Bijoux de familles... non connues
C'était hier et j'étais en train d'essayer de trouver une paire de boucles d'oreilles pour mon ingénue de 10 ans. Dans la boutique entra un quidam à l'allure Gros-Jean par-devant, avec à la main des bijoux dorés, achetés au Mexique... «Me suis-je fait fourrer?» apostropha-t-il la proprio, Candice....
«Combien avez-vous payé pour tout cela?» répliqua la blonde proprio, qui avait autour du cou une breloque que j'avais cru voir à Hong-Kong... ou peut-être Macau... La bijouterie Quatre Saisons n'attendait que lui...
Gros-Jean par-devant baissa le ton: «Le bracelet, 800 $. Ce collier, 500 $, cet autre 400 $, et cette broche 900 $... Une affaire, j'vous dis... c'est le triple au Québec. J'ai avec moi les papiers certifiés des carats et du poids pour chaque bijou. Y a même ma bague en argent... ça c'est pesant... J'ai des douleurs à la main depuis que la porte...»
J'ai eu envie de lui dire que sa bague devait contenir plus de plomb que d'argent et qu'il y avait un truc pour s'en apercevoir très vite... Mais il n'avait pas à subir en plus l'humiliation...
Et Gros-Jean par-devant attendait avant tout la réponse de la proprio de la boutique Quatre Saisons, qui détenait l'appareil de détection à la main.
Ce qui l'avait venir ici, c'est qu'un Mexicain rencontré dans le tout-inclus où il était très saoûl chaque soir lui a affirmé que sa gourmette et le collier de sa blonde, c'était du plaqué... tout au mieux. Comme c'était le dernier soir, et qu'il en était à son dixième mojito, Gros-Jean par-devant resta au bar à disserter sur le sujet, avec des Américains qui en avaient acheté également à la même boutique.
La machine se mit en marche. De l'or à l'argent en passant par le diamant solitaire ou le rubis en goguette, les faux n'ont qu'à se tenir tranquilles.
El le verdict tomba: tout était faux... en fait, tout était plaqué.
«Mais il y a des poinçons partout! Regarde!» dit-il en me tendant sa gourmette que même Elvis Gratton n'aurait pas osé porter...
«Tout le monde peut faire des poinçons, lui dis-je, même sur du plaqué, de 12 ou du 18 carats, Mais c'est tellement léger et jaune oranger, qu'on sait à l'oeil et au poids que ce n'est pas de l'or massif.»
«Tu veux dire que j'me suis fait fourrer, que je suis un tata?»
Gros-Jean par-devant me tendit alors sa bague, dernier rempart de sa meurtrissure mexicaine. «Et ça, alors? me lança t-il, un sanglot dans la voix.
«Ça, c'est surtout du plomb... C'est trop lourd.»
Si vous voulez faire paniquer un vendeur de bijoux, partout dans le monde, la première arme est un briquet avec petit chalumeau. L'or et l'argent massif ne bougent pas sous l'intensité de la chaleur. Quand on allume un briquet en direction du bijou, le vendeur sûr de son or ne bronchera pas... Si c'est du plaqué, il commencera à crier au voleur!
Autre moyen plus sophistiqué, avoir avec soi une pierre de touche et des mini-flacons d'acide de touche. Le principe est simple: on frotte le métal sur une pierre de touche afin de laisser une trace. Ensuite, on applique l'acide du titrage supposé. Pour l'or, on a quatre acides de titrage: le 9 carats, le 14 carats, le 18 carats, le 24 carats. Selon la réaction de la trace, on peut être amené à répéter l'opération. Par exemple, l'or 14 carats va rougir et s'atténuer sous l'acide 18 carats. En appliquant l'acide 14 carats, si la trace ne bouge pas, il s'agit bien d'or 14 carats. En ce qui concerne le plaqué or, la trace laissée sur la pierre de touche disparaîtra tout de suite. Cependant, l'or plaqué à très fortes couches peut induire en erreur, c'est pourquoi une plus longue trace sur la pierre du bijou sera faite afin d'user complètement la couche de plaqué.
Au fur et à mesure que je lui racontais tout cela, je vis de la haine dans ses yeux et un peu de mollesse dans ses jambes. Elles n'étaient plus écartées comme au début, mais entrelacées et le genou flexible.
