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Mots et maux de la politique Correspondant du Devoir à l'Assemblée nationale, le journaliste Antoine Robitaille s'intéresse aux mots qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique. Il est aussi à l'origine du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes qui trouve aussi son écho dans ce carnet.

Le Labrador, je ne me souviens plus?

<br />

Quand, sur une carte du Québec, vous promenez vos yeux vers le nord de la Côte nord  et que vous apercevez un tracé rectiligne, il n'y a qu'une conclusion à tirer: la personne qui a fait cette carte a abandonné — ou ignore — l'antique revendication du Québec sur ce territoire.

Comme on le sait, en 1927, le conseil privé de Londres impose au Québec ce tracé qui suit le 52e parallèle. Tous les gouvernements du Québec depuis Taschereau ont rejeté les conclusions du conseil privé. Le cinéaste Denys Arcand, dans sa fameuse série, imagine Maurice Duplessis se soulageant sur la frontière du Labrador.





Le vrai René Lévesque, lui, 41 ans après le jugement, parlait carrément d'un «vol historique» lors d'un entretien avec le grand Louis Martin (notre photo).





J'ai moi-même posé la question à Jean Charest, en septembre 2008, alors qu'il venait de nous faire son premier discours-spectacle sur le Plan Nord.

Bien qu'il s'échappe parfois, dans ses conférences de presse, en parlant de «Terre-Neuve-et-Labrador», le premier ministre avait tout même saisi l'occasion de réaffirmer la position traditionnelle du Québec. Bon, depuis les années 1970, les gouvernements ne revendiquent plus ouvertement la majeure partie du Labrador, comme jadis. Mais ils tiennent toutefois mordicus à un tracé sur la Côte Nord qui donne plus de territoire au Québec (30 000 km2): celui, en dents de scie, qui suit la ligne de partage des eaux.

J'avoue donc ma surprise de voir deux partis politiques souverainistes québécois, le Parti québécois et Option nationale, dans leur site web, reprendre la fameuse carte avec tracé rectiligne! (Voir photos).

Peut-être le Québec aurait-il dû, en 1925, accepter l'offre faite par Sir William Allardyce d'acheter tout le Labrador et sa côte pour 20 millions de dollars (C'est ce que racontent Henri Dorion et Jean-Paul Lacasse dans Québec, territoire incertain, Septentrion, 2011).

Qu'en pensez-vous?

(Merci à Dave Noël, historien et recherchiste du Devoir à Québec, pour le tuyau, la recherche et l'image.)
 
 
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  • Mickael Bergeron - Inscrit
    12 janvier 2012 23 h 15
    Petite précision
    Vous qui aimez la précision, il y a une petit détail qui accroche ici.

    Vous parlez de la Haute-Côte-Nord pour parler du nord de la Côte-Nord. Ce nom désigne plutôt la région de Tadoussac à Baie-Comeau (environ), incluant Forestville, comme la Basse-Côte-Nord désigne la région de Natashquan à Blanc-Sablon. Cette frontière disputée se trouve d'ailleurs plus au nord de la Moyenne et Basse-Côte-Nord qu'au nord de la Haute-Côte-Nord.
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  • Daniel Lemieux - Inscrit
    13 janvier 2012 02 h 53
    Merci pour le rappel historique
    Très bons extraits d'archives.
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  • pierre savard - Inscrit
    13 janvier 2012 07 h 17
    Maurice Duplessis
    On s'ennuie de toi mon Maurice ! Si tu voyais le genre de carpettes qui nous tiennent de lieu de leaders !!! RIP Maurice !
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  • lise bélanger - Abonnée
    13 janvier 2012 08 h 27
    Merci
    Merci de nous rappeler cette injustice. Le Québec est en manque de personnes aussi combatives et courageuses que René Lévesque sur la question du Labrador. Il est même incompréhensible que nous n'ayons pas encore saisi la Cour internationale pour revendiquer ce bout de territoire important.

    J'écoute cette entrevue et je me dis: ce que les québécois peuvent avoir peur du gouvernement canadien!!! On n'ose pas.On ne prend même pas notre place.Le gouvernement canadien n'a pourtant rien d'omnipuissant, bien au contraire.

