«Pathétique», faux ami de Lisette Lapointe
Photo : Photomontage: Antoine Robitaille
«Même sur une question de principe, c'est la loi du "crois ou sors". Pathétique! Oui, j'ai dit: Pathétique!» Voilà comment la député indépendante de Crémazie Lisette Lapointe avait dénoncé la direction du Parti québécois, en juin 2011, le jour où elle a claqué la porte du caucus.
Elle accréditait ainsi un sens, une acception du mot «pathétique» emprunté à l'anglais. Un faux ami, en somme. Car le dictionnaire Robert est clair. «Pathétique» signifie : «Qui émeut vivement, excite une émotion intense, souvent pénible.» Les synonymes suggérés : «Émouvant, touchant.»
D'où le terme «pathétique» utilisé dans la bande-annonce du film de François Truffaut, Jules et Jim. Le sens français de pathétique, qui vient du grec pathêtikos, «relatif à la passion», n'a aucun rapport avec ce que Mme Lapointe voulait reprocher à Pauline Marois. Le sens dans lequel elle employait alors ce mot s'apparentait à une des acceptions du vocable anglais «pathetic» : «Weak and not successful» (Dictionnaire Oxford).
La députée aurait donc dû utiliser le terme «pitoyable»: «qui inspire, mérite une pitié méprisante», selon ce que dit le Robert. Les synonymes sont nombreux et éloquents : «Piteux, lamentable, médiocre, minable.» Un exemple de ce qui peut être «pitoyable»? Prenons la déclaration de Mme Lapointe de ce matin: «Ce que je souhaiterais, c'est de pouvoir me présenter sous une bannière souverainiste solide.» Et cette bannière la plus solide pour la victoire, en 2012 ou en 2013? «C'est le PQ, bien entendu.» Pitoyable, non? Quoi, ça vous émeut, ce retour possible au bercail? Alors on peut parler d'un retour «pathétique». Sans ironie...
(Merci à Jean-Marc Salvet pour m'avoir souligné la bande-annonce du célèbre film de François Truffaut)
(L'Office québécois de la langue française soutient que pathétique peut être un faux ami. Merci à Benoît Melançon de me l'avoir souligné.)
Elle accréditait ainsi un sens, une acception du mot «pathétique» emprunté à l'anglais. Un faux ami, en somme. Car le dictionnaire Robert est clair. «Pathétique» signifie : «Qui émeut vivement, excite une émotion intense, souvent pénible.» Les synonymes suggérés : «Émouvant, touchant.»
D'où le terme «pathétique» utilisé dans la bande-annonce du film de François Truffaut, Jules et Jim. Le sens français de pathétique, qui vient du grec pathêtikos, «relatif à la passion», n'a aucun rapport avec ce que Mme Lapointe voulait reprocher à Pauline Marois. Le sens dans lequel elle employait alors ce mot s'apparentait à une des acceptions du vocable anglais «pathetic» : «Weak and not successful» (Dictionnaire Oxford).
La députée aurait donc dû utiliser le terme «pitoyable»: «qui inspire, mérite une pitié méprisante», selon ce que dit le Robert. Les synonymes sont nombreux et éloquents : «Piteux, lamentable, médiocre, minable.» Un exemple de ce qui peut être «pitoyable»? Prenons la déclaration de Mme Lapointe de ce matin: «Ce que je souhaiterais, c'est de pouvoir me présenter sous une bannière souverainiste solide.» Et cette bannière la plus solide pour la victoire, en 2012 ou en 2013? «C'est le PQ, bien entendu.» Pitoyable, non? Quoi, ça vous émeut, ce retour possible au bercail? Alors on peut parler d'un retour «pathétique». Sans ironie...
(Merci à Jean-Marc Salvet pour m'avoir souligné la bande-annonce du célèbre film de François Truffaut)
(L'Office québécois de la langue française soutient que pathétique peut être un faux ami. Merci à Benoît Melançon de me l'avoir souligné.)
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