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Voyager avec Lio Kiefer Je vous invite au voyage! N’importe quel voyage! Celui dont on rêve, celui qu’on prépare, celui auquel on n’échappe pas. Vous me posez vos questions, j’y réponds. Chaque jour, des infos de par le monde. Ce seront nos bagages.

Diarrhée du voyageur: sur la sellette

Lio Kiefer   27 janvier 2012 16h16  Voyager avec Lio Kiefer
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Photo : Le Grand Journal Mexique

Cette semaine, j'étais invité sur l’heure du midi à une présentation sur la diarrhée du voyageur, dans le très chic Hôtel Saint-Sulpice, à Montréal. Pendant ce temps, du côté d’Holguin, à Cuba, on rapatriait des voyageurs atteints de fièvres et de maux de ventre.

Cette semaine, je me sens un peu malade… Trois communiqués. Un m’indiquait de se méfier de la malaria. Un autre pour me dire que le Doc Ho pouvait m’aider en tout temps en voyage. Et le dernier comme appel final: il y a un vaccin oral pour la diarrhée du voyageur, avec effet dérivé pour le choléra.

Wooh… Faudrait pas non plus paniquer. Ce n’est pas parce que les avions de Transat ramènent sur Montréal, Toronto et Ottawa, des dizaines de touristes en provenance du Sirenis Playa Turquesa d’Holguin, avec «la courante» à répétition, qu’il faut tout blâmer sur Cuba. Oui, cet hôtel a été contaminé. Mais en République dominicaine, au Mexique et dans d'autres destinations du Sud, il y a des Italiens bavards, des Allemands besogneux du houblon, des Canadiens ou des Américains tout sourire et des Russes forts sur le «na zdarovia» à répétition, qui sont aussi les victimes potentielles de la diarrhée du voyageur. Les Croisières ou Disney, même combat. Le groupe y fait pour beaucoup.

Mais à mon avis, la diarrhée du voyageur est surtout une maladie des fréquentations des tout inclus. Un peu par contamination mano a mano et bucco a bucco, mais surtout par la condition même de l’esprit qui y règne. 

On arrive le vendredi dans la nuit, le samedi en plein midi ou le dimanche avant la messe. Les buffets sont dressés, les chambres quelquefois pas prêtes. Un tour vers le bar, et les cocktails commencent à chavirer. Une petite faim? Deux tomates, un bout de concombre, deux bouts de salade, un petit spaghetti à la viande, ou non… on va essayer le mérou!

Encore un creux. On revient au bar. Quelques jeux alcoolisés dans la piscine pour connaître à qui on aura à faire dans la semaine.. Et hop, cascade bronzette, pour pas plus de trois heures, histoire de se faire un petit bronzage de fond (avec de la 15).

Depuis l’arrivée, les glaçons dans l’alcool, la tomate et le concombre lavés à l’eau du coin, la viande pas si cuite ou le mérou mangeur de poissons mangeurs de coraux, et des heures de soleil font leur besogne intestinale.

Je dis surtout les tout inclus, car la pratique est de se croire là-bas un peu chez soi.

Dans une petite auberge du Guatemala, dans les hauteurs centrales dominicaines, dans l’État de Chihuaha ou dans les déliés de Pinard del Rio, on est loin de l’habitude alimentaire des contrebas de Ste-Pie. On fait attention, surtout les premiers jours. On prend 30 minutes de soleil par jour et on relit tout Spinoza ou Neruda en deux semaines. La turista est plutôt rare... peut–être celle du cervelet.

Lors de cette présentation sur la diarrhée donnée par la très honorable Docteure Tessier, j’ai appris que sur une période de stage de deux semaines dans le sud, un Canadien sur deux pouvait l’attraper, ou avait des malaises étant reliés à la diarrhée du voyageur.

Et un autre sondage non connu disait qu’un Canadien sur trois l’avait déjà eu ou connaissait quelqu’un qui l’avait attrapée. Et d’autres chiffres comptabilisés par le sondage «État des vacances: points de vue des Canadiens sur la diarrhée du voyageur» mené par Léger Marketing révèle également que de ne pas pouvoir profiter de leurs vacances avec leurs amis et parents (35 %) et gaspiller l’argent des vacances (24 %) représentent les principales craintes formulées par les répondants concernant la diarrhée du voyageur.

Waouh! Quelle nouvelle! Je tombais presque en bas de ma chaise.

Et l’estocade arriva.

Malgré ces inquiétudes, seulement un Canadien sur cinq est au courant qu’il existe un vaccin préventif contre la diarrhée du voyageur, et ce, même si plus des trois quarts d’entre eux indiquent qu’ils se feraient vacciner pour prévenir cette affection.

Et ce vaccin préventif unique, c’est Dukoral.

Il est administré par voie orale sous forme liquide en deux doses, la première devant être prise au moins deux semaines avant le départ; il assure alors une protection trois mois durant (45 $ la dose). Et pour le même prix, le choléra peut se tenir tranquille.

En plus clair, Dukoral est utilisé pour prévenir la diarrhée du voyageur et le choléra chez les adultes et les enfants de deux ans et plus qui visiteront des régions présentant un risque de contracter la diarrhée du voyageur causée par la bactérie ECET ou le choléra causé par la bactérie Vibrio cholerae. Quand on sait que les bactéries trouvent un tas de protections pour résister aux vaccins, faut faire vite!

Mais si vous bouffez des tomates non pelées, de l’eau du robinet, des glaçons dans le Margarita, vous pouvez attraper tout de même la fameuse diarrhée du voyageur.

