcajous et à les disputer...
Où est Jean Désy? Quelque part du côté de Whitehorse, aux dernières nouvelles. À pêcher des saumoneaux gros comme des carcajous et à les disputer aux grizzlys locaux, tel que je le connais. Pour arriver à fixer les vagabondieuseries de ce diable d'homme pendant une heure ou deux, on est obligé de lire un de ses livres. En voici un, L'Esprit du Nord, contenant des «propos sur l'autochtonie québécoise, le nomadisme et la nordicité». Disons-le tout frette: Jean Désy est un disciple du grand Louis-Edmond Hamelin, l'inventeur et théoricien de la nordicité, cette trouvaille conceptuelle qui a fait le tour du monde subarctique aussi sûrement que la mécanique de Joseph-Armand Bombardier. Si Hamelin est le Karl Marx de la nordicité, Jean Désy en est le Lénine.
La décennie 1960 a vu la mode des couturiers descendre dans la rue au grand dam de certains d'entre eux. Coco Chanel, surnommée à l'époque la reine du genre pauvre,...
La décennie 1960 a vu la mode des couturiers descendre dans la rue au grand dam de certains d'entre eux. Coco Chanel, surnommée à l'époque la reine du genre pauvre, qui avait jadis fait figure de pionnière et de révolutionnaire en libérant le corps de la femme dès les années 1930, s'insurgeait pourtant dans sa suite du Ritz à Paris, au milieu des années 1960, contre la vulgarisation du prêt-à-porter proposée par certains de ses illustres compétiteurs. André Courrèges, Pierre Cardin, Paco Rabanne et Yves Saint Laurent, notamment, de jeunes loups décidés à démocratiser la mode et à la rendre plus accessible, allaient ensemble changer la donne de la mode grâce aux événements de Mai 1968 et de la vague hippie qui déferlait alors sur la société bien-pensante. Condescendante à l'extrême, mademoiselle Chanel, en lançant sa boutade de sa tour d'ivoire «Les modes ne sont bonnes que lorsqu'elles descendent dans la rue et pas quand elles en viennent», allait subir un désaveu affligeant de toute la société parisienne. Et pourtant, cette réflexion en apparence méprisante ne semble-t-elle pas de nos jours on ne peut plus d'actualité?
Je n'étais jamais allé à Natashquan, seulement passé au large, à bord du bon vieux Fort-Mingan secoué par les montagnes russes d'un gros coup de...
Je n'étais jamais allé à Natashquan, seulement passé au large, à bord du bon vieux Fort-Mingan secoué par les montagnes russes d'un gros coup de tabac, par une tempête échappée d'un roman de Conrad, les tripes vidées par-dessus bord il y a de ça pas mal d'années. C'était l'été où j'ai failli devenir pêcheur de morue, l'espace d'une saison avec M. Wilfrid Beaudoin de Blanc-Sablons, sur le banc de Natashquan justement.
Dans son numéro de mars-avril 2010, Présence magazine présentait les résultats d'un sondage sur les perceptions des Québécois à l'égard...
Dans son numéro de mars-avril 2010, Présence magazine présentait les résultats d'un sondage sur les perceptions des Québécois à l'égard de Jésus. Réalisé par la maison CROP entre le 14 et le 24 janvier dernier auprès de 1000 personnes aléatoirement sélectionnées, ce sondage contient des éléments intéressants.