Les débats sur le cégep anglais ou l’affichage commercial ont monopolisé l’espace médiatique au cours du congrès péquiste de la fin de semaine dernière, mais il y a fort à parier que l’environnement occupera beaucoup plus de place que la langue dans la plateforme électorale du PQ.

Signe des temps, la première proposition qui a été adoptée en assemblée plénière ne portait pas sur la souveraineté ou le référendum, mais plutôt sur la lutte contre les changements climatiques, qui a été placée « au sommet des priorités de l’État ». Le premier ministre lui-même se verrait confier la responsabilité du développement durable.

Le premier budget d’un gouvernement péquiste sera celui du « virage vert », a promis Jean-François Lisée dans son interminable discours d’ouverture. La prochaine Baie James sera dans la rénovation verte de nos logements, le passage à la géothermie dans les écoles et les hôpitaux, l’électrification des transports… Il a également évoqué un banc d’essai pour un monorail électrique qui relierait à terme Montréal, Québec et les autres grands centres urbains du Québec.

Malgré l’intérêt que peuvent présenter ces projets, ils relèvent un peu de la futurologie pour la plupart des gens, qui voient mal comment cela répond à leurs problèmes immédiats. Face à un phénomène planétaire, reprocher au gouvernement Couillard d’être en retard sur son objectif de réduction d’émissions de GES en 2020 risque d’avoir un effet tout aussi limité sur l’électorat.

Dans l’esprit de plusieurs, le thème de l’environnement évoque plutôt la pollution ou les dommages que pourrait causer l’exploitation des hydrocarbures, qui ont trouvé une illustration très concrète dans le dossier du pétrole de schiste de l’île d’Anticosti et le projet de pipeline Énergie Est.


 

Au PQ, on sait très bien que les actions pèsent plus que les mots ou les plateformes électorales. Malgré une détermination sans doute sincère d’empêcher toute exploitation à Anticosti, il sera difficile de faire oublier que c’est le gouvernement Marois qui avait autorisé officiellement les forages avec fracturation, même si c’est celui de Jean Charest qui, le premier, avait proposé une entente de partenariat avec les entreprises pétrolières.

L’ancienne ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, peut bien battre sa coulpe et plaider qu’elle ne disposait pas de toute l’information nécessaire à l’époque, M. Couillard peut légitimement prétendre que c’est lui qui a pris la décision de protéger ce « joyau de notre patrimoine ».

On peut compter sur le premier ministre pour le répéter ad nauseam, comme ses prédécesseurs se sont fait un plaisir de rappeler pendant des décennies qu’au lieu des grands barrages qui ont fait la fierté du Québec, le PQ aurait voulu construire un chapelet de centrales nucléaires le long du Saint-Laurent.

Il est vrai que la volonté de sortir le Québec du pétrole est toute récente au PQ. Quand Pauline Marois est revenue émerveillée d’un voyage en Norvège en août 2008, l’or noir est devenu la clé de l’indépendance du Québec. Après son départ, la question est devenue une patate chaude, Pierre Karl Péladeau y voyait encore « un atout majeur pour la souveraineté ».

C’est seulement quand il a compris que la protection de l’environnement était devenue une valeur absolue pour une part croissante de la population, particulièrement les jeunes, que le PQ a clairement tourné le dos au pétrole.


 

Le projet de pipeline Énergie Est offrait une belle occasion de rendre la monnaie de sa pièce à M. Couillard, qui semblait prêt à lui sacrifier les bélugas de Cacouna. Plusieurs sont convaincus qu’il s’est porté à la défense des chevreuils d’Anticosti simplement pour mieux faire passer ce projet hautement controversé.

Coincé entre ses alliés du monde des affaires, qui appuient le projet sans réserve, et ceux du monde municipal, qui lui sont largement hostiles, le premier ministre serait certainement ravi que TransCanada lui retire cette épine du pied en abandonnant son pipeline, comme le laisse croire la « suspension » annoncée la semaine dernière.

