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Mots et maux de la politique Correspondant du Devoir à l'Assemblée nationale, le journaliste Antoine Robitaille s'intéresse aux mots qui sortent de la bouche des acteurs de la classe politique. Il est aussