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Mots et maux de la politique Éditorialiste et responsable des débats d'idées, Antoine Robitaille scrute les mots et expressions qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique.
Il a aussi la responsabilité du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes.

Le «court-termisme» ou la tyrannie du court terme

image «Court-termisme» : l'expression est de Tommaso Padoa-Schioppa, ancien ministre italien. Il la définit dans la dernière livraison de Commentaire. C'est l'essayiste Alain-Gérard Slama qui en a parlé dans sa chronique de lundi sur France-Culture. C'est un phénomène essentiellement psychologique qui consiste à concentrer toute son attention et son activité sur le présent. La conséquence de cet état d'esprit, c'est l'incapacité de se projeter dans l'avenir. Nulle surprise que l'on néglige l'épargne et que la dernière bulle financière et économique qui vient d'exploser fut celle du «développement sans épargne». Autre dimension présentée par Slama :

les gouvernements ne bénéficient plus de toute la durée de leur mandat. Leur légitimité est courte, elle doit être constamment «retrempée» dans les sondages. Il devient du même coup très aventureux de «planifier une politique économique pluriannuelle». En plus, le pouvoir en exercice a besoin d'une économie en constante croissance avec à chaque étape, à court terme, un horizon. Padoa-Schioppa développe même une comparaison entre l'impact des sondages instantanés sur la politique et les normes comptables contemporaines qui reposent sur le principe du cour du marché. La valeur de l'entreprise se trouve évaluée de manière instantanée et d'une manière générale le fait que les actifs soient négociés en permanence en fonction de l'évolution possible de leur valeur dans le futur proche. «Notre vitesse est passée de 10 à 100 miles à l'heure, mais nos phares éclairent toujours la même portion de la route», dit Tommaso Padoa-Schioppa.
 
 
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