Diarrhée du voyageur: sur la sellette
Photo : Le Grand Journal Mexique
Cette semaine, j'étais invité sur l’heure du midi à une présentation sur la diarrhée du voyageur, dans le très chic Hôtel Saint-Sulpice, à Montréal. Pendant ce temps, du côté d’Holguin, à Cuba, on rapatriait des voyageurs atteints de fièvres et de maux de ventre.
Cette semaine, je me sens un peu malade… Trois communiqués. Un m’indiquait de se méfier de la malaria. Un autre pour me dire que le Doc Ho pouvait m’aider en tout temps en voyage. Et le dernier comme appel final: il y a un vaccin oral pour la diarrhée du voyageur, avec effet dérivé pour le choléra.
Wooh… Faudrait pas non plus paniquer. Ce n’est pas parce que les avions de Transat ramènent sur Montréal, Toronto et Ottawa, des dizaines de touristes en provenance du Sirenis Playa Turquesa d’Holguin, avec «la courante» à répétition, qu’il faut tout blâmer sur Cuba. Oui, cet hôtel a été contaminé. Mais en République dominicaine, au Mexique et dans d'autres destinations du Sud, il y a des Italiens bavards, des Allemands besogneux du houblon, des Canadiens ou des Américains tout sourire et des Russes forts sur le «na zdarovia» à répétition, qui sont aussi les victimes potentielles de la diarrhée du voyageur. Les Croisières ou Disney, même combat. Le groupe y fait pour beaucoup.
Mais à mon avis, la diarrhée du voyageur est surtout une maladie des fréquentations des tout inclus. Un peu par contamination mano a mano et bucco a bucco, mais surtout par la condition même de l’esprit qui y règne.
On arrive le vendredi dans la nuit, le samedi en plein midi ou le dimanche avant la messe. Les buffets sont dressés, les chambres quelquefois pas prêtes. Un tour vers le bar, et les cocktails commencent à chavirer. Une petite faim? Deux tomates, un bout de concombre, deux bouts de salade, un petit spaghetti à la viande, ou non… on va essayer le mérou!
Encore un creux. On revient au bar. Quelques jeux alcoolisés dans la piscine pour connaître à qui on aura à faire dans la semaine.. Et hop, cascade bronzette, pour pas plus de trois heures, histoire de se faire un petit bronzage de fond (avec de la 15).
Depuis l’arrivée, les glaçons dans l’alcool, la tomate et le concombre lavés à l’eau du coin, la viande pas si cuite ou le mérou mangeur de poissons mangeurs de coraux, et des heures de soleil font leur besogne intestinale.
Je dis surtout les tout inclus, car la pratique est de se croire là-bas un peu chez soi.
Dans une petite auberge du Guatemala, dans les hauteurs centrales dominicaines, dans l’État de Chihuaha ou dans les déliés de Pinard del Rio, on est loin de l’habitude alimentaire des contrebas de Ste-Pie. On fait attention, surtout les premiers jours. On prend 30 minutes de soleil par jour et on relit tout Spinoza ou Neruda en deux semaines. La turista est plutôt rare... peut–être celle du cervelet.
Lors de cette présentation sur la diarrhée donnée par la très honorable Docteure Tessier, j’ai appris que sur une période de stage de deux semaines dans le sud, un Canadien sur deux pouvait l’attraper, ou avait des malaises étant reliés à la diarrhée du voyageur.
Et un autre sondage non connu disait qu’un Canadien sur trois l’avait déjà eu ou connaissait quelqu’un qui l’avait attrapée. Et d’autres chiffres comptabilisés par le sondage «État des vacances: points de vue des Canadiens sur la diarrhée du voyageur» mené par Léger Marketing révèle également que de ne pas pouvoir profiter de leurs vacances avec leurs amis et parents (35 %) et gaspiller l’argent des vacances (24 %) représentent les principales craintes formulées par les répondants concernant la diarrhée du voyageur.
Waouh! Quelle nouvelle! Je tombais presque en bas de ma chaise.
Et l’estocade arriva.
Malgré ces inquiétudes, seulement un Canadien sur cinq est au courant qu’il existe un vaccin préventif contre la diarrhée du voyageur, et ce, même si plus des trois quarts d’entre eux indiquent qu’ils se feraient vacciner pour prévenir cette affection.
Et ce vaccin préventif unique, c’est Dukoral.
Il est administré par voie orale sous forme liquide en deux doses, la première devant être prise au moins deux semaines avant le départ; il assure alors une protection trois mois durant (45 $ la dose). Et pour le même prix, le choléra peut se tenir tranquille.
En plus clair, Dukoral est utilisé pour prévenir la diarrhée du voyageur et le choléra chez les adultes et les enfants de deux ans et plus qui visiteront des régions présentant un risque de contracter la diarrhée du voyageur causée par la bactérie ECET ou le choléra causé par la bactérie Vibrio cholerae. Quand on sait que les bactéries trouvent un tas de protections pour résister aux vaccins, faut faire vite!
Mais si vous bouffez des tomates non pelées, de l’eau du robinet, des glaçons dans le Margarita, vous pouvez attraper tout de même la fameuse diarrhée du voyageur.
