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    Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
    Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

    Le Labrador, je ne me souviens plus?

    Quand, sur une carte du Québec, vous promenez vos yeux vers le nord de la Côte nord  et que vous apercevez un tracé rectiligne, il n'y a qu'une conclusion à tirer: la personne qui a fait cette carte a abandonné — ou ignore — l'antique revendication du Québec sur ce territoire.

    Comme on le sait, en 1927, le conseil privé de Londres impose au Québec ce tracé qui suit le 52e parallèle. Tous les gouvernements du Québec depuis Taschereau ont rejeté les conclusions du conseil privé. Le cinéaste Denys Arcand, dans sa fameuse série, imagine Maurice Duplessis se soulageant sur la frontière du Labrador.





    Le vrai René Lévesque, lui, 41 ans après le jugement, parlait carrément d'un «vol historique» lors d'un entretien avec le grand Louis Martin (notre photo).





    J'ai moi-même posé la question à Jean Charest, en septembre 2008, alors qu'il venait de nous faire son premier discours-spectacle sur le Plan Nord.

    Bien qu'il s'échappe parfois, dans ses conférences de presse, en parlant de «Terre-Neuve-et-Labrador», le premier ministre avait tout même saisi l'occasion de réaffirmer la position traditionnelle du Québec. Bon, depuis les années 1970, les gouvernements ne revendiquent plus ouvertement la majeure partie du Labrador, comme jadis. Mais ils tiennent toutefois mordicus à un tracé sur la Côte Nord qui donne plus de territoire au Québec (30 000 km2): celui, en dents de scie, qui suit la ligne de partage des eaux.

    J'avoue donc ma surprise de voir deux partis politiques souverainistes québécois, le Parti québécois et Option nationale, dans leur site web, reprendre la fameuse carte avec tracé rectiligne! (Voir photos).

    Peut-être le Québec aurait-il dû, en 1925, accepter l'offre faite par Sir William Allardyce d'acheter tout le Labrador et sa côte pour 20 millions de dollars (C'est ce que racontent Henri Dorion et Jean-Paul Lacasse dans Québec, territoire incertain, Septentrion, 2011).

    Qu'en pensez-vous?

    (Merci à Dave Noël, historien et recherchiste du Devoir à Québec, pour le tuyau, la recherche et l'image.)












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