
J'aime les carnets et les blogues. Mais on y trouve souvent un discours sur une prétendue supériorité des blogues «
citoyens» sur les «médias traditionnels» qui m'exaspère par sa stupidité. Je vous donne un exemple presque caricatural : ce matin, un blogueur, fier de sa découverte, m'écrit par courriel pour m'inciter à venir sur sa page voir une photo d'un homme célèbre «poursuivi actuellement par son ex». Il soutenait avoir le «plaisir de libérer les journalistes du malaise de ne pouvoir révéler le nom» du monsieur! Incroyable, car ce faisant, il violait —par son courriel et son entrée blogue— une ordonnance de non-publication du tribunal. Il s'exposait à un outrage au tribunal, en plus de risquer une poursuite potentielle pour atteinte à la vie privée. Cerise sur le gâteau : le blogueur induisait ses lecteurs en erreur puisqu'il se trompait sur l'identité de la plaignante. Je l'ai questionné par courriel : «
Qu'est-ce qui vous fait croire que, parce que vous publiez sur Internet, vous n'êtes pas soumis aux lois?» Il ne m'a pas répondu. Au bas de l'entrée du blogueur, se trouvait cet encouragement d'un autre blogueur —lequel a déjà
utilisé un carnet sous une fausse identité pour s'adonner à la diffamation. Il félicitait le type pour son «scoop» : «
Blogues 1 - Médias traditionnels 0 … encore une fois! Bravo!» Bravo de violer les ordonnances du tribunal? Pour faire du journalisme «citoyen», il faudrait se foutre du système judiciaire? J'ai déjà eu un petit
échange en lien avec ce sujet avec Olivier Niquet, de Cent Papiers.