Gros-Jean par-devant devenant Petit-Jean par-derrière. C'est vrai que sur les 3000 $ dépensés, il aurait du verser un maximum de 100$.
C'était peut-être ça, sa haine....
«Combien avez-vous payé pour tout cela?» répliqua la blonde proprio, qui avait autour du cou une breloque que j'avais cru voir à Hong-Kong... ou peut-être Macau... La bijouterie Quatre Saisons n'attendait que lui...
Gros-Jean par-devant baissa le ton: «Le bracelet, 800 $. Ce collier, 500 $, cet autre 400 $, et cette broche 900 $... Une affaire, j'vous dis... c'est le triple au Québec. J'ai avec moi les papiers certifiés des carats et du poids pour chaque bijou. Y a même ma bague en argent... ça c'est pesant... J'ai des douleurs à la main depuis que la porte...»
J'ai eu envie de lui dire que sa bague devait contenir plus de plomb que d'argent et qu'il y avait un truc pour s'en apercevoir très vite... Mais il n'avait pas à subir en plus l'humiliation...
Et Gros-Jean par-devant attendait avant tout la réponse de la proprio de la boutique Quatre Saisons, qui détenait l'appareil de détection à la main.
Ce qui l'avait venir ici, c'est qu'un Mexicain rencontré dans le tout-inclus où il était très saoûl chaque soir lui a affirmé que sa gourmette et le collier de sa blonde, c'était du plaqué... tout au mieux. Comme c'était le dernier soir, et qu'il en était à son dixième mojito, Gros-Jean par-devant resta au bar à disserter sur le sujet, avec des Américains qui en avaient acheté également à la même boutique.
La machine se mit en marche. De l'or à l'argent en passant par le diamant solitaire ou le rubis en goguette, les faux n'ont qu'à se tenir tranquilles.
El le verdict tomba: tout était faux... en fait, tout était plaqué.
«Mais il y a des poinçons partout! Regarde!» dit-il en me tendant sa gourmette que même Elvis Gratton n'aurait pas osé porter...
«Tout le monde peut faire des poinçons, lui dis-je, même sur du plaqué, de 12 ou du 18 carats, Mais c'est tellement léger et jaune oranger, qu'on sait à l'oeil et au poids que ce n'est pas de l'or massif.»
«Tu veux dire que j'me suis fait fourrer, que je suis un tata?»
Gros-Jean par-devant me tendit alors sa bague, dernier rempart de sa meurtrissure mexicaine. «Et ça, alors? me lança t-il, un sanglot dans la voix.
«Ça, c'est surtout du plomb... C'est trop lourd.»
Si vous voulez faire paniquer un vendeur de bijoux, partout dans le monde, la première arme est un briquet avec petit chalumeau. L'or et l'argent massif ne bougent pas sous l'intensité de la chaleur. Quand on allume un briquet en direction du bijou, le vendeur sûr de son or ne bronchera pas... Si c'est du plaqué, il commencera à crier au voleur!
Autre moyen plus sophistiqué, avoir avec soi une pierre de touche et des mini-flacons d'acide de touche. Le principe est simple: on frotte le métal sur une pierre de touche afin de laisser une trace. Ensuite, on applique l'acide du titrage supposé. Pour l'or, on a quatre acides de titrage: le 9 carats, le 14 carats, le 18 carats, le 24 carats. Selon la réaction de la trace, on peut être amené à répéter l'opération. Par exemple, l'or 14 carats va rougir et s'atténuer sous l'acide 18 carats. En appliquant l'acide 14 carats, si la trace ne bouge pas, il s'agit bien d'or 14 carats. En ce qui concerne le plaqué or, la trace laissée sur la pierre de touche disparaîtra tout de suite. Cependant, l'or plaqué à très fortes couches peut induire en erreur, c'est pourquoi une plus longue trace sur la pierre du bijou sera faite afin d'user complètement la couche de plaqué.
Au fur et à mesure que je lui racontais tout cela, je vis de la haine dans ses yeux et un peu de mollesse dans ses jambes. Elles n'étaient plus écartées comme au début, mais entrelacées et le genou flexible.
Gros-Jean par-devant devenant Petit-Jean par-derrière. C'est vrai que sur les 3000 $ dépensés, il aurait du verser un maximum de 100$.
C'était peut-être ça, sa haine....





