Instinct de «killeuse»?
«Killeuse»: néologisme aperçu dans le magazine français Le Point, lors d'une lecture de plage, cet été. «Adieu donc, salaire mirobolant et costume sexy de killeuse de la finance», écrit Violaine de Montclos au sujet d'Isabeau de R., passée «de la banque à la scène», dans une série sur des gens qui ont décidé de changer de vie. Désormais, lorsqu'il voudra condamner la chef péquiste pour s'être donné une personnalité de tueuse, Jean Charest adoptera-t-il le néologisme? Voyons ce que ça donnerait : «Mme Marois a dit, pendant la session parlementaire, [...] que, dorénavant, elle allait devenir une KILLEUSE.» (?)
Le problème : killeuse n'est pas dans le dictionnaire. Et Jean Charest, dont la langue est pourtant truffée d'anglicismes, a raison ici contre la journaliste française: tueuse, lui, y figure. Voici d'ailleurs une phrase d'Henry de Montherlant trouvée dans le Trésor de la langue française informatisé : «Je suis de la génération sacrifiée, de celle des jeunes filles dont les chances d'amour ont été décimées par la guerre tueuse de garçons.» (MONTHERL., J. filles, 1936, p. 950). C'est joli tueuse, non? Pourquoi donc s'embarasser de killeuse?


