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    Haïti: au moment de redécoller

    3 janvier 2013 17h39 |Lio Kiefer | Voyager avec Lio Kiefer
    Hugo, toujours avec le sourire
    Photo: Lio Kiefer Hugo, toujours avec le sourire
    Haïti doit composer avec les problèmes inhérents à des séismes dévastateurs et à une pauvreté endémique. Reconstruction des maisons et de la jeunesse. Un des espoirs de sortie de crise est le tourisme. Sauf si les États porteurs de tourisme s’y opposent.

    Cela vient de sortir. En même temps que Transat annonce des forfaits à Haïti au départ de Montréal et que les autorités haïtiennes en matière de tourisme posent des gestes significatifs en matière hôtelière (Port-au-Prince) et aéroportuaire (du côté de Jacmel et de Cap haïtien), les États-Unis, secondés in extremis par le Canada, demandent aux ressortissants des deux pays de ne pas aller à Haïti, pour cause de choléra localisé et de violences très délocalisées (selon les ministères d’affaires extérieures, internationales, etc.) Les mauvaises langues disent avec une certaine raison que toutes ces indications de malheur évitent de s’occuper de rapatriements au cas où... on ne ferait pas des mises en garde assassines.

    J’étais en Haïti il y a quelques mois. J’ai fait la fameuse côte des Arcadins, que vend Transat. On y trouve des hôtels de demi-luxe, des plages plutôt sympathiques, des enfants et des mamies qui essaient sans insister de vendre quelques chapeaux de paille, des ananas, des mangues et des bananes du meilleur goût. Y'a même des discos sur plage qui ne font pas dans l’escroquerie de sable.

    Je suis allé du côté de Jacmel et de l’ile aux Vaches. Là aussi, je n’ai vu que jeunesses en mal de reconnaissance. Oui, certaines anarchies de ruelles avec mobylettes pétaradantes.

    Par contre, je ne conseille pas de sortir de Port-au-Prince pour aller vers le sud sur une trentaine de kilomètres. Ce n’est pas dangereux à vivre, c’est pénible à voir. Des enfants et des mamies, les pieds dans la boue qui ruisselle des rues et des trottoirs.

    À Port-au-Prince, j’ai fait les restos branchés à Pétionville qui accueillent ONG et personnel des ambassades, les mêmes qui disent de ne pas traîner à Haïti la nuit. C’est vrai que prendre un Kodak la nuit et se faire les camps de tentes qui sont encore debout ne relève pas du meilleur accès tranquille.

    «La pauvreté, ce n’est pas simplement de la vivre, c’est aussi l’ignominie d’être vue et  banalisée par une photo ou vidéo»

    Lors de ce séjour, je me suis fait comme mission de ne rencontrer que des gens heureux.

    Et je les ai trouvés. Celles et ceux des marchés qui vendent sur les routes de campagnes des poules, de l’ail, de la salade et des fruits. Ceux qui tapent la ferraille pour des sculptures uniques.

    Dans les hauteurs de Montois, un village qui fait dans le cresson, salade qui est plus populaire que la laitue, la romaine ou autres icebergs. Un jardin d’Éden, car outre les bassins de pierre et d’eau pure que sont les cressonnières, il y a profusion de mangues, goyaves, et autres fruits tropicaux. Les chèvres aperçues seront plus tard du cabri grillé et le cochon encore silencieux ne le sera pas longtemps. Des enfants par dizaines qui ne réclament pas le dollar salvateur, des ados qui saluent le passant, des femmes qui ramassent le cresson, une école avec deux classes et deux tableaux d’ardoise, des hommes aux champs et un gros amandier… histoire de se calmer les nerfs.

    Et Hugo, un enfant parmi tant d’autres qui rie parce que c’est ce qu’il connaît de plus beau.

    Pour ce qui est de la délinquance, selon les chiffres de l’UNODC (Office des Nations unies contre la drogue et la crime), Haïti est un des pays avec le moins d’insécurité dans les Caraïbes. En tête de ce palmarès du nombre d’homicides pour 100 000 habitants, la Jamaïque, les Îles Vierges américaines, Trinidad, la Barbade, Porto Rico, Sainte Lucie et la République dominicaine. Sur un total de 21 destinations, Haïti se trouve en 17e place, juste devancée par Anguilla, la Barbade, Cuba et la Martinique.

    Je propose même aux agents d’officines de ministères de leur servir de guide, histoire de ne pas confondre les difficultés.

    Demain, extrait de l’entrevue que j’ai réalisée il y a quelque temps avec Michaëlle Jean, qui comme chacun le sait, n’est pas Suédoise.

     
     
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