Le choc des cultures

Dans l’immédiat, la fusion d’Option nationale avec Québec solidaire, que les délégués au congrès de QS devraient officialiser en fin de semaine, n’aura qu’un impact marginal sur le paysage politique québécois, sinon que cette caution souverainiste apportée à QS pourrait encore coûter quelques votes au PQ. C’est dans une perspective plus lointaine qu’il faut l’apprécier.

Après des mois de discrètes négociations entre le PQ, QS, ON et le Bloc québécois, sous les auspices des Organisations unies pour l’indépendance (OUI), l’annonce en mai dernier du rejet de la « feuille de route » commune par la direction de QS, dans des circonstances qui demeurent nébuleuses, a semé la consternation dans la famille souverainiste, y compris chez bon nombre de solidaires.

On a reproché au président sortant de QS, Andrés Fontecilla, d’avoir signé une entente qui contrevenait à un élément fondamental du programme du parti, qui prévoit la création d’une assemblée constituante dite « ouverte », c’est-à-dire qui ne déboucherait pas nécessairement sur la rédaction d’une constitution d’un Québec souverain.

À peine cinq mois plus tard, c’est pourtant ce à quoi la direction de QS a renoncé pour permettre la fusion avec ON, qui exigeait que l’assemblée constituante soit « fermée » et accouche nécessairement de la constitution d’un État souverain.

 

Il serait illusoire de penser que des négociations tripartites puissent être relancées avant l’élection du 1er octobre 2018. Le rejet brutal de l’alliance électorale avec le PQ par le dernier congrès de QS a causé trop d’amertume et, de toute manière, les uns et les autres seront accaparés par leurs préparatifs électoraux. L’acceptation du principe de l’assemblée constituante « fermée » n’en lève pas moins le principal obstacle à la « convergence », que la reconfiguration de l’échiquier politique au lendemain de l’élection pourrait favoriser grandement.

Bien des choses peuvent se produire au cours des dix prochains mois, mais les sondages n’annoncent présentement rien de bon pour le PQ. Les positions identitaires de Jean-François Lisée ont été un facteur décisif dans le rejet de l’alliance électorale par les militants solidaires et un changement de chef rendrait les choses plus faciles.

D’autant plus que QS est aussi en mutation depuis l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois, qui, dès son arrivée, a clairement indiqué qu’il n’entendait pas se contenter d’un rôle de conscience sociale à l’Assemblée nationale et qu’il visait le pouvoir. On peut le trouver présomptueux, mais un tel objectif nécessite que certaines choses changent à QS.

Personne ne doute de la sincérité des convictions de gauche de M. Nadeau-Dubois. Son arrivée et celle des 6000 nouveaux membres qu’il a recrutés risquent néanmoins de provoquer un choc générationnel. Les héritiers du Printemps érable n’ont pas la même culture politique et organisationnelle que les militants issus du milieu communautaire. Il n’est pas étonnant que certains se sentent un peu bousculés.

L’annonce en grande pompe de la fusion avec QS place bel et bien les délégués au congrès face à un fait accompli. L’entente est à prendre ou à laisser, sans possibilité d’amendement. Cette façon de faire est inhabituelle à QS, mais comment les militants solidaires pourraient-ils désavouer les porte-parole qu’ils viennent d’élire ?

 

Le responsable des orientations au sein du Comité de coordination de QS, Jean-Claude Balu, qui a signifié sa dissidence, a pourtant raison : cette fusion remet en question des positions qui ont été définies après le très long « processus collectif » unique à QS, d’autant plus que l’entente prévoit une révision de l’ensemble du programme de QS après 2018 pour mieux l’arrimer à celui d’ON.

Plus encore qu’au nouveau mandat de l’assemblée constituante, M. Balu s’oppose à la modification prévoyant qu’« un gouvernement de Québec solidaire appliquera les mesures prévues à son programme, qu’elles soient compatibles ou non avec le cadre constitutionnel canadien ». Il y voit une intention de rupture avec le Canada dès l’arrivée au pouvoir de QS, ce qui revient à adopter l’idée de l’élection référendaire préconisée par ON.

