Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité
Voyager avec Lio Kiefer Je vous invite au voyage! N’importe quel voyage! Celui dont on rêve, celui qu’on prépare, celui auquel on n’échappe pas. Vous me posez vos questions, j’y réponds. Chaque jour, des infos de par le monde. Ce seront nos bagages.

Heureusement... le Festival celtique

14 septembre 2010 01h06 | Lio Kiefer | Voyager avec Lio Kiefer
imageDépart de Montréal, 13h... Le train prend son élan. Dans quelques heures: le Festival de musique celtique de Québec ouvrira ses harpes.
Heureusement... pour des milliers de personnes!



Un train nommé sourire
Quand, de Montréal , ou de ses alentours, on se rend à Québec, on a plusieurs possibilités.
La voiture, certes, mais il faut alors se farcir plus ou moins 3 heures de route sur la 40 ou la 20, qui sont aux excitations autoroutières ce que les Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle sont aux excès de vitesse.

imageEn plus de la monotonie, on doit se farcir les quelques policiers qui se cachent si mal dans les talus, le fusil Canon à la main, espérant toujours harponner un ou une évervé(e) dans la voie de gauche. On dirait des enfants qui jouent à la cachette, ou au gendarme sans voleur, ou à Miami Vice... mais avec le vice.
Je me suis d'ailleurs toujours demandé ce que disaient ces hommes et femmes le matin, à leur moitié et à leurs enfants, en partant au radar...

-«Bye Mamour! Je crois aujourd'hui qu'on va avoir une belle journée!
— Pourquoi Mamour?
— Parce que je les entends rouler vite au loin ce matin, Mamour.
— J'ai toujours aimé tes oreilles, Mamour!
— Eh! Ppaaaa!
— Papa doit y aller. Hey! J'allais oublier mon...
— Ppaaaa, crois-tu que tu vas battre ton record de 93 ticketttes dans la journée?
— Aujourd'hui Junior, j'pense que c'est possible. On verra ça à soir!»


Il y a aussi la moto, mais on doit lever la main à chaque fois qu'on croise un deux-roues casqué tel une réplique de la Wermacht (c'est-à-dire fréquemment), avec comme tout sourire, le rictus des map faces durcies par le vent.

Le vélo également... C'est plus long. Et en hiver...
La marche à pied reste une voie à suivre, mais il faut s'y prendre une semaine à l'avance. Les marches de dernière minute sont déconseillées.
Ou les navettes fluviales, mais cela n'est pas du plus reposant et il n'y en a plus cette année.

Reste l'avion (plus d'1 heure avant le départ et 1 heure après l'arrivée, juste pour remplir des aéropoints ou autres bonis affligeants) et l'autobus. Cette dernière formule peut s'avérer sympa. Mais il fait compter quelquefois sur un chauffeur antipathique, un voisin malade sans Gravol ou une dérive sans prévenir d'un chauffard éthylique qui a choisi l'autobus comme témoin.

imageAlors pour toutes ces raisons et d'autres qui m'échappent, le train est la meilleure solution pour ce genre de parcours. De centre-ville à centre-ville. On peut se lever sans excès, acheter ou vendre, manger, boire, s'aimer ou se séparer. Lire à ce propos Dico amoureux des trains

Et puis, j'ai la subjectivité des peuples qui sont nés avec le train, au quotidien.
Je me rappelle les départs en vacances en Espagne au départ de la gare d'Austerlitz qui sentait les fumées et les humidités confondues. Ça puait, mais j'aimais ça. On était assis dans des compartiments à couchettes, là où mon épuisette à papillons finissait pour de bon le chapeau rabougri d'une ancienne...
Les voyages en Iran ou en Tchéchénie, l'Orient Express, une Micheline égarée dans le Vaucluse, l'arrivée ferroviaire à Venise, un flirt intense mais sans suite sur les rails bulgares et un éleveur de serins chanteurs en Ligurie qui connaissait tout des millets et alpistes boostés comme produits dopants.

Il est 12h35 à Montréal. On a des billets Via Rail en affaires. On a encore 25 minutes. Cela veut dire que tu vas au salon Panorama, que tu dis ton code de résa et que tu bois des jus, du chocolat et du café. Que tu ramasses le plus de quotidiens dans les deux langues que tu peux. On t'appelle à la dernière minute pour l'embarquement dans la voiture de tête... Tout le monde sortira à Québec en premier. Yéééh!
Pourtant, côté statistiques mondiales, cette voiture est celle des grands brûlés en cas de face à face, de tunnels mal protégés ou d'oubli ponctuel de passage à niveau...

C'est hilarant en affaires cet après-midi chez Via Rail.
D'une part, c'est plein, et c'est une course individuelle pour la sortie de l'ordi portable. En quelques secondes, les écrans sont allumés et les téléphones également. Mon voisin de gauche engueule des sbires incapables de comprendre le lobbying des crevettes dans la restauration. Ceux à ma droite revendiquent le dépassement alcoolique en toutes saisons et la tenue d'un référendum pour l'indépendance de la Gaspésie.

