Voyage au pays des géants
On voyage par les lectures, les films, les rêves, nous-mêmes. Hier soir, c'était tout cela en même temps. Destination: Upton, Théâtre de la Dame de Coeur. Avec cette phrase du poète en tête: «le voyage est un rêve qu'on promène».
Depuis 34 ans, le Théâtre de la Dame de Coeur distille des spectacles où le rêve transgresse la réalité. Sous la houlette de Richard Blackburn, sorte de Gepeto et de Pinocchio de la Dame de coeur. Tantôt marionnette ou tireur de ficelles. Quand il est marionnette, il théâtrise, écrit, imagine, soudoie. Quant il est tireur de ficelles, il est gestionnaire, directeur, preneur de commandes.
Quand on arrive sur les lieux, quelques kilomètres après Saint-Hyacinthe, on quitte la Montérégie pour pénétrer dans les Cantons. Plus vraiment agricole, pas encore jardins anglais.
Le site de la Dame de Coeur se situe au bord d'une retenue d'eau. On y trouve un resto, Le Vieux Moulin, et un musée école, le CIMBAD (Centre d'interprétation des marionnettes baroques Desjardins), qui prépare le visiteur avant le spectacle (interaction avec les enfants, apprentissage et découverte des marionnettes géantes). Et la salle de spectacle, ouverte, mais couverte.
Jusqu'au 27 août, on donne les dernières représentations de la production La Montagne qui marche... ou comment faire connaissance avec une mine d'or, des mineurs, deux enfants et une tortue. Un des enfants est le fils d'une femme qui travaille à la mine. Max voit un jour une tortue magnifique sortie de nulle part venir boucher l'entrée minière, bloquant ainsi la sortie des mineurs qui étouffent. La Tortue y vient pondre ses oeufs avant de mourir. De sa tête sort une petite fille qui raconte la vie. Pour sauver sa mère minière, l'enfant devra découvrir les secrets de la Terre. Il y a les Mineurs et les Majeurs (les boss). Des phrases simples et punchées. Je l'ai comparé aux dessins animés de notre temps qui distillent des histoires d'enfants avec des discours adultes... à moins que cela ne soit le contraire.
On pourrait presque le titrer comme un spectacle militant. Étonnant également quand on sait que l'écriture de La Montagne s'est faite quelques années avant les affres des mines au Québec ou du récent téléroman en sous-sol chilien.
À la fin du spectacle, les comédiens marionnettistes viennent en bas de la scène expliquer comment fonctionnent les marionnettes. Un backstage très apprécié des adultes comme des enfants.
Si vous avez des enfants qui sont en âge de rêver debout et si vous êtes un peu poète assis, précipitez vous.
Comme le Quebecus humanus est frileux de nature, on lui passe des couvertures. À l'entracte, j'eus l'impression d'avoir autour de moi un camp de réfugiés bosniaques, le sourire en plus. Paysage renforcé par des boyaux d'arrosage à chaque siège pivotant, qu'on se met autour du cou et dans lesquels coule de l'eau presque chaude.
Pour les places à prendre, les places à l'orchestre ne sont pas les meilleures, car le spectacle se joue sur trois côtés avec des écrans. Les meilleures oscillent de J à l'arrière. Être au fond est d'ailleurs peut-être l'emplacement royal.
Il n'est pas nécessaire de manger au Vieux Moulin. Apporter son pique-nique est beaucoup plus agréable.
Un petit détail qui m'a dérangé: la permission donnée aux spectateurs d'acheter pop-corn et boissons... À ma gauche trônait un amoureux de la bière avec éructions incontrôlées accompagné d'une rutilante poupoune gagnée depuis longtemps au croquage de maïs soufflé sur un partiel décadent.
Derrière, une famille entière de pop-corn (6) commentait les apparitions et disparitions diverses sur scène.
C'est comme cela qu'on gagne la place royale... au fond.
Pour un voyage vraiment réussi:
Depuis 34 ans, le Théâtre de la Dame de Coeur distille des spectacles où le rêve transgresse la réalité. Sous la houlette de Richard Blackburn, sorte de Gepeto et de Pinocchio de la Dame de coeur. Tantôt marionnette ou tireur de ficelles. Quand il est marionnette, il théâtrise, écrit, imagine, soudoie. Quant il est tireur de ficelles, il est gestionnaire, directeur, preneur de commandes.
Quand on arrive sur les lieux, quelques kilomètres après Saint-Hyacinthe, on quitte la Montérégie pour pénétrer dans les Cantons. Plus vraiment agricole, pas encore jardins anglais.
Le site de la Dame de Coeur se situe au bord d'une retenue d'eau. On y trouve un resto, Le Vieux Moulin, et un musée école, le CIMBAD (Centre d'interprétation des marionnettes baroques Desjardins), qui prépare le visiteur avant le spectacle (interaction avec les enfants, apprentissage et découverte des marionnettes géantes). Et la salle de spectacle, ouverte, mais couverte.
Jusqu'au 27 août, on donne les dernières représentations de la production La Montagne qui marche... ou comment faire connaissance avec une mine d'or, des mineurs, deux enfants et une tortue. Un des enfants est le fils d'une femme qui travaille à la mine. Max voit un jour une tortue magnifique sortie de nulle part venir boucher l'entrée minière, bloquant ainsi la sortie des mineurs qui étouffent. La Tortue y vient pondre ses oeufs avant de mourir. De sa tête sort une petite fille qui raconte la vie. Pour sauver sa mère minière, l'enfant devra découvrir les secrets de la Terre. Il y a les Mineurs et les Majeurs (les boss). Des phrases simples et punchées. Je l'ai comparé aux dessins animés de notre temps qui distillent des histoires d'enfants avec des discours adultes... à moins que cela ne soit le contraire.
On pourrait presque le titrer comme un spectacle militant. Étonnant également quand on sait que l'écriture de La Montagne s'est faite quelques années avant les affres des mines au Québec ou du récent téléroman en sous-sol chilien.
À la fin du spectacle, les comédiens marionnettistes viennent en bas de la scène expliquer comment fonctionnent les marionnettes. Un backstage très apprécié des adultes comme des enfants.
Si vous avez des enfants qui sont en âge de rêver debout et si vous êtes un peu poète assis, précipitez vous.
Comme le Quebecus humanus est frileux de nature, on lui passe des couvertures. À l'entracte, j'eus l'impression d'avoir autour de moi un camp de réfugiés bosniaques, le sourire en plus. Paysage renforcé par des boyaux d'arrosage à chaque siège pivotant, qu'on se met autour du cou et dans lesquels coule de l'eau presque chaude.
Pour les places à prendre, les places à l'orchestre ne sont pas les meilleures, car le spectacle se joue sur trois côtés avec des écrans. Les meilleures oscillent de J à l'arrière. Être au fond est d'ailleurs peut-être l'emplacement royal.
Il n'est pas nécessaire de manger au Vieux Moulin. Apporter son pique-nique est beaucoup plus agréable.
Un petit détail qui m'a dérangé: la permission donnée aux spectateurs d'acheter pop-corn et boissons... À ma gauche trônait un amoureux de la bière avec éructions incontrôlées accompagné d'une rutilante poupoune gagnée depuis longtemps au croquage de maïs soufflé sur un partiel décadent.
Derrière, une famille entière de pop-corn (6) commentait les apparitions et disparitions diverses sur scène.
C'est comme cela qu'on gagne la place royale... au fond.
Pour un voyage vraiment réussi:





