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    Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
    Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

    Les «slates» contre les «valeurs libérales»

    L'ancien chef Claude Ryan avait condamné ce mode d'élection, qui attirait selon lui des personnages douteux

    Un texte de Gilles Lesage, dans Le Devoir du 15 octobre 1983.<br />
    Photo : Un texte de Gilles Lesage, dans Le Devoir du 15 octobre 1983.
    C'est un affreux emprunt à l'anglais, mais — avouons-le — bien pratique et tellement ancré dans le langage politique québécois : les «SLATES». Pour l'éviter, le Grand dictionnaire terminologique (GCT) propose d'user de «présélection» défini ainsi: «Liste de candidats en faveur desquels on recommande de voter en bloc au cours d'une élection.» Dans sa sagacité, l'auteur de la note du GDT — nul autre que le grand spécialiste des relations de travail Gérard Dion — ajoute l'explication suivante: «Il arrive fréquemment dans les élections syndicales que de telles listes soient dressées soit par l'ancien conseil de direction, soit par divers groupes de tendances opposées.»

    Dans le jargon politique des partis, une élection par «slates» veut aussi dire que c'est 24 délégués (élus par les membres dans chaque association de comté) qui choisissent un chef lors d'un congrès. C'est précisément la manière dont le Parti libéral du Québec élira son prochain chef le 17 mars 2013. La plupart des autres partis s'estiment plus démocratiques puisqu'ils ont opté pour le suffrage universel des membres — ce qui implique le vote électronique. (Peu fiable en passant: cela a permis à Infoman, alias la chienne Pixelle Daoust, de voter lors du congrès à la chefferie du PQ de 2007 et à Infoman encore, alias Omar Bongo cette fois, de faire élire Gilles Taillon à la tête de l'Action démocratique en 2009).

     

    Le nouveau candidat à la direction du PLQ, Jean David, a dénoncé le système des «slates» lorsqu'il a annoncé qu'il plongeait mardi.

     

    En 1983, lors de la dernière course à la direction qu'a tenue le PLQ, les «slates» avaient été dénoncées par plusieurs membres, dont Henri-François Gautrin, encore député de Verdun. Mais le plus virulent et le plus précis dans sa critique (peut-être parce qu'il en avait profité en 1978) fut peut-être le chef sortant à l'époque, Claude Ryan, qui fut plus tard définisseur des Valeurs libérales.

     

    Notre ex-collègue Gilles Lesage citait l'ancien directeur du Devoir, dans nos pages, le matin même du retour de Robert Bourassa à la tête du PLQ, le 15 octobre 1983 : «Ce système [des slates], qui favorise le choix d'un chef à partir de délégations plus ou moins cuisinées d'avance, a toutes les apparences de la démocratie. En réalité, il en est le plus souvent éloigné, car il fait trop l'affaire de cabaleurs d'élections qui refont d'ailleurs surface un peu partout depuis quelques semaines... Le système actuel fait souvent ressortir des limbes des personnes qu'on n'avait pas vues depuis longtemps aux rencontres et aux campagnes du parti, et qui sont envahies par une ferveur soudaine en faveur d'un candidat, aidées souvent par une forte organisation, disposant parfois de ressources abondantes.»
     

    Messieurs Couillard, Bachand et Moreau, attention aux «cabaleurs», donc! Mot rare que le Trésor de la langue française définit ainsi: «Celui qui intrigue.»

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    Photo de Claude Ryan: crédit Jacques Grenier

     
     
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