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Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

Quand Claude Béchard bêche

image Ni la saloperie de maladie dont il est atteint, ni les forts traitements de chimio pour la combattre ont empêché Claude Béchard de revenir à l'Assemblée nationale, en fin de session. Depuis son retour, on a compris que la politique, dans les circonstances, n'est pas vraiment un travail, mais un complément au traitement. Et hier, il s'en est donné à coeur joie, cherchant peut-être inconsciemment à faire un retour aussi dans ce carnet. Il a commenté la demande du chef adéquiste de suspendre les travaux de la commission Bastarache : «On est peut-être plus en avant d'un Gérard d'estrade qu'un chef de parti, là - au lieu d'un Gérard Deltell, d'un Gérard d'estrade.» Au sujet du Parti québécois et de sa position sur la souveraineté, M. Béchard a choisi l'allusion à une marque céréales connue : «Demandez, en fin de semaine, aux gens du Parti québécois, dans un conseil national, là: "Qui vous êtes, là?" C'est un peu le test du mini-wheat, là: Est-ce qu'on est plus sucrés ou on est plus givrés? Ça dépend de l'heure du jour, peut-être, que vous allez le demander, mais en tout cas... [...] Dans le test du mini-wheat, ce qui est important de savoir, c'est: "Est-ce qu'ils sont plus souverainistes ou moins souverainistes?"» Quant au verbe bêcher dans notre titre...

...il convient ici PARFAITEMENT. Prenez cette définition tirée de ce cher Trésor de la langue française : 1. Injurier, calomnier, tourner en dérision : 1. ... il a cru devoir lancer contre Brichot quelques insinuations venimeuses et assez ridicules. Naturellement, comme il a vu que Brichot était aimé dans la maison, c'était une manière de nous atteindre, de bêcher notre dîner. PROUST, Du côté de chez Swann, 1913, p. 266. 2. Il [Mullem] ne bêchait pas Clémenceau, qui d'ailleurs le lui eût pardonné, étant lui-même incapable de retenir une blague sur son meilleur ami. L. DAUDET, Devant la douleur, 1931, p. 158. Emploi abs. Mépriser, critiquer, avoir une attitude méprisante : 3. On parle des nouveaux sérums de Metchnikoff, de la peinture de Maszlo, des débuts de Delna dans Carmen, de l'influenza, des chances de Plantagenet à Chantilly, on « potine », on « bêche ferme ». MORAND, 1900, 1931, p. 213. 4. Si j'émettais le plus petit doute et que j'avais l'air de bêcher ils se raisonnaient plus du tout... CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 356. 2. Arg. Pour bêcher. Pour plaisanter. Bêcher en douce. Être ironique (L. LARCHEY, Dict. hist. d'arg., 2e Suppl. 1883). B. Emploi pronom. réciproque : 5. « Ils se saluent très bas (...) mais se bêchent aussitôt le dos tourné. » A. BRUANT, Dict. fr.-arg., 1905, p. 136. 6. ... le soir, après dîner, je n'étais plus seul. On faisait même salon devant moi, pour se bêcher et se dire des douceurs! LÉAUTAUD, In memoriam, 1905, p. 203.
 
 
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