La métropole orpheline

Depuis des décennies, on se plaint un peu partout au Québec du poids excessif de Montréal au Conseil des ministres. D’un gouvernement à l’autre, près de la moitié de ses membres représentent une circonscription de la métropole. Dans le cabinet Couillard, c’est le cas de 14 sur 30.

La prochaine élection générale pourrait toutefois créer une situation qui apparaissait jusqu’à maintenant totalement impensable. Si ses résultats étaient ceux du dernier sondage Léger–Le Devoir, la CAQ pourrait former un gouvernement majoritaire sans avoir fait élire un seul député à Montréal, qui s’en trouverait de facto exclu.

Même Duplessis avait réussi à inclure un Montréalais dans son cabinet, en nommant Paul Dozois, élu en 1956 dans Montréal-Saint-Jacques, aux Affaires municipales. Son prédécesseur dans la même circonscription, Omer Côté, avait occupé l’ancien poste de secrétaire de la province de 1944 à 1956.

Le sondage crédite la CAQ de 27 % des intentions de vote dans l’ensemble de la région métropolitaine, mais cela inclut les couronnes nord et sud, où elle pourrait réaliser un balayage. Sur l’île, la seule circonscription où elle peut entretenir quelque espoir est Pointe-aux-Trembles, où elle avait terminé deuxième à l’élection générale de septembre 2014, 5329 voix derrière la péquiste Nicole Léger.

Le scénario le plus probable est toutefois que le PLQ maintiendra son emprise sur l’ouest de la ville, où la récente entreprise de séduction du gouvernement Couillard semble avoir convaincu les anglophones tentés par la CAQ de rentrer au bercail. Le PQ devrait se contenter des deux ou trois circonscriptions que QS n’arriverait pas à lui arracher.

En 2006, Stephen Harper, qui n’avait fait élire aucun député à Montréal, avait nommé Michael Fortier ministre responsable de la Métropole et l’avait casé au Sénat en attendant qu’il se déniche un siège, mais il s’était fait battre à l’élection générale.

François Legault pourrait nommer lui aussi un ministre non élu, ou encore confier la responsabilité de Montréal à un député de la banlieue, mais la métropole n’en serait pas moins soumise au bon plaisir de Québec et des régions. Imaginez les cris d’horreur, notamment dans les milieux d’affaires ! Même Valérie Plante en perdrait le sourire.


 

M. Legault préférerait sans doute que l’élection ait lieu maintenant. Depuis mars dernier, la progression de la CAQ a été constante, mais son chef sait d’expérience qu’il est risqué de monter trop vite. En décembre 2011, il se voyait déjà premier ministre et il est toujours le chef du deuxième parti d’opposition.

Six ans plus tard, la situation est cependant bien différente. La CAQ est vraiment identifiée à ce que son chef appelle « l’équipe du changement », même si la plupart des électeurs auraient sans doute du mal à expliquer en quoi consisterait ce changement, outre de mettre les libéraux à la porte.

Il y a déjà un moment que M. Legault est perçu comme le chef le plus apte à occuper le poste de premier ministre. La nouveauté est que 40 % des électeurs et surtout 46 % des francophones croient maintenant que la CAQ est « prête à gouverner le Québec », ce dont l’ADQ n’avait jamais réussi à les convaincre. Il reste à recruter des candidats crédibles aux Finances et à la Santé.


 

« Ça ne me dérange pas que la CAQ passe en avant, on va crever cette baloune-là », a lancé Jean-François Lisée cette semaine au cours d’une entrevue accordée à un collègue du Journal de Montréal. « Tout ce qu’on a à faire, c’est de préparer notre remontée. »

Certes, rien n’est impossible en politique, mais la pente paraît bien abrupte. Les choses en sont au point où le PQ n’incarne pas plus le changement que le PLQ, qui est au pouvoir depuis près de 15 ans. Et la population ne perçoit pas son chef comme un meilleur premier ministre potentiel que Manon Massé ou Gabriel Nadeau-Dubois.

La première chose à faire pour M. Lisée serait de convaincre ses propres troupes qu’il est toujours l’homme de la situation plutôt que de faire partie du problème. Une nette majorité d’électeurs libéraux (64 %) et surtout de caquistes (82 %) estiment que leur chef respectif est le plus apte à gouverner, mais à peine la moitié des péquistes (49 %) sont de cet avis. Quand on leur demande qui gagnera la prochaine élection, seulement le quart (26 %) choisissent leur parti.