Le PQ peut simplement espérer que l’entreprise prendra tout son temps avant de faire connaître sa décision pour qu’il puisse au moins brandir cet épouvantail jusqu’à l’élection du 1er octobre 2018. Par la suite, il sera toujours temps de retirer la capsule qui lui est consacrée parmi les « 50 réponses +1 pour l’indépendance ».

Les libéraux ne devraient pas trop compter sur la célérité de TransCanada. Il faudra sans doute plus d’un an pour enterrer définitivement un procès de cette importance. C’est plus probablement Justin Trudeau qui en profitera. À l’élection fédérale de l’automne 2019, il n’aura plus à se soucier d’avoir à choisir entre mécontenter le Québec ou l’Ouest. Celui-là a vraiment une chance de bossu.

50 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 12 septembre 2017 00 h 57

    « C’est seulement quand il a compris que la protection de l’environnement était devenue une valeur absolue pour une part croissante de la population, particulièrement les jeunes, que le PQ a clairement tourné le dos au pétrole » (M. David)?

    Peut-être pourrions-nous ajouter à ces raisons la popularité grandissante de QS (un parti vert indépendantiste) auprès de l'électorat québécois?

    • Bernard Morin - Abonné 12 septembre 2017 08 h 42

      Un parti vert possiblement, mais indépendantiste?

    • David Cormier - Abonné 12 septembre 2017 08 h 54

      QS, un parti indépendantiste? On parle bien du parti qui a renié sa signature de l'entente Oui Québec? Et de celui qui a refusé de mettre de l'eau dans son vin pour favoriser la convergence souverainiste, allant même jusqu'à lâcher des hyènes gauchistes multiculturalistes pour cracher lors de son congrès sur le seul parti qui est arrivé à un cheveu de vous donner l'indépendance du Québec?

      En ce qui concerne le côté "vert" de QS, c'est bien facile de dire n'importe quoi et de promettre mer et monde lorqu'on est à mille lieux du pouvoir.

    • Patrick Boulanger - Abonné 12 septembre 2017 11 h 48

      @ MM. Morin et Cormier

      Je vous invite à lire le programme de QS messieurs. Ce parti est bel et bien indépendantiste. Quand à l'entente reniée de QS M. Cormier, c'est vrai que ce n'était pas fort cette histoire-là. Cela dit, ce mauvais coup de QS n'en fait pas un parti fédéraliste pour autant. Par ailleurs, en ce qui a trait à la possible entente avec le PQ, la refuser n'est pas non plus une preuve de l'orientation de QS par rapport à la question nationale. À mon sens, il y avait de bons arguments dans les deux « camps » (le camp pour et le camp contre) et QS a préféré s'abstenir.

      « En ce qui concerne le côté "vert" de QS, c'est bien facile de dire n'importe quoi et de promettre mer et monde lorqu'on est à mille lieux du pouvoir » (M. Cormier)?

      M. Cormier, voici un récent sondage qui place QS à égalité statistique avec le PQ (peut-être que la formation de Mme Massé va dépasser éventuellement le PQ dans les intentions de vote et se positionner, disons, à 100 lieux du pouvoir?) : http://www.mainstreetresearch.ca/qc-liberals-conti

    • David Cormier - Abonné 12 septembre 2017 15 h 26

      @Patrick Boulanger

      Quand on renie sa signature, on ne mérite pas la confiance des gens. En ce qui concerne les sondages, le dernier que j'ai vu mettait QS à 12 %.

    • Gilles Théberge - Abonné 12 septembre 2017 17 h 09

      Voyons monsieur Boulanger, QS un parti indépedantiste....

      C'est du délire d'affirmer ça !

    • Patrick Boulanger - Abonné 12 septembre 2017 20 h 24

      @ M. Cormier

      Je crois que le dernier sondage place effectivement QS à 12%. Toutefois, vous conviendrez avec moi que le 19% de l'autre sondage, c'était quand même bien pour ce parti qui, selon vous, est à mille lieux du pouvoir.

      « Quand on renie sa signature, on ne mérite pas la confiance des gens »?