Quand j'ai su que l’enquête avait été financée par Crucell Vaccines N.V., fabricant du Dukoral, je fus rassuré. Et j'ai dit au revoir madame la docteure Tessier, en me disant qu’en faisant très attention et en ne jouant pas les matadors à la sortie du concours de wet t-shirt, on pouvait être tranquille.

Dans l’après-midi on m’envoyait une trousse du Docteur Ho qui me garantissait dans une petite mallette un kit avec électrodes qui me rendrait ma vie plus facile en voyage (199 $). Nerfs, muscles, de la tête au pied, disait Monsieur Ho. Je l’ai essayé sur une de nos chattes… Elle n’est pas encore rentrée!

Et enfin, coup de grâce de fin de journée, la malaria frappait à la porte de l’ordi. Puisque je prévois partir en famille cet été en Afrique du Sud, on m’a retrouvé dans une filière pour me proposer une demi-douzaine de vaccins contre la malaria et la fièvre jaune.

• Pour la fièvre jaune, Lanaudière n’est pas encore une région frappée par la fièvre jaune.
• Je connais un peu le pays pour ne pas nous plonger dans la recherche de moustiques porteurs. Il y a d’ailleurs un site pour les éviter.
• Pour le reste du monde avec cartes.
• Pour la petite histoire, je conseillais une amie il y a quelques mois pour son premier voyage en Afrique du Sud. Congrès Pub et safaris. Et je lui ai dit: fais attention tout de même aux moustiques! Elle m’a écrit récemment: «Désolée, mais je n’ai vu dans mon séjour que 3 moustiques». Et je me suis dit que la malaria c’est comme les Trois mousquetaires. Athos, Aramis et Porthos sont corrects… Mais c’est d’Artagnan qui est porteur de la maladie.

Avant de partir, vous pouvez consulter Santé Canada pour les voyageurs, mais vous aurez peur de dépasser Ste-Pie.

Sinon, consultez une des cliniques santé Voyages au Québec. Elles sont presque toutes privées. Donc pas d’attente et souvent sans rendez-vous dans les mois creux… mais payantes.

Une dernière pour la route: je m’étonnais à un copain médecin sans frontières qui vient de se terminer une plate-forme en Afrique, à savoir pourquoi on disait beaucoup plus maintenant diarrhée du voyageur que turista. Réponse du doc: turista? Ça ne fait pas sérieux. Diarrhée du voyageur, ça fait peur!

Je prédis, sans grand mérite, dans le cours des obsessions qui nous transpercent, que dans 20 ans, on prendra l’avion masqués, que les mouettes et les pigeons seront constipés scientifiquement et que les buffets des tout inclus seront lyophilisés.

Si je vous dis qu’on vit une époque formidable!
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La diarrh&eacute;e du voyageur est surtout une maladie des fr&eacute;quentations des tout inclus. Un peu par contamination <em>mano a mano</em> et <em>bucco a bucco</em>, mais surtout par la condition m&ecirc;me de l&rsquo;esprit qui y r&egrave;gne.&nbsp;
 
 
 
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  • Christian PHILIPPE
    Inscrit
    samedi 28 janvier 2012 15h58
    Indisposition gastrique fait encore plus sérieux!
    Merci, toujours agréable de vous lire.
    Diarrhée du voyageur, turista, chiasse ou indisposition gastrique , un vocabulaire selon la classe dans laquelle on voyage. Désolé, il n'y a pas que l'alimentaire, il vous manque le plus pernicieux déclencheur car on s'en apperçoit pas!
    Les imperceptibles courants d'air sur le ventre quand on dort la nuit fenêtre ouverte ou pire l'air con.
    Dormir nu ok mais toujours s'envelopper largement le ventre d'une étoffe légère( large paréo de soie parfait) ou du drap.
    Dans la brousse, en plus, joignez bien les bords des moustiquaires tout autour du lit, elles cassent les courants d'air.
    Pour soigner avec les moyens du bord:
    - diète avec riz blanc tiède bouilli nature ou ajouter poudre de caroube si vous en avez sous la main.
    - siroter lentement de l'anis pur, (alcoolisé pas de problème type Ricard, Pastis etc..) avec le moins d'eau possible
    - du Coca Cola marche aussi mais enlever le gaz au max
    Pour moi le mental aussi mais sur les autres je ne sais pas:
    - dormir allonger sur le ventre, se relaxer ou dormir
    - se masser soi-même l'abdomen pour décrisper toute la tuyauterie
    Ainsi Nord Sud Est Ouest je suis passé partout mais évidemment une hygiène de vie saine avant et aucun excès en tout genres pendant.
    Bon voyage

  • Leonard Martineau
    Inscrit
    samedi 4 février 2012 07h59
    Risques et périls
    Bonjour
    Nous revenons à l'instant du Karnataka, un état situé dans le centre sud de l'Inde. Lors de notre séjour, j’y ai connu une légère indisposition stomacale; repos et jeûne partiel pour deux jours. Facile, ça m’est venu naturellement; fatigué et sans appétit. Ça m’a permis de faire un examen de conscience. J’ai revisité mon passé récent. Était-ce le repas partagé de la main droite-que-veux-tu, avec ces chaleureux ancêtres, dans un village près de Badami, ou ce tchai pris sur le quai d’une gare où ne se trouvait aucun autre Peau-rose à la ronde? De ma retraite, j’imaginais le processus de préparation de toutes ces bontés. Une analyse microbienne du robinet de la théière aurait-elle répondu à mes ballonnements ?

    La malaria… Avec les années, nous avons fini par trouver un peu exagéré de gober des pilules, plutôt que d’appliquer du chasse moustique et porter des vêtements longs, lors de la pénombre de fin de journée ? À chacun d’estimer son niveau d’exposition, selon les conditions du lieu où il se trouve.
    Namaste !

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