Haïti: pores aux princes... (1)
Je suis arrivé à Haïti depuis deux jours. Mission première: savoir s’il existe un avenir touristique à Haïti. La mienne: savoir si le bonheur est dans les prés, dans les sables émouvants, dans les mornes ondulés, à l’abri ou à découvert. Bonheur ou bonne heure?
Le compte à rebours est commencé…
Il est 6 h du mat, place du Champ de Mars, à Port au Prince. Moi, je l’ai baptisée la Place des Grands Hommes, comme la chanson de Bruel.
On a retiré la plupart des tentes et abris à aires ouvertes qui servaient de refuges temporaires aux personnes qui n’avaient presque rien avant le séisme, il y a 2 ans. On les a relogés à flancs de collines dans des demeures de fortune. Au sens premier. Certes des demeures, mais sans fortune aucune. Quand le salaire minimum se situe à 5$ de la journée, il n’y a pas de fortune, il y a de la survivance.
Les marchands de bébelles se placent tout autour de la place. Une octogénaire bien musclée tape d’une carpette pour essuyer les pieds, un voisin qui empiète sur son territoire. Les autres marchands rient aux éclats.
Depuis mon arrivée à l’aéroport, je cherche le désarroi, mais je ne le trouve pas.
Pourtant, tout n’avait pas spécialement bien commencé. Sur le vol hebdomadaire du mercredi d’Air Transat qui relie Mtl à Port au Prince, j’avais l’impression d’être tombé sur une équipe en vol, mais en stage. Flou artistique au niveau du rangement des bagages en cabine et absences de timing au niveau du service des repas. Comme j’avais le privilège d’être en classe Club ( genre 26 places), je ne trouvais pas mon choix buccal.
Reste juste du poulet et des raviols… Mais au retour, ce sera le contraire,,, Vous serez servis… en premier !! dixit l’hôtesse qui servait en tremblant du vin rouge de seconde zone espagnol… en tremblant. Quand le pain fut servi, j’entamais un dessert qui n’en avait que le nom. Et pourtant, je riais. Une des préposées au micro annonça un film, avec en vedette Robin Williams et Johnny Depp. C’était un dessin animé de manchots royaux qui avaient les voix de… On a atterri.
En arrivant à l’aéroport de PAP, un premier privilège me sauta dessus. Privilège ou sauf conduit ? Je passais la douane à travers la filière diplomatique. Je n’ai répondu à aucune question. On prit mon passeport et on me le remit. Comme ma valise. Ma valise rouge avait le sourire, elle était devenue diplomatique, l’espace de la douane.
Pourtant, je lui parla. J’ai des contacts privilégiés avec ma valise. Elle me suit partout dans le monde. Cela affine les liens.
Je lui ait dit que nous étions ici invités par le ministère du tourisme dans son entier via le recrutement héroïque de Nancy Roc. Un nom de chanteuse ? Non, une vocaliste du Non. Je vous en parlerai plus tard.
Et j’ai commencé à rencontrer les dignitaires de la partance haïtienne. Que d’élégantes femmes aux manières très décentes. Des questions et déjà des réponses, des volontés. Comme celle de construire, d’attirer, de sublimer les envies touristiques. Mais avec modération.
La toute nouvelle ministre du tourisme, Stéphanie Balmir Villedrouin, prit quelques minutes pour faire connaissance. Elle s’apprêtait à s’envoler pour les Antilles Françaises. Pour des liens…
Il est 6 h du mat Place des Héros. Et je n’ai rencontré que des héroïnes.
Et je lis… un poème de Nadim Hyppolite William, architecte designer,
assassinée en avril 2007 à Port-au-Prince: LA VIE…
La Vie, c’est la joie et la tristesse,
La Vie, c’est le jour et la nuit,
La Vie, c’est la vie et la mort,
Il faut être conscient des deux.
La chose la plus importante à se rappeler est que
La Vie est Dialectique; elle existe à travers des dualités.
C’est un rythme entre des opposés.
L’on ne peut être heureux à jamais,
Autrement le bonheur perdrait tout sens.
L’on ne peut toujours être en harmonie,
Autrement l’on ne serait plus conscient de l’harmonie….
À celui ci, la misère devient aussi un trésor.
À celui ci, la douleur donne un aiguisement.
À celui ci, même la mort n’est pas la fin,
Mais le début de quelque chose d’inconnu.
