Irlande: Cork

Cork: attraper l'éloquence
Juste avant d'arriver à Cork, on passe par Blarney, là où un château semble vieux. Tout en haut de la tour, il y a une pierre, qu'il faut embrasser — à pleine bouche, du bout des lèvres ou seulement d'un rictus érosif. Blarney et la pierre magique.
Pourquoi? Pour attraper l'éloquence stor (ma chère, en irlandais)
C'est un des pièges à touristes les plus articulés du pays.
Tout cela part d'une légende qui veut qu'un roi du nom de Mac Carthy, un peu maladroit du verbe, avait reçu comme cadeau de guerre, après avoir occis des centaines de passants, une énorme pierre... en pierre. Comme un bonheur n'arrive jamais seul, une sorcière-féeClíodhna sympa qui passait dans le coin jeta un sort à cette pierre pour l'éternité (une redevance royale, car elle fut sauvée jadis par un monarque inconnu). Celui ou celle qui embrassera la pierre aura gagné le don de l'éloquence avec tout de même un produit dérivé, celui de chanter la pomme comme Mario Pelchat, c'est-à-dire sans grande inspiration. On ne sait pas quel champignon avait pris Mac Carthy quand il la fit hisser en haut du donjon, mais on dit qu'il est devenu éloquent en gagnant un procès difficile et en s'appropriant dans l'excès tous les callipyges des donzelles du royaume.
Aujourd'hui, il en coûte 15 euros pour visiter le château en ruine avec pierre d'éloquence, les jardins, un château meublé et une pierre d'une autre sorcière sympa avec escaliers... Qu'il faut monter à l'envers... tout en faisant un vœu. Et il se réalisera. Si vous êtes filou, vous embrassez la pierre et vous faites le vœu qu'on vous rembourse l'entrée et la photo (10 euros) au moment du baiser.
Sherlock Holmes a été sur le cas d'une enquête radiophonique intitulée The Adventure of the Blarney Stone, le 18 mars 1946... Il trouva que la personne qui était tombée du haut de son baiser n'était pas morte par accident, mais par meurtre. On avait grisé de force le baiseur juste auparavant.
Quant à moi, j'y ai emmené ma famille. Ma fille a embrassé la pierre, tout en se désinfectant les lèvres juste après. Elle parle comme avant, peut-être un plus lentement. J'ai pensé alors que le p.-d.g. de Blarney était un Leprechaun, petit elfe irlandais sorti des bois, à la recherche d'or. Un musée à Dublin vient d'ouvrir en son honneur. Musée du petit elfe vert

En ce qui a trait à Cork, ce n'est pas une ville qu'on visite pour ses musées, ses monuments. C'est avant tout un port et une cité rebelle. Un circuit amusant (sur les traces du Titanic, puisque Cork est le dernier port connu du navire avant sa rencontre glacée Sur le straces du Titanic à Cork
On visite Cork pour son ambiance (ville universitaire, un peu intello et très musicale) et pour ses magasins qui sont moins chers qu'à Dublin. Patrick Street, Patrick Bridge, Paul Street (quartier français), St. Anne Church (pour l'horloge) et l'English Market (pour ses stands maraîchers avec le resto en surplomb. University College (vieille entité locale) et Plazza Gallagher sont des possibilités piétonnes.
On peut également assister à la convention maintenant annuelle des roux. Red Head Convention
On y pratique l'élégance et l'humour.

En observant une pub de l'Irlande du Nord, on arrive facilement à croire que la déchristianisation du pays va bon train.

On est resté au Silver Springs Moran Hôtel. (Petits-déjeuners copieux, chambres sans génie, piscine à 3 minutes. Légèrement décentré, accueil chaleureux pour un hôtel du genre prout STOR! et tarifs plutôt chers.)
Hotel Moran
Pour d'autres hôtels et infos sur Cork office tourisme de Cork
Notes en passant: les deux spécialités de Cork sont les tripes et la drisheen (saucisse de sang).
Comme je me déplace en voiture, le litre d'ordinaire sans plomb est minimum 1289 euro = 1.74 $.
Une autre spécialité: la clay pipe (pipe de craie). Ça donne cela.

Il y a une murale à Cork qui vaut le déplacement. Elle est l'oeuvre du peintre Anthony Ruby. C'est dans la Motion Lane, une ruelle près du English Market.

Et une plaque qui veut dire.....
Enfin, Cork est tellement rebelle et nationaliste que même les feuilles de certaines plantes se prennent pour des trèfles