S’il faut trouver une bonne nouvelle pour le PQ dans le sondage, c’est que l’exode vers Québec solidaire semble bel et bien terminé. Il reste à espérer que la fusion avec Option nationale ne rendra pas QS plus acceptable aux yeux de ceux qui ne digèrent pas que le référendum ait été placé sur une voie de garage.

26 commentaires
  • Eric Vallée - Inscrit 2 décembre 2017 01 h 27

    La métropole, un trou même en politique

    Qu'elle sèche Montréal! En plus de contrôler tous les grands médias, il faudrait en plus qu'elle ait une forte représentation politique? L'endroit est foutu, il n'y a pas de gain politique à y faire. Les immigrants maintenant majoritaires votent libéral, les bourgeois bohèmes votent pour des communistes, le reste n'est qu'un pourcentage presque négligeable.

    • Gilbert Turp - Abonné 2 décembre 2017 09 h 00

      En effet, en se coupant du Québec, Montréal devient le trou d'un beigne. Tout fuit, rien ne se retient.
      Les capitaux fuient, les sièges sociaux aussi.
      En culture, on fait de l'évènementiel, mais on soutient peu et mal les instiitutions structurantes.
      Bref Montréal a perdu beaucoup de son charme et de sa personnalité, elle est devenue plus anonyme et impersonnelle.
      Cet anonymat montréalais se retrouve dans la façon de voter. On a ce qu'on mérite.

    • Hélène Paulette - Abonnée 2 décembre 2017 10 h 24

      Si Montréal sèche, vous allez avoir soif mon cher...

    • Christian Gagnon - Abonné 3 décembre 2017 08 h 36

      Cher M Vallée, un peu de nuance dans vos pensées vous ferais le plus grand bien... des communistes? Où ça? QS est de gauche oui... ON peut-être, mais c'est trop facile de les ranger en communiste... tout comme on pourrait dire de la Meute ou des conservateurs qu'ils sont des faschistes. Traiter un parti ou une personne de communistes ou faschistes est une manière de discréditer et de tenter de clore une conversation en condamnation !

    • Micheline Gagnon - Abonnée 4 décembre 2017 10 h 44

      Vous me rappelez une situation vécue chez un ancien employeur dont le siège social était en région: 1/3 des employés était à Montréal, les 2/3 ainsi que le directeur étaient en région. L'entreprise avait créé un genre de groupe social pour rapprocher les employés des deux emplacements. Il a été question de faire un tirage pour Noël. Les employés des régions ont exigé qu'il y ait 3 cadeaux, 1 pour les employés de Montréal et 2 pour eux. Ils prétendaient que s'il n'y avait qu'un prix et qu'il était gagné par les employés de Montréal ce serait injuste pour eux car ils étaient plus nombreux. Pourtant nous faisions partie de la même équipe de travail et avions le même patron. Misère!!!!!! Quelle tristesse!!!!!

  • René Bourgouin - Inscrit 2 décembre 2017 04 h 37

    Pas de Montréalais, et alors?

    Je suis Montréalais et je me fiche comme l'an 40 de savoir s'il y aura des ministres montréalais.

    En 1982, on avait 74 députés du PLC et ils nous ont tous f... avec le rapatriment de la Constitution. Les élus et à plus forte raison les ministres ne «représentent» pas leur commettants, ils sont les soldats de la machine politique en place: c'est-à-dire le chef, ceux qui grenouillent autour et ceux, invisibles, qui tirent les ficelles derrière.

    Alors ils peuvent bien provenir des îles Mouk-Mouk, ça ne changera rien à la dynamique.

    • Micheline Gagnon - Abonnée 2 décembre 2017 08 h 26

      En effet, il est mal vu de représenter Montréal alors les politiciens se font une obligation de représenter les jeunes familles des banlieues ou les régions. Même Jean-François Lisée a utilisé la carte identitaire pour devenir chef. Je crois qu'Alexandre Cloutier aurait mieux représenté Montréal car, selon moi, il voulait représenter Tous les québécois et je n'ai jamais douté de sa sincérité.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 2 décembre 2017 12 h 40

      À Micheline Gagnon:

      Alexandre Cloutier est un parlementaire doté d’une remarquable connaissance de ses dossiers. C’est un des meilleurs députés péquistes.

