La p'lotte et le moine
Une dame Sarah Lemoine, de Radio-France, m'envoie un courriel ce matin : «Je me permets de vous contacter au sujet de votre article Un écart de langage qui intrigue mis en ligne sur le site internet du Devoir. Je prépare une revue de presse internationale qui sera diffusée ce week-end et j'aurais souhaité mentionner votre article, malheureusement inaccessible pour les non-abonnés au Devoir.» J'ai accepté, bien entendu, après lui avoir suggéré de s'abonner à notre canard indépendant. Puis j'ai cédé à un plaisir un peu narquois. Je lui réponds : «En passant, tant qu'à être dans l'esprit, votre patronyme me fait penser à une autre expression québécoise "se pogner le moine". M. Charest aurait donc pu répondre à M. Lasbordes : «Non, je n'ai pas la p'lotte à terre. Mais il est vrai que je ne me suis pas pogné le moine , dans la ville lumière.» Ajout, 8h56, Mme Lemoine me répond : «Maintenant que nous sommes quasiment intimes, permettez moi de vous apprendre -à mon tour- une expression dont l'origine m'est inconnue" : chez nous, on dit "Haro sur la bitaille". Peut-être a -t-elle une origine québécoise? Pourriez vous la soumettre à vos linguistes?» En attendant d'avoir la réponse, il semble qu'on puisse traduire «se pogner le moine» en français hexagonal par «coincer la bulle». Autre ajout, 15h02 : Mme Lemoine m'envoie ce courriel, à se rouler par terre : «Après discussion au sein de la rédaction, voilà la définition que je vous propose : Il y a plusieurs siècles, dans le sud de la France, la tradition voulait que les jeunes hommes soient exposés nus -une fois par an- sous les yeux des jeunes vierges. Elles devaient élire celui qui promettait le moins de vigueur. Elles s'écriaient alors : "Haro sur la bitaille". Cordialement... PS : Une très grande honnêteté m'oblige à vous préciser - tout de même - que tout ceci provient du fruit de notre imagination...» HA !
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