Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
    Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

    C'est la «cacaphonie» à Québec !

    Quand Le «Roi Soleil» rabroue les «dévoués»

    Philippe Couillard et François Legault
    Photomontage: Le Devoir Philippe Couillard et François Legault
    Après avoir dit qu'il souhaitait mieux contrôler le message, Philippe Couillard a eu une journée particulièrement difficile ce mardi. Entre autres à cause de son ministre des Transports, Robert Poëti, qui a annoncé lundi une nouvelle taxe… avant de se raviser en soirée. M. Couillard a dû intervenir et a été contraint de rappeler en conférence de presse qu'«il n’y a pas 25 gouvernements au Québec, il y en a un et il y a un seul message gouvernemental». Tellement qu'il a été qualifié de «Roi Soleil» par le chef péquiste Stéphane Bédard.

    Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a eu une manière très particulière de qualifier les difficultés du gouvernement: «Je pense que M. Couillard doit des explications [aux citoyens], il doit être clair, parce que c'est la cacaphonie dans ses ministres. Il y en a un qui veut augmenter les taxes, l'autre ne veut pas les augmenter. […] Vraiment la cacaphonie, il faut vraiment que M. Couillard s'explique, donne un peu plus la ligne où il compte aller.»

    Dire «cacaphonie» au lieu de cacophonie semble une vieille habitude au parlement. Le mardi 15 mars 1966, le chef unioniste Daniel Johnson s'exclame : «M. le Président, cela m'a l'air que c'est de la cacaphonie du côté du gouvernement plutôt que de l'harmonie.» Pierre Laporte lance alors : «On dit cacophonie!» L'erreur a aussi été recensée en 1985 en en 1986!

    Par ailleurs, si Philippe Couillard dit de vous que vous êtes «dévoué», tremblez. Ce n'est pas vraiment… flatteur.

    Deux preuves

    Première preuve: au salon bleu, lorsque François Legault lui a posé la question assassine, mardi, à propos d'Yves Bolduc : «Est-ce qu'il pense que le ministre de l'Éducation a le jugement suffisant pour être ministre de l'Éducation?», le premier ministre a eu un trait d'humour involontaire; prenant en pitié le ministre qu'il démettra bientôt (Il refuse de lui réitérer clairement sa confiance en tout cas), parlant de lui comme s'il était quelqu'un de «différent». Au fond, il l'a traité de demeuré de façon respectueuse: «Soyons tolérants, apprécions les personnes comme elles sont. Et je vais répéter encore le dévouement et l'intensité, M. le Président...

    Des voix : Rires…

    M. Couillard : Oui, on peut rire des autres, c'est très facile, c'est très facile de rire des autres...

    Des voix : …

    Le Président : S'il vous plaît!

    M. Couillard : ...mais je veux reconnaître encore le dévouement et l'intensité que met mon collègue le député de Jean-Talon dans l'accomplissement de sa tâche.»

    Deuxième preuve: le 21 janvier 2014, un journaliste questionnait M. Couillard, alors chef de l'opposition et empêtré dans le dossier de la Charte des valeurs: «Avec M. [Marc] Tanguay la semaine passée, on a tergiversé sur la question du tchador.» M. Tanguay était alors porte-parole de l'opposition officielle pour la Charte de la langue française et en matière de laïcité. 

    Que répond M. Couillard, manifestement insatisfait de son porte-parole?
    « J'en ai assez des reproches qui sont faits à M. Tanguay, qui est un homme dévoué,  intellectuellement compétent, un homme d'équipe qui s'engage avec ses collègues dans tout ce qu'il fait.»

    Notons qu'après la victoire libérale, M. Tanguay n'a pas accédé au conseil des ministres. M. Bolduc, oui, mais pour combien de temps? Ah, qu'ils se consolent, ils sont tous deux «dévoués»...












    Envoyer
    Fermer