On s'est arrêté 2 minutes à Drummondville. Rien n'est parfait.

Devant, une jeune femme est armée d'un iPad dans la main droite, donc elle est gauchère. Et sur les plis de ses hanches, court une minijupe excessive. Elle fait d'une seule traite les 70 pas qui la séparent de son QG aux toilettes, tout en revendiquant au téléphone ses chaussures en soldes chez Ogilvy. Puis viennent la distribution de Krispy Kernels et de boissons en tous genres. Quant on travaille à deux, avec les mini-tablettes, un verre de vin et un sachet de KK, on est à l'étroit. Je semble m'amuser avec Krispy Kernels, mais chaque sachet contient 34 simili-croustilles sans sucre, sans sel, mais avec du goût.

Une voisine de devant au décolleté protocolaire engueule l'ordi... (dans un langage mi-anglais, mi-italien). Son voisin de droite semble posséder tous les rudiments du téléphone intelligent. On se met soudain à regretter le temps du téléphone imbécile, niais, analphabète comme ses pieds...

imageEt les plats arrivent.. J'ai pris de la sole farcie d’une mousse aux pétoncles et au crabe servie avec riz style paella et mini mini mini asperges.
Délicioso! Mes deux amazones ont testé des raviolis au fromage et aux épinards nappés de sauce Alfredo et garnis de champignons sautés. Elle s'en sont léchées les babines avec excès.
Elles ont également percé le phénomène mousse aux bleuets et à l'érable. Jus, alcools et vins à volonté.
Il y avait aussi du filet de porc qui a réussi à méduser pour quelques minutes d'engloutissement mon voisin chasseur de sbires...

Il était 15h15. Toutes les 30 secondes, la trompe de la locomotive se met en branle. Et si la locomotive aussi buvait?

Au service, Estelle, timide mais savante en ce qui concerne la québécitude de bon aloi. Nadia, elle, a la rigueur des femmes d'expérience qui ont la connaissance du plateau de service et de tout ce qui se dit autour. Quant à Herrnann et Luc, je ne sais pas vraiment ce qu'ils font... probablement des chefs (la démarche, le cou et le verbe).
Arrivée à Québec à 16h15

J'ai trouvé une faille chez Via Rail. Celle de ne pas offrir de bouchons pour les oreilles pour le parcours. Entre le tchou-tchou, les cellulaires, les ordis, et l'humour par téléphone intelligent, la Boules Quies serait gagnante...

Pour le retour le dimanche, on était en éco... Beaucoup moins de monde. WiFi également disponible. Vente de sandwichs sans génie et de boissons (vaut mieux alors apporter sa propre bouffe). Les toilettes ne sont pas plus petites et les sièges sont presque similaires, peut être moins inclinables. Même vision des paysages qui défilent.
De Montréal à Québec, 1 trajet: à partir de 44 $. En classe affaires: à partir de 79$ (35$ de différence pour les salons Panorama, les journaux, les boissons à volonté hors et dans le train, les repas...)
VIA RAIL

LE FESTIVAL CELTIQUE, HEUREUSEMENT
Quant on sort de la gare, on pense que la ville est assiégée... Quelques taxis seulement... Des rixes verbales entres chauffeurs et possibles passagers. Des klaxons par milliers au lointain et des embouteillages en façade. On apprend vite que Québec intra muros est condamnée temporairement, en voiture, pour une raison cyclopédique; la tenue du Pro Tour de Québec, là où le belge Kevin Seeldraeyers a fini dernier avec un chrono de 4h 47m et 46s.

Alors on a entrepris l'escalade de la citadelle à pied. Mais même en sandales, on a été bloqué dans la Côte de la Cannoterie. Heureusement, c'était le dernier tour... On a attendu une quinzaine de minutes et les derniers coureurs sont passés avec voitures, vélos sur le toit et policiers à moto. Une sorte de son et lumière en plein jour à la gloire de la pédale. (9000 personnes sur le trajet)

On doit se rendre au Château Laurier. On mettra environ 40 minutes pour atteindre nos nuités.
Au Château (que cela soit au niveau de l'hôtellerie au Québec-Frontenac, Montebello-Laurier et au niveau de certains vins en France, les châteaux n'ont jamais existé ou n'en sont pas), il y avait une formation de l'Académie Jean Coutu, là où 220 pharmaciens ouvraient leurs oreilles sur les nouveautés médicamenteuses.

imageTous les hôtels de ces catégories se ressemblent... On a toujours l' impression de connaître la chambre, d'y avoir déjà dormi. Donc, confortable, propre, bureau de travail, sans génie.
Seule note amusante, les bars à vins disposés au 3e et 7e étages. Un peu comme des grands juke-box avec une dizaines de vins de plusieurs couleurs disponibles au verre. Ça fonctionne avec une carte magnétique qu'on remplit de dollars à la réception.
Une déception: le petit-déjeuner dans l'hôtel est l'œuvre de St-Hubert, sous forme de buffet, de 7 à 11h les fins de semaines.
À 7h et à 10 h, on remplit les auges à plein de fromages, viennoiseries, saucisses, bacon, yogourt, etc. En dehors, surtout à 9h-9h30 (pour les 2 jours), il y a des absences ou des portions manquantes.
Mais le personnel est plutôt sympa et la piscine d'eau salée et le sauna également.Château Laurier