Quand j'ai su que l’enquête avait été financée par Crucell Vaccines N.V., fabricant du Dukoral, je fus rassuré. Et j'ai dit au revoir madame la docteure Tessier, en me disant qu’en faisant très attention et en ne jouant pas les matadors à la sortie du concours de wet t-shirt, on pouvait être tranquille.
Dans l’après-midi on m’envoyait une trousse du Docteur Ho qui me garantissait dans une petite mallette un kit avec électrodes qui me rendrait ma vie plus facile en voyage (199 $). Nerfs, muscles, de la tête au pied, disait Monsieur Ho. Je l’ai essayé sur une de nos chattes… Elle n’est pas encore rentrée!
Et enfin, coup de grâce de fin de journée, la malaria frappait à la porte de l’ordi. Puisque je prévois partir en famille cet été en Afrique du Sud, on m’a retrouvé dans une filière pour me proposer une demi-douzaine de vaccins contre la malaria et la fièvre jaune.
• Pour la fièvre jaune, Lanaudière n’est pas encore une région frappée par la fièvre jaune.
• Je connais un peu le pays pour ne pas nous plonger dans la recherche de moustiques porteurs. Il y a d’ailleurs un site pour les éviter.
• Pour le reste du monde avec cartes.
• Pour la petite histoire, je conseillais une amie il y a quelques mois pour son premier voyage en Afrique du Sud. Congrès Pub et safaris. Et je lui ai dit: fais attention tout de même aux moustiques! Elle m’a écrit récemment: «Désolée, mais je n’ai vu dans mon séjour que 3 moustiques». Et je me suis dit que la malaria c’est comme les Trois mousquetaires. Athos, Aramis et Porthos sont corrects… Mais c’est d’Artagnan qui est porteur de la maladie.
Avant de partir, vous pouvez consulter Santé Canada pour les voyageurs, mais vous aurez peur de dépasser Ste-Pie.
Sinon, consultez une des cliniques santé Voyages au Québec. Elles sont presque toutes privées. Donc pas d’attente et souvent sans rendez-vous dans les mois creux… mais payantes.
Une dernière pour la route: je m’étonnais à un copain médecin sans frontières qui vient de se terminer une plate-forme en Afrique, à savoir pourquoi on disait beaucoup plus maintenant diarrhée du voyageur que turista. Réponse du doc: turista? Ça ne fait pas sérieux. Diarrhée du voyageur, ça fait peur!
Je prédis, sans grand mérite, dans le cours des obsessions qui nous transpercent, que dans 20 ans, on prendra l’avion masqués, que les mouettes et les pigeons seront constipés scientifiquement et que les buffets des tout inclus seront lyophilisés.
Si je vous dis qu’on vit une époque formidable!
Cette semaine, je me sens un peu malade… Trois communiqués. Un m’indiquait de se méfier de la malaria. Un autre pour me dire que le Doc Ho pouvait m’aider en tout temps en voyage. Et le dernier comme appel final: il y a un vaccin oral pour la diarrhée du voyageur, avec effet dérivé pour le choléra.
Wooh… Faudrait pas non plus paniquer. Ce n’est pas parce que les avions de Transat ramènent sur Montréal, Toronto et Ottawa, des dizaines de touristes en provenance du Sirenis Playa Turquesa d’Holguin, avec «la courante» à répétition, qu’il faut tout blâmer sur Cuba. Oui, cet hôtel a été contaminé. Mais en République dominicaine, au Mexique et dans d'autres destinations du Sud, il y a des Italiens bavards, des Allemands besogneux du houblon, des Canadiens ou des Américains tout sourire et des Russes forts sur le «na zdarovia» à répétition, qui sont aussi les victimes potentielles de la diarrhée du voyageur. Les Croisières ou Disney, même combat. Le groupe y fait pour beaucoup.
Mais à mon avis, la diarrhée du voyageur est surtout une maladie des fréquentations des tout inclus. Un peu par contamination mano a mano et bucco a bucco, mais surtout par la condition même de l’esprit qui y règne.
On arrive le vendredi dans la nuit, le samedi en plein midi ou le dimanche avant la messe. Les buffets sont dressés, les chambres quelquefois pas prêtes. Un tour vers le bar, et les cocktails commencent à chavirer. Une petite faim? Deux tomates, un bout de concombre, deux bouts de salade, un petit spaghetti à la viande, ou non… on va essayer le mérou!
Encore un creux. On revient au bar. Quelques jeux alcoolisés dans la piscine pour connaître à qui on aura à faire dans la semaine.. Et hop, cascade bronzette, pour pas plus de trois heures, histoire de se faire un petit bronzage de fond (avec de la 15).
Depuis l’arrivée, les glaçons dans l’alcool, la tomate et le concombre lavés à l’eau du coin, la viande pas si cuite ou le mérou mangeur de poissons mangeurs de coraux, et des heures de soleil font leur besogne intestinale.
Je dis surtout les tout inclus, car la pratique est de se croire là-bas un peu chez soi.