      Mais son refus obstiné de recourir à la clause dérogatoire pour assurer la survie du français au Québec (lors d’une rencontre à Outremont et en réponse à une question de Martine Ouelllet au Monument National) m’oblige à dire qu’il devra poursuivre sa réflexion à ce sujet avant de devenir chef du PQ.

      Pour l’instant, c’est Jean-François Lisée le chef du PQ et personne d’autre.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 2 décembre 2017 06 h 53

    La remontée du PQ

    Tout ce que le PQ doit faire pour démonter dans les intentions de vote, c’est de mettre de l’avant son programme économique et son bilan passé de bon gestionnaire de l’économie québécoise.

    Sur ce dernier point, il devra se dresser contre les mensonges du PLQ. Entre autres, ce n’est pas vrai que c’est le PQ qui a donné Anticosti aux pétrolières. C’est Charest.

    Et j’aimerais bien que le PQ cesse de laisser entendre qu’on peut avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire. Il faut mettre de l’avant la longue liste de projets destinés à rebâtir l’economie du Québec, mais insister sur le fait que tout cela n’est qu’un aperçu de ce qu’on pourrait faire si nous avions les pouvoirs qu’Ottawa utilise à favoriser l’economie du Canada-anglais.

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 décembre 2017 10 h 39

      J'ajouterais que le Parti Québécois peut aussi apaiser les craintes des anglophones de l'indépendance en leur expliquant qu'il n'y aura pas de séparation sans référendum. Entre temps, on a droit à un bon gouvernement qui travaille pour les citoyens au lieu de sacrifier tout pour les amis affairistes!

  • Jean Lapointe - Abonné 2 décembre 2017 07 h 47

    Heureusement que rien n'est impossible

    «Certes, rien n’est impossible en politique, mais la pente paraît bien abrupte.» (Michel David)

    Heureusement que rien n'est impossible parce que ce serait complètement désespérant que François Legault devienne premier ministre du Québec. Jean-François Lisée est, à mon avis, autrement plus compétent que lui dans tous les domaines. Il sait de quoi il parle étant donné qu'il a écrit plusieurs livres sur le Québec et qu'il connait bien les Etats-Unis et bien la France. Il a des contacts dans ces deux pays et ailleurs. Pas Legault. Et, en plus, Lisée a une capacité de travail exceptionnelle. Legault lui est plutôt brouillon.

    Lisée sait lui où il va. Il a des idées claires et il est solide. Legault , lui, est toujours en train de patiner. Un jour il défend telle idée, le lendemain il défend le contraire. Il n'est pas fiable. Il me donne surtout l'impression de vouloir surtout le pouvoir et non pas servir le Québec et les Québécois. Pourquoi n'est-il plus souverainiste ? Ça reste un mystère qui n'est pas à son avantage.

    Jean-François Lisée, à mes yeux, est véritablement soucieux de notre avenir, de l'avenir du Québec et de celui des Québécois. C'est du sérieux Ce n'est pas de la frime. Et il a beaucoup d'idées, ce qui est un gros atout.. Je ne pense pas m'illusionner. Il mérite d'être mieux connu.

    Mais c'est vrai que la pente paraît bien abrupte. Il y a donc beaucoup de travail à faire.

    Je n'arrive pas à croire que la CAQ puisse recevoir suffisamment d'appuis pour pouvoir diriger le Québec.

    J'espère que les gens qui disent avoir l'intention de voter pour la CAQ vont y penser par deux fois. C'est important.

    Tout est encore heureusement possible. J'ose compter sur le bon sens des Québécois.

    • Jacques Tremblay - Inscrit 2 décembre 2017 09 h 23

      Tout ce que je sais c’est que, comme un très grand nombre de mes concitoyens, je ne veux absolument pas d’un autre gouvernement Libéral pour les 4 prochaines années.

      D’ici octobre 2018 c’est la tendance du vote qui me fera finalement choisir mon cheval de course en espérant qu’un de ces deux partis en liste propose pour l’avenir l’installation d’un système de vote proportionnel.

      Peut-on tolérer encore longtemps en démocratie que 100% des pouvoirs soient obtenus avec 32% des votes?

