Dépolitiser : ce mot, utilisé de plus en plus par les politiciens eux-mêmes (en campagne électorale de 2008,
c'était le mot-clé, j'en ai déjà parlé), confirme ainsi qu'ils ont intériorisé l'idée que la politique était par définition sale, partisane, petite. Qu'il n'y avait pas d'autres politiques possibles. Encore récemment, dans son
communiqué sur le fameux projet de loi instaurant un code d'éthique et un
Commissaire à l'éthique, on peut lire : «
Avec ce projet de loi, le gouvernement prend l'initiative de dépolitiser tout le débat. Les Québécois n'ont pas à subir les conséquences d'un jeu partisan de la part des partis d'opposition». Des propos qu'on attribuait au ministre si peu
dépolitisé, Jacques P. Dupuis. (Image, couverture du livre d'Emmanuel Todd,
Après la démocratie, Gallimard)