D’autres divergences semblent difficilement conciliables. Alors que le programme de QS propose « la socialisation des activités économiques » et la nationalisation de plusieurs secteurs, M. Balu constate que pour ON « il n’y a qu’un secteur à l’économie, le privé, avec un peu d’économie sociale pour paraître progressiste ».

Il note également une « incompatibilité totale » entre les deux partis en ce qui concerne la neutralité de l’État et la laïcité. Alors qu’ON veut interdire le port de signes religieux aux agents de l’État en position d’autorité, y compris les enseignants, QS estime que la laïcité de l’État ne s’étend pas aux individus qui le représentent.

L’intransigeance sur les principes peut sans doute donner bonne conscience, mais cela ne suffira peut-être pas à satisfaire la nouvelle génération de solidaires, qui semble vouloir des résultats plus concrets.

43 commentaires
  • Jean-François - Abonné 30 novembre 2017 00 h 21

    Patrimoine...

    Pendant ce temps là QS fait perdre son temps à tout le monde à l'Assemblée Nationale pour le retrait du mot Patrimoine, trop machiste selon Manon...

    Enculage de mouche ou juste un mauvais jugement des priorités?

    Aux gens de QS de me le dire svp...

    Je veux juste être éclairé!

    Merci

    • André Joyal - Abonné 30 novembre 2017 08 h 51

      L'appel est lancé au représentant de QS sur ce forum: je n'écris pas son nom,car le modérateur d'acceptera pas mon message...

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 30 novembre 2017 09 h 21

      Le patrimoine est mort. Vive le matrimoine!!!

      Aah si mon moine voulait danser...

    • Jean Jacques Roy - Abonné 30 novembre 2017 11 h 25

      Cher Monsieur Malette, je ne crois pas que ce soit ni la députée Manon Massé, ni les députés de QS à l’AN qui accaparent les débats concernant le “patrimoine”.
      GND, il y a quelques semaines a voulu présenter une motion pour que soit enlevé le crucifix suspendu au-dessus de la tribune du président de l’Assemblée Nationale. Le député Dubois faisait remarquer que cet objet faisait parti du “patrimoine” culturel, certainement... mais qu’audessus de la tête du président et dans la salle attitrée à l’AC le crucifix symbolisait le sens donné par Maurice Duplessis, celui de l’union de l’Église et de l’État. Et GND, en respect pour cet objet patrimonial a demandé qu’il soit déplacé dans une autre salle, marquant ainsi la laïcité du lieu où se déroulent les débats.

      À mon sens, c’est le principal moment au cours des dernières semaines où la question du “patrimoine” a été soulevée par QS à l’AN. Et elle fut soulevée par GND et non par Manon Massé.

      Si d’autre part vous voulez faire écho de débats sémantiques concernant le mot “patrimoine” à remplacer dans certaine circonstance par “héritage culturel”. Libre à vous Monsieur Malette, mais il me semble que votre commentaire et que cette discussion ne cadre pas avec le sujet traité par Michel David. Peut-être vous êtes-vous confondu de jour ou de journal? Il me semble que ce serait dans les journeaux de Quebecor que vous auriez plus d’aisance pour développer vos propos! Dans ces journaux les machistes, comme vous dites, s’expriment sans complexes et il est courant où ils font savoir que les propos et surtout l’apparence de Manon les dérangent ben gros!

    • Benoît Landry - Abonné 30 novembre 2017 14 h 09

      Personne n'a interpellé l'Asemblée nationale avec cette question. Informez-vous la proposition ne mentionne que de l'utilisation des mots «héritage culturel» plutôt que «patrimoine» pour décrire notre plateforme. Si cela cause un débat, tant mieux, si vous n'aimez pas les débats que faites-vous au Québec ?

    • Jean-François - Abonné 30 novembre 2017 23 h 47

      @Benoît Landry

      Ce que je fais au Québec?

