En vertu du principe selon lequel « les ennemis de mes ennemis sont mes amis », il est difficile de ne pas voir Québec solidaire comme l’allié objectif du PLQ. Gabriel Nadeau-Dubois refuse d’être instrumentalisé par le premier ministre Couillard, mais il tombe sous le sens que plus le vote francophone et souverainiste sera divisé, mieux ce sera pour les libéraux.

 

Cela dit, la question qui a valu au nouveau député de Gouin les louanges appuyées de M. Couillard était tout à fait pertinente. Avant de sensibiliser le Canada anglais aux mérites de sa nouvelle politique constitutionnelle, ne serait-il pas utile de savoir ce que les Québécois en pensent ?

 

Force est de reconnaître qu’elle était passablement plus sexy que celle avec laquelle Jean-François Lisée avait ouvert la période de questions mercredi matin, qui portait sur l’allégement de la réglementation concernant les PME et visait surtout à souligner la tournée que trois députés péquistes ont effectuée au cours des derniers mois.

 

Le dossier constitutionnel n’est pas le sujet de prédilection de QS à l’Assemblée nationale. Le rejet brutal du pacte électoral avec le PQ et l’obscur sabotage de la « feuille de route » vers l’indépendance ont fait dire à plusieurs souverainistes que QS, soucieux de ménager les électeurs anglophones et allophones qu’il compte ravir au PLQ, avait placé ses intérêts partisans avant ceux du pays en devenir. M. Nadeau-Dubois a dû sentir la nécessité d’un rattrapage.

 

Le ton particulièrement véhément avec lequel le chef du PQ a reproché au premier ministre d’avoir noirci les conséquences économiques de l’indépendance et déprécié la capacité des Québécois à prendre leurs affaires en main atteste qu’il n’entend pas se laisser doubler sur ce terrain.

 

Il lui faudra pourtant s’y faire. Tout le monde reconnaît que Françoise David a joué de façon remarquable le rôle de conscience sociale durant les années où elle a siégé à l’Assemblée nationale, mais M. Nadeau-Dubois a des ambitions électorales nettement plus affirmées.

 

Si QS veut devenir une véritable option de gouvernement, comme le souhaite ouvertement son nouveau porte-parole, il lui faut nécessairement convaincre des électeurs péquistes de changer de camp, ce qu’ils pourront envisager seulement s’ils ont l’assurance que l’indépendance demeure l’objectif.

 

Apparaître comme le chouchou du premier ministre n’est cependant pas la meilleure carte de visite. M. Couillard était visiblement ravi de faire enrager M. Lisée, mais M. Nadeau-Dubois se serait certainement passé de ses compliments. Si le chef du PQ est jugé infréquentable par de nombreux militants solidaires, M. Couillard ne vaut pas mieux.

 

Témoigner au député de Gouin les égards réservés normalement aux chefs de partis reconnus risque également d’alimenter la méfiance de ceux qui craignent déjà que sa rapide ascension ne lui monte à la tête, mais les solidaires devront se résigner à adapter leurs structures à leurs ambitions. Si QS peut se passer d’un chef, le Québec ne peut pas être dirigé par un co-premier ministre.

 

Il était à prévoir que le nouveau ménage souverainiste à trois serait difficile à gérer sans le ciment d’une échéance imminente. L’improbable triumvirat dont M. Lisée a été un des artisans en 1995 n’aurait jamais vu le jour si Jacques Parizeau avait reporté le référendum à un deuxième mandat.

 

Même si certains s’interrogent sur la façon de reprendre les discussions sur la « feuille de route » qui avait été négociée sous l’égide des Organisations unies pour l’indépendance (OUI), l’équation de l’après-élection de 2018 comporte trop d’inconnues pour présumer de la suite des événements. Quel sera alors le rapport de force entre le PQ et QS ? L’échec du pacte risque de renforcer le « vote stratégique » antilibéral. Qui en fera les frais ? Le PQ semble aujourd’hui être le grand perdant de la chicane, mais QS aura du mal à se défaire de l’image d’« allié objectif » du PLQ, voire de traître à la cause souverainiste.

