Michel Matte, expert en «Innoussses». Et nouvel ami de ce carnet
Je le savais qu'il avait du potentiel, ce Michel Matte! Député libéral de Portneuf —autrement dit un simple député—, il a été envoyé au front par son parti lors des études des crédits pour... meubler le temps. Autrement dit, pour se répandre en propos complaisants et inutiles afin de combler ces blocs de minutes accordés aux élus gouvernementaux. Bref, faire perdre du temps à tout le monde en disant des niaiseries à l'un des moments les plus importants de la vie parlementaire, l'étude des crédits. Définition trouvée sur le site de l'Assemblée nationale: «Étape de la procédure budgétaire qui consiste à examiner chacun des éléments du budget».
Selon cette définition, Michel Matte fut totalement hors sujet lorsqu'il prit la parole hier soir. Il commence par dire (en fait il lisait péniblement un «texte») que le discours du «minisss'» était bien bon et lui avait donné le goût de voyager (tous frais payés) avec lui: «Monsieur le minisss', j'ai reconnu vos talents de communicateur et de pédagogue lors [sic] de vos remarques préliminaires. Vous nous avez décrit la beauté de ces paysages et de ces richesses de ces coins de pays à un point tel [sic] que vous nous donnez le goût de s'y [sic] rendre et je maintiens mon offre : si vous cherchez quelqu'un pour vous accompagner, je me porte volontaire.»
Puis, cet ancien «enseignant, directeur d'école, directeur des ressources humaines» et ex-«directeur général» d'une commission scolaire prend soin... de «mentionner» que «le Québec compte 11 nations autochtones». Ce sont «54 communautés jeunes, dynamiques, ayant des rêves et des aspirations d'avenir [?], ainsi qu'un désir de travailler main dans la main avec notre gouvernement». Ah oui? Voilà qui est sans doute une découverte pour le minisss', les experts du ministère et les faucons de l'opposition présents. C'est dans l'énumération pénible, scolaire et inutile des nations autochtones que M. Matte trébuchera et déclenchera un fou rire tel qu'il sera amené à demander à la présidente Stéphanie Vallée de suspendre les travaux:
La présidente, se tordant de rire elle aussi, a alors lancé : «Je pense qu'on va suspendre. Ha ha ha.» Cette pièce d'anthologie est archivée ici. (Se rendre à 1:59:40)
Selon cette définition, Michel Matte fut totalement hors sujet lorsqu'il prit la parole hier soir. Il commence par dire (en fait il lisait péniblement un «texte») que le discours du «minisss'» était bien bon et lui avait donné le goût de voyager (tous frais payés) avec lui: «Monsieur le minisss', j'ai reconnu vos talents de communicateur et de pédagogue lors [sic] de vos remarques préliminaires. Vous nous avez décrit la beauté de ces paysages et de ces richesses de ces coins de pays à un point tel [sic] que vous nous donnez le goût de s'y [sic] rendre et je maintiens mon offre : si vous cherchez quelqu'un pour vous accompagner, je me porte volontaire.»
Puis, cet ancien «enseignant, directeur d'école, directeur des ressources humaines» et ex-«directeur général» d'une commission scolaire prend soin... de «mentionner» que «le Québec compte 11 nations autochtones». Ce sont «54 communautés jeunes, dynamiques, ayant des rêves et des aspirations d'avenir [?], ainsi qu'un désir de travailler main dans la main avec notre gouvernement». Ah oui? Voilà qui est sans doute une découverte pour le minisss', les experts du ministère et les faucons de l'opposition présents. C'est dans l'énumération pénible, scolaire et inutile des nations autochtones que M. Matte trébuchera et déclenchera un fou rire tel qu'il sera amené à demander à la présidente Stéphanie Vallée de suspendre les travaux:
«Ces nations sont les premières [sic] habitants de notre territoire. Ce sont eux [sic] qui ont accueilli les premiers [sic] Européens. Ces communautés sont réparties dans différentes régions qui enrichissent... là... nos régions par leur présence. Je pense ici aux Inuits, aux Cris, aux Naskapis [M. Matte prononce Naskapissses] dans le nord du Québec, aux Innus [M. Matte prononce INNOUSSSES, ce qui déclenche un début de fou rire] sur la Côte-Nord, aux Micmacs dans la péninsule gaspésienne, aux Algonquins en Abitibi-Témiscamingue. Aux Hurons [M. Matte prononce Zurons] de Québec, aux Atikamek de la Haute-Mauricie, aux Mohawks près de Montréal, aux Malécites du Bas-Saint-Laurent, aux Abénaquis du centre du Québec, ainsi que... plusieurs de mes collègues députés comptent des communautés dans leur comté. Toutes ces communautés sont désireuses d'être parties prenantes de notre développement socio-économique... et qui se déploient dans nos régions au même titre que les non-autochtones. Historiquement, le Québec a signé des ententes importantes avec les premières nations et les Inuits et a posé des gestes concrets et porteurs pour l'avenir de nos relations. Ici, je voudrais mentionner que nous avons signé justement avec la nation huronne-wendate un [sic] entente pour la route 175. C'est déjà un geste concret, qui fait en sorte que cette nation-là est heureuse. Ça va lui permettre d'avoir une fierté, de pouvoir développer la formation de la main-d'oeuvre et de faire en sorte de pouvoir participer à la richesse de notre province. Ces gestes ont permis d'établir des balises solides pour l'essor entre [sic] les entreprenariats autochtones et je pense à des compagnies comme Air Inuit et Air Creebec [M. Matte prononce Air Greekbec] qui sont des exemples concluantes [sic] de ce que peuvent accomplir les autochtones du Québec. Ou encore à l'Hôtel-Musée des premières nations de Wendake [M. Matte prononce Wendéte] dont [sic] j'ai eu l'occasion de visiter. Et j'encourage aussi ceux qui n'ont pas eu le plaisir...ou l'occasion... [fou rire]... je m'eScuZe...»
La présidente, se tordant de rire elle aussi, a alors lancé : «Je pense qu'on va suspendre. Ha ha ha.» Cette pièce d'anthologie est archivée ici. (Se rendre à 1:59:40)


