Questions et humeurs autour des campings
Depuis une quinzaine, je sillonne les routes du Québec avec un véhicule récréatif. Donc, arrêts dans des campings qui arrivent à être étoilés. Les campings sont souvent des familles reconstituées qui ne choisissent ni les parents, ni les cousins, et suivent le lieu proposé comme dernier terrain pas très vague.
J’en ai fait une quinzaine… Estampillés privés, municipaux, Sepaq... J’ai retenu 15 questions et humeurs.
- Les terrains de golf ont leurs designers de terrains. Et les terrains de campings ? La plupart sont des terrains de stationnement. Pour ceux qui ont quelques arbres ou haies pour séparer les familles, les arbres sont tous alignés dans le même sens. Dans ce cas-ci, c’est comme un jeu de piste pour retrouver sa maison. Un peu d’imagination ne ferait pas de tort…
- Sur les terrains de campings, le prix du bois de chauffage varie du simple au double. Ait vu 4,50 $ le ballot et 8 $. Sur certains campings gaspésiens, on recommande de tout brûler ou de tout laisser. Il est recommandé de ne pas exporter un reste de bois d’un camping à l’autre… On exporterait des bibittes bizarres. On se doute que la Piéride du chou est très différente de Forillon à Percé. Après les douanes, les campings…
- Le prix des douches. Il y en a des gratuites… des 50 cents pour 2 minutes… 50 cents pour 5… Avec des pièces de 25 cents uniquement. Pas d’appareils changeurs et la réception fait la gueule si on en réclame trop… ou trop souvent.
- L’absence de vrais dépanneurs dans tous les terrains visités. Ce sont le plus souvent des dépôts de deux pains, un demi-sandwich, cinq tranches de bacon, une douzaine d’œufs, et du fromage orange.
- Lait, bière, jus d’orange quelquefois suspect. Charcutailles, eaux gazeuses, fruits, salades ou vins étant des inconnus, lorsqu’on en demande et qu’on observe la moue ahurie de la ou du préposé au comptoir. Doivent être macqués avec un dépanneur proche ou lointain !
- La suspicion du vol. On attache tout. De la citerne de gaz de 400 litres à la porte du VR. J'ai vu un couple à Percé qui fermait son véhicule à chaque fois qu’il le quittait pour aller à la table qui se trouvait à 15 m. Des fois qu’on leur volerait leur autoradio quand ils se goinfrent leur hamburger «charcoalé».
- Certains couples regardent trop les émissions de Ricardo ou des Touilleurs. J’ai aperçu quelques hommes, à 17h, se mettre le tablier de cuisinier devant le bedon et ouvrir le mini-barbecue avec une grande frénésie. Mon amazone me faisait remarquer qu’il manquait peut-être sur le marché un livre de recettes de camping… Pas tort, car j’ai senti toujours les mêmes odeurs.
- La bière sous toutes ses formes est la boisson no 1, suivie de près par les colas de toutes sortes, les boissons énergisantes. Quand un couple ou un groupe est au vin, c’est un événement.
- Il faudra qu’on m’explique pourquoi tous les conducteurs de VR collent leur véhicule sur les bornes d’eau et d’électricité. Ont des rallonges de 100 mètres mais n’en sortent qu’un.
- L’obsession de tous les responsables de camping. Placer les gens ensemble. Des campings à moitié vides… Et on nous colle 20 à la même place. Même les geais bleus et les mouettes n’en reviennent pas.
- Les campings qui ont vue sur mer, dans les hauteurs. T’as la vue et le vent en même temps. C’est beau, mais si tu sors, tu attrapes un rhum. Seule consolation, pas un mosquito
- La musique que tu fais jouer est quelquefois contrôlée. Sur le camping de Métis, j’écrivais en compagnie des Gymnopédies de Satie, en boucle. Un peu de Gainsbourg dans sa période bleue et Levon Minassian pour la débauche nocturne.
- Mon voisin m’a envoyé du Claudette et du Daniel Dion en haute tonalité avec Laisse moi t’aimer. J’ai du mal avec la petite sœur, mais avoir en même temps le fantôme de Mike Brant avec en vocale, le dérivé familial. Il a eu ma peau. Avec cette belle phrase… (stie de fiff) Je n’ai jamais su si c’était pour Gainsbarre, Satie ou moi…
- Au registre des TV entendues, TVA a régné pendant tout le parcours.
- Le phénomène des trois services: eau, électricité et égout. Je comprends bien les 2 premiers, mais avoir l’égout en bas de son véhicule, collé à côté de celui du voisin est une invraisemblance nasale.
- Le camping, c’est paraît-il fait pour faire simple. À voir le temps que mettent les habitants de VR à sortir barbecues, ustensiles en tous genres, gamelles d’eau pour les chiens, chaises pliantes, verres pliants, passoires pliantes, nappes pliantes, etc. et montage ou démontage d’une simple tente, ce n’est pas si simple ou rapide. D’où le succès grandissant des prêts à camper dans les parcs de la Sepaq. On arrive dans la forêt ou presque avec sa voiture et sa moto. On descend et tout est à portée de la tente, de la main, etc.
- La seule alternative à tout ce galimatias serait de faire du vrai camping sauvage. Mais les terres les plus à l’écart, les plus reculées, appartiennent à quelqu’un. Et avec le taux élevé de délation qui sévit, la police s’invite à votre table… Le sauvage, ce n’est pas le camping, c’est nous.
Comment reconnaît-on les nationalités rencontrées en vacances ?
- Québécois: Ils portent trois sweat shirts et 1 K.Way quand il fait 21 degrés, qu’il ne pleut pas, mais qu’il vente. Ils font des excursions, font du vélo, et aiment marcher. Se baignent quelquefois.
- Italiens: Ils portent deux T-shirts, quoiqu’il arrive. Font du vélo, aiment marcher (dans les sentiers fermés) et se baignent rarement. Évoquent souvent la défaite de la Squadra lors de la dernière coupe d’Europe.
- Latinos: Ils sont regroupés en cinq ou six familles. Font une bonne cuisine odorante (sardines, méchouis…) qui ne plaît pas spécialement aux autochtones. Aiment marcher, portent des anoraks de printemps, et se baignent avec leur T-shirt.
- Français: Ils portent un seul Tm-shirt, mais disent qu’ils se les gèlent et que ce n’est pas le climat de la Corse. Ont tout vu des Fous de Bassan dans un docu la semaine dernière sur M6. Mais font tout même l’excursion. Marchent, mais ne se baignent pas, mais font toutes les excursions dès l’instant que le mot baleine, dégustation ou autochtone sont prononcés.
- Américains: Ils portent une pelure de moins que les québécois, mais avec le K.Way. Font les excursions les plus rapides pour en faire un max dans une journée. Quand ils marchent, c’est du sérieux. Même combat pour le vélo… C’est la performance qui compte, le dépassement de soi…
- Allemands: Ils sont les seuls qui observent les piérides du chou
- Asiatiques: On ne sait pas de quelle Asie, mais ont rarement le sourire. Et prennent moins de photos que les occidentaux, mais semblent toujours chercher quelque chose.


