J’apprends à me tenir debout

Je suis une animale de compagnie attachante et sensible, allergique à la chimio, comme certains colleys.
Photo: Chris CC Je suis une animale de compagnie attachante et sensible, allergique à la chimio, comme certains colleys.

Tant qu’à explorer l’approche multidisciplinaire en matière de cancer, j’ai ajouté une vétérinaire à mon équipe de thérapeutes et de médecins. Je suis une animale de compagnie attachante et j’aime me faire flatter dans le sens du poil avec de petits mots doux à l’oreille. De plus, les vétos ont appris à soigner des mammifères en observant les symptômes plutôt qu’en écoutant des mensonges pieux.

Ma vet est atypique, même dans sa profession. Cette vet-chiro « craque » des chiens et des chats, des lamas et des chèvres. Elle remet en place les morceaux du puzzle. Le seul inconvénient, c’est qu’elle ne conçoit la physiologie que sur le mode quadripède. Avec elle, on n’y coupe pas, il faut se mettre à quatre pattes. Ma vet en connaît un rayon sur le cancer. Son papa a rendu l’âme des suites du cancer du côlon, la semaine dernière, après plusieurs cycles de chimiothérapie et tout le protocole médical conventionnel.

Depuis le début de mon aventure médico-initiatique, ma vet m’a épaulée, tantôt par sa compréhension scientifique et ses explications, en épluchant pour moi des études opaques assorties de deux pages de références, tantôt en m’initiant à la mycothérapie et en me refilant des champignons reishi qu’elle a cueillis elle-même. Pusher en plus d’être drôle. La mycothérapie fait partie des traitements complémentaires utilisés en oncologie au Japon.

Lorsque j’ai abandonné la chimio préventive pour cause d’intoxication et de flirt mortifère, ma vet a décrété que j’étais un colley, comme Lassie (si vous êtes de ma génération). Cette race de chien présente parfois une mutation du gène MDR1 qui altère la barrière hématoencéphalique et occasionne des effets secondaires sévères lors de la prise de certains médicaments, dont la chimio. Eh oui, les chiens aussi reçoivent de la chimio et ont des oncologues. Le meilleur ami de l’homme n’est pas le chien, mais le cancer. Et le meilleur ami du chien aussi.

Le bataclan thérapeutique

Le fait d’aboyer semble être un atout pour prolonger mon espérance de vie, même si on me considère comme guérie. J’ai sous les yeux une étude qui date de 1979, constatant que les femmes atteintes d’un cancer du sein métastatique et affichant davantage d’hostilité envers leur médecin ont plus de chance de guérir.

En général, pour déclencher les hostilités, vous n’avez qu’à mentionner « naturopathe », « herboriste », « holistique », « homéopathe », « acupuncteur » ou « psychosomatique ». Et si vous brandissez, comme l’a fait un de mes amis atteint d’un cancer de la gorge, « iridologie » (science de l’iris) et « huile de chanvre », on vous traite… avec le mépris. Aussi bien parler de « mandalas », « médiums » et autres délires thérapeutiques dignes des charlatans qui abusent des esprits crédules et pétris d’angoisse.

Whatever gets you through the day (peu importe ce qui vous aide à traverser la journée). J’ai même rencontré un chirurgien dialogique transgénérationnel rémunéré par la RAMQ qui soigne ses patients par l’hypnothérapie. Ouep !

Dans tout ce bataclan médicospirituel, je reste fidèle à mes vieux alliés et à ce qui fonctionne pour moi. Au terme de mon abandon des drogues dures, un de mes médecins a conclu : « Le monde médical n’est pas fait pour vous… » Tout dépend de quelle médecine on parle. Je me suis donc tournée vers le monde animal, amical et végétal. Et je conserve la médecine de cheval dans mon arsenal de réserve.

Je rêve du jour où nos médecins conventionnels commandités par l’État seront entourés d’une véritable équipe multidisciplinaire, voire d’une laitière, et pourront unir leurs vues pour mieux nous soigner. Chaque cas, chaque corps est différent.

Le patient exceptionnel

Un chirurgien me mentionnait récemment que 95 % de ses patients viennent le voir pour recevoir la becquée. Autrement dit, la plupart des patients sont à la fois passifs et peu enclins à modifier quoi que ce soit dans leur mode de vie ou leur façon d’apprivoiser la maladie. Ils veulent qu’on les soigne. Basta.

Le chirurgien Bernie Siegel a écrit dans son best-seller L’amour, la médecine et les miracles qu’il y a trois types de patients : de 15 à 20 % qui désirent mourir consciemment ou non, de 60 à 70 % qui demeurent passifs, et de 15 à 20 % qui sont exceptionnels et refusent de se poser en victimes, prennent en main leur traitement et deviennent des spécialistes de leur propre cas.

