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Voyager avec Lio Kiefer Je vous invite au voyage! N’importe quel voyage! Celui dont on rêve, celui qu’on prépare, celui auquel on n’échappe pas. Vous me posez vos questions, j’y réponds. Chaque jour, des infos de par le monde. Ce seront nos bagages.

La ruée vers l'or: télé-vénalité

11 avril 2012 14h09 | Lio Kiefer | Voyager avec Lio Kiefer
Photo : TVA
Mes deux amazones à la maison tripent comme des malades sur la télé-réalité diffusée par TVA, La ruée vers l’or. La plus mûre aurait bien voulu la vivre. La plus jeune se dit que l’aventure paraît exceptionnelle. Ouais… ouais…. Moi, je trouve cela v’limeux….

Et si on allait au Yukon et en Alaska pour suivre les traces des hommes et des femmes qui voulaient changer de vie et s’offrir un peu d’or pour remédier à l’ordinaire de l’époque, genre fin XIXème, début XXème siècle !

 Bon, on prend des habits pareils, qui collent à la peau et qui piquent un peu. Des souliers qui peuvent faire mal. On apprend à faire des sacs à dos qui ne sont pas en vente chez MEC. Et puis, on verra….

Ils sont dix qualifiés. Comme le dit TVA : «Dix aventuriers quittent leurs familles et tout confort moderne pour revivre la grande histoire de la ruée vers l'or du Klondike. De Skagway, en Alaska, à Dawson au Yukon, ils entreprennent l'aventure ultime de leur vie. Trois mois de circonstances extrêmes; 1 100 kilomètres de portage à travers les Rocheuses, 800 kilomètres sur des radeaux de fortune, 5 000 livres d'équipement et de provisions d'époque à transporter. Ils vivent dans des conditions identiques à celles de 1898. Ces prospecteurs modernes auront-ils le courage et la motivation nécessaires pour répéter le périple des 10 000 Canadiens français atteints par la fièvre de l'or du Klondike? Un exploit légendaire se réalise à nouveau.»

Bon…Ils ne partent pas à pied de Montréal pour rejoindre le nord-ouest du continent, et ils savent pertinemment qu’il n’y a pas d’or à la fin de leur voyage. Est-ce un leurre télévisuel? Peut-être un passage non obligé sur un trip personnel, une idée déjà connue ou une recherche de soi, une rédemption du méchant, une désacralisation de l’effort unilatéral, la vie entre hommes et femmes sans attouchements.

Il y a toujours un Kodak pour faire des bye bye….

Et on peut raconter sa vie quotidienne. Au moins, on nous écoute.

J’en suis au troisième épisode et je trouve cela pénible ou comique.  Cela dépend. Je ne sais pas trop encore.

«J’ai des ampoules… j’ai mal au genou… j’ai super faim… La semoule chaque matin, c’est dégueulasse… C’est super lourd… Le pire nous attend. On ne veut pas quitter …sniff !!! On ne veux pas te perdre !»

Tu dois aller à l’hosto ? Vas-y! Escortée bien sûr par les rangers de l’émission. En 1898, si tu avais mal au genou, tu te cassais chez toi ou on coupait !

En dehors du fait que toute balade dans la forêt est arrangée avec le gars ou la fille des vues, il y a un côté racoleur pour le téléspectateur pas trop téléréaliste: le commentaire songé de Georges-Hébert Germain. Phrases courtes et justes, apparaissant au bord d’une roche et promettant à la bande des dix des paysages futurs idylliques, mais qu’ils en auront plein les bras, la tête et les jambes !

Comme l’auteur, qui ne fait pas que dans le chef d’œuvre, est aussi parrain des prospecteurs, on les sent tous motivés, attentifs et presque neveux et nièces souriants. Et les téléspectateurs sans doute convaincus…

En 1898, les seuls motivateurs étaient ceux qui rackettaient les demandeurs de passage.

Et comme télé-réalité, en dehors des ampoules, des courbatures et des bobos de trajets, ont-ils de vrais problèmes ?

Quand ils vont aux toilettes, est-ce des feuilles, des journaux de l’époque, des doigts emplis de terre et d’ampoules qui font l’ouvrage ?

On est comme dans un western made in Hollywood. John Wayne ne va jamais aux chiottes…

Par contre il faut reconnaître que le défilé horaire de La ruée vers l’or est une succession réussie de jolis plans. Un peu comme Star Académie. On peut ne pas être d’accord avec le jeu, mais on doit reconnaître que ce sont les meilleures images de shows à la télé.

Mais La ruée vers l’or n’est pas une téléréalité pour intellos voyageurs… C’est une télé-vénalité de bonne qualité. Manquerait plus que les dix se la coulent douce !!!

 
 
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