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Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

Le délire citoyen

Plus «citoyenniste» que l'UMQ, tu crèves

13 septembre 2011 10h27 | Antoine Robitaille | Mots et maux de la politique
Le président de l’UMQ et maire de Rimouski, Éric Forest.
Photo : Le président de l’UMQ et maire de Rimouski, Éric Forest.
La citoyennophilie n'a vraiment pas de limite. En politique, les «assemblées de cuisine» de jadis ont été remplacées par des assemblées «citoyennes». Pourquoi donc? Dans les cuisines et salles paroissiales d'autrefois, les politiciens rencontraient des extra-terrestres, c'est bien connu. 

Le néo-adjectif «citoyen» sert depuis quelque temps à anoblir n'importe quoi. (J'en parlais déjà il y a quelques années.) Un exemple parmi tant d'autres: en Europe, une bizarre «Ligue contre la violence routière» (dont l'objectif totalitaire est «zéro accident», rien de moins), désigne chaque année une «voiture citoyenne».

Mais revenons chez nous. L'Union des municipalités du Québec (UMQ) a publié la semaine passée un invraisemblable communiqué concernant la réforme de la loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Une merveille de la néo-langue de bois citoyenniste: «L'UMQ plaide pour un partenariat citoyens-élus performant servant l'intérêt collectif

Vous avez bien lu: un «partenariat citoyens-élus performant servant l'intérêt collectif»: que c'est beau! Le problème est le suivant: notre système politique n'est-il pas justement censé être, depuis au moins 1792 — sinon 1848 — précisément cela?

Je vous entends. Vous en voulez encore! Voilà: «Reconnaissant que pour exercer leur pouvoir d’aménagement efficacement les municipalités doivent mettre le citoyen au cœur du processus, l’UMQ recommande un nouvel encadrement juridique de la participation citoyenne à la prise de décision en matière d’aménagement du territoire. Le résultat: un partenariat citoyens-élus performant servant l’intérêt collectif.»

Il y a quelque chose qui me taraude. Avant de mettre le «citoyen» au «coeur du processus» les élus avaient mis qui «au coeur du processus»? Ou alors quoi? Des plantes vertes? Que dites-vous? Des appels d'offres truqués? Des enveloppes brunes? Ô toi, citoyen-lecteur de Mots et maux de la politique, que tu es cynique!
 
 
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