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Mots et maux de la politique Correspondant du Devoir à l'Assemblée nationale, le journaliste Antoine Robitaille s'intéresse aux mots qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique. Il est aussi à l'origine du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes qui trouve aussi son écho dans ce carnet.

ADQ : encore des fautes d'orthographe

image Le Journal de Québec met en relief ce matin des fautes qu'Éric Caire aurait faites dans Twitter (cet insignifiant gazouillis propre à notre époque qui promeut le déficit d'attention). J'en connais qui vont être fâchés à l'ADQ. Entre autres le chef de cabinet de Marc Picard, Pierre Morin, qui prétend sur son Blogue bleu (de colère, de ressentiment?) que les médias passent sciemment sous silence les fautes des autres partis. En fait, un des meilleurs articles sur les fautes d'orthographe portait sur le discours inaugural de Jean Charest de 2006, dont le texte, remis aux journalistes, était bourré de fautes (j'ai repiqué l'excellent texte de Norman Delisle plus bas). Mais revenons au ras-le-bol adéquiste : je m'en veux presque d'avoir signalé quelques «caireries» il y a quelque temps ici. Cela ne signifie pas que votre Lionel de «Mots et Maux» est infaillible. Loin de là. Hier justement : on m'a fait remarquer que récemment j'avais écrit «anAsthéisiste». Taïeb Moalla (auteur de l'article de ce matin), n'hésitez pas à réviser ce carnet!

Le Devoir LES ACTUALITÉS, mercredi 15 mars 2006, p. a2 Le discours de Charest était truffé de fautes Norman Delisle, PC Québec - Le gouvernement Charest entend poursuivre le combat pour la langue française, mais ce combat a connu certains ratés hier. «Nous continuerons nos efforts pour améliorer la qualité de notre langue commune, le français», a affirmé le premier ministre Jean Charest dans son message inaugural. Pourtant, on comptait une douzaine de fautes majeures dans le texte du discours d'une trentaine de pages remis à la presse au moment où M. Charest prenait la parole à l'Assemblée nationale. En page 13 du texte, on a écrit: «Si nous voulons être prospère... », oubliant l'accord de l'adjectif. Plus loin, le gouvernement se vante ainsi: «Nous avons reconfigurer le réseau de santé» au lieu de «reconfiguré». Les accords posent d'ailleurs plusieurs problèmes. On vante les «négociations globales avec plusieurs communautés innus», mais, deux lignes plus tard, on mentionne «les négociations vers un traité avec les Innues». En page 18, on mentionne que le secteur agricole «est souvent aux prises avec des problèmes sérieux liées à la santé animale», au lieu de «liés». Sur le Code des professions, on fait écrire au premier ministre: «Nous allons à cet effet déposé un projet de loi», au lieu de «déposer». En matière énergétique, on écrit: «Nous proposerons au Québécois». Les journalistes ont néanmoins pensé que la proposition s'adressera à tous les Québécois, pas à un seul. M. Charest a aussi parlé de «l'exercice pleine et entière de nos compétences». Les rédacteurs du texte apprendront avec plaisir que le terme «exercice» est masculin et qu'on aurait dû lire «l'exercice plein et entier». Le discours parle aussi «des régions du monde ou nos entreprises effectuent des percées». Ici, c'est l'accent grave sur le «u» qui a malheureusement sauté. Dans son discours, M. Charest a néanmoins vanté les Québécois pour avoir «préservé notre langue et notre culture alors que nous étions encerclés par une autre langue et une autre culture».
 
 
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