Dans une petite auberge du Guatemala, dans les hauteurs centrales dominicaines, dans l’État de Chihuaha ou dans les déliés de Pinard del Rio, on est loin de l’habitude alimentaire des contrebas de Ste-Pie. On fait attention, surtout les premiers jours. On prend 30 minutes de soleil par jour et on relit tout Spinoza ou Neruda en deux semaines. La turista est plutôt rare... peut–être celle du cervelet.
Lors de cette présentation sur la diarrhée donnée par la très honorable Docteure Tessier, j’ai appris que sur une période de stage de deux semaines dans le sud, un Canadien sur deux pouvait l’attraper, ou avait des malaises étant reliés à la diarrhée du voyageur.
Et un autre sondage non connu disait qu’un Canadien sur trois l’avait déjà eu ou connaissait quelqu’un qui l’avait attrapée. Et d’autres chiffres comptabilisés par le sondage «État des vacances: points de vue des Canadiens sur la diarrhée du voyageur» mené par Léger Marketing révèle également que de ne pas pouvoir profiter de leurs vacances avec leurs amis et parents (35 %) et gaspiller l’argent des vacances (24 %) représentent les principales craintes formulées par les répondants concernant la diarrhée du voyageur.
Waouh! Quelle nouvelle! Je tombais presque en bas de ma chaise.
Et l’estocade arriva.
Malgré ces inquiétudes, seulement un Canadien sur cinq est au courant qu’il existe un vaccin préventif contre la diarrhée du voyageur, et ce, même si plus des trois quarts d’entre eux indiquent qu’ils se feraient vacciner pour prévenir cette affection.
Et ce vaccin préventif unique, c’est Dukoral.
Il est administré par voie orale sous forme liquide en deux doses, la première devant être prise au moins deux semaines avant le départ; il assure alors une protection trois mois durant (45 $ la dose). Et pour le même prix, le choléra peut se tenir tranquille.
En plus clair, Dukoral est utilisé pour prévenir la diarrhée du voyageur et le choléra chez les adultes et les enfants de deux ans et plus qui visiteront des régions présentant un risque de contracter la diarrhée du voyageur causée par la bactérie ECET ou le choléra causé par la bactérie Vibrio cholerae. Quand on sait que les bactéries trouvent un tas de protections pour résister aux vaccins, faut faire vite!
Mais si vous bouffez des tomates non pelées, de l’eau du robinet, des glaçons dans le Margarita, vous pouvez attraper tout de même la fameuse diarrhée du voyageur.
Quand j'ai su que l’enquête avait été financée par Crucell Vaccines N.V., fabricant du Dukoral, je fus rassuré. Et j'ai dit au revoir madame la docteure Tessier, en me disant qu’en faisant très attention et en ne jouant pas les matadors à la sortie du concours de wet t-shirt, on pouvait être tranquille.
Dans l’après-midi on m’envoyait une trousse du Docteur Ho qui me garantissait dans une petite mallette un kit avec électrodes qui me rendrait ma vie plus facile en voyage (199 $). Nerfs, muscles, de la tête au pied, disait Monsieur Ho. Je l’ai essayé sur une de nos chattes… Elle n’est pas encore rentrée!
Et enfin, coup de grâce de fin de journée, la malaria frappait à la porte de l’ordi. Puisque je prévois partir en famille cet été en Afrique du Sud, on m’a retrouvé dans une filière pour me proposer une demi-douzaine de vaccins contre la malaria et la fièvre jaune.
• Pour la fièvre jaune, Lanaudière n’est pas encore une région frappée par la fièvre jaune.
• Je connais un peu le pays pour ne pas nous plonger dans la recherche de moustiques porteurs. Il y a d’ailleurs un site pour les éviter.
• Pour le reste du monde avec cartes.
• Pour la petite histoire, je conseillais une amie il y a quelques mois pour son premier voyage en Afrique du Sud. Congrès Pub et safaris. Et je lui ai dit: fais attention tout de même aux moustiques! Elle m’a écrit récemment: «Désolée, mais je n’ai vu dans mon séjour que 3 moustiques». Et je me suis dit que la malaria c’est comme les Trois mousquetaires. Athos, Aramis et Porthos sont corrects… Mais c’est d’Artagnan qui est porteur de la maladie.
Avant de partir, vous pouvez consulter Santé Canada pour les voyageurs, mais vous aurez peur de dépasser Ste-Pie.
Sinon, consultez une des cliniques santé Voyages au Québec. Elles sont presque toutes privées. Donc pas d’attente et souvent sans rendez-vous dans les mois creux… mais payantes.
Une dernière pour la route: je m’étonnais à un copain médecin sans frontières qui vient de se terminer une plate-forme en Afrique, à savoir pourquoi on disait beaucoup plus maintenant diarrhée du voyageur que turista. Réponse du doc: turista? Ça ne fait pas sérieux. Diarrhée du voyageur, ça fait peur!
Je prédis, sans grand mérite, dans le cours des obsessions qui nous transpercent, que dans 20 ans, on prendra l’avion masqués, que les mouettes et les pigeons seront constipés scientifiquement et que les buffets des tout inclus seront lyophilisés.
Si je vous dis qu’on vit une époque formidable!
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