Il était 6 h du mat… Je voyais des peaux de nègres qui me souriaient…
Sur ces peaux…. Les pores respiraient… Pores aux Princes…
Le compte à rebours est commencé…
Il est 6 h du mat, place du Champ de Mars, à Port au Prince. Moi, je l’ai baptisée la Place des Grands Hommes, comme la chanson de Bruel.
On a retiré la plupart des tentes et abris à aires ouvertes qui servaient de refuges temporaires aux personnes qui n’avaient presque rien avant le séisme, il y a 2 ans. On les a relogés à flancs de collines dans des demeures de fortune. Au sens premier. Certes des demeures, mais sans fortune aucune. Quand le salaire minimum se situe à 5$ de la journée, il n’y a pas de fortune, il y a de la survivance.
Les marchands de bébelles se placent tout autour de la place. Une octogénaire bien musclée tape d’une carpette pour essuyer les pieds, un voisin qui empiète sur son territoire. Les autres marchands rient aux éclats.
Depuis mon arrivée à l’aéroport, je cherche le désarroi, mais je ne le trouve pas.
Pourtant, tout n’avait pas spécialement bien commencé. Sur le vol hebdomadaire du mercredi d’Air Transat qui relie Mtl à Port au Prince, j’avais l’impression d’être tombé sur une équipe en vol, mais en stage. Flou artistique au niveau du rangement des bagages en cabine et absences de timing au niveau du service des repas. Comme j’avais le privilège d’être en classe Club ( genre 26 places), je ne trouvais pas mon choix buccal.
Reste juste du poulet et des raviols… Mais au retour, ce sera le contraire,,, Vous serez servis… en premier !! dixit l’hôtesse qui servait en tremblant du vin rouge de seconde zone espagnol… en tremblant. Quand le pain fut servi, j’entamais un dessert qui n’en avait que le nom. Et pourtant, je riais. Une des préposées au micro annonça un film, avec en vedette Robin Williams et Johnny Depp. C’était un dessin animé de manchots royaux qui avaient les voix de… On a atterri.
En arrivant à l’aéroport de PAP, un premier privilège me sauta dessus. Privilège ou sauf conduit ? Je passais la douane à travers la filière diplomatique. Je n’ai répondu à aucune question. On prit mon passeport et on me le remit. Comme ma valise. Ma valise rouge avait le sourire, elle était devenue diplomatique, l’espace de la douane.
Pourtant, je lui parla. J’ai des contacts privilégiés avec ma valise. Elle me suit partout dans le monde. Cela affine les liens.
Je lui ait dit que nous étions ici invités par le ministère du tourisme dans son entier via le recrutement héroïque de Nancy Roc. Un nom de chanteuse ? Non, une vocaliste du Non. Je vous en parlerai plus tard.
Et j’ai commencé à rencontrer les dignitaires de la partance haïtienne. Que d’élégantes femmes aux manières très décentes. Des questions et déjà des réponses, des volontés. Comme celle de construire, d’attirer, de sublimer les envies touristiques. Mais avec modération.
La toute nouvelle ministre du tourisme, Stéphanie Balmir Villedrouin, prit quelques minutes pour faire connaissance. Elle s’apprêtait à s’envoler pour les Antilles Françaises. Pour des liens…
Il est 6 h du mat Place des Héros. Et je n’ai rencontré que des héroïnes.
Et je lis… un poème de Nadim Hyppolite William, architecte designer,
assassinée en avril 2007 à Port-au-Prince: LA VIE…
La Vie, c’est la joie et la tristesse,
La Vie, c’est le jour et la nuit,
La Vie, c’est la vie et la mort,
Il faut être conscient des deux.
La chose la plus importante à se rappeler est que
La Vie est Dialectique; elle existe à travers des dualités.
C’est un rythme entre des opposés.
L’on ne peut être heureux à jamais,
Autrement le bonheur perdrait tout sens.
L’on ne peut toujours être en harmonie,
Autrement l’on ne serait plus conscient de l’harmonie….
À celui ci, la misère devient aussi un trésor.
À celui ci, la douleur donne un aiguisement.
À celui ci, même la mort n’est pas la fin,
Mais le début de quelque chose d’inconnu.
Il était 6 h du mat… Je voyais des peaux de nègres qui me souriaient…
Sur ces peaux…. Les pores respiraient… Pores aux Princes…