 

Sans parler du Bloc québécois. M. Lisée, qui a désapprouvé dès le départ le « transparlementarisme » auquel Martine Ouellet tient mordicus, a certainement été soulagé que cette autre crise dans la famille souverainiste se soit résorbée, mais combien de temps durera ce qui ressemble davantage à une trêve qu’à un traité de paix ?

 

Le chef péquiste est bien placé pour savoir que la collégialité n’est pas un réflexe naturel chez la nouvelle chef bloquiste, qui devrait pourtant comprendre que son absence de la Chambre des communes la rend d’autant plus nécessaire. Il sait aussi que Mme Ouellet n’est pas une alliée sur laquelle il pourra compter dans l’adversité, mais une implosion du Bloc est la dernière chose dont il a besoin en année électorale.

  • Normand Carrier - Abonné 10 juin 2017 06 h 53

    QS est condamné a être l'allié objectif du PLQ .....

    Philippe Couillard a louangé GND comme un nouveau chef de parti nouvellement élu et l'a traité comme un petit prince que l'on doit protéger car bien utile il sera ..... Couillard , malgré son manque de sensibilité , sait que la division des forces souverainistes est ce qui lui permettra d'être ré-élu majoritaire ou minoritaire et pour cela il doit chouchouter GND et QS et leurs assurer une visibilité avec les médias .... Tous savent que Francoise David avait une facilité et des contacts priviligiés avec R-C. grace a l'intervention de Jean Pelletier , directeur de l'information de R-C. qui est par hasard le conjoint d'Hélène David actuelle ministre das le gouvernement Couillard .....

    Mais ses amis objectifs libéraux ont aussi beaucoup de contacts avec R-C. , Gesca et La Presse dont ils seront heureux de faire bénéficier au jeune Nadeau-Dubois ... Avec des amis comme tel , on a pas besoin d'ennemis ! Ce que le PQ peut aussi affirmer , avec des amis objectifs comme QS , il n'a pas besoin d'ennemis .... Le pacte signé par tous les partis politiques sur la feuille de route et aussitôt renié par le politburo de QS fait passer QS pour un traitre de la cause souverainiste ...

    QS est devenu un parti comme tous les autres et veut gagner des votes libéraux qui proviennent de la gauche fédéraliste , des anglophones et des allophones de la région de Montréal ... Si GND devient trop souverainiste , il perdra ces votes de fédéralistes ... QS est dans le clientélisme pour progresser . Mais en ce faisant , il pourra difficillement sortir de la région de Montréal et progresser dans la région de Québec et toutes les autres régions du Québec ....

    Ce n'est pas en étant l'allié objectif du PLQ et le traitre a la cause souverainiste qu'il pourra gagner en popularité dans le reste du Québec et risquera d'être marginalisé comme lors des dernières élections ... L'avenir le dira car il reste seize longs mois avant le prochain scrutin .......

    • Pierre Beaulieu - Abonné 10 juin 2017 11 h 42

      Se souvenant qu'avant l'assemblée du QS qui rejetait le front commun indépendantiste, les membres du parti se disaient favorable audit front commun à la hauteur de 87%, il ne faut pas parler de traîtrise mais plutôt de naïveté devant la stratégie du PLQ qui favorise de tout ce qu'il est capable la division du vote indépendantiste.
      À mon avis c'est le jeune porte parle du QS qui paiera la note le moment venu pour son aveuglement dans la griserie du pouvoir au sein du QS, pouvoir qu'il juge très bientôt beaucoup trop restreint pour satisfaire ses ambitions.
      Comment se surprendre que Couillard lui fasse des câlins?

    • Christian Montmarquette - Inscrit 10 juin 2017 15 h 37

      À Normand Carrier,

      "QS est condamné a être l'allié objectif du PLQ" - Normand Carrier

      Les véritables alliés politiques se sont le PQ et le PQ qui imposent tour à tour leur dogme du déficit zéro et leurs politiques d'austérité aux citoyens.nes en les laissant s'engueuler sur sur la couleur du drapeau pendant qu'ils gavent l'entreprise privée à raison de 10 milliards par année avec de l'argent public qui devraient servir au financement des services publics.

      Un de ces jours, faudrait que le péquistes reviennent sur Terre pour voir que notre plus grave et plus urgent problème n'est pas à Ottawa, mais ici-même au Québec.

