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    Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
    Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

    ​Adresse solennelle à Lucie Charlebois

    La ministre Lucie Charlebois
    Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La ministre Lucie Charlebois
    On le sait, Lucie Charlebois, la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, manque d’adresse avec la langue française. Car elle répète une formule extrêmement contagieuse (sorte d’Ebola linguistique), autrefois courante dans la bouche de son ministre en titre, Gaétan Barrette : « adresser une problématique ».

    L’expression fautive semble avoir colonisé son cerveau. Dans un point de presse, mardi, elle n’a cessé de cracher le microbe :

    « J’adresse la problématique ici du Centre jeunesse Laval puisque c’est celle-ci qui est relatée souvent par les médias. »

    « De plus, mes collègues et moi […] vont adresser les problématiques de prévention, d’accompagnement des victimes, de leurs familles. […] On va travailler à faire en sorte que nous adressions la problématique de façon plus globale. »

    « Bien, premièrement, ce n’est pas un rapport, c’est un état de fait des consultations […] On n’adressait pas la problématique des jeunes fugueuses. »

    « Dans le plan d’intervention global, on va adresser pas juste la problématique des jeunes filles en centre jeunesse, là, on va adresser la problématique des jeunes filles et des jeunes garçons […]. On va adresser ça aussi dans les milieux familiaux. »

    « Alors, moi, là, je veux juste vous dire que ce qu’on adresse aujourd’hui, c’est les jeunes filles. »

    Permettez maintenant, cher lecteur, que je m’adresse à Mme Charlebois :

    On n’en peut plus. Et on vous en implore : arrêtez d'adresser ainsi n’importe quoi n’importe comment. Comme ministre, vous devez donner l’exemple, promouvoir les « saines habitudes linguistiques » !

    Lisez, s’il vous plaît, l’article de la Banque de dépannage linguistique sur « adresser ».

    « En français, […] On dit par exemple adresser une lettre, adresser des critiques, adresser des compliments, adresser la parole à quelqu’un. Adresser signifie aussi "diriger quelqu’un vers la personne qui convient", par exemple adresser un malade à un spécialiste. Et s’adresser à quelqu’un signifie "parler à quelqu’un". »

    Si vous le souhaitez, on peut vous faire parvenir une copie par la poste. Quelle est votre adresse ?












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