      J'y vie et j'y respire depuis 1976; avec beaucoup d'absences à l'étranger je m'en confesse.

      Raison de plus de constater, quand je reviens, comment certaines personnes perdent leur temps sur des débats qui ne sont d'aucune urgence.

      Le débat,oui.Mais pourrais-t'on débattre sur d'autre chose que des futilités?

      Si QS n'a que ça à m'offrir comme "débat" comme vous le dites si bien, pendant cette période trouble, alors je n'ai qu'une chose à dire:

      Vous êtes vraiment déconnecté...

    • Jean-François - Abonné 1 décembre 2017 00 h 14

      @ jean jacques roy

      Si QS pense que de s'obstiner sur une nomemclature est vraiment ce dont la population du Québec a besoin ces temps ci...

      Peu importe le media ou la personne, c'est ridicule.

      PS: je déteste Québecor et je n'ai rien contre M.Massé...

    • Christian Montmarquette - Inscrit 1 décembre 2017 14 h 10

      À Jean-François Malette,

      "Peu importe le media ou la personne, c'est ridicule." - Jean-François Malette

      Les grands amoureux de la langue française devrait savoir que les mots sont aussi porteurs de préjugés qu'il est parfois judicieux de corriger.. Comme on ne dit plus "infirmes", mais personnes handicapées.

      Ceci dit, que dire du récent débat que vient de mener le PQ sur le "Bonjour/Hi"?

      - Est-ce aussi ridicule?

      .

  • Claude Bariteau - Abonné 30 novembre 2017 06 h 50

    À propos de l'entente

    Le texte de l'entente définit comment ON s'intègrera à QS et comment le programme d'ON sur l'accession à l'indépendance sera repris par QS.

    Sur l'intégration, sur une période de deux ans, ON bénéficiera d'un statut au sein de QS. Après, QS redevient QS.

    Sur le programme, il est précisé à l'article 3, qui renvoie à un annexe, que la constituante ouverte devient une constituante fermée si l'entente est acceptée, ce qui est un changement d'alignement de QS sur ce point névralgique.

    Comme l'entente serait ratifiée au Congrès de QS en fin de semaine, un prochain congrès pourrait revenir à l'alignement initial après que l'intégration ait fait en sorte que ON ne bénéficie plus d'un statut particulier.

    Dès lors, rien ne garantit que le contenu de cette annexe ne soit pas objet d'une modification qui en change la portée.

    Ce n'est pas un point à négliger. Il appartient à tous les partis politiques de réaligner leur tir. Et QS pourra éventuellement le faire, ce que peut aussi faire ON.

    Avec cette entente, ON remet entre les mains de QS la défense de l'indépendance et de son accession entre les mains de QS.

    Le RIN s'est sabordé et a invité ses membres à adhérer au PQ. Avec cette entente, ON entre chez QS mais ne sait pas si son idéal s'y retrouvera dans un avenir rapproché.

    Tout dépendra après deux ans des décisions du congrès de QS sur lesquelles ON n'aura aucune emprise.

    Il eut été préférable qu'il y ait, pour ON, une clause d'extraction. Il n'y en a pas. La seule chose qui puisse se produire sera l'extraction des indépendantistes de QS selon une conjoncture favorable, notamment la relance du mouvement indépendantiste.

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 novembre 2017 07 h 45

      Il restera toujours la possibilité pour les militants ON de sortir par la petite ou la grande porte, discrètement ou avec fracas.

      C'est probablement la discrétion qui sera choisie, les gens d'ON n'ayant aucune raison pour le moment de saborder QS. Mais il faut s'attendre à beaucoup, beaucoup de sorties, soit de leur part, soit du noyau qui a fondé QS. Dans ce second cas ça se ferait avec fracas, déchirure de chemise en prime.

      Lors des prochains congrès, à la reprise de chaque aspect du programme, nombreux sont ceux qui réaliseront dans l'étude point pour point que celui-ci n'est pas du tout social-démocrate mais socialiste bon teint, avec contrôle mortifère et logique moralisatrice à la clé.
      Ils réaliseront noin seulement qu'ils ne veulent pas de cete société, mais aussi que jamais le pouvoir n'ira à un parti d'une telle rigidité maladive.

