Prophétie des mouffettes: sans odeurs
Le tout dernier spectacle de la Dame de Cœur est consacré à la mouffette. On sourit, on songe, on se questionne…
La campagne est belle du côté d’Upton. C’est dans ce décor enchanteur que le théâtre de la Dame de Cœur a ses quartiers depuis 35 ans.
Richard Blackburn, un des fondateurs de la Dame de Cœur, aujourd’hui directeur artistique, nous transporte dans les méandres des années 1980, là où les cheveux longs, les idées folles et l’envie de se décloisonner en région étaient de solides composantes artistiques.
Dans les premières années, le groupe «théâtrait» ce qu’il connaissait et réparait ce qu’il pouvait dans les bâtiments abandonnés et pillés d’Upton. Une sorte de squat intégré aux formes théâtrales.
Nul ne sait si c’est par une nuit de grand vent ou de petite cuite qu’on décida de quitter la mise en forme imposée par le répertoire classique pour aller vers le spectacle surdimensionné, avec force constante marionnétique, intérieure et extérieure.
Le groupe ne connaissait alors rien aux marionnettes. Il apprit sur le tas, d’idées, de chiffons, de géants. Car la particularité du théâtre de la Dame de Cœur, ce sont les marionnettes géantes, mécanismes sophistiqués et unicités décortiquées à chaque fois. Trente-cinq ans plus tard, la Dame de Cœur est une référence mondiale en la matière.
L’équipe de la Dame de Cœur est devenue consultante ici et ailleurs en matière de fabrication, d’invention et de gestions de spectacles. En Norvège, en France, à Tokyo, à New York, au Canada. Prochainement, le spectacle vedette de la troupe, Harmonie, sera à Hong Kong, traduit en cantonais.
À chaque fois que je vois un spectacle de la Dame de Cœur, j’imagine un enfant qui dit après le spectacle: «P'pa, m'man, je veux être marionnettiste», et je me rappelle cette phrase italienne: «il faut faire la différence entre Geppetto et le tireur de ficelles».
Car après chaque spectacle, les marionnettistes passent en salle pour montrer aux enfants et aux adultes bien pensants les techniques de base.
Pendant l’année scolaire, la Dame de Cœur dispense des ateliers de marionnettes dans les écoles ou reçoit des groupes scolaires à Upton. Formation et vulgarisation.
La Prophétie des Mouffettes
Ce dernier spectacle, créé pour le 35e anniversaire de la compagnie, s’est écrit sur trois ans. Trois ans de rencontres entre l’auteure des textes, Marilyn Perreault, les idéateurs, les musiciens, les faiseurs de moules, de chansons, les techniciens du multimédia.
Chaque scène, chaque plan, chaque vision du spectacle à 180 degrés sont passés au crible, au tamis du possible et quelquefois de l’impossible. Les dialogues s’enchevêtrent, les chansons passent, les émotions, les messages et les rires sont au garde à vous.
Le synopsis est lumineux
Une jeune femme de couleur, enceinte, revient dans son jardin natal, où elle a caché toute petite une cassette avec son grand-père. Comme l’enfant était caractérielle, s’inventait des histoires à faire peur, elle n’avait pas de pitou ou de minou comme amis, mais des mouffettes… noir et blanc.
Étaient aussi présents un couple de nains de jardins formés au prêt à tout dire et une petite poupée qui, dans un autre décor, m’a fait penser à une poupée vaudou.
Quand Belle revient au Jardin, celui-ci est menacé de destruction. Il y a des inspecteurs pour éliminer les nains de jardins quétaines. Et les mouffettes sont divisées. Les plus anciennes parce qu’elles mangent des vers et parlent en vers et la plus jeune ne les comprend pas et veut faire tomber ces barrières (sorte de Gabriel Nadeau-Dubois de la mouffette).
Il y a du phrasé dans la pièce, il y a d’excellents flashs et de nombreux clins d’œil. Comme des abeilles inquiètes par les stats de Greenpeace et en communication avec une apicultrice qui détermine les mises en garde (cell, entracte, etc.) au début et au milieu du spectacle.
Ce qui m’a gêné profondément, c’est la présence de deux comédiens en chair et en os. C’est à mon sens un combat inégal que subissent ces deux comédiens face aux marionnettes. Cela me rappelle les commentaires des comédiens qui font des films avec les enfants. Ce sont les enfants qui volent le spectacle. Ou cette réaction d’Yvon Deschamps qui refusait, il y a quelques années, d’être interviewé par une marionnette.
Ici, les marionnettes ont tous les droits (voix, gestes, etc). Les deux comédiens galèrent tant ils manquent de justesse.
Et aussi une morale de fin un peu à tire moi le cœur, où Fleur embarquera tous ses amis, pour les amener en Afrique, là où elle s’occupe des enfants et des personnes en difficulté.
Ma fille de 12 ans a retenu une des chansons et mon amazone adore les mouffettes.
J’aurais aimé moins de phrasé et plus d’odeurs… de mouffettes.
Par contre, j’ai bien retenu cette phrase symbolique: «les richesses de la vie sont plus près de ce qu’on croit de que ce qu’on pense».
Et j’ai eu une affectueuse pensée pour les mouffettes et les nains de jardins au Sénégal.
Pour tout savoir de ce merveilleux lieu qu’est la Dame de Cœur et de ce spectacle.
Pour se loger, nous sommes tombés pour cause de transport en VR, sur un camping à une trentaine de minutes du lieu. Le Camping de l’Île, à Roxton Falls. Accueil super sympa. Par contre, en saison estivale, si vous voulez un peu de sérénité, il faudra aller tout au bout de l’île pour échapper au mélange de VR et de tentes qui s’entrecroisent.
