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Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

«Dépression»

image Les dix derniers jours le prouvent: les dépressions engendrent la dépression. Le système installé au-dessus de nos têtes depuis 10 jours est une dépression au sens météorologique : «Région de l'atmosphère où la baisse de la pression provoque des vents rotatifs tournant en sens inverse des aiguilles d'une montre, ce qui entraîne le déplacement d'un système nuageux porteur de pluie, neige, etc.». Le système qui est en train de s'installer dans nos têtes? Une dépression aussi, mais au sens de : «Perturbation du dynamisme de la vie psychique, qui se caractérise par une diminution plus ou moins grave de l'énergie mentale, une certaine pente de l'affectivité qui est marquée par le découragement, la tristesse, l'angoisse.» Baudelaire a déjà tout dit, dans Spleen: «Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle / Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis / Et que de l'horizon embrassant tout le cercle / Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits / [...] Quand la pluie étalant ses immenses traînées / D'une vaste prison imite les barreaux, / Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées / Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux.» (Photo : archives Le Devoir)

 
 
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