      Ce programme est carrément un acte de défiance envers tout le monde industriel québécois, depuis les patron (bien sûr! Par définition un patron est un salaud...) jusqu'aux cadres, même ceux qui travaillent fort pour protéger les jobs (pareil : c'est des patrons et vive le fourre-tout!), et jusqu'aux employés dans les faits.
      Il y est dit en filigrane que QS déteste la société Québécoise. Dans sa structure, dans ses moeurs, dans sa situation géographique, dans sa situation culturelle et dans toutes les solutions qui ont pu être apportées dans son histoire.
      On le voit bien, selon QS tout le passé est pourri puisque nous arrivons "à une nouvelle ère" sur tous les points sans exception, je n'invente rien.

      Alors, discussion après discussion, QS changera au point de mettre la vieille garde dehors, ou bien mourra dans sa virginité.

      Je parle de l'implosion d'un parti qui a accusé tous les autres de n'avoir pas su garder leur très gauche pureté. Voyons comment il adapte la sienne.

      QS aura réussi au moins ceci : assurer la réélection du PLQ pendant 10 ans. Tout de même une belle réussite.

    • Germain Dallaire - Abonné 30 novembre 2017 07 h 51

      Procès d'intention?
      On est un peu beaucoup dans le procès d'intention quand on parle de ce qui va se passer dans deux ans. À mon avis, dans l'immédiat, les textes font foi de tout et l'entente est très claire. Pour ce qui est du futur, aucun parti ne peut s'engager à très long terme parce que tous les congrès de partis sont souverains et que c'est la nature de la démocratie. Et ce qui vaut pour Pitou vaut pour Minou, des membres d'ON éventuellement déçus de l'évolution des choses peuvent également fonder un nouveau parti indépendantiste. D'ailleurs, Denis Monière n'a-t-il pas déjà dit qu'advenant l'adoption de cette entente, il le ferait.
      Plus globalement, je ne suis pas du tout certain que cette fusion n'aura qu'un impact marginal sur la politique québécoise. Au Québec, il ne manque pas d'indépendantistes progressistes qui se sentent orphelins politiques depuis plusieurs années et pas seulement depuis l'arrivée de Jean-François Lisée à la tête du PQ.
      Germain Dallaire
      abonné

    • Claude Bariteau - Abonné 30 novembre 2017 09 h 57

      M. Dallaire, je présume que votre remarque ne s'adresse pas à moi, car je dis grosso modo ce que vous soulignez.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 30 novembre 2017 10 h 20

      “Sur l'intégration, sur une période de deux ans, ON bénéficiera d'un statut au sein de QS. Après, QS redevient QS.” C. B.

      En tout respect, Monsieur Bariteau, votre lecture de la fusion peut prêter à l’équivoque. En lisant votre commentaire on pourrait croire que cette fusion de ON à QS s’apparente à une entente de colocataires avec un bail de 2 ans ou à un mariage d’essai...

      Au cours des 3 derniers mois les membres de QS, au niveau de différentes instances ont débattu les implications de la fusion et ces dernières semaines les membres ont été invités à se réunir à prendre le vote et à élire des délégué.es pour le congrès. La décision qui sera prise qu’elle soit pour ou contre l’entente sera donc une orientation réfléchie qu’adoptera QS et elle sera l’expression d’un courant majoritaire.

      L’enjeu ici n’est pas d’abord “électoraliste”, ni même celui d’augmenter numériquement le nombre d’adérents à QS. Sans minimiser les incidences antérieures, les membres de QS comprennent que l’enjeu concerne l’un des axes politiques de leur programme.

      Si un courant majoritaire se dégage en votant l’entente de fusion, ce courant est conscient que QS se défénit plus clairement comme porteur, à gauche, du projet d’indépendance du Québec. Est-ce que la majorité des congrésistes de ON accepteront aussi l’entente proposée? Eux et elles aussi sont en discussions devant la MÊME entente qui implique de leur part, non pas d’abandonner leur option pour l’indépendance mais de s’ajuster au programme social de QS.

      Quoiqu’il advienne, QS a réouvert le débat concernant son orientation pour promouvoir l’indépendance du Québec. Or, ce processus politique n’est pas signe de fermeture et de regression. C’est pourquoi, quoiqu’il advienne avec la fusion (présentement ou dans 2 ans), QS n’est pas appelé à regresser dans son orientation pour promouvoir l’indépendance. Pourquoi “revenir en arrière”?

    • Claude Bariteau - Abonné 30 novembre 2017 12 h 51

      Monsieur Roy, je ne parle ni de régression ni de fermeture.

      Je fais écho seulement à des choix du Congrès de QS dans deux ans et plus si au Congrès de fin de semaine il y a adoption d'une motion sur l'entente intervenue entre des délégués de QS et d'ON.

      En gros, je ne parle pas d'un « retour en arrière », mais tout simplement du pouvoir du Congrès de revoir la position de QS.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 30 novembre 2017 16 h 14

      Monsieur Bariteau, je regrette si j’ai mal compris vos propos.

      Salutations.

  • Nadia Alexan - Abonnée 30 novembre 2017 06 h 59

    La laïcité de l'État n'est pas négociable!

    Pour moi, la laïcité de l'État est primordiale. La primauté de la citoyenneté et l'égalité homme/femme doivent avoir préséance à la religion. De même, la socialisation de l'économie et la nationalisation de nos ressources ne sont pas négociables.
    Le pouvoir sans conscience ne changera rien. Il faudrait reprendre notre souveraineté accaparée par les affairistes.

  • Jean-Claude Balu - Abonné 30 novembre 2017 07 h 43

    Bonne analyse de la situation

    Je déplore quand même de passer pour un vieux con qui s'accroche à des principes, comme la souveraineté populaire.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 30 novembre 2017 11 h 30

      Monsieur Balu... vous avez courru après...

    • Raymond Labelle - Abonné 30 novembre 2017 11 h 47

      Il est assez frappant que QS ait invoqué ses grands principes démocratiques pour annuler la signature de la feuille de route par ses représentants, à savoir la constituante ouverte, pour la raison défendable que cette position était contraire à celle adoptée (deux fois plutôt qu'une) par le congrès de QS, après de longs débats sur cette question de fond et que, pour l'entente avec ON, sachant cela, les "porte-paroles" signent avec ON une entente contre ce principe, en disant: "pas grave, le prochain congrès peut changer d'idée rétroactivement pour ratifier notre violation de sa volonté expresse".

      Ça donne l'impression que la direction de QS n'est pas si démocratique et que les positions du congrès n'étaient qu'un prétexte invoqué par les "porte-paroles" (en fait, la direction) pour annuler la feuille de route, pour ne pas avoir d'entente avec le PQ. En effet, ses "porte-paroles" ne semblaient pas troublés par le fait que l'entente avec ON allait directement contre la volonté de deux congrès de QS sur le principe de la constituante ouverte. Pourtant une question importante qui avait, deux fois, fait l'objet d'un débat approfondi.

      Pour paraître brutal, ça donne l'impression que c'est de façon très cynique que la direction de QS invoque ses principes démocratiques, sans les prendre au sérieux.

      Toutefois, les membres de QS peuvent encore sauver l'honneur du parti en rejetant l'entente signée par ses "porte-paroles" (de? du congrès?) en blâmant explicitement ses "porte-paroles" d'avoir contrevenu à ses volontés fondamentales sans avoir d'abord, je dis bien d'abord, obtenu son consentement.

      Alors là, les "porte-paroles" recevraient une véritable leçon de démocratie - en leur envoyant le message: "vous ne nous ferez pas le coup anti-démocratique trop fréquent de coincer devant un fait accompli".

