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Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

Vive la langue «épique» des ados

Scène «épique» de la tapisserie de Bayeux. <br />
Photo : Wikipedia Scène «épique» de la tapisserie de Bayeux.
Prenons une très courte pause de la langue politique. On se plaint très souvent que les jeunes n'ont de mots «cool» qu'anglais. «Ça chill», etc. Mais depuis quelques mois, tout est «épique» dans la bouche de mon cher fils de 17 ans.

J'avoue que j'aime bien «épique». Signification : «Qui appartient à l'épopée», nous dit le Trésor de la langue française informatisé. Ça a du panache, «épique»! C'est chevaleresque, épique! Pourquoi un jeu vidéo, une partie de hockey, un «party» ne pourraient-ils pas être «épiques»? Par extension, bien sûr. Mélange fin d'«extrême» et d'«historique».

Bravo les ados. Et en passant, le Trésor nous indique qu'il y a un adverbe que je vous suggère d'utiliser : «épiquement». Citation ? Voici ce que le Trésor propose : «Des tragédies où l'on retrouve quelque chose de l'élévation de Corneille, de l'élégance de Racine, du mouvement, de l'intérêt de Voltaire; où les situations soient amenées avec plus d'art que dans un opéra; où le style ne soit pas tantôt épiquement boursoufflé, et tantôt bourgeoisement familier (JOUY, Hermite, t. 1, 1811, p. 325)»

 
 
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