      Jacques Tremblay
      Sainte-Luce, Qc

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 2 décembre 2017 10 h 41

      François Legault est un chef charismatique et, à l’Assemblée nationale, les porte-paroles de la CAQ s’expriment avec beaucoup d’élégance.

      Mais pour revenir à Jean-François Lisée, j’ajouterais ceci.

      Au dernier congrès du PQ, j’ai été renversé d’entendre Lisée prononcer par cœur un discours de 90 minutes.

      Un conseiller politique m’a confirmé que c’était bien sans l’aide de télé-souffleurs. 90 minutes, très bien écrit, sans hésitation et sans lapsus.

      J’ai hâte de voir les combats oratoires télévisées de la prochaine campagne électorale. Je connais du monde qui, d’ici là, vont devoir manger des croûtes. D’autant plus qu’après ces combats des chefs, les commentateurs relèvereont les inexactitudes.

      Je sais d’avance qui va les gagner…

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 décembre 2017 10 h 50

      Voter pour la CAQ est pire encore que voter pour le PLQ. Les conservateurs ont toujours favorisé la minorité des riches et des affairistes aux dépens du bien-être citoyen. Avec la CAQ, on serait témoins à plus de privatisations de nos instances publiques, plus de bonbons pour les entrepreneurs, plus de cadeaux fiscaux pour les commerces, moins de règlementation pour l'environnement et moins de droits pour les travailleurs salariés. Voter pour la CAQ c'est voter contre ses propres intérêts!

    • Solange Bolduc - Abonnée 2 décembre 2017 13 h 13

      M. Martel, Legault: «un chef charismatique»? Ouf! Je le trouve tellement drabe, et sa voix tellement désagréable! Quétaine comme c'est pas possible ! Imaginez qu'il nous représente en France, tous applaudiraient certainement son charme, peut-être pas son envergure intellectuelle ?

      Legault n'a que l'économie en tête : sa seule force, à part d'avoir une bien grande gueule, éptant d'énergie, et encore : il aura à le prouver d'ailleurs ses compétences au plan social, éducatif et culturel! Ne voulait-il pas abolir les Commissions scolaires, s'il était élu? A-t-il changé d'idée ? Et il pense, grâce à lui, que Trudeau rouvira la Constitution pour accommoder le Québec, lui donner plus d'autonomie: il rêve en couleur bigarrée., le monsieur pointant son arrogance si irrésistible!

      Legault est donc une très grande gueule, compensant pour les Québécois qui n'osent s'exprimer ouvertement! C'est pour cela qu'il plaît, pas pour son charisme, franchement, M. Martel ! Allez-vous voter La CAQ? Il semble que oui?

  • Micheline Gagnon - Abonnée 2 décembre 2017 07 h 51

    Petite réflexion...


    M. David écrit : «Depuis des décennies, on se plaint un peu partout au Québec du poids excessif de Montréal au Conseil des ministres». Si je regarde les dernières statistiques sur le chômage je ne peux que penser que le poids en question crée peut-être des emplois à Montréal mais pas au bénéfice de ses citoyens. J'en veux pour preuve le taux de chômage de Montréal qui se maintient systématiquement au-dessus de 8% alors que l'ensemble du Québec se situe à 5,8%. C'est quoi le problème alors qu'on représente 25% de la population? http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/profils/pr

    • Micheline Gagnon - Abonnée 2 décembre 2017 08 h 39

      Les emplois créés à Montréal bénéficient surtout aux résidents du 450 puisque le chômage n'y diminue pas. Et ne pas confondre Montréal et région de Montréal, cette dernière étant surtout la couronne que les politiciens se disputent et où la situation de l'emploi est meilleure qu'à Montréal. Ainsi le taux de chômage à Laval est de 7,1%, de 4,1% en Montérégie (où la Molson déménage et quitte Montréal), de 5,5% dans LaNaudière. Noter que seule la région de Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine a un pourcentage de chômage plus élevé qu'à Montréal, soit 13,1%. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/travail-re

    • Jean Richard - Abonné 2 décembre 2017 10 h 30

      Réfexion pertinente, plus à propos que l'espèce de hargne régionaliste qu'on lit trop souvent dans les commentaires. Contrairement à ce que prétendent les régionalistes, la métropole n'est pas l'enfant gâtée de Québec mais bien l'enfant pauvre. Alors, pour le poids excessif, il faudra repasser.