    • Brian Monast - Abonné 30 novembre 2017 12 h 06

      Meuh non voyons ! Pouquoi dites-vous ça ? M. David fait trois remarques à votre égard. Dans la première, il dit que vous avez raison et, dans les deux autres, il souligne votre attachement ou votre fidélité à certains principes. Pour que cela fasse de quelqu’un « un vieux con », il faut peut-être voir les choses d’une perspective... disons douteuse. Mais vous n’êtes sans doute pas absolument sérieux, quand vous « déplorez ». Peut-être, pour être plus exact, faudrait-il écrire que vous « ‘craignez’ quand même de passer pour un vieux (con) », en raison de votre fidélité à des principes. Cela en dit peut-être alors moins de vous et plus de l’atmosphère qui peut régner dans beaucoups de milieux. Je ne sais pas. Je me hasarde.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 30 novembre 2017 15 h 43

      Mai 2017, revenons à ce qui était en débat.
      Les congressistes de QS furent convoqués no pas pour voter la FEUILLE DE ROUTE de Oui-Québec! Après des semaines de débats, les délégué.es devaient trancher : accepter ou non une convergence électoraliste avec le PQ. C’est connu, les délégué.es ont dit non à ce pacte. Point.

      Quant à la fameuse “feuille de route” des représentants des partis ou organisations souverainistes à Oui-Québec, connue d’une poignée de personnes, est apparue comme un lapin qu’on sort du chapeau, juste avant le congrès de mai!

      Indépendamment du rejet de la feuille de route, la direction de QS ne pouvait pousser - à la dernière minute - cette “feuille de route” à l’ordre du jour du Congrès. Les délais trop rapprochés n’auraient pas permis aux membres de discuter et de donner un mandat aux délégué.es... Ce débat était d’autant plus nécessaire puisqu’il impliquait de modifier le mandat d’une éventuelle constituante.

      Décembre 2017.
      L’objet du congrès est connu depuis quelques mois. La fusion QS/ON. Au congrès de mai 2017, suite au rejet de pactes électoraux avec le PQ , les congressistes ont appuyé la motion d’entamer un processus de fusion avec ON. L’élaboration de la base et des modalités de cette fusion furent confiées à des négociateurs qui ont travaille durant tout l’été. En septembre, ces négociateurs sont arrivés à une entente et ont remis leur rapport aux instances de chacun des partis.

      Les membres, depuis 3 mois discutent sur le de cette entente qui, oui, si acceptée, clarifierait l’orientation indépendantiste de QS, modifiant entre autres la question du mandat de la Constituante.

      Vous vous étonnez que les solidaires tiennent à discuter, accepter, amender et voter des propositions pré-congrès! Et oui! C’est comme ça. Faudra vous y faire! Que cela plaise ou pas, c’est la majorité (qui peut fluctuer selon les questions et circonstances) qui détermine l’orientation du parti! C’est parfois douleureux, n’est-ce-pas Monsieur B

    • Solange Bolduc - Abonnée 30 novembre 2017 20 h 55

      M. Benoit Landry !

      Chez QS, il n'est surtout pas question pour ce groupe d'émettre une idée différente du parti, mais surtout de mettre tout le monde dans le même panier! Hélas, je n'entre pas dans le contenu de ce panier, et ne veut surtout pas m'y perdre.

      On a surtout reproché au PQ de ne pas être en accord avec leur chef, mais ce parti discute. argumente, et la marque de ce parti nous est donnée par les démissions de J.M. Aussant (qui tarde à adhérer à QS officiellement), L. Baudoin, et Cursi !

      On discute au PQ, et c'est très mal vu par les autres partis qui ont l'habitude d'avoir à leur trousse des moutons qui suivent le berger ! Au PQ, on n'est pas des suiveux( et j'en suis)comme chez vous!

      Et au nom d'une idéologie désuète, on veut élever le peuple, non au nom de travailleurs enthousiasmés qui enrichissent la société, mais au nom de la confirmation d'une l'idéologie rétrograde, celle de maîtres, bien-pensants, plus intéressés à prendre le pouvoir qu'à servir de manière juste et équitable le «bon peuple» croyant à leur thérapie de gropue !