Ils se battent pour conserver leur libre arbitre et leur personnalité, quelle que soit l’évolution de la maladie. « Les médecins doivent réaliser que les patients qu’ils trouvent difficiles ou peu coopératifs sont ceux qui s’en sortent généralement le mieux », écrit Siegel dans son livre.

Le patient exceptionnel suit son instinct de survie, bouffe à tous les râteliers. Et si c’est la prière, la méditation ou la rigolothérapie (comme le célèbre journaliste Norman Cousins) qui le sauve, eh bien, tant mieux pour lui. Placebo tant qu’on voudra ! Les effets secondaires font peu de dommages et la posologie est simple.

Chose certaine, les médecins errent encore à tâtons au pays du cancer et il faut opposer l’obstination d’un Claude Robinson pour les ébranler dans leurs croyances (ils en ont aussi) et les amener à admettre que tout est possible, même si ce n’est pas encore breveté par une compagnie pharmaceutique.

Apprendre à se tenir debout reste le défi d’une vie. Même couché.

La liste de frigo

Voici la liste des aliments et potions qui est affichée sur mon frigo, inspirée notamment des travaux du professeur Richard Béliveau.

Elle est valable de façon préventive comme curative. À prendre chaque jour… Ne m’écrivez pas pour les quantités, empruntez les livres de M. Béliveau ou consultez un(e) naturopathe.

1. Extrait de jus de canneberges pur bio non sucré.

2. Thé vert Sencha (3 tasses par jour).

3. Miso et/ou soja.

4. Curcuma (1 c. à thé en préventif, 2 c. à table en curatif) avec poivre noir et un peu d’huile. Je le prends avec le miso ou dans du vinaigre de cidre et du thé vert, comme un médicament.

5. Sirop de reishi et chaga maison, 25 ml par jour, avec jus d’orange.

6. Jus de persil.

7. Crucifères ou jus de céleri, carottes et kale.

8. Fruits rouges.

9. Ail, oignon, etc.

10. Probiotiques, le soir.

11. Tisane d’hibiscus (on peut en parfumer son eau).

12. Faire son possible.
Versé une larme en regardant Tenir debout chanté pour Claude Robinson au Gala des Gémeaux de dimanche dernier. Le Québec me bouleverse parfois. Merci. 

Fait du Qi Gong Yoga avec le DVD de Nicole Bordeleau tout l’été. L’énergie qui guérit m’a beaucoup aidée, et ça se fait debout. Cette routine d’une trentaine de minutes de mouvements simples est accessible à tous. Nicole Bordeleau, professeure de yoga, enseigne de façon claire et sa voix nous repose. Curieusement, plus on pratique en sa compagnie et plus on intègre le Qi Gong profondément. Sans hésitation, un must pour une méditation du corps en mouvement. 

Lu le livre de Dominique Demers, Chronique d’un cancer ordinaire (Québec Amérique), qui sortira le 1er octobre en librairie. Atteinte d’un cancer du sein en 2008, cette auteure jeunesse bien connue nous livre un récit fidèle de ce qu’on peut vivre en pareilles circonstances. Dominique Demers est clairement une patiente exceptionnelle par son attitude, sa combativité (elle joggait 3,5 kilomètres pour aller en radiothérapie chaque jour) et sa façon de défier certains médecins, y compris en refusant la chimio. Le livre ne se veut ni humoristique ni dramatique, simplement un pan de vie raconté pour mieux tourner la page, doublé de quelques réflexions sur notre système de santé.

Aimé le livre Les jus de Crudessence (Éditions de l’Homme), un recueil de recettes du restaurant crudivore. La mode du juicing et du « manger mou » nous rattrape tous un jour. Je me suis procuré un Omni Blender (cousin du Vitamix, mais la moitié du prix) dans lequel je me concocte des jus et smoothies issus de l’alimentation « vivante ». Mon plus beau gadget depuis mon vibrateur suédois ! Quant aux recettes, elles sont tout simplement sexy. On vous indique même comment faire une infusion de chaga ou reishi. Maintenant, appeler un smoothie aux pruneaux « Transit », ce n’était pas l’idée du siècle…

Noté que le mycologue Paul Dorion donnera une conférence samedi midi à l’Écosphère de Brome sur les propriétés médicinales des champignons sauvages. Il nous parlera notamment de la présence d’une substance anticancéreuse, le bêta 1-3 glucane, dans près de 700 espèces.
15 commentaires
  • Raymond Chalifoux - Abonné 19 septembre 2014 05 h 07

    Il est local, le problème!

    Sauf erreur, parmi les 10 provinces et les deux autres "territoires" que compte ce pays, il n'en reste que quatre où la naturopathie n'est pas "officiellement" reconnue; et le Québec fait partie de ce quatuor. Et à voir comment on traite ici tous les "non-médicaux" j'emploierais le mot "hystérique": Ici, c'est SALEM!