      Parce que jusqu'ici, les électeurs libéraux se foutent de la corruption du PLQ pour s'assurer de rester dans le Canada, pendant que les électeurs péquistes se foutent de la gestion néolibérale du PQ pour en sortir.

      Alors que dans les deux cas, c'est le p'tit peuple qui se fait arnaquer à coups de millards.


      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 10 juin 2017 18 h 06

      "Le sondage disait plutôt que, s'il y avait alliance, 87 % des gens qui avaient l'intention de voter pour QS ou PQ auraient voté pour cette alliance (...)." Mario Jodoin, dans un échange antérieur.

      En effet. Et il s'agit de 87% après répartition des "pas d'opinion, refus de répondre".

      P. 11 du sondage. Voici le lien menant au sondage dont on se réclame pour faire cette affirmation: http://www.leger360.com/admin/upload/publi_pdf/POL

      La question était: "Si Québec solidaire et le Parti Québécois s’entendaient pour former une alliance électorale, pour quel parti auriez-vous l’intention de voter?

      Serait-ce pour
      ...?"

      Et le 87% allait à l'alliance QS/PQ.
      ---------------------------------------------------------------------------------

      Toutefois, à noter la question 4: "Des projets d’alliances électorales entre différents partis politiques sont actuellement en cours de discussion avec l’objectif de présenter des candidats communs dans certaines circonscriptions. Selon vous, est-ce que ces projets d’alliances électorales sont une bonne ou une mauvaise idée?"

      Seuls les électeurs de QS et du PQ trouvent en majorité que c’est une bonne idée.

      Parmi les électeurs de QS : 62% bonne idée, 15% mauvaise idée, 23% ne sais pas/refus de répondre – pour les électeurs du PQ, dans le même ordre : 65%, 13%, 21%.

      Si on répartit le « ne sais pas/refus de répondre », ça donne :

      Électeurs de QS : 81% bonne idée, 19% mauvaise idée (62+15 = total de ceux qui se prononcent, puis, en % 62/77 bonne idée et 15/77 mauvaise idée).

      Électeurs du PQ, même méthode de répartition : 83% bonne idée (65/78) et 17% (13/78) mauvaise idée.

      Question de précision.

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 juin 2017 06 h 37

      M. Montmarquette,
      continuez à attaquer le PQ, comme toujours depuis des années.
      Vous incarnez la plus belle démonstration de l'alliance (peut-être pas) objective entre QS et le PLQ.

      Des centaines d'interventions au Devoir (dont vous êtes le plus prolifique rédacteur. Faut savoir noyauter les médias, hein ?) contre le PQ, presque rien contre le PLQ.
      Ou bien vous ne savez pas qui est au pouvoir (le savez-vous?), ou bien vous êtes carrément un "missile téléguidé".

      De ces interventions :
      Pas un strict mot, pas un iota, au sujet de l'indépendance. Les clowneries des derniers mois n'y changent rien.

      Plane dans votre prétendue "inclusivité" (laissez-moi brailler) un multiculturalisme très Trudeauesque, du genre des années '80.

      Leur nombre dit que, tout comme les Libéraux, vous êtes totalement allergique à la moindre critique.

      Je me demande sur quelle planète unanimiste vous vivez, parfaitement "cohérente", où les seuls qui aient voix au chapitre sont des "porte-paroles" chargés de répéter le Petit Catéchisme sans surtout dépasser la ligne. Ouan... la ligne, comme n'importe quel député PLQ.

      En résumé, la langue de bois est votre spécialité.

    • Normand Carrier - Abonné 11 juin 2017 06 h 56

      Monsieur Montmarquette
      Depuis quant le déficit zéro est une malédiction ? Essayer de vous endetter dans votre budget personnel et vous connaitrer rapidement votre limite avant de faire faillite ......
      QS a dans son programme de nationnaliser toutes les banques au Québec lors de sa prise du pouvoir majoritaire ..... Voulez-vous nous expliquer le processus ? Comment cela va couter de racheter l'actif de toutes ces banques en centaines de milliard de $$$$ et qui va payer ? Le petit peuple comme vous invoquer souvent .... Comment nationnaliser les banques a charte fédérale au Canada et au Québec lorsque tout se fait de plus en plus par internet et payment électronique ?

