
Robert McNamara est mort, annonce le
Washington Post. Celui qui est désigné comme «
l'architecte de la guerre du Viêt-Nam» a été secrétaire à la défense de Kennedy et de Johnson, après avoir été conseiller pendant la seconde guerre mondiale. Il a aussi été président de la
Banque mondiale. En 2002-2003, il s'était confié à l'«
interrotron» du grand documentaliste
Errol Morris. L'
interrotron, c'est un outil développé par Morris à partir d'un télésouffleur. Le visage de l'intervieweur y apparaît, si bien que l'interviewé, au lieu de regarder à côté de la caméra, la fixe dans l'objectif... aussi bien dire dans les yeux du spectateur. Le résultat est saisissant. Nulle surprise que le documentaire ait été oscarisé en 2004. Dans
The Fog of War, on a l'impression que McNamara se confie à nous. Le film est structuré autour de 11 leçons. En avril 2004, lorsque je l'ai vu, j'avais noté ce qui suit : «
On se demande bien ce que Rumsfeld pense des leçons 1 et 2 ("Empathize with your enemy" and "Rationality will not save us"). Il y a aussi la No. 6 ("Get the data"), ou encore la No. 7 ("Belief and seeing are both often wrong"). La No. 8 est pas mal ("Be prepared to reexamine your reasoning"). À un moment donné, McNamara dit qu’au Viêt-Nam, "none of our allies supported us"… "If we can't persuade our allies of the efficacy of our aims, we'd better examine our reasoning". Les résonnances avec l’Irak sont nombreuses.» Dans le documentaire, McNamara soutient qu'il avait conseillé à Johnson de se retirer du Viêt-Nam. (Image disponible sur le
site du film.)