En se dirigeant vers le Festival celtique , nous avons pu percevoir 5 sujets de conversations:
1) les facéties du maire Labeaume pour celles et ceux qui lisent Le Soleil et le Journal de Québec,
2) les funérailles nationales de Claude Béchard (1800 personnes),
3) les funérailles de Roland Arpin (320 personnes),
4) la première journée du Festival western de Saint-Tite (7200 personnes),
5) la présentation du jeu Spider-Man sur la façade du building de Beenox (8000 personnes)

imageEt nous sommes arrivés au Centre Morrin, centre névralgique des activités du Festival.
Un lieu bien intéressant, qui fut jadis une prison (on visitera bientôt les geôles du sous-sol). Et, c'est la Literary and Historical Society of Québec qui fut la première société savante au Canada, fondée en 1824, qui gère le Centre. Le Centre Morrin offre au public tout le long de l'année une grande variété d'activités: services de bibliothèque (un lieu pour rêver), visites guidées, conférences sur l'histoire et la littérature (2000 personnes en 2009), groupes de discussions, ateliers d'écriture, cours de poésie, salles à louer pour séminaires, mariages, conférences de presse. Un lieu destiné à la culture des anglophones à Québec, mais ouvert à toutes les langues. Sous l'impulsion du directeur multi-idées Simon Jacobs.

L'avenir réserve au Centre de très beaux jours pour mieux se faire connaître.

5 ANS DÉJÀ...

Il y a 5 ans, le Festival commençait sous la direction du Centre. Mais avec les années, le Festival a grossit et les bénévoles ont bénévolé à outrance. C'est ainsi qu'une association distincte fut créée Festival celtique de Québec. Cette année, on a confié les rênes de l'événement (qui passe de 2 à 8 jours et de 1 à 9 lieux) à Patrick Bourassa, qui dans la vraie vie est gestionnaire de ressources chez Bell. Il s'était impliqué dans les années précédentes dans le festival en ce qui concerne l'organisation et la dégustation de whisky issu du club dont il est le co-fondateur. Québec Whisky

imageEt on a surfé sur toutes les activités présentées en extérieurs comme la parade et les combats de Irish sticks. Cours de bâton irlandais à Québec

À l'extérieur, on trouve des décolletés surprenants

Ainsi que des démonstrations de Cornemuse, de tissage et de tir au canonpar le 78 th Fraser Highlanders Pipe Band. Avec la cornemuse en forme de cellulaire.

Des crêpes, du whisky et quelques artisans font partie du décor extérieur. À ce dernier chapitre, on peut regretter l'absence de stands dits celtiques. Un seul baignait dans la celtitude avec des CD, des bouquins et quelques items à tendance écossaise, irlandaise ou bretonne. Les stylos en bois tourné à Montréal, les savons au lait de chèvre et les bijoux faits à la main n'ont rien de très celtique.

Par contre, une séance de cerceaux improvisée avec les enfants a été un véritable succès. De mémoire, j'ai déjà vu des spectacles en Écosse de musique traditionnelle avec des cerceaux autour de corps des deux sexes.

imageÀ l'intérieur, des ateliers d'écriture et d'enluminure celte calligraphie celte, de tartans écossais Monique Ovington et de musique celtique. instruments anciens

Côté danse, des ateliers de danse bretonne avec un spectacle festif Fest Noz à la clé, sous la supervision d'un Breton de Concarneau, mais installé depuis des lunes au Québec, Loïc Le Sellin. Passion marine

Cette soirée Fest Noz avaient comme âme musicales le groupe Int E Ya et le duo de chanteuses celtiques Claire Bouché et Éva Guillorel.
Int E Ya, c’est la rencontre de quatre musiciens élevés à la musique bretonne depuis leur plus tendre enfance, et qui insufflent à cette tradition vivante et dansante des accents québécois, irlandais et manouche.

Toutes deux issues du milieu de la chanson traditionnel Bretonne, Claire et Éva voguent sur les chants et complaintes venus de Bretagne et de Serbie. (source Facebook)

image Et des danses irlandaises par le Violon Vert École de danse celtique et par les Tourbillons de Beauport. École de danse celtique et de gigue irlandaise

Aussi, des moments intéressants comme les familles souches du Québec ou sur le Mémorial des Irlandais de Grosse-Ile.

Ça continue tout le restant de la semaine avec des activités seulement en fin de soirée PROGRAMMATION DU FESTIVAL CELTIQUE DE QUEBEC


Vendredi prochain pour la finale: Les Chants de la Celtitude, à 20h au Palais Montcalm, avec Meav accompagnée par le Choeur Les Rhapsodes.


Samedi, il y avait, à 18h, déjà plus de 7000 personnes qui avaient passé le portillon du festival, soit plus que l'année dernière pendant toute sa durée. Objectif: 10 000...





 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer