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Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

Mon petit doigt aurait dû me dire de ne pas dire cela

Le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon
Photo : Le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon
C'est indéniable, le président de l'Assemblée nationale Jacques Chagnon, depuis son élection le 5 avril 2011, a ramené un semblant d'ordre au salon bleu, passablement perturbé sous Yvon Vallières. M. Chagnon, un libéral, a d'ailleurs été maintenu en poste le 30 octobre 2012 sous un gouvernement péquiste.

Mais à l'occasion, il a de ces maladresses dignes de figurer dans Mots et Maux™. Permettez-nous d'en consigner deux ici (En attendant d'ouvrir une nouvelle catégorie Perles de président? Peut-être. Qu'en pensez-vous?)

Prenez ce 15 juin 2012, dernière séance de la session du printemps où d'incessantes rumeurs indiquaient qu'un étélectoral (appréciez le mot-valise) se pointait. Comme la coutume le veut, le président a salué les députés ayant déjà indiqué qu'ils ne se représenteraient pas au prochain scrutin. Même s'il souhaitait dire l'inverse, on a semblé entendre une sorte de «bon débarras» dans les mots de M. Chagnon.

«Nous perdrons des gens qui ont été tellement attentionnés à leurs coins de pays, à leurs comtés, que nous regretterons toujours votre passage... euh surtout votre départ ici. Votre départ sera quelque chose dont nous nous souviendrons. Et parfois nous aurons l'occasion probablement de rappeler votre souvenir lorsque vous viendrez visiter l'Assemblée nationale.»

Au premier jour de la session d'automne, après les élections du 4 septembre, M. Chagnon a souhaité souligner la grossesse de deux élues. Dont une — celle de la députée Yolande James — qui était inconnue jusque-là. Mais pour ce faire, M. Chagnon eut des propos qui parurent... gynécologiques!

http://www.assnat.qc.ca/archives/fra/40legislature1/Debats/journal/ch/121030.htm

«Une autre première et qui est non seulement bien sympathique, mais extrêmement intéressante: deux de nos députées sont enceintes, hein? Bien sûr, nous avons appris l'heureuse nouvelle pour Mme la députée de Joliette. Nous la félicitons, hein? Et c'est aussi le cas, si mon petit doigt est bien... branché...

Des voix: Ha, ha, ha!

Le Président: C'est aussi le cas, dis-je, de Mme la députée de Nelligan. Plus sérieusement: faites bien, bien attention à vous, futures mamans. Nous voulons vous revoir ici en bonne santé et avec chacune un beau bébé.»

Les parlementaires se sont alors bien amusés avec leurs petits doigts.

Jean-Marc Fournier: «Mme la première ministre soulignait tantôt que quelquefois vous avez une petite pointe d'humour, parfois improvisée, on le sait, mais mon petit doigt me dit que vous allez bien faire ça.»

François Legault: «Alors, vous avez un petit doigt puissant, comme vous l'avez dit, puisque, d'une façon qui n'est pas toujours courante, de façon unanime, tous les partis, tous les députés vous ont appuyé.»

Françoise David: «M. le Président, mon petit doigt ne m'avait pas dit que je prendrais la parole ici cet après-midi, et donc je vous remercie de cette opportunité que vous me donnez de dire d'abord ma fierté, bien sûr, de faire partie de cette Assemblée nationale si importante.»
 
 
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