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Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

«S'asseoir», verbe de l'heure au Québec!

Comme Benoît Melançon le souligne depuis quelque temps dans son excellent blogue L'Oreille tendue, le verbe «s'asseoir avec» remplace de plus en plus souvent «se parler» ou «avoir des pourparlers» ou même négocier, au Québec. Par exemple, la ministre Line Beauchamp va finalement «s'asseoir avec les représentants étudiants» en fin d'après-midi.


Deux exemples tirés de mon journal :

«Sécurité de la vieillesse: Bachand va s’asseoir avec Ottawa».

«Moscou refuse de s'asseoir avec Tbilissi».

Déjà, dans son «Dictionnaire du québécois instantané», Melançon écrivait : «Asseoir (s' -) : Parler. Dans toute bonne négociation, on s'assoit autour de la table* avec un petit* café* et on échange*.» (p. 20)

Plus récemment, il faut lire les quelques entrées (plus récentes) de L'Oreille tendue dans lesquelles M. Melançon décortique la vogue du «s'asseoir avec», notamment La station assise.

Il signale qu'en toute logique, un néologisme est apparu pour désigner la reprise de pourparlers:  «se rasseoir avec».

Au fond, impossible et impensable de négocier debout au Québec. Et encore moins à genoux. On s'assoit. Et à une même «table».

D'ailleurs, Melançon perçoit la montée en popularité de «s'attabler», qui pourrait avoir comme ambition de devenir synonyme de se «parler».
 
 
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