      C'est le petit peuple qui va se retrouver en faillite si QS prend le pouvoir avec ses idées farfelues .... Il serait intéressant de connaitre ces réponses de ceux qui savent compter dans votre parti essentiellement dogmatique ....

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 11 juin 2017 08 h 58

      Il est inutile de discuter d'une alliance entre QS (un parti d'extrême-gauche) et le PQ (un parti de droite, nombriliste et avec un agenda centré sur un nationalisme identitaire qui exclut automatiquement les Non-Québécois). Les discours sur les pourcentages ne mènent à rien. Le PQ est incapable d'augmenter son « électorat francophone», sa seule planche de salut.

      Quant au BQ, il a déjà envoyé cinquante-sept députés à Ottawa sur un maximum de soixante-quinze. Je me demanderai toujours pourquoi le Bloc n'a pas négocié l'indépendance lors. C'était sa prérogrative, son devoir.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 11 juin 2017 11 h 47

      À Jean-François Trottier,

      "Continuez à attaquer le PQ, comme toujours depuis des années.
      Vous incarnez la plus belle démonstration de l'alliance (peut-être pas) objective entre QS et le PLQ." - Jean-François Trottier

      Pas possible d'avoir une analyse politique aussi étriquée!

      Comme si tout ce qui n'était pas péquiste était forcément libéral!

      Alors sachez bien Trottier, que le libéralisme n'est pas une idéologie qui appartient au seul Parti libéral, mais au PQ, au PLQ et à la CAQ au Québec. Et que ce qu'il faut fondamentalement combattre n'est pas le Parti libéral, mais le libéralisme et le néolibéralisme du PQ, du PLQ et de la CAQ.

      Tenter de faire passer Québec Solidaire pour l'allié des libéraux est une insulte à l'intelligence et prendre le lectorat du Devoir pour des valises.

      Surtout quand on suit le moindrement les débats de l'Assemblée nationale et l'ensemble des communiqués officiels et des conférences de presse de QS attaquent régulièrement et fortement le PLQ qu'Amir lui-même a déjà traité de "parti pourri"

      -Allôôô..??? Les alliés du PLQ !!!


      Christian Montmarquette


      .

    • Christian Montmarquette - Inscrit 11 juin 2017 11 h 54

      À Normand Carrier'

      "Monsieur Montmarquette. Depuis quant le déficit zéro est une malédiction?" - Normand Carrier

      Depuis que le PQ et le PLQ s'en servent pour affamer les services publics pendant qu'ils gavent de l'autre main les banques et les multinationales à raison de 10 milliards par année.

      - Faut être naïf en ti-pépère ou d'une infinie ignorance politique pour ne pas voir cette manipulation néolibérale grossière dénoncée par Josée Legault elle-même qui avait bien su nommer la chose en parlant :

      "d'austérité sélective".

      Au fait.. ?

      Ça vous dit quelque chose?

      L'austérité sélective.. M. Carrier?

      Ou si vous n'en n'avez même jamais entendu parler..?


      Christian Montmarquette


      .

    • Patrick Boulanger - Abonné 11 juin 2017 11 h 59

      @ M. Carrier

      M. Carrier, le déficit zéro n'est certainement pas une malédiction en soi. Toutefois, la façon (!) dont le PQ s'y est pris pour l'atteindre peut être critiqué...

    • Christian Montmarquette - Inscrit 11 juin 2017 12 h 00

      À Normand Carrier,

      "L’austérité sélective" - 15 décembre 2014

      Extrait:

      " La liste des compressions dans les services publics, réelles et anticipées, est pourtant déjà longue. Même s’il arrive parfois au gouvernement de reculer lorsqu’une manchette lui fait trop mal, l’ensemble de son plan de match est intact.
      La classe moyenne écopera à terme. On oublie toutefois que les mesures d’austérité combinées aux augmentations de tarifs frapperont encore plus durement les gens à faibles revenus – salariés ou non.

      L’austérité sélective, c’est aussi le refus de mettre fin à l’évasion fiscale. Chaque année, elle prive pourtant les États à coups de milliards."