      Ces penseurs hautains, selon moi, seraient moins intéressés à élever le niveau de créativité de la population qu'à les dominer, les asservir pour élever le rang de ceux qui ont tant d'ambitions de se servir : de grands moissoneurs de la pensée subalterne!

      L'idéologie de QS, selon moi, est rétrograde, et loin d'être progressiste, en apparence peut-être, oubliant que servir c'est se mettre au diapason du peuple, lui permettre de se dépasser! Une apparence trompeuse que l'on vit depuis trop longtemps, hélas!

      Je préférère la sociale-démocratie du PQ, moins dogmatique que l'idéologie statique de Quécec Solidaire, et ses représentants sans envergure !

    • Christian Montmarquette - Inscrit 30 novembre 2017 22 h 27

      À Raymond Labelle,

      "Il est assez frappant que QS ait invoqué ses grands principes démocratiques pour annuler la signature de la feuille de route par ses représentants.." - Raymond Labelle

      Désolé, mais y'a une méchante différence entre UN délégué qui a erré à la table de Oui-Québec, et un vote majoritaire de Congrès qui changera certaines positions de QS en regard d'une éventuelle fusion.

      C'est le Congrès qui est l'instance suprême à QS, pas un délégué du CCN.

      - CM

    • Raymond Labelle - Abonné 30 novembre 2017 23 h 43

      À CM. Désolé, mais il n'y a aucune différence entre

      1) signer une entente qui viole une résolution de deux Congrès sur une question fondamentale et
      2) signer une entente qui viole une résolution de deux Congrès sur une question fondamentale.

    • Raymond Labelle - Abonné 1 décembre 2017 00 h 08

      La méchante différence, M. Montmarquette, est la suivante.

      Le CCN, dans le cas de la feuille de route, a invoqué la non-concordance de la feuille avec des positions antérieures du Congrès pour annuler la signature des représentants de QS sans même donner la chance à un congrès suivant de ratifier ou non cette signature.

      Le CCN, dans le cas de l'entente avec ON, considère qu'une entente qui viole les positions antérieures du Congrès peut être soumise à un congrès suivant pour changer rétroactivement de position.

    • Benoît Landry - Abonné 1 décembre 2017 12 h 30

      Mme Bolduc, si vous avez l'impression qu'il n'y a pas de débats chez QS c'est bien dommage. Je n'ai jamais été au PQ, mais pour cotoyer plusieurs anciens péquistes, c'est justement l'observation que ces personnes en font, ils retrouvent dans notre parti la capacité de discuter qui existait au début dans votre parti.

      Tout est donc question de perception

    • Christian Montmarquette - Inscrit 1 décembre 2017 13 h 16

      "Signer une entente qui viole une résolution de deux Congrès sur une question fondamentale." - Raymond Labelle

      Violer est un mot qui dramatise la situation inutilement.

      "N'était pas en concordance" m'apparait beaucoup plus juste.

      Ceci dit, le Congrès de QS portait essentiellement et principalement sur l'urgence de Convergence tant récalmée par le PQ, et non sur l'entente avec Oui-Québec, alors que le PQ a remis le référendum à 2022; que QS demeure toujours ouvert à revenir à la table de Oui-Québec et que c'est la Très péquiste Claudette Carbonneau qui décidé d'essayer de foutre le bordel au moment opportun et de suspendre les négos.

      Je veux bien comprendre que c'est de bonne guerre de critiquer une fausse manoeuvre de QS.

      Mais y'a des limites à faire un plat avec un vice de procédure.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 1 décembre 2017 14 h 06

      Monsieur Labelle,
      J’ose croire que vous faites semblant de ne pas comprendre!

      1- QS sait gérer ses propres règles de fonctionnement. Il serait temps de vous mêler de vos propres affaires.

      2- Lisant les amalgames de votre commentaire, j’ai pensé à tort, en vous situant dans le contexte de mai, que vous compreniez que les décisions des instances de direction de QS, celles des associations et enfin celles des congrès SONT CELLES DU PARTI et les règles de fonctionnement interne, advenant qu’il y aurait des manquements, ne sont pas de vos affaires!

      3- Et si vous comprenez les points 1 et 2, il me semble que c’eût été la moindre des choses d’en rester là! Monsieur Montmarquette n’a fait que remettre les faits dans l’ordre, croyant sans doutes que vous entenderiez que QS entend gérer son fonctionnement et n’a pas l’intention de demander votre avis.

      Et puisque vous avez une si grande préocupation sur ce qui se dit et se signe et ne se dit pas au sein du club selecte de OUI-QUEBEC... Et ben, à la lumière des décisions des congrès qui se tiendront en décembre, pourquoi ne demanderiez-vous pas à Madame Charbonneau d'appeler les délégué.es à se reprendre leurs discussions? À moins que..

      En effet... On se souvient que du chef jusqu'au plus humble péquiste (vous pouvez en témoigner) on a crié au scandale parce qu'une instance de direction de QS a désavoué la feuille de route, pour les raisons connues. Mais se souvient-on que cette "feuille" devait recevoir l'approbation de différents congrès... y compris celui du PQ.

      Question: Est-ce que votre Politic Buro a pris connaissance du contenu de ce document, notamment une stratégie précise pour accéder à l'indépendance, dont une AC précédent l'appel à un reférendum? Les instances de directions sont-elles d'accord avec cette stratégie? Fut-elle débattue par vos associations? présentée à votre congrès? Acceptée ou Rejetée?

      Vous demandez des comptes aux autres... Qu’en est-il dans votre cours?

    • Raymond Labelle - Abonné 1 décembre 2017 23 h 24

      "Mais y'a des limites à faire un plat avec un vice de procédure." CM

      Quand c'est la feuille de route, la non-concordance justifie l'annulation de l'entente à cause d'une non-concordance fondamentale, et quand c'est la fusion avec ON, c'est un vice de procédure. Une non-concordance est plus ou moins fondamentale selon les circonstances...

      "Congrès de QS portait essentiellement et principalement sur l'urgence de Convergence tant récalmée par le PQ, et non sur l'entente avec Oui-Québec, alors que le PQ a remis le référendum à 2022;"

      En effet, il n'était pas urgent de se prononcer sur la feuille de route. Et il n'était pas non plus urgent d'interdire à un congrès plus éloigné de voir s'il aurait avalisé cette signature.

    • Raymond Labelle - Abonné 1 décembre 2017 23 h 32

      "Mais se souvient-on que cette "feuille" devait recevoir l'approbation de différents congrès... y compris celui du PQ." JJ Roy.

      En effet, les membres des autres partis auraient eu la chance de se prononcer à ce sujet.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 décembre 2017 07 h 52

      Fondamental la non-concordance d'une entente avec le principe de la constituante ouverte, adopté deux fois en congrès de QS?

      C'est fondamental pour annuler une entente avec le PQ, au point de ne même pas permettre à un congrès futur de QS de revoir sa position dans le cadre de cette feuille (rien ne presse, la feuille de route est une perspective à long terme).

      Mais pour une fusion avec ON, cette non-concordance peut être révisée rétroactivement.

      Géométrie variable du caractère fondamental du principe de la constituante ouverte.

  • Bernard Terreault - Abonné 30 novembre 2017 08 h 12

    Pendant ce temps

    La CAQ vogue vers le pouvoir. À gauche et chez les indépendantistes-souverainistes-nationalistes-affirmationistes, on discute de la place des virgules, de traits d'union, de et/ou, de pa_matrimoine et langue ma_paternelle et s'il faut être plus socio- que démocrate- ou l'inverse.

    • Sébastien Giroux - Inscrit 1 décembre 2017 00 h 28

      Haha, je ne sais pas si la CAQ vogue vers le pouvoir, les libéraux leur volant la mariée sans arrêt mais votre point est excellent!