    Bon, je m'ennuie de politiciens courageux et intelligents qui ont autre chose que leur réussite personnelle en tête.
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  • Christian Boutin - Abonné
    13 janvier 2012 08 h 28
    Quand je suis devenu séparatiste
    Bonjour,

    Quand à l'école primaire j'ai appris que le Labrador avait été cédé à Terre-Neuve par le Conseil Privé à Londres je suis devenu séparatiste avant même que cela existe. Je ne comprenais pas qu'un pays étranger, Angleterre, pouvait nous voler une partie de notre territoire pour le donner à un autre, et je ne comprend toujours pas.

    Je ne comprend pas qu'on ait cessé toute revendication sur ce territoire, réveillez-vous et au moins demandez une compensation financière, ça vaut combien ce territoire aujourd'hui.

    Aussi quelle idée débile de définir la frontière de ce territoire en prenant le partage des eaux comme référence, quand j'étais jeune sur les cartes le Labrador était une mince parcelle le long de la rive, mais avec l'amélioration des technologies on a pu délimiter correctement le partage des eaux et ce territoire s'est considérablement agrandi.
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  • Mathieu Bouchard - Abonné
    13 janvier 2012 10 h 26
    Inflation et autres nécessités d'interprétation
    Pour l'information des lecteurs, 20 millions de piastres en 1925, ça coûterait 396 millions aujourd'hui, selon la Banque du Canada. D'autres facteurs peuvent aussi changer les proportions. En 1925, la population du Québec était d'environ 2,6 millions. C'est moins que le tiers d'aujourd'hui, et ça veut dire que le coût d'un tel achat est plus de 3 fois plus grand qu'il l'aurait été dans le temps.

    Ça veut dire, en dollars d'aujourd'hui, qu'on aurait payé 152 piastres par personne au Québec dans le temps.

    On doit rajouter à ça le fait que la proportion de jeunes était très grande à l'époque. Malgré les nombreux morts de la Guerre Mondiale et de la Grippe Espagnole, et malgré l'importante émigration vers les États-Unis, la population du Québec grimpait beaucoup plus vite qu'aujourd'hui. Ça veut dire qu'il y avait énormément d'enfants. Ça voulait dire plein de monde qui travaillait pas, ou moins, ou moins bien, ou pour moins cher.

    En plus de ça, on était à une époque qui était beaucoup moins urbanisée qu'aujourd'hui (quoique la Grande Dépression avait même pas encore encouragé la désurbanisation). Ça voulait dire une agriculture qui était en grande partie une de subsistance, et la subsistance, ça veut dire pas de piastres, pas d'économie, parce qu'on mange directement ce qu'on produit. Ça et d'autres raisons peuvent fausser le calcul de l'inflation, du PIB, etc.

    Je sais pas ce que ce 20 millions représente exactement, mais c'est très probablement beaucoup plus que l'effort équivalent à fournir 152 piastres par personne en 2012. Peut-être 300 ou 500 ou autre. (Est-ce que quelqu'un a un bon estimé ?)
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    13 janvier 2012 11 h 07
    C'est nos Malouines
    Mais nous, on n'a pas de Tatcher.
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  • Marcel Bourget - Abonné
    13 janvier 2012 11 h 39
    Je m'en souviens maintenant
    Si j'ai bien compris, lorsque le Conseil Privé de Londres a accordé une partie du territoire canadien à Terre-Neuve, c'était pour régler un litige entre deux de ses colonies. À ce moment là, Terre-Neuve de faisait pas partie du Canada mais était considérée comme une colonie au même titre que ce dernier.

    Or puisque le gouvernement canadien n'avait pas encore rapatrié sa constitution et que Londres pouvait la modifier à sa guise, le Conseil Privé de Londres régla le litige de cette façon à tord ou à raison et le gouvernement canadien n’y pouvait rien.

    Maintenant que la constitution a été rapatrié et que le gouvernement canadien pourrait corriger cette injustice historique, en a t il le courage et la volonté? Une des possibilités qui s’offre au Québec serait de poser comme condition préalable à la signature de l’entente sur le rapatriement de la constitution qu’un amendement soit fait afin de corriger cette injustice.

    Mais puisque les chances qu’un tel évènement se produise, il y aurait aussi une autre possibilité soit de réclamer devant une Cour international, ou devant une instance des Nation Unis. Le Québec pourrait prétexter qu’il a été amputé arbitrairement d’une grande partie de son territoire sans son consentement. Mais là encore faudrait voir ce que les experts en droits international en pensent.
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  • Denis Provencher - Inscrit
    13 janvier 2012 11 h 58
    labrador
    Le Québec reconnait de fait que le Labrador est a Terre-Neuve, même si on sait que c'est pas logique, mais aucune cour internationale ne donnera raison a Québec qui n'a jamais pris les moyens légaux pour récupérer le territoire. Les Québécois, on aime ça parler, mais pour agir avec courage, on repassera dans un autre siècle.
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  • Marc-Antoine Deroy - Abonné
    13 janvier 2012 13 h 00
    Les intrusions
    Pour quelles raisons les Québécois ne contestent pas plus hardiment le litige du Labrador? La réponse est fort simple : nous sommes noyés, en tant que peuple, par ces intrusions impériales (avant) et fédérales (maintenant).

    Un seul exemple, les intrusions indécentes du fédéral dans le monde de l’éducation. Voilà un autre domaine où M. Duplessis a su défendre cette compétence strictement provinciale. Il l’a d’ailleurs fait avec brio. Aujourd’hui, par des programmes de recherches et d’infrastructures, nos écoles supérieures dépendent fortement d’Ottawa.

    Être Québécois, ce n’est pas une sinécure. Et, le problème est tellement vaste et brouillé, que l’on en vient à capituler. Voilà.
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  • Alain Vaillancourt - Inscrit
    13 janvier 2012 14 h 05
    Principe de base de toute négociation
    Le Canada Anglais croit que tout parti arrive à une table de négociation avec des demandes "maximalistes" (c'est à dire le maximum rêvé) mais qu'il est prêt à accepter bien moins, à accepter une quantité "minimaliste" gardée secrète au début des négociations. Ce serait donc folie furieuse pour un gouvernment du Québec de demander moins que le territoire entier du Labrador. Donc, toute carte du Québec produite par un gouvernement du Québec (et, bien entendu par des partis qui espèrent un jour arriver au pouvoir à l'assemblée nationale) devrait montrer le Québec avec tout le Labrador inclus, portant la mention "territoire contesté".
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    13 janvier 2012 15 h 04
    Réalisme vs états-d'âmes nationalistes
    Revenir sur les décisions douteuses du Conseil Privé de Londres ne donnera jamais rien, quand bien même un ou deux Lords auraient été de fieffés menteurs. La frontière finale passera par une réconciliation entre nos deux provinces. Or les raisons de s'entendre manquent pas: hydro-électricité, transport, développement minier, pétrole...
    Mais le Québec détermine toute sa politique à travers les intérêts monopolistiques de sa société dÉtat, Hydro-Québec. Manque de hauteur et absence de vision ont présidé aux prises de position de Québec depuis trop longtemps.. Le bureau du PM à toujours été collé à la direction de H-Q, la dernière mésaventure au Nouveau Brunswick en fait foi.
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  • Jacques Lalonde - Abonné
    13 janvier 2012 18 h 47
    Alors que...
    Alors que le gouvernement du Canada maintenant majoritaire et élu en se passant du Québec vient de faciliter le contournement par Terre-Neuve des installations de l'hydro-Québec pour la vente de son électricité produite dans le territoire que nous a été historiquement volé par une décision du Conseil privé de Londres, l'article bien ficelé et enrichi de citations éclairantes de Antoine Robitaille nous proclame attendez que je me rappelle.

    Ce ne sont pas les sourires attendrissants des visiteurs princiers et les visites royales attendues en 2012 qui corrigent le sentiment que le Québec peut passer outre à ces chapitres peu glorieux de son histoire.

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    13 janvier 2012 19 h 30
    Une théorie
    Une théorie que j'au déjà entendue (j'ignore si elle est vraie) c'est que le Conseil privé a donné le Labrador à Terre-Neuve parce que deux membres du CP avaient des intérêts importants dans une papetière à TN.

    A vérifier.
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  • Léonce Naud - Inscrit
    14 janvier 2012 05 h 27
    La carte et le territoire
    Existe-t-il seulement une carte géographique illustrant comme du monde le territoire de la nation québécoise ?

    On peut se demander pourquoi les Québécois semblent congénitalement incapables de penser leur territoire, les partis politiques ne présentant aucune différence notable là-dessus. Par exemple, le 26 août 2006, le Premier ministre Jean Charest déclarait : "La souveraineté d'un territoire se manifeste d'abord par l'occupation physique du territoire. »

    Y a-t-il un leader nationaliste qui en ait dit autant depuis quelques décennies ?
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  • alien - Inscrit
    14 janvier 2012 11 h 19
    Acheter un territoire?
    Avant d'acheter le Labrador, si vous trouver des milliards, vous devriez acheter une île en Europe (possiblement en grèce qui fera faillite) ou dans les Caraïbes qui deviendrait un territoire canadien. Si les US ont acheté l'Alaska au Russe il y a 100 ans, ça se fait encore si les deux pays dont d'accord. Offrez un montant pour la terre, un montant donné pour chacun des habitants de l'île, une citoyeneté canadienne et demandez leurs de faire un référendum pour leurs demander s'ils veulent que leurs île devienne canadienne. Être Bill Gate, je m'achèterais un pays.
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  • Marie-Claude Evreux - Inscrite
    14 janvier 2012 14 h 54
    le rêve impérialiste des "colonisés"
    Et si on demandait l'avis de ceux qui habitent le Labrador ...?
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  • D.Lafrenière - Abonné
    14 janvier 2012 19 h 19
    Henri Dorion
    La Commission Henri Dorion de 1972 établie que le Québec n'a plus aucun recours légaux pour la frontière du Labrador. Et après avoir lu "THE LABRADOR BOUNDARY DECISION" du Conseil Privé de Londres, j'avoue que les arguments pro-Québec sont très limités.

    Si le Québec conteste la décision de Londres de 1927, Terre-Neuve pourrait contester la décision de Londres de 1825, celle qui octroie l'Île d'Anticosti, les Îles-de-la-Madelaine et l'ouest de la Côte-Nord au Québec (Bas-Canada).

    Et j'ajouterai que la frontière du 52e parallele, celle que le Québec conteste toujours, est assez clairement définie comme délimitant les deux provinces et ce dans plusieurs documents du 19e siècles.
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  • Pierre Tessier - Abonné
    15 janvier 2012 00 h 36
    Cette frontière est définitivement établie !
    La Loi Constitutionnelle de 1982 prévoit le consentement stricte des provinces quant aux changements du tracé des frontières interprovinciales. Peut-on croire que Terre-Neuve nous céderait le Labrador ?
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  • Notsag - Abonné
    15 janvier 2012 08 h 13
    Confirmation
    @Rodrigue Tremblay (19h30)
    Je vous cite certains extraits du livre "Canada-Québec: de 1867 à 2010", de Lacoursière, Provencher, Vaugeois.

    Page 393:
    Il est à noter qu'en 1912, le gouvernement fédéral remet au Québec, à l'Ontario et au Manitoba certains territoires septentrionaux. Ainsi, le Québec obtient l'Ungava. Cette nouvelle délimitation du territoire fixe à 4,8 km des côtes le frontière entre Québec et Terre-Neuve dans le Labrador"

    Il y a contestation. Le Québec veut réduire cette distance à 1.6 km, tandis que Terre-Neuve veut la repousser à la ligne de partage des eaux.

    Page 413 (on est en 1926):
    "... Entre-temps, le trésor a prêté $15 millions de dollars à une société chargé de construire une usine de pâtes et papier au Labrador. Comme l'entrepreneur est acculé à la faillite, le gouvernement anglais s'en remet au Conseil Privé. Il se trouve que 2 des 5 lords-juges soient requérants dans cette faillite. Ils octroient donc le Labrador à Terre-Neuve, lui accordant une superficie de 288,270 km carré"
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  • Notsag - Abonné
    15 janvier 2012 10 h 10
    THE LABRADOR BOUNDARY DECISION (1 de 2)
    Le mandat du Conseil Privé était:

    "What is the location and definition of the boundary as between Canada and Newfoundland in the Labrador Peninsula under the Statutes, Orders in Council and Proclamations?"

    Or, les "Statutes, Orders in Council and Proclamations?" référaient tous à la "Coast" pour délimiter la frontière du Labrador.. C'était défini comme une bande de terre le long de la côte (coast) pour permettre aux pêcheurs de Terre-Neuve d'y arranger et d'y faire sécher leurs poissons. Il n'y avait pas d'installations permanentes. Ce n'était que des installations temporaires pour accommoder les pêcheurs.

    De quelle largeur pouvait donc être cette bande de terre? Québec disait un mille. Terre-Neuve disait jusqu'à la ligne de séparation des eaux.

    Jusque là, on entendait par "coast" la ligne qui sépare les eaux de la terre. Que ce soit le high water mark ou le low water mark ne faisait pas une grande différence.

    Le coup de génie du Conseil Privé fut de remettre en question la définition du mot "coast". (suite à 2 de 2)
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  • jacques bisson - Inscrit
    15 janvier 2012 10 h 16
    Et les bassins versants ?
    Dans sa partie supérieure, la frontière Québec-Labrador respecte la limite des bassins versants. Dans la partie inférieure, ça n'est pas le cas et on a opté pour une ligne droite.

    On dirait que, las d'effectuer ce travail de moine, et compte tenu du manque de données topographiques (peut-être) ou qu'on était déjà rendu au week-end, on a décidé d'être plus expéditif et bâcler le travail.

    Ce "détail" n'est pas sans effet. Bien sûr, les précipitations captés par ces bassins, dans leur partie supérieurs, continue à alimenter les rivières du Québec (gravité oblige) et cette eau peut être turbinée. Là ou il y a un problème, c'est que la dite frontière limite le niveau des réservoirs de tête de certains complexes (Romaine, Petit-Mécatina, etc.). Il y a donc perte de chute localement mais aussi (et surtout), carence de réserve, ce qui se traduit par un manque de régularisation. Il s'agit d'un impair qui affecte appréciablement la rentabilité des projets concernés. Même si la frontière devait être révisée dans le futur, il sera pratiquement impossible de modifier la conception des complexes et les pertes seront récurrentes.

    jacques Bisson, Laval
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  • Notsag - Abonné
    15 janvier 2012 10 h 20
    THE LABRADOR BOUNDARY DECISION (2 de 2)
    Le coup de génie du Conseil Privé fut de remettre en question la définition du mot "coast". Je cite:

    "First, the word "coast" or "coasts" (for both are used in the documents) is a word of undefined meaning; and while it is usually to be understood in the sense which is given to it in Dr. Johnson's and other dictionaries, that is to say, as meaning "the edge or margin of the land next to the sea" or "shore," there are many examples of its being used to denote a considerable tract of land bounded by and looking towards the sea. In Murray's Oxford Dictionary (1891) it is stated that the term "is familiarly applied in different regions to specific littoral districts, in India especially to the Coromandel coast"; and in the "Encyclopedia Britannica" (12th edition, 1922) that "the word is sometimes applied to the bank of a river or lake and sometimes to a region (cf. Gold Coast, Coromandel Coast), which may include the hinterland." In the appendix of documents used in this inquiry a number of extracts are given from the Old and New Testaments and from well-known authors, in which the word "coast" is used as signifying a whole country, sometimes extending from the sea to the sources of the rivers running into it;'and it is plain that the word is susceptible of more constructions than one, and that its precise meaning must depend on the subject and context. "

    On ne néglige rien. On remonte jusqu'à l'Ancien Testament.

    Par de savantes recherches, on en conclu que le terme "coast" dans les "Statutes, Orders in Council and Proclamations?" veut vraiment dire:
    "When the material documents are considered from this point of view, it is evident that they contain much which supports the contention that the word "coast" is to be construed as including a considerable area of land."

    À partir de là, tout est ouvert. La ligne de partage des eaux devient donc une frontière tout à fait acceptable.
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  • jacques bisson - Inscrit
    15 janvier 2012 14 h 44
    le rêve impérialiste des "colonisés" AHHHHH!
    @Marie-Claude Evreux

    Vous dites: "Et si on demandait l'avis de ceux qui habitent le Labrador ...?"

    Je serais bien curieux de connaître la réponse...

    Si on compare le sort réservé aux autochtones au Québec avec les autres privinces (nord de l'ontario, Labrador, etc...), ça donne un indice.

    le titre flamboyant du titre de votre commentaire laisse supposer que vous ête douée en matière de justice sociale. Assez pour savoir que la nation autochtone de l'île de terre-neuve a été éradiquée dans le passé et qu'il n'en reste que le souvenir ?
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  • Simon Latendresse - Abonné
    15 janvier 2012 16 h 47
    Nouvelle stratégie souverainiste.
    De mon bord, je propose une nouvelle stratégie pour la souveraineté qui fera même l'affaire des fédéralistes québécois (et qui nous permettrait du même coup de reprendre le labrador à notre guise):

    Déclarer unilatéralement l'indépendance du Québec, puis envahir le Canada!
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  • Michel Page - Inscrit
    15 janvier 2012 18 h 50
    La position de M. R. Lévesques devrait inspirer tous les partis, unanimement
    Bien observé M. A. Robitaille. Les partis politiques devraient corriger leurs sites Internet.

    @M.D.Lafrenière,
    Les deux cartes que je consulte ( 1774; 1871) indiquent bien l'ambiguité de la question, puisque toute la partie septemtrionale du Canada tombait alors sous la juridiction de la compagnie de la Baie d'Hubson, puis, après la Confédération sous un terrtoire fédéral nommé Territoires du Nord-Ouest. Les provinces de l'Ouest et l'expansion de l'Ontario et du Manitoba se sont faites à partir de ce TNO. ,,,
    Les deux cartes ne montrent absolument pas les frontières d'un Labrador.
    Le commentaire de M. R. Tremblay semble alors pertinent, et tomber sous la dynamique du capitalisme industriel et de l'expansion confédéral ( Stanley-Bréhaut Ryerson) "cruel " ayant joué entre 1867 et .. 1927.. (CP/CN/Le Grand Tronc, etc.

    Alors, en définitive la position de M. R. Lévesques me semble toujours sage: une occupation juridique et une référence à un Québec comprenant une partie tout au moins du labrador. Il devrait y avoir consensus de tous les partis sur cette question de fond.
    Bien votre
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  • Ben_Dupuis - Inscrit
    16 janvier 2012 08 h 58
    Un quebec incluant terre-neuve
    Idee folle, née de conversation avec plusieurs Terre-neuviens:
    Et si un Quebec indépendant proposait l'union avec Terre-Neuve? Beaucoup ne se sentent pas plus "canadiens" que nous. On pourrait etre surpris. Le "litige" du Labrador serait reglé de fait. Je doute cependant que les quebecois acceptent de bilinguiser leur nouveau pays...
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  • Denis Provencher - Inscrit
    16 janvier 2012 10 h 36
    temps a perdre
    Quelle proposition irréaliste. Le Québec a de fait abandonné ce territoire. Pour le regagner, il n'y aura que la force et l'armée québécoise. Va-t-on aussi envahir l'Acadie au Nouveau Brunswick, le Nord et l'est de l’Ontario? Ce débat est aussi futile que celui (très québécois) sur la couleur de la margarine. Pendant ce temps là. nos routes, nos écoles et nos hôpitaux sont dans un état tiermondiste. Le placotage inutile, style Pere Ovide, est vraiment notre sport national.
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  • jacques bisson - Inscrit
    16 janvier 2012 14 h 33
    @Denis Provencher "temps a perdre"
    Vous dites:

    "Le placotage inutile, style Pere Ovide, est vraiment notre sport national"

    Je suis daccord avec vous, les chances de récupérer le Labrador sont bien thériques malheureusement. Ce billet de M. Antoine Robitaille est cependant loin d'être inutile puisqu'il nous permet de faire un retour sur le passé. L'histoire, ça fait aussi partie de la culture après tout. Et puis, la participation aux blogs est volontaire...pour ceux qui ont des choses plus importantes à faire.

    Ceci étant dit, ce débat a déjà eu lieu (années 70-80), c'est vrai, et de façon beaucoup plus intense. Il n'est pas question de refaire le monde avec nos petits "placotages". Beaucoup de choses ont passés depuis 30 ou 40 ans. Cette réflexion est donc une bonne occasion de remettre cette question en perspective, après tout, l'histoire s'écrit au quotidien.

    Bonne journée

    Jacques Bisson
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  • Jean-Serge Baribeau - Abonné
    17 janvier 2012 07 h 55
    CHRONIQUES LABRADORIENNES!
    En lisant ces réflexions sur le Labrador je me suis rappelé que mon ami Marc-André Forcier a «commis», en 1967, un film intitulé «Chroniques labradoriennes».

    JSB
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  • Marie-Claude Evreux - Inscrite
    17 janvier 2012 12 h 06
    les autochtones du Labrador
    M. Jacques Bisson écrit: "Le titre flamboyant du titre de votre commentaire laisse supposer que vous ête douée en matière de justice sociale. Assez pour savoir que la nation autochtone de l'île de terre-neuve a été éradiquée dans le passé et qu'il n'en reste que le souvenir ?"

    Il est vrai que les Béothuk, la nation de Terre-Neuve, n'existent plus. Au cours du XVIIIe siècle les Béothuk subissaient des attaques répétées de la part des Mi'kmaq et des Inuit avoisinants. Le dernier survivant de cette tribu, une jeune femme appelée Shawnadithit, mourut à St John's en 1829.

    Mais si vous vous souvenez bien de ce que j'ai écrit, j'ai proposé qu'on demande l'avis des habitants du Labrador, où il y a une première nation bien vivante: les Innu. Ceux-ci sont du nombre des habitants qu'il faudrait consulter lors d'un changement de gouvernement provincial. L'organisation qui les représente est l'Association des Naskapi Montagnais Innu, et leur site web est facile à trouver: www.innu.ca. Les Montagnais fournirent des ouailles aux Jésuites vers 1632. Aujourd'hui le territoire et la mode de vie des Innu sont menacés surtout par les exercices militaires du gouvernement fédéral.

    Je ne vois pas le lien entre le débat entamé par M. Robitaille et la triste fin des Béothuk. Mais si l'enjeu de cette discussion devenait plus qu'une idée dans l'air, il est fort probable que les Innu auraient leur mot à dire.
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  • Roland Berger - Abonné
    17 janvier 2012 15 h 51
    Réclamation à genoux
    Pour réclamer la restitution du Labrador, il faut d'abord se lever debout. Sinon on a devant soi le cul de l'ennemi.
    Roland Berger
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  • jacques bisson - Inscrit
    17 janvier 2012 16 h 06
    @Marie-Claude Evreux: les autochtones du Labrador
    Bonjour,

    Je vois que vous connaissez vos classiques...

    vous dites: "Je ne vois pas le lien entre le débat entamé par M. Robitaille et la triste fin des Béothuk".

    Ce petit détail historique permet peut-être de comprendre l'insatisfaction des Labradoriens à l'égard de Terre-Neuve (l'île, dont j'ai pu apprécier l'hospitalité de ses habitants par ailleur - j'en garde un excellent souvenir). À celà bien sûr s'ajoute le manque de support des gens du continent de la part de leur gouvernement. De là ma précédente réplique ("Je serais bien curieux de connaître la réponse...") concernant le résultat très hypothétique d'une éventuelle consultation. Vous n'êtes pas sans connaître l'existence d'un courant souverainiste bien implanté depuis plusieurs années. Peut-être ne leur manque t'il qu'un leader, une sorte de René Levesque ? Mais ça, c'est un débat qui leur appartient.

    Les autochtones (environ 35 % au dernier recensement) se foutent pas mal des gouvernements et des frontières qu'ils ne reconnaissent pas de toutes façons. Vous l'avez sans doute remarqué dans le cadre du "contentieux" qui les oppose aux autochtones du nord du Québec concernant la chasse aux caribous. De ce fait, et en considération de la sollicitude dont le Québec fait preuve à l'égard des autochtones du nord (soins de santé, fourniture de services, etc.), ils pourraient être tentés d'améliorer leur condition (La convention de la Baie-James et la Paix des Braves sont LA référence).

    Toutes ces questions sont tout à fait virtuelles, voire fictives, comme le faisant remarquer Denis Provencher dans son commentaire, puisque la possibilité de récupérer le Labrador est pour ainsi dire nulle. Question consultation donc, on traversera le pont quand on y arrivera...si jamais...

    Pour terminer, et principalement, je ne vois pas ce que le fait de souhaiter récupérer, même sans espoir de résultat, ce qui nous a injustement été enlevé dans le passé ferait de n
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  • jacques bisson - Inscrit
    17 janvier 2012 16 h 21
    @Marie-Claude Evreux (suite)
    Pour terminer, et principalement, je ne vois pas ce que le fait de souhaiter récupérer, même sans espoir de résultat, ce qui nous a injustement été enlevé dans le passé ferait de nous des "colonisés aux ambitions impérialistes". Ces propos péjoratifs sont inutilement insultants et imprégnés de mépris. De ceux dont on pourrais se passer. Je souhaiterais mal vous comprendre.

    Salutations

    Jacques Bisson, Laval
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  • Pierre Mcleod Tremblay - Abonné
    18 février 2012 13 h 06
    Magnifique...
    Merci de cet article et des extraits vidéos qui l'accompagnent.
    Un plaisir à revoir.

    Félicitations pour vos lecteurs, j'ai appris plusieurs chosesses en lisant les commentaires.

    Ils sont impressionnant vos lecteurs, en plus, il débattent les uns avec les autres de manière civilisée...

    McLeod Tremblay
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  • Lucien Beauregard - Inscrit
    25 février 2012 21 h 02
    Le Labrador n'a jamais fait partie Du Québec
    Je suis à la recherche d'une carte ou d'un document qui établirait clairement que le Labrador faisait partie du Québec avant 1867.

    Car c'est un peu avant 1867 en non pas en 1927, que la véritable question s'est posée:
    La colonie britanique, portant le nom Dominion du Canada prétendait alors que le Labrador faisait géographiquement partie du Canada, alors que la colonie de Newfoundland prétendait au contraire, que le Labrador lui appartenait de plein droit puisqu'elle l'occupait intensément depuis plus de deux cent ans, avec l'industrie de la pëche.

    Les deux colonies se sont donc chamailler pendant presque 40 ans et c'est en 1902 que les deux colonies ont décidé d'un commun accord de porter le litige à Londre et de demander à la mère patrie de trancher la question.

    Apres avoir entendu les deux parties, Londre a donc tranché en faveur de Terre-Neuve, et , établi une fois pour toute les frontières du Labrador!
    On ne sait jamais fait voler le Labrador. Que ce soit avant 1867, ou encore avant 1902 ou encore en 1927, il a été établi par le commité d'arbitrage que le Labrador ne nous avait jamais appartenu et qu'il y avait tous les motifs requis, pour que le Labrador soit remis à Terre-Neuve
    Hormis les marchands Britaniques de fourrure de la ville de Québec, qui ont du abondamment pleurer leur défaite à Londre, personne au Québec qui connaissait l'existance du Labrador.

    Alors voulez-vous bien m'expliquer de quelle injustice M René Lévesque parle-il dans le vidéo de votre article ?

    À tous ceux qui prétendent que l'on s'est fait voler le Labrador, il serait tremps que vous en fassiez la démonstration !
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