L'Indien qui ne regarde pas la mer et les fous de Bassan qui la regardent toujours
En sortant de Forillon, on a laissé passer Gaspé. On a dormi chez la tête d’Indien avant d’attaquer les fous de Bassan.
On ne s’arrête que très rarement à Saint-Georges-de-Malbaie. Le dépanneur Crevier a fermé son poste d’essence et tient 22 bouteilles de la Société des alcools. L’église est comme beaucoup d’églises, défraîchie.
Mais il y a la «tête d’Indien», une légende… Il y a très longtemps, des colonisateurs — qu’on appelle quelquefois aujourd’hui des héros ou des explorateurs — sont arrivés sur la côte gaspésienne. Ne sachant pas trop quoi faire, ils se mirent à entrer légèrement dans les terres pour se nourrir de petits fruits. L’un d’eux remarqua une jeune fille indienne qui chantait pour divertir les enfants, et le dit à ses copains. Comme ils ramassaient des fruits, ils se dirent que ramasser une jeune fille pourrait être un excellent hors-d’œuvre. Ils l’enlevèrent et la ramenèrent chez eux… (Irlande, Guernesey, Grande-Bretagne, France?) Nul ne le sut.
Par contre, la roche qui regarde les falaises à jamais est celle de son chum, qui l’attend toujours.
1) L’indien est patient…
2) Seule l’érosion aura raison de la légende.
C'est entre autres pour cette raison que nous sommes restés pour une nuit au camping Tête d’Indien qui est situé au bord de la 132. Une équipe super sympa de jeunes qui s’occupent de 43 sites en bord de mer, dans les hauteurs, sur les falaises. Beaucoup d’entre eux ont une avancée en bois avec table et foyer avec vue sur la Grande Bleue.
Une entreprise de kayak, reliée au site, Avolo, propose des sorties en mer pour observer les falaises, l’Indien et des animaux de passage comme des loups de mer, de petits cétacés et des oiseaux.
Le responsable de l’organisation, Jeffrey Samuel-Bond, est bien sûr un passionné des vagues, un guide de kayak expérimenté, mais surtout de ses racines. Je ne dévoile pas le punch… mais allez lui demander! Avolo a également un site à Percé.
Les fous de Bassan: pas fous du tout
Ce qu’on connaît surtout des fous de Bassan, c’est le roman d’Anne Hébert. N’ayant pas tripé spécialement sur une histoire un peu glauque ou étouffante et que les oiseaux nommés soient plus un décor sonore, il est toujours intéressant de suivre un roman ou un film. Nous n’irons pas au village de Griffin Creek puisqu’il est fictif. Mais à l’île Bonaventure, bunker du fou de Bassan en Gaspésie.
Mais pourquoi là? Pas seulement là. Certes, la colonie la plus importante se trouve ici, mais des cousins ont aussi pris rocher aux Îles-de-la-Madeleine, à Anticosti et à Terre-Neuve.
De Percé on prend un des bateaux qui font toutes les mêmes croisières, passant devant le Rocher et enfournant la route autour de l’île Bonaventure.
Ce qu’il lui faut, c’est un rocher, car le fou est très maladroit à terre, pour s’envoler et pour atterrir. Son truc à lui, c’est les airs. C’est pourquoi il choisit un piton rocheux perdu en mer, là où les prédateurs ne peuvent venir. Et comme ceci, il peut faire la cour à la folle de Bassan qui trouve la couveuse à son goût.
Mais il reste tout de même un prédateur qui le prend en photo: c’est l’humain. Pas pour les photos, mais pour le bordel qu’il déverse dans les mers.
Arrivés sur l’île, ce sont des chemins qui mènent à la Grande Couveuse. Le plus court fait 2,8 km. Le Fou de Bassan se mérite. Sur le chemin, j’ai dû manger une demi-livre de mûres à demi mûres.
Sur l’un des seuls plateaux de l’ile, perché au-dessus des falaises, plus de 200 000 fous de Bassan se comptent fleurette, couvent, se battent comme des loups enragés, rapportent des algues, des mousses et des herbes pour garnir le nid, donnent à bouffer aux petits, courtisent la voisine (contrairement à la légende, ils ne sont pas fidèles) et partent pêcher en piquant à 100 km\h dans l’eau, pour rapporter maquereaux et caplans.
On aura compris que c’est qui est le plus beau du fou de Bassan, c’est quand il vole. La mouette ou la frégate ont, en comparaison, l’air de vieux Tupolev.
Il faut aussi se dire que c’est comme un poulailler géant à ciel ouvert. Dépendant des vents, cela sent le poulailler… géant.
Sur place des animateurs parlent de longues minutes sur les habitudes du volatile. Des milliers de mouches qui ne piquent pas s’invitent quand même autour des tables à pique-nique.
Une visite d’une journée est nécessaire. Arriver tôt le matin à 9 h et repartir vers 16 h. Avant de repartir, ne manquez pas la mini-bouillabaisse du resto, au-dessus du quai. À boire et à manger tout ce qui vient de la mer.
Dernier détail. Celles et ceux qui veulent aller carresser le rocher Percé à marée basse, sachez que chaque année, des millions de tonnes du Rocher tombent sous l’érosion. Un petit caillou peut tuer ou rendre fou.
- Parcs provinciaux rocher Percé et Île Bonaventure
Pour le dodo, nous avons dormi au Camping de la Baie de Percé… qui est surtout pratique, car situé au centre du village de Percé. Sinon, c’est un camping. Tenu par la SÉPAQ.