    Notre fille - résidente ontarienne - a été traitée il y a deux ans, à Ottawa, pour une jolie paire de cancers et parmi l'équipe de thérapeutes qui ont planché sur son cas pendant des mois, il y avait, eh oui, une naturopathe. Une naturopathe qui fait du "full time" au centre hospitalier! Fait que...

  • Marc Dufour - Abonné 19 septembre 2014 07 h 52

    Comment ne pas faire l'apologie du charlatanisme?

    On peut tenter de se convaincre du contraire, mais il reste que la méthode scientifique n'a rien d'une croyance et qu'elle est la meilleure option pour nous permettre de comprendre le monde. Elle n'est toutefois pas parfaite et elle manque parfois cruellement d'empathie. On ne veut pas être une statistique.

    Malheureusement, en cette ère de relativisme absolu ou l'opinion du voisin est aussi recherchée que celle du spécialiste les charlatans ont le beau jeu. Un échantillon de n=1, quoique réconfortant, n'a pas de valeur statistique. On veut tous être uniques.

    Les charlatans ont compris que le système de santé est imparfait (ils ont raison) et qu'ils peuvent apporter du soutien et du réconfort aux personnes en détresse. Cette réalisation ne permet toutefois pas de confirmer les prétentions de l'homéopathie ou du pur noisetier.

    Je vous souhaite une longue vie remplie d'amour et de vibrations suédoises.

    • Pierre Mayers - Abonné 19 septembre 2014 11 h 55

      Je sens une certaine amertume dans vos derniers mots. Nous reconnaissons tous la valeur et l'utilité de la rationnalité et de la science expérimentale. Pourquoi cependant, tel ce dieu des juifs jaloux de ses prérogatives, les scientifiques sont-ils si frileux voir, se comportent-ils comme des amants jaloux et délaissés devant les autres nombreuses voies de connaissances à la disposition de l'homme?

  • Danielle - Inscrit 19 septembre 2014 07 h 56

    Le monde animal et les animaux qui les soignent.

    Lorsque j'amène mes filles goldens chez le vet., je me dis qu'elles sont beaucoup mieux traitées que je peux l'être par mon md qui ne me regarde pas, mais qui regarde mes résultats sur son maudit ordinateur. Le vet. touche, palpe, parle à mes chéries. Mon chum et moi se disont parfois que dans une prochaine vie, mais je suis incroyante..., nous voulons être chiens dans une famille comme la nôtre. Les médecins, pour la plupart, ont perdu le contact avec leurs patients, ils ne savent plus écouter, regarder la patiente devant eux. Ils se posent en spécialiste de mon corps, méprisent le fait que je prend des hormones bio-identiques et que je consulte en médecine alternative. Et pourtant, c'est moi qui sait, qui sent, qui intuitionne. Vous avez raison Mme Blanchette, une vet. pour nous soigner.

  • Lorraine Couture - Inscrite 19 septembre 2014 08 h 06

    Résister est la clé de la guérison, la clé de tout !

    « Les médecins doivent réaliser que les patients qu’ils trouvent difficiles ou peu coopératifs sont ceux qui s’en sortent généralement le mieux », écrit Siegel dans son livre. »

    Vous me donnez le goût de relire cet ouvrage lu il y a de nombreuses années.

    Je viens de subir une opération majeure et j'ai été obligée de résister aux médecins et infirmières, de parler fort afin qu'ils me retirent le soluté de morphine. Réaction allergique qu'ils déniaient, j'étais en train d'étouffer...

    Dans le flux et le reflux de la vie quotidienne, nous créons la santé et la maladie, l’abondance et la pénurie, la joie et la peine.

    En envisageant la santé et la maladie selon les nouvelles perspectives de la psychologie moderne, nous découvrons que la maladie nous présente des occasions de renaître.

    Chaque étape de notre vie nous oblige à reconnaître un aspect de nous-mêmes, à l’accepter et à intégrer un moi nouveau, inconnu jusqu’alors.

    À travers la maladie, nous examinons notre façon de vivre sous un nouvel angle.

    Cela nous permet de capter et d’intégrer l’énergie curative de la nature, et de créer pour nous-mêmes une vie plus simple et plus conforme à notre idéal.

    Guérir implique d'abandonner de vieux rêves ensevelis, des habitudes anciennes dont nous n'avons plus besoin dans la poursuite de notre itinéraire.

    Un immense MERCI pour votre témoignage et les recettes de guérison et mes meilleurs voeux pour votre nouvelle vie !

  • Raymonde Verreault - Abonnée 19 septembre 2014 08 h 48

    Barbarie de la chimio

    N'oublions pas qu'à une certaine époque, on soignait, pour ne pas dire, on tuait, au mercure. Traitement révolu depuis longtemps. Il en sera de même pour la chimio. Excellent article!