Haïti et l'existence de Dieu
«La calamité qui a dévasté Haïti réfute-t-elle l’existence de Dieu?», telle est la question pertinente posée par Jean Laberge, un habitué de notre page «Le Devoir de philo», (laquelle reviendra une fois par mois jusqu'à l'été, question de faire un peu de place à notre centenaire). Plusieurs ne seront pas convaincu par la réponse que Jean Laberge donne, qui s'appuie sur Thomas d'Aquin, mais elle vaut la peine d'être explorée. Après le tsunami de 2004, l'archevêque de Canterbury, chef de l'Église anglicane, avait créé toute une commotion en admettant ceci : «Cela me porte à douter de l'existence de Dieu.» Dans un texte, j'avais recensé les positions inverses, celle d'un dieu vengeur : le grand rabbin d'Israël, Shlomo Amar, avait par exemple déclaré que «ces tsunamis sont une expression de la colère de Dieu face à l'état actuel du monde». La même agence rapportait que le pandit Harikrishna Shastri, un prêtre hindouiste du temple Birla à New Delhi, a soutenu que le désastre était une réponse au «mal perpétré par l'être humain sur terre». Azizan Abdul Razak, un musulman vice-président d'un parti de l'opposition islamique en Malaisie, avait soutenu que «Dieu a créé le monde et qu'Il peut aussi le détruire». Même le penseur bouddhiste Sulak Sivaraksa, interviewé par l'Agence France-Presse à Bangkok, considérait la catastrophe comme une punition: «Nous avons détruit la nature, avons été égoïstes et cupides, recherchant toujours plus de prospérité en oubliant que nous et la nature ne formons qu'un.» Et cette semaine, c'est le «révérend» Pat Robertson qui a déshonoré son culte en soutenant qu'avec le tremblement de terre de mardi, Haïti «paie» pour un pacte conclu «avec le diable» (!) lors de l'indépendance de 1804, «à l'époque de Napoléon III or whatever» (petit problème de date...). Ça nous donne envie de demander à dieu de donner une petite leçon à Pat, non? (La vidéo vient d'ici.)