La campagne est belle du côté d’Upton. C’est dans ce décor enchanteur que le théâtre de la Dame de Cœur a ses quartiers depuis 35 ans.
Richard Blackburn, un des fondateurs de la Dame de Cœur, aujourd’hui directeur artistique, nous transporte dans les méandres des années 1980, là où les cheveux longs, les idées folles et l’envie de se décloisonner en région étaient de solides composantes artistiques.
Dans les premières années, le groupe «théâtrait» ce qu’il connaissait et réparait ce qu’il pouvait dans les bâtiments abandonnés et pillés d’Upton. Une sorte de squat intégré aux formes théâtrales.
Nul ne sait si c’est par une nuit de grand vent ou de petite cuite qu’on décida de quitter la mise en forme imposée par le répertoire classique pour aller vers le spectacle surdimensionné, avec force constante marionnétique, intérieure et extérieure.
Le groupe ne connaissait alors rien aux marionnettes. Il apprit sur le tas, d’idées, de chiffons, de géants. Car la particularité du théâtre de la Dame de Cœur, ce sont les marionnettes géantes, mécanismes sophistiqués et unicités décortiquées à chaque fois. Trente-cinq ans plus tard, la Dame de Cœur est une référence mondiale en la matière.
L’équipe de la Dame de Cœur est devenue consultante ici et ailleurs en matière de fabrication, d’invention et de gestions de spectacles. En Norvège, en France, à Tokyo, à New York, au Canada. Prochainement, le spectacle vedette de la troupe, Harmonie, sera à Hong Kong, traduit en cantonais.
À chaque fois que je vois un spectacle de la Dame de Cœur, j’imagine un enfant qui dit après le spectacle: «P'pa, m'man, je veux être marionnettiste», et je me rappelle cette phrase italienne: «il faut faire la différence entre Geppetto et le tireur de ficelles».
Car après chaque spectacle, les marionnettistes passent en salle pour montrer aux enfants et aux adultes bien pensants les techniques de base.
Pendant l’année scolaire, la Dame de Cœur dispense des ateliers de marionnettes dans les écoles ou reçoit des groupes scolaires à Upton. Formation et vulgarisation.
La Prophétie des Mouffettes
Ce dernier spectacle, créé pour le 35e anniversaire de la compagnie, s’est écrit sur trois ans. Trois ans de rencontres entre l’auteure des textes, Marilyn Perreault, les idéateurs, les musiciens, les faiseurs de moules, de chansons, les techniciens du multimédia.
Chaque scène, chaque plan, chaque vision du spectacle à 180 degrés sont passés au crible, au tamis du possible et quelquefois de l’impossible. Les dialogues s’enchevêtrent, les chansons passent, les émotions, les messages et les rires sont au garde à vous.
Le synopsis est lumineux
Une jeune femme de couleur, enceinte, revient dans son jardin natal, où elle a caché toute petite une cassette avec son grand-père. Comme l’enfant était caractérielle, s’inventait des histoires à faire peur, elle n’avait pas de pitou ou de minou comme amis, mais des mouffettes… noir et blanc.
Étaient aussi présents un couple de nains de jardins formés au prêt à tout dire et une petite poupée qui, dans un autre décor, m’a fait penser à une poupée vaudou.
Quand Belle revient au Jardin, celui-ci est menacé de destruction. Il y a des inspecteurs pour éliminer les nains de jardins quétaines. Et les mouffettes sont divisées. Les plus anciennes parce qu’elles mangent des vers et parlent en vers et la plus jeune ne les comprend pas et veut faire tomber ces barrières (sorte de Gabriel Nadeau-Dubois de la mouffette).
Il y a du phrasé dans la pièce, il y a d’excellents flashs et de nombreux clins d’œil. Comme des abeilles inquiètes par les stats de Greenpeace et en communication avec une apicultrice qui détermine les mises en garde (cell, entracte, etc.) au début et au milieu du spectacle.
Ce qui m’a gêné profondément, c’est la présence de deux comédiens en chair et en os. C’est à mon sens un combat inégal que subissent ces deux comédiens face aux marionnettes. Cela me rappelle les commentaires des comédiens qui font des films avec les enfants. Ce sont les enfants qui volent le spectacle. Ou cette réaction d’Yvon Deschamps qui refusait, il y a quelques années, d’être interviewé par une marionnette.
Ici, les marionnettes ont tous les droits (voix, gestes, etc). Les deux comédiens galèrent tant ils manquent de justesse.
Et aussi une morale de fin un peu à tire moi le cœur, où Fleur embarquera tous ses amis, pour les amener en Afrique, là où elle s’occupe des enfants et des personnes en difficulté.
Ma fille de 12 ans a retenu une des chansons et mon amazone adore les mouffettes.
J’aurais aimé moins de phrasé et plus d’odeurs… de mouffettes.
Par contre, j’ai bien retenu cette phrase symbolique: «les richesses de la vie sont plus près de ce qu’on croit de que ce qu’on pense».
Et j’ai eu une affectueuse pensée pour les mouffettes et les nains de jardins au Sénégal.
Pour tout savoir de ce merveilleux lieu qu’est la Dame de Cœur et de ce spectacle.
Pour se loger, nous sommes tombés pour cause de transport en VR, sur un camping à une trentaine de minutes du lieu. Le Camping de l’Île, à Roxton Falls. Accueil super sympa. Par contre, en saison estivale, si vous voulez un peu de sérénité, il faudra aller tout au bout de l’île pour échapper au mélange de VR et de tentes qui s’entrecroisent.





