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    Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
    Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

    Néologismes barrettiens

    Vous avez déjà remarqué que souvent, le chien et son maître ont beaucoup en commun, voire se ressemblent. Or, je remarque que souvent, lorsque quelqu’un invente un nouveau mot, un néologisme, on observe un phénomène similaire : le « néologiseur » (si vous nous permettez) ressemble étrangement à son invention.

    Le ministre de la Santé Gaétan Barrette, en chambre, le 12 avril : « Est-ce que la CAQ, qui, tonitruamment, n’arrête pas de dire qu’il faut faire le ménage, et le Parti québécois, qui, lui, nous propose l’indépendance et sans conséquence, […] Est-ce que vous pouvez, ici, les trois oppositions, nous expliquer le chemin à prendre pour en arriver à faire ces investissements ? »

    « Tonitruamment » étant absent du dictionnaire, allons voir la définition du mot « tonitruant » : « Qui retentit comme le tonnerre. Qui occasionne un bruit énorme. » (Trésor de la langue française informatisé) C’est « tonitruamment » que le ministre Gaétan Barrette mène ses réformes du système de Santé et, plus généralement, fait de la politique, non ?

    Manifestement, le ministre est dans un état de créativité exacerbée, car il a pondu un autre néologisme barrettien cette semaine. « Est-ce que les médecins seraient justifiés d’avoir plus ?, j’ai été très clair et je vais l’être en Chambre aujourd’hui, et le mot que j’ai utilisé était le suivant : Il faudrait qu’on me fasse une démonstration einsteinienne pour justifier qu’il y ait plus que ce qu’il y a sur la table. Alors, je n’ai pas ouvert la porte à quoi que ce soit autrement que d’avoir un Einstein en face de moi qui me fasse une démonstration qu’il y aurait plus. Il me semble que ça, ça ressemble plus à une porte fermée qu’une porte ouverte. »

    Or comme négociateur des médecins spécialistes, il y a quelques années, M. Barrette réussit à convaincre le gouvernement d’augmenter fortement la rémunération des médecins. Il avait sans doute fait à l’époque une démonstration qu’il qualifierait d' einsteinienne. En somme, le ministre se trouve bien brillant. Et aime bien à l’occasion tirer la langue.

     












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