    • Normand Carrier - Abonné 11 juin 2017 13 h 18

      Monsieur Montmarquette
      J'attend toujours votre réponse sur votre programme de nationaliser les banques .... Tant qu'au reste de vos commentaires , ils ne sont que redondant et confirment que votre parti est construits sur des dogmes .

    • Christian Montmarquette - Inscrit 11 juin 2017 14 h 34

      Normand Carrier,

      "J'attend toujours votre réponse sur votre programme de nationaliser les banques.." - Normand Carrier

      Si je comprends bien, à l'instar de plusieurs de vos semblables, vous affirmez n'importe quoi alors que vous n'avez même pas lu le programme de QS.

      QS ne veut pas nationaliser toutes les banques; il propose de CRÉER "UNE" banque d'État pour concurrencer les banques privées.

      Et vous auriez aussi du poser la question à Jacques Parizeau pendant qu'il était vivant et qu'il proposait aussi de nationaliser les banques à Tout le monde en parle en 2008.

      Référence:

      Programme de QS:

      "Afin de concurrencer les banques privées et ainsi fournir des services de proximité et abordables pour la population, il est proposé d’instituer une banque d’État, soit par la création d’une nouvelle institution, soit par la nationalisation
      partielle du système bancaire."

      http://quebecsolidaire.net/propositions/notre-prog



      .

  • Chantale Desjardins - Abonnée 10 juin 2017 07 h 27

    Texte plutôt confus...

    Difficile de suivre M. David car c'est confus.

    • Luc Frappier - Abonné 10 juin 2017 11 h 58

      Madame, à lire plus lentement...

    • Gilles Théberge - Abonné 10 juin 2017 12 h 07

      Monsieur David semble en effet se délecter de ce qu'il perçoit comme un roman d'anticipation avec GND et JF Lisée comme principaux protagonistes.

      Monsieur David est un Montréalais les pieds pris dans le bitume.

      S'il se donnait la peine d'aller voir en région il se rendrait compte que les troupes de QS qui voulaient un parte avec le PQ sont bien déçues du dernier congrès. Et qu'elles fondent présentement.

      Et puis, que sont devenus les alliés de GND lors de la tournée du printemps dernier? On pourrait avoir des petites surprises au déclenchement des élection...

      Ça paraît bien d'imaginer des scénarios " catastrophes" pour le PQ. Encore faut-il que ça tienne debout.

    • Marc Therrien - Abonné 10 juin 2017 12 h 40

      Serait-ce un symptôme de ce qui va se passer dorénavant dans les chassés-croisés des questions et non réponses à l'Assemblée nationale?

      Je me demande ce que François Legault va faire pour éviter de se faire déclasser par ce trio de hâbleurs dans la compétition pour l'étalage de la verve.

      Marc Therrien

  • Jean Jacques Roy - Abonné 10 juin 2017 07 h 30

    Un chouchou ou un véritable adversaire politique?

    Cette semaine Gabriel Nadeau Dubois, député de Gouin, a eu l'occasion de prendre la parole durant quelques minutes. À titre de porte-parole, il a eu droit de poser une question fort pertinente au premier ministre. Question embarassante pour Monsieur Couillard et pour Monsieur Lisée.

    En effet, Couillard annonce son projet d'aller intéresser "les autres" canadiens des autres provinces au sujet du caractère distinct du Québec et peut-être les intéresser à réouvrir la Constitution afin de faire reconnaître le Québec comme peuple fondateur! Personne n'est naïf, tout le monde sait bien que l'opération libérale si elle a lieu se résumera en une opération de charme et de relations publiques.

    De sorte que lorsque GND pose la question de la démocratie, celle de demander D'ABORD aux québécois et aux québécoises ce qu'elles en pensent avant d'aller dans le reste du Canada? Et de qourquoi pas une Constituante québécoise?

    Qui met-il dans l'embarras?

    • Gaetane Derome - Abonnée 10 juin 2017 17 h 02

      Désolée de vous décevoir mais M.Couillard a été très heureux de cette question par ce député.D'ailleurs,semer la zizanie est un jeu auquel le premier ministre se prête volontiers et manipuler les gens sans expérience aussi.Votre député vedette s'est fait bien prendre..

  • Jean-François Trottier - Abonné 10 juin 2017 08 h 26

    Non, pas seulement

    "il lui faut nécessairement convaincre des électeurs péquistes de changer de camp, ce qu’ils pourront envisager seulement s’ils ont l’assurance que l’indépendance demeure l’objectif.".

    Ce ne sera certainement pas suffisant.

    Il suffit de lire le programme de QS et pas seulement la partie sociale pour constater une incompréhension totale de la façon de fonctionner d'une société ou d'un gouvernement.
    Prenons la parti Santé, dont on pourrait s'attendre qu'elle soit fournie étant donnée la présence de M. Khadir. Elle parle de médecine sociale... et puis plus rien.
    Je sais, on ne met dans le programme que ce qu'on veut modifier. Mais là! Rien au sujet de la place exagérée que les médecins prennent dans la structure, rien au sujet de la rémunération à l'acte, rien en fin de compte pour déranger le roi-médecin. Plus timide que ça....

    Le programme économique, lui, est socialiste et pas du tout social-démocrate. L'imposition du contrôle de l'État y est omniprésente et tout ce qui porte l'étiquette "privé" y est l'ennemi. Faut le faire! Ignorance totale du rôle stabilisateur du grand capital, de beaux mots pour la PME... du bout des lèvres mais sans plus, ça fait carrément peur.
    Il ne suffit pas d'être socialiste et de souhaiter la vote proportionnel pour être automatiquement social-démocrate!

    L'assemblée constituante si chère à QS est un piège à con : on part du principe qu'elle sera constituée de gens en faveur de l'indépendance et de gauche après qu'un gouvernement QS aura "conscientisé" la population, et qu'elle arrivera à des consensus qui seront présentés après discussion à la population, et le tout en moins de quatre ans.
    C'est la "conscientisation" qui me fait trembler. Ces gens croient réellement que, dès leur élection, tout le monde se rangera derrière eux, tout comme dans le parti tout le monde se regroupe derrière un vote.
    Chez QS, consensus veut dire unanimité et le vote y est définitif et absolu.

    Au secour!

  • Jean Lapointe - Abonné 10 juin 2017 08 h 32

    L'important c'est d'empêcher les libéraux d'être réélus.

    «Avant de sensibiliser le Canada anglais aux mérites de sa nouvelle politique constitutionnelle, ne serait-il pas utile de savoir ce que les Québécois en pensent ?»

    Phillippe Couillard lui n'en voit pas la nécessité manifestement. Et pourquoi est-ce qu'il n'en voit pas la nécessité? Parce qu'il se considère comme plus éclairé que tous ses compatriotes. Il ne nous aime pas. C'est bien connu.

    Il le sait très bien qu' il y a un grand nombre de Québécois qui ne sont pas favorables à cette politique mais il va sans doute l' appliquer quand même s'il en a la possiblité parce qu' il est convaincu que c'est lui qui a raison.

    Il ne nous reste qu' à faire tout ce qui est en notre pouvoir de faire pour empêcher les libéraux d'être réélus.

    Il me semble que c'est tout ce qui devrait péoccuper les partis qui forment l'opposition ainsi que les chroniqueurs.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 juin 2017 12 h 03

      Empêcher la réélection du PLQ n'a rien d'un programme politique et consiste, au total, de vouloir gérer la province de Québec autrement. Alors, il importe de dire ce qu'on entend.

      La CAQ veut couper plus pour enrichir ses supporters. Le PQ veut refaire ce qui fut défait et préparer le référendum de 2022. QS veut pousser le Québec plus à gauche, revoir le mode électoral et changer l'ordre économique.

      Les trois entendent ronronner dans le cadre d'une province malmenée depuis sa tutelle canadienne, qui fut l'oeuvre du gouvernement Charest financée par des stratagènes de corruption, une oeuvre que poursuit le gouvernement Couillard en cherhant à se dissocier de son prédécesseur et en tassant des amis gênant.

      Aussi l'élection de 2018, pour le PLQ, deviendra un « remake » de celle de 2014 en ciblant l'indépendance mise temporairement de côté par le PQ, mais aussi en navigant à gauche grâce à des surplus conjoncturels et en relançant le rêve canadien oublié, question de faire vibrer quelque chose qui est devenu un cauchemar.

      Dans ce contexte, les indépendantistes seront piégés, leur projet de pays étant mis sur une glace qui fond depuis l'entrée en scène du chef Lisée. Le contexte n'est pas celui de 1974. On est en 2017, 43 ans plus tard et 22 ans après le deuxième référendum. Il faudrait plutôt revoir le processus d'accession à l'indépendance en privilégiant une élection qui y conduit pour 2018, ce qui va plus loin qu'un partage de comtés pour tasser le PLQ.

      Le PLQ, c'est le Canada en marche au Québec. C'est cette marche qu'il faut stopper pour en activer une qui mène à la création du pays du Québec. Et ça, ça implique une vision claire et des objectifs précis.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 10 juin 2017 15 h 47

      À Claude Bariteau,

      "Les trois entendent ronronner dans le cadre d'une province malmenée depuis sa tutelle canadienne.." - Claude Bariteau

      Dans le cas de QS je doute fort que le Québec ronronne s'il prend le pouvoir et convoque une Assemblée constituante 100% indépendante des partis politiques pour revoir de fond en comble nos règles et notre manière de fonctionner; et y compris la possibilité de se séparer du Canada.


      Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 juin 2017 06 h 52

      M. Montmarquette,

      votre assemblée constituante sera élue au plus grand nombre, représentative tant des femmes que des hommes ainsi que selon les différentes communautés du Québec, n'est-ce pas ?

      Elle sera, aussi, plus que probablement fédéraliste et de pensée néolibérale.

      VOUS ne le croyez peut-être pas ?
      Je sais bien que vos organisateurs en sont parfaitement conscients et se foutent de notre gueule en long et en large. À part la naïveté, vous faites profession de quoi ?

      Si vous croyez que l'arrivée au pouvoir de QS, suivie d'une belle "conscientisation" des gens, va mener à une gentillette harmonie (je sais, vous traduisez par "unanimité"), puis à quoi que ce soit qui modifie le statut constitutionnel du Québec, vous en fumez du bon.

      C'est aussi évident que pour une Commisssion : l'assemblée est une tablette de luxe où QS met ses patates chaudes.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 11 juin 2017 12 h 19

      À Jean-François Trottier,

      "Elle sera, aussi, plus que probablement fédéraliste et de pensée néolibérale." -Jean-François Trottier

      1) Vous n'augmenterez jamais les appuis à l'indépendance en convaincant des convaincus.es, et comme c'est d'ailleurs le cas avec le PQ qui n'a réussi qu'à faire stagner ou reculer les appuis à l'indépendance entre 35% et 40% depuis 45 ans.

      2) Le jour ou QS prendra le pouvoir, c'est donc qu'il sera parvenu à éveiller les consciences sur les immenses méfaits du libéralisme et que la position de l'électorat aura donc déjà sensiblement changée.

      Votre analyse repose donc sur un énorme raccourci intellectuel, qui passe non seulement à côté d'un important débat de 18 mois préalable à l'adoption d'une nouvelle Constitution devant conduire le Québec à son indépendance.. Mais aussi, à côté du travail d'éducation politique déjà amorcé et qui reste à faire d'ici là.

      Une chose est sûre en tous cas, les péquistes ne semblent pas comprendre cette citation élémentaire d'Einstein:

      "La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent." – Albert Einstein

      Ce ne sont pas les souverainistes qu'il faut réussir à faire changer de camps. Ce sont les fédéralistes, qui ne changeront certainement pas d'idée s'ils ne sont même pas invités au débat pour en discuter.

      À force d'éliminer des pans entiers de la société, il ne restera plus grand monde pour la faire, l'indépendance des péquistes.


      Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 juin 2017 13 h 41

      M. Montmarquette,

      évidemment dans votre grille d'analyse le PQ est responsable de tout tout le temps. Vous démontrez depuis des années comment vorte unique bête noire est le PQ, à un point absolument ridicule.

      C'est sûr, tout est leur faute et le PLQ est un ange. ioupi.

      Ça relève de la monomanie. De ce point de vue vous êtes bien accompagné, juste à côté des libérastes de ce monde.

      Si vous voulez convaincre les fédéralistes, alors parlez d'indépendance, ou au pire parlez des raisons pour lesquelles le fédéralisme ne ne fonctionne pas. Mais voilà, pas un traître de mot de votre part depuis des années, que l'on peut étendre à des siècles si l'on compte en nombre de lignes écrites.

      Et arrêtez de faire la leçon, votre "parti" n'a jamais assumé la moindre responsabilité que je sache. Fabulation, fantasme, rien de plus.

      Vous faites du noyautage médiatique, vous n'attaquez toujours que le PQ, vous faites de l'exclusion votre cheval de bataille.

      Vous n'êtes pas indépendantiste, même pas en rêve, tout comme la majorité du comité d'organisation de QS. C'est évident, arrêtez de jouer aux fous. Pas un mot en plusieurs années, c'est pas rien!

      Le plus beau dans tout ça, c'est que depuis sa fondation j'étais avec ON. C'est vous, M. Montmarquette, qui m'avez fait comprendre jusqu'à quel point QS est un instrument piloté par le PLQ. J'ai donc opté pour ce qui peut le mieux lutter contre ce piège à cons.

      Vous et personne d'autre m'avez convaincu, c'est dire.

      La socialisme d'opérette de QS ne pourra pas persuader longtemps et si vous définissez la folie, vous représentez à merveille la malhonnêteté crasse.

      Ayez l'honnêteté de vous afficher tel que vous êtes : un fédéraliste tiède doublé d'un provocateur à la petite semaine.

      Je n'ai pas l'honneur.

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 juin 2017 14 h 03

      "Le jour ou QS prendra le pouvoir, c'est donc qu'il sera parvenu à éveiller les consciences sur les immenses méfaits du libéralisme et que la position de l'électorat aura donc déjà sensiblement changée.".

      Je relis cette phrase et je re-re-tombe des nues. Quelle inepsie, quelle profonde stupidité, quelle logique prétentieuse et, je le dis avec tristesse, totalitaire dans son intention!!

      M. Montmarquette, vous êtes dangereux.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 juin 2017 15 h 28

      M. Montmarquette, que fera QS à la tête d'un gouvernement minoritaire ?

      Que fera-t-il si le projet de constitution présente des options différentes ?

      En quoi l'élection de concepteurs rend-elle la démarche plus effective qu'une conception sous l'égide de députés élus ?

      Remetttre la responsabilité de concevoir une constitution à des élus circonstanciels n'est-ce pas instituer un pouvoir au-dessus des élus ?

      N'y a-t-il pas dans ce procédé la création de délégués du peuple analogue à celle des délégués des partis qui transforme les élus en porte-paroles de cette assemblée ?

      Ne serait-il pas approprié de procéder par une convention entre des élus de l'Assemblée nationale avec mandat d'établir les principes de base d'une constitution du pays du Québec ?

      Cette suggestion n'empêche pas d'inclure tous les députés, au-delà de leurs affinités partisanes, qui acceptent de s'associer pour concevoir un cadre politique différent de celui du Canada et de faire la promotion d'un ordre politique auprès des électeurs et des électrices.

      Je pose ces questions parce qu'une assemblée constitutante, qui a mandat de définir une constitution qui revoit de fond en comble les règles actuelles et le statut politique du Québec, implique que les élus de l'Assemblée nationale lui remettent leur pouvoir.

      Dans un tel cas, ces élus, par définition, se conçoivent non représentatifs du peuple, à l'instar d'un roi ou d'une autorité supérieur, et demandent à des élus circonstanciels de définir leur pouvoir parce qu'ils refusent de le faire. Mieux vaudrait qu'ils suspendent les activités di gouvernement dès l'élection des constitutant/e/s, car ils perdent toute légitimité politique, et remettent le pouvoir entre les mians du lieutenant-gouverneur.

      Dernier point, la rédaction d'une constitution implique au préalable de connaître le statut de l'unité politique qui l'appliquera. Sera-t-il celui d'une province ? Celui d'un pays ? Celui d'une entité autre ?




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