On ne s’arrête que très rarement à Saint-Georges-de-Malbaie. Le dépanneur Crevier a fermé son poste d’essence et tient 22 bouteilles de la Société des alcools. L’église est comme beaucoup d’églises, défraîchie.
Mais il y a la «tête d’Indien», une légende… Il y a très longtemps, des colonisateurs — qu’on appelle quelquefois aujourd’hui des héros ou des explorateurs — sont arrivés sur la côte gaspésienne. Ne sachant pas trop quoi faire, ils se mirent à entrer légèrement dans les terres pour se nourrir de petits fruits. L’un d’eux remarqua une jeune fille indienne qui chantait pour divertir les enfants, et le dit à ses copains. Comme ils ramassaient des fruits, ils se dirent que ramasser une jeune fille pourrait être un excellent hors-d’œuvre. Ils l’enlevèrent et la ramenèrent chez eux… (Irlande, Guernesey, Grande-Bretagne, France?) Nul ne le sut.
Par contre, la roche qui regarde les falaises à jamais est celle de son chum, qui l’attend toujours.
1) L’indien est patient…
2) Seule l’érosion aura raison de la légende.
C'est entre autres pour cette raison que nous sommes restés pour une nuit au camping Tête d’Indien qui est situé au bord de la 132. Une équipe super sympa de jeunes qui s’occupent de 43 sites en bord de mer, dans les hauteurs, sur les falaises. Beaucoup d’entre eux ont une avancée en bois avec table et foyer avec vue sur la Grande Bleue.
Une entreprise de kayak, reliée au site, Avolo, propose des sorties en mer pour observer les falaises, l’Indien et des animaux de passage comme des loups de mer, de petits cétacés et des oiseaux.
Le responsable de l’organisation, Jeffrey Samuel-Bond, est bien sûr un passionné des vagues, un guide de kayak expérimenté, mais surtout de ses racines. Je ne dévoile pas le punch… mais allez lui demander! Avolo a également un site à Percé.
Les fous de Bassan: pas fous du tout
Ce qu’on connaît surtout des fous de Bassan, c’est le roman d’Anne Hébert. N’ayant pas tripé spécialement sur une histoire un peu glauque ou étouffante et que les oiseaux nommés soient plus un décor sonore, il est toujours intéressant de suivre un roman ou un film. Nous n’irons pas au village de Griffin Creek puisqu’il est fictif. Mais à l’île Bonaventure, bunker du fou de Bassan en Gaspésie.
Mais pourquoi là? Pas seulement là. Certes, la colonie la plus importante se trouve ici, mais des cousins ont aussi pris rocher aux Îles-de-la-Madeleine, à Anticosti et à Terre-Neuve.
De Percé on prend un des bateaux qui font toutes les mêmes croisières, passant devant le Rocher et enfournant la route autour de l’île Bonaventure.
Ce qu’il lui faut, c’est un rocher, car le fou est très maladroit à terre, pour s’envoler et pour atterrir. Son truc à lui, c’est les airs. C’est pourquoi il choisit un piton rocheux perdu en mer, là où les prédateurs ne peuvent venir. Et comme ceci, il peut faire la cour à la folle de Bassan qui trouve la couveuse à son goût.
Mais il reste tout de même un prédateur qui le prend en photo: c’est l’humain. Pas pour les photos, mais pour le bordel qu’il déverse dans les mers.
Arrivés sur l’île, ce sont des chemins qui mènent à la Grande Couveuse. Le plus court fait 2,8 km. Le Fou de Bassan se mérite. Sur le chemin, j’ai dû manger une demi-livre de mûres à demi mûres.
Sur l’un des seuls plateaux de l’ile, perché au-dessus des falaises, plus de 200 000 fous de Bassan se comptent fleurette, couvent, se battent comme des loups enragés, rapportent des algues, des mousses et des herbes pour garnir le nid, donnent à bouffer aux petits, courtisent la voisine (contrairement à la légende, ils ne sont pas fidèles) et partent pêcher en piquant à 100 km\h dans l’eau, pour rapporter maquereaux et caplans.
On aura compris que c’est qui est le plus beau du fou de Bassan, c’est quand il vole. La mouette ou la frégate ont, en comparaison, l’air de vieux Tupolev.
Il faut aussi se dire que c’est comme un poulailler géant à ciel ouvert. Dépendant des vents, cela sent le poulailler… géant.
Sur place des animateurs parlent de longues minutes sur les habitudes du volatile. Des milliers de mouches qui ne piquent pas s’invitent quand même autour des tables à pique-nique.
Une visite d’une journée est nécessaire. Arriver tôt le matin à 9 h et repartir vers 16 h. Avant de repartir, ne manquez pas la mini-bouillabaisse du resto, au-dessus du quai. À boire et à manger tout ce qui vient de la mer.
Dernier détail. Celles et ceux qui veulent aller carresser le rocher Percé à marée basse, sachez que chaque année, des millions de tonnes du Rocher tombent sous l’érosion. Un petit caillou peut tuer ou rendre fou.
- Parcs provinciaux rocher Percé et Île Bonaventure
Pour le dodo, nous avons dormi au Camping de la Baie de Percé… qui est surtout pratique, car situé au centre du village de Percé. Sinon, c’est un camping. Tenu par la SÉPAQ.