      Cette situation fait le bonheur du fédéral. En 1995, le PQ a tenté de faire l'indépendance du Québec sans sa métropole. Le projet d'indépendance a échoué.

      La métropole du Québec est, dans l'ensemble, plus progressiste que les régions et que la capitale. Elle n'a pas à renier sa culture politique pour espérer être du côté du pouvoir : elle y perdrait encore plus. Il reste le pouvoir municipal, si restreint soit-il.

      Montréal vient de porter au pouvoir une mairesse qui se distingue de ses deux prédécesseurs non pas par son sexe mais par une certaine indépendance face aux gouvernements supérieurs. Denis Coderre avait trempé dans la politique fédérale et Gérald Tremblay dans la politique provinciale. Cette expérience politique a-t-elle servi la métropole ? Il semble que non et on est en droit d'espérer que l'indépendance politique à la mairie nous mènera plus loin. Et une métropole avec plus de pouvoir n'a rien d'une impossibilité.

      Bref, en octobre 2018, Montréal pourrait se souvenir d'avoir été oubliée par le PQ, d'avoir été très mal servie par le PLQ et la CAQ est aux antipodes du progressisme et surtout pas un antidote au PQ-PLQ. Alors, il reste Québec Solidaire qui, s'il résiste à certains dérapages, sera toujours le mieux placé pour représenter les aspirations de la métropole à Québec. Que les régions et la vieille capitale n'embarquent pas avec QS, ce n'est pas si important. Car si QS s'affiche comme un parti résolument montréalais, politiquement différent des autres, il ne pourra que mieux jouer son rôle de représentant de la métropole.

    • David Huggins Daines - Abonné 2 décembre 2017 15 h 49

      En fait ce n'est pas seulement en matière de chômage que Montréal se fait gruger par le reste du Québec. Nos services publiques sont négligés aussi - comme en témoignent le fait que, tandis que M. Barrette se bombe le torse avec ses statistiques sur les gens qui ont trouvé des médecins de famille, le pourcentage de gens qui en ont stagne à 60% dans la métropole. Ceci s'explique par les politiques de la RAMQ qui empêchent les médecins de s'établir sur l'Île, le sous-financement de nos hôpitaux qui ne prend pas en compte que beaucoup de leurs patients viennent d'ailleurs, le coût plus élévé des loyers, etc. Pour ne rien dire de l'état pitoyable de nos écoles.

      Montréal est la vache à lait de toutes les régions et surtout les banlieues et Québec, qui semblent s'en ficher, car « la ville c'est juste pour les étudiants et les immigrants tsé ». Soyons clair, il faut soutenir nos régions. Mais pas en grugeant la qualité de vie à notre métropole, surtout si l'on veut encourager la densification urbaine, qui est intégral à la lutte contre les changements climatiques!

    • Sylvain Lavoie - Abonné 2 décembre 2017 20 h 43

      @Micheline Gagnon

      Le monde du 450 travaillent ou vous croyez ? Si le taux de chômage du 450 est si bas, c'est que la plupart des gens qui y vivent travaillent à Montréal, Regardez juste la circulation sur les ponts menant vers Montréal à 7:00 le matin et vers le 450 à 17:00 ! Le taux de chômage à Montréal est calculé en fonction de ceux qui y vivent. Ils doit y avoir a peu près 80% de cols bleus de la ville de Montréal, 90% des cols blancs et 95% des policiers du SPVM qui vivent dans le 450 alors l'employeur il est ou ?

    • Micheline Gagnon - Abonnée 3 décembre 2017 06 h 46

      @ Sylvain Lavoie

      C'est exactement ce que je sous-entendais. De plus depuis que le métro va jusqu'à Laval, le matin, un métro sur 2 arrive plein à Montréal. Je prends l'autobus sur l'Avenue du Parc, il y passe plus d'autobus pour ceux qui arrivent du train de Saint-Jérôme (qui n'arrêtent pas entre Jean-Talon et le centre-ville pour prendre des passagers) que d'autobus réguliers; je les regarde passer... Les trains de banlieue sont climatisés et ont des toilettes soi-disant parce que leur trajet peut durer jusqu'à 1 heure 30; j'ai habité l'ouest de Montréal et c'est le temps que cela me prenait en autobus pour me rendre au travail; j'imagine qu'il en est de même pour les habitants de l'est de l'île, etc... la liste pourrait être longue.