
L'expression «
grand bâtisseur», titre ronflant décerné en fin de semaine au chef libéral même si ce dernier est encore en exercice, a mis le premier ministre dans l'embarras dimanche et toute la semaine à l'Assemblée nationale. Hier, M. Charest semblait supplier le ministre Whissell de lui épargner un autre dégoulinant hommage, lors de la
conférence de presse soulignant l'adoption de la loi 25. Le premier ministre, qui affectionne la formule de Talleyrand souvent utilisée par Jacques Parizeau «
Tout ce qui est exagéré est insignifiant», a compris que l'excès d'enthousiasme (et la frustration devant le peu de couverture du coup d'envoi du projet de la Romaine) a conduit ses communicateurs à commettre une faute de goût, laquelle a jeté un malaise dans
ses propres troupes. Des synonymes et des équivalents de «
grand bâtisseur» se sont multipliés au salon bleu. C'est une stratégie rhétorique que M. Charest connaît bien, celle de la «
girouette»... Le leader parlementaire Stéphane Bédard a par exemple désigné M. Charest ainsi: «
grand timonier» (Mao), «
grand manitou» (Max Gros-Louis?). Selon mes sources, d'autres titres d'honneur seront lâchés dès aujourd'hui en chambre. Lesquels? Je parierais sur «
Lider Maximo» (Castro), «
Petit père des peuples» (Staline). Et si le PQ et l'ADQ sont vraiment audacieux, ils pourraient évoquer les sympathiques sobriquets du chef roumain Nicolae Ceausescu (Photo) : le «
Conducator» (guide), le «
Génie des Carpates» ou mieux encore, le «
Danube de la pensée». Imaginez: Jean Charest, «
Génie des Laurentides», «
Saint-Laurent de la pensée». Pour une liste de surnoms glorifiant, voir
ici.
/ AJOUT : Le
Globe and Mail évoque le dictateur nord-coréen :
«
There was something uncomfortably Kim Jong-il-ish about the massive "Great Builder of Quebec" billboards that provincial Liberals erected in honour of Jean Charest at their general council meeting last weekend.»