      M. Cormier, je me pose la question suivante : considérez-vous qu'il ne faut pas faire confiance au PQ qui n'a pas respecté en 2014 les principes de sa propre (!) loi sur les élections à date fixe?

    • Patrick Boulanger - Abonné 13 septembre 2017 07 h 48

      @ M. Théberge

      M. Théberge, sur quoi vous vous appuyez pour soutenir que QS n'est pas indépendantiste? J'ai bien hâte de vous lire!

    • David Cormier - Abonné 13 septembre 2017 10 h 11

      @Patrick Boulanger

      Les élections à date fixe, c'était une excellente idée du PQ, mais ça marche mieux dans un gouvernement majoritaire. Quand on est à la tête d'un gouvernement minoritaire et que tous les partis d'opposition refusent de collaborer (y compris QS) sur le moindre projet et menacent de ne pas appuyer le budget et d'envoyer les Québécois en élections, doit-on laisser à l'opposition la prérogative du déclenchement d'élections hors de la date fixée?

    • Patrick Boulanger - Abonné 13 septembre 2017 12 h 09

      @ M. Cormier

      M. Cormier, dois-je comprendre que vous êtes d'accord avec le fait que le PQ a enfreint en 2014 les principes de sa propre loi sur les élections à date fixe?

  • Mario Jodoin - Abonné 12 septembre 2017 05 h 12

    Je me souviens

    «il sera difficile de faire oublier que c’est le gouvernement Marois qui avait autorisé officiellement les forages avec fracturation»

    ...et qui a décidé de subventionner la construction de l'usine qui génère le plus de gaz à effet de serre au Québec, soit la cimenterie Mc Innis de Port-Daniel.

    http://www.ledevoir.com/non-classe/474856/couts-de

    • Brigitte Garneau - Abonnée 12 septembre 2017 14 h 46

      Vous avez raison, malheureusement, Monsieur Jodoin...J'ai vu de mes yeux le monstre infect (cimenterie) de Port-Daniel. C'est à vomir de rage! Comment cette bête immonde, nourrie au pétrole de coke (cousin du pétrole le plus sale) qui vient d'Asie, peut-elle trôner sans gêne dans un décor aussi paradisiaque? C'est d'une telle absurdité! Au niveau de l'environnement c'est criminel! Mais...on ne refuse rien à la famille Beaudoin ou, est-ce Desmarais? Je ne sais plus mais je sais une chose cependant: L'argent, toujours l'argent. Quitte à tout détruire. Et nous, que faisons-nous? Il semble que nous sommes endormis par l'indifférence. Le gouvernement est en panne de jugement et nous sommes en panne de raison.MISÈRE!!

    • Gilles Théberge - Abonné 12 septembre 2017 17 h 16

      Il est vrai que cette affaire est une horreur. Cette cimenterie est un cancer qui plombe les tentatives du gouvernement d'avoir un bilan positif en matière de pollution.

      Mais c'est une autre affaire de chercher à culpabiliser le parti Québécois, et en particulier madame Marois de cette dérive environnementale.

      Donne-nous la peine de lire le commentaire suivant le vôtre, qui rétablit les faits.

      Yen a marre de PQ bashing!

    • Raymond Labelle - Abonné 12 septembre 2017 18 h 17

      "et qui a décidé de subventionner la construction de l'usine qui génère le plus de gaz à effet de serre au Québec, soit la cimenterie Mc Innis de Port-Daniel."

      C'est le gouvernement Landry qui avait tout d'abord appuyé ce projet en 1998.

      Voir l'éditorial de Guy Taillefer de 2015 sur ce sujet: une cimenterie de trop.

      http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom

      Précise que c'est maintenant la famille Beaudoin. Pas d'allure: bourré de subventions et de congés fiscaux, sans compter les rabais d'électricité, alors que le marché n'est pas là.

      Aussi, des questions réponse de Mme Ravary du JDM:

      http://www.journaldemontreal.com/2014/02/03/trois-

      Petit extrait: "Dans le cas de cette cimenterie, le Québec et Ottawa financent directement et indirectement 70 pour cent de ce projet évalué à près d’un milliard de dollars.

      Or, durant les premières 20 années de production, on prévoit des retombées pour le Québec de 135 millions $ et de 158 millions $ pour le fédéral.

      De plus, Ciment McInnis ne paiera aucune redevance sur le calcaire extrait pour fabriquer le ciment et obtient un congé d’impôts."

      Mentionnons par ailleurs que le Québec avait développé une belle technologie pour transformer le verre en ciment de qualité et ce, à bien moindre coût financier et écologique que cette cimenterie - mais le gouvernement Landry a préféré donner à perte à une compagnie américaine pour favoriser la concurrence à cette technologie.

      Si jamais le PQ reprenait le pouvoir, espérons qu'il fera mieux...

    • Raymond Labelle - Abonné 12 septembre 2017 19 h 31

      Ici pour des détails sur cette technologie québécoise de récupération du verre pour en faire du ciment – moins coûteux et écologique :

      http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/685991/beton-c

      Mais… malheureusement, on subventionne Port-Daniel à la pelletée. Qui est très très polluant. Dans son article de 2014, Mme Ravary (l’article du JDM mentionné ci-dessus) mentionne que la mise à jour de l’étude évoque 2 200 000 tonnes métriques de ciment.

      Qu’à cela ne tienne : les gouvernements du PQ et du PLQ, qui appuient le projet (appui initié par le gouvernement Landry) ont exempté la cimenterie du BAPE!

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 12 septembre 2017 07 h 56

    Une petite inexactitude

    Deux ans après que le gouvernement Charest ait vendu à Pétrolia les droits d'exploration à Anticosti que possédait Hydro-Québec, Pétrolia annonçait en 2010 la découverte de l’équivalent de quarante-milliards de barils de pétrole à Anticosti.

    Lorsque Mme Marois arrive au pouvoir en 2012, Pétrolia avait déjà foré une vingtaine de puits.

    S'il est exact de dire que le gouvernement Marois devait investir 56,7 millions$ afin de fixer une fois pour toutes le potentiel pétrolier de l’ile (ce qui fait travailler les ouvriers de ce secteur industriel), il est inexact d'insinuer que le gouvernement Marois fut le premier à autoriser les forages avec fracturation.

    L'éditorialiste du Devoir peut bien remonter à Mathusalem pour prouver que le PQ à déjà été favorable à l'exploitation des richesses pétrolières du Québec. La même chose ne peut-elle pas être dite des éditorialistes du Devoir ?

    En fouillant comme il faut, ne peut-on pas trouver sous la plume de Jean-Robert Sansfaçon un éditorial plaidant que les "richesses" d'Anticosti (en parlant du pétrole) doivent demeurer de propriété publique :
    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

    Bref, avec son nombre impressionnant de membres (plus important que celui de tous les autres partis réunis), le PQ reflète fidèlement les contradictions et l'évolution des idées au sein de la nation québécoise... comme c'est le cas également de ce quotidien. N'est-ce pas, Monsieur l'Editorialiste ?

    • Michèle Lévesque - Abonnée 12 septembre 2017 17 h 28

      @JP Martel - 12 sept. 2017 07h56

      Je n'arrive malheureusement pas à enregistrer mon appréciation 'J'aime' sur votre commentaire alors la voici en mots. Une fois déconnectée de Facebook, je vois que vous avez déjà 13 'j'aime', mais j'en vois 0 quand j'entre via FB. Je suis de plus en plus souvent confrontée à ce genre de situations qui signalent un contrôle inacceptable de Facebook sur les contenus internes d'un journal indépendant. Car il est clair que voir 0 versus 13 'j'aime' ou plus, affecte certainement la réception d'un propos.

      *

      Cela dit, d'abord vous remercier des précisions apportées quant aux débuts réels des explorations sur Anticosti. Cela me fait encore plus tiquer quant à la manière injuste de M. David de charger aussi négativement le PQ. On cherche l'équilibre et les nuances. Cette dévaluation disproportionnée rappelle le traitement médiatique deux poids deux mesures lors du tweet de Trudeau versus le commentaire somme toutes assez anodin de J-F. Lisée sur les invités du PM.

      Mais ici, c'est cette phrase qui est particulièrement odieuse (je cite): "C’est seulement quand il a compris que la protection de l’environnement était devenue une valeur absolue pour une part croissante de la population, particulièrement les jeunes, que le PQ a clairement tourné le dos au pétrole" - un odieux renforcé par l'allusion sur le retrait de la fiche 50+1. Prévisions ou projections ?

      M. David oublie aussi qu'il y a eu avant et après COP21. Cela n'excuse pas tout d'Anticosti sous Marois, mais ça donne un contexte. Il faudrait surtout parler de l'attitude hypocrite des Libéraux, notamment quant au projet actuel de fracturation en Gaspésie. On oublie aussi un peu trop facilement l'investissement de Marois dans l'énergie éolienne pour préparer l'avenir, tout autant que le manque de soutien récent du Fédéral dans l'économie hydro-électrique du Québec comparé à Muskrat Falls.

      Si quelqu'un manque d'éthique ici, je ne crois pas que ce soit le PQ.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 13 septembre 2017 05 h 05

      Michèle Lévesque écrit : "Cela me fait encore plus tiquer quant à la manière injuste de M. David de charger aussi négativement le PQ."

      M. David est un éditorialiste brillant et respecté. J'ai hâte de le voir revenir à l'essence de ce qui a fait sa réputation : celui qui aide ses lecteurs à comprendre la réalité politique plutôt que ce pape qui distribue les anathèmes.

      Au congrès du PQ, j'ai été épaté de voir M. Lisée prononcer un discours de 90 minutes sans l'aide d'un télé-souffleur. Il s'agissait d'un discours au cours duquel M. Lisée présentait une vision politique remarquable du Québec.

      Que nous, auditeurs, prenions 90 minutes pour juger des aptitudes de quelqu'un qui aspire à devenir le chef de l'État québécois, cela est un sain exercice démocratique pour tout citoyen.

      M. David a trouvé ce discours interminable. Ce commentaire nous en dit plus long sur l'éditorialiste que sur le chef du PQ.

  • Claude Bariteau - Abonné 12 septembre 2017 07 h 58

    Là, votre encrier est rouge ad mare usque ad mare.


    1. Mme Marois, c'est connu, a voulu éviter que des magouilleurs se remplissent les poches et vérifier l’état de la situation. Les investissements projetés impliquaient une analyse et des validations par forage. Or, ce n’est pas son gouvernement qui a donné le feu vert au forage, mais bien le gouvernement Couillard, le grand, très grand, défenseur d’Anticosti, pour après, arrêter tout et remplir les poches des magouilleurs. Or, avec votre encrier rouge, vous présentez une lecture erronée.
    2. Le virage vert du PQ, que vous présentez comme un hochet électoraliste, a tout d’un alignement majeur en faveur d’un virage vers des énergies nouvelles que le gouvernement Couillard n’entend faire qu’à petit pas dans le transport (projet de monorail, autobus, camion et auto) et le chauffage d’une multitude d’institutions afin de laisser la place aux entreprises privées et ne pas déranger le transport ferroviaire et maritime. Ici aussi, votre lecture est biaisée.
    3. Elle l’est encore plus avec Énergie-Est. Il était prévisible, depuis que le projet Keystone est amorcé, que TransCanada modère ses transports et compose avec l’approche canadienne visant à revoir le mandat de l’ONE. Or, dès que l’ONE a annoncé qu’elle inclurait les émissions de GES dans l’évaluation d’Énergie-Est, un spécialiste de renom de l’Ud’Ottawa a avancé que le projet d’Énergie-Est serait probablement mis de côté et le PM Trudeau a déclaré que son évaluation se ferait comme elle était prévue. Plutôt que d’écrire que ça sent un retour après 2019, votre plume rouge n’ose pas écrire que ce dossier est gelé pour des fins électoralistes. Vous écrivez plutôt que ce projet est mort alors qu'il n'est que suspendu aux dires de TransCanada.
    4. En fait votre encrier est tellement rouge que vous êtes certainement un candidat pour La Presse, ce qui vous permettra de hausser vos revenus au Devoir que vous complétez par des contributions à Tadio-Canada.

    • Marc Bouchard-Marquis - Inscrit 12 septembre 2017 09 h 08

      Votre j'aime est désactivé...je partage entièrement votre point de vue.

    • Pierre Desautels - Abonné 12 septembre 2017 09 h 39

      "Au PQ, on sait très bien que les actions pèsent plus que les mots ou les plateformes électorales."

      Les doutes de Michel David peuvent facilement se comprendre. Dans le dossier Anticosti, vous ne pouvez pas nier que le PQ était enthousiaste pour ce projet et aussi pour Old Harry. Autrement dit, la perception du public, était que peut importe si les bleux ou les rouges sont au pouvoir, le résultat est le même et le vert en prend pour son rhume.

      Et si le passé est garant de l'avenir, ce n'est pas rassurant. Nous avons souvenir d'ex-ministres et députés (Bouchard, PKP, Boisclair, Cliche) favorables à l'industrie pétrolière et de Scott Mckay à genoux devant Enbridge en commission parlementaire. Il y aura beaucoup de travail à faire pour changer cette perception. Et tirer sur le messager souverainiste qui écrit bel et bien à l'encre noire, ce n'est pas un bon argument.

    • Jacques Patenaude - Abonné 12 septembre 2017 09 h 59

      Le problème politique actuel le plus préoccupant est que les libéraux, les Caquistes et les Solidaires agissent comme si s'était le PQ qui est au pouvoir. On nous rappelle les faux pas du PQ qui datent d'une autre époque alors que tous les partis et en particulier les libéraux ont suffisamment de squelettes dans leurs placards pour qu'on fassent leur procès pour l'éternité.
      Je ne suis pas péquiste, je n'aime vraiment pas Lisée mais force est de constater qu'on lui reproche des peccadilles alors que les libéraux s'en tirent trop facilement.

      Lisée a peut-être utilisé un mauvais terme en parlant des invités de Trudeau (ce qui au fond est anecdotique) n'empêche que ce qu'il a proposé: accélérer l'octroi de permis de travail aux nouveaux arrivants haitiens, informer les haitiens de la réalité de ce qui les attends est maintenant mis de l'avant par les partis au pouvoir. Suspendre l'entente des tiers pays sûr comme le réclame Amnistie international n'est pas un exemple de racisme. Des éditorialistes de La presse et du Devoir disent maintenant la même chose que lui sur la pseudo-commission sur le racisme systémique. Les propositions sur la question environnementales ne sont pas de génération spontanées au PQ. Ce sont les libéraux qui ont tenté créer une industrie pétrolière et gazière. Le PQ n'a fait qu'un faux pas dans cette histoire. Il est plus que temps que la CAQ et QS et les chroniqueurs politiques réalisent qui est au pouvoir. À force taper sur le mauvais clou ils finiront par se discréditer.
      Honnêtement, écoeurés des attaques politiques injustifiées je commence à écouter les péquistes, ce que je ne faisais plus depuis longtemps.

    • Louise Collette - Abonnée 12 septembre 2017 10 h 25

      Monsieur Bariteau je vous aime... ;-)

    • Gilles Théberge - Abonné 12 septembre 2017 17 h 19

      Monsieur Patenaude, votre "j'aime" est désactivé.

      C'est de plus en plus fréquent au devoir...

      J'aime votre commentaire!

    • Michèle Lévesque - Abonnée 12 septembre 2017 20 h 21

      @M.B-Marquis 12 sept. 2017 09h08

      Je rencontre le même problème quant aux 'J'aime' désactivés par FB sur certains commentaires d'abonné(e)s du Devoir. Outre M. Bariteau (12 sept. 07h58) que vous mentionnez, il y a aussi M. Martel (07h56) - et probablement d'autres se trouvent-ils marqués (tag) du même interdit.

      Ce n'est pas la première fois que cela m'arrive. Ici comme dans d'autres articles du Devoir, ces désactivations semblent comme par hasard avoir surtout lieu quand les commentaires sont trop négatifs pour le Parti libéral et/ou comparativement trop positifs pour le Parti québécois.

      Cela ne laisse pas d'être très préoccupant et même franchement inquiétant, car cette censure par Facebook s'exerce sur des propos que le Devoir a par ailleurs jugés suffisamment modérés (cohérents et polis) pour être publiés dans ses pages. Il s'agit donc d'une ingérence majeure et inacceptable.

      De plus, cette impossibilité de dire 'j'aime' se double du fait qu'on ne voit pas non plus le nombre de 'j'aime' pour les propos concernés. J'ai fait différents tests, aujourd'hui et précédemment, et j'ai réalisé qu'on peut voir ce nombre de 'j'aime' si on n'est est pas connecté via FB - ou même en se connectant via avec un autre compte FB. Ainsi, avant de me rebrancher FB pour pouvoir écrire ceci, j'ai vu que M. Bariteau avait 22 'j'aime' et M. Martel 19, incluant mes propres appréciation mises pour chacun via un autre compte FB.

      Quand on connait la mécanique de la réception des idées - plus un texte est apprécié publiquement, plus il a de chances d'être lu et de là plus l'audience s'accroit par le partage des idées qu'il contient - on voit quel danger potentiel représente la mainmise de FB sur la libre circulation de l'information. On imagine hélas très bien les conséquences à terme.

      J'espère que le Devoir et les autres médias libres enquêteront sur cette épidémie et sa mécanique (signalements, lois ?) avec la vigilance requise car l'enjeu est vital.

  • Pierre Cousineau - Abonné 12 septembre 2017 08 h 10

    Pendant ce temps

    Une fois de plus, comment ne pas souligner la lourdeur, l'apesantissement de cette chronique.

    Pendant ce temps le PLQ tenait son 5è Forum des idées cette fin de semaine, sous le thème: "De l'ambition pour nos régions". À part un article ou deux annonçant la tenue de l'évènement, aucun journaliste sur place. Pourtant c'est le parti qui gouverne le Québec depuis 2003, presque sans interruption.

    Et de l'ambition pour les régions,ça ne manque pas au PLQ. Tenez, au mois d'août, la Commision de l'aménagement du territoire recevait en consultations, les participants invités et les mémoires déposés en lien avec le projet de loi 85, visant à développer le pôle logistique des Cèdres et les parcs industriels le long de l'autoroute 30, de la municipalité de Saint-Philippe jusqu'à la frontière de l'Ontario.

    Les représentants de la MRC et de la Chambre de commerce de Vaureuil-Soulanges sont venus nous informer que le projet de pôle logistique du CP dans la municipalité des Cèdres était embourbé dans un mystérieux litige avec le gouvernement dont ils furent incapables de préciser la nature ni la durée.

    Un universitaire a même déposé un mémoire, tiré de sa thèse de doctorat, dans lequel il affirme que le CP a abandonné le projet, qui sera plutôt réalisé dans leur cour de triage de Côte-Saint-Luc.

    Pendant ce temps, il fut inutile de parler du parc industriel Alta de Côteau-du-Lac, inclus dans le projet de loi 85, puisque le gouvernement libéral avait déjà dézoné les terres agricoles convoitées, par décret, au cours de l'été. (Décrets 534-2017, 7 juin et 700-2017, 4 juillet).

    Pendant ce temps, on parla beaucoup d'élargir l'autoroute 30, inaugurée en 2012 et déjà congestionnée. On parla aussi abondamment de gruger le territoire agricole de chaque côté de l'autoroute.

    Pendant qu'on s'apesantit sur le gouvernement théorique du PQ, le PLQ a beau jeu de se faire voir en taxi électrique tout en élargissant les autoroutes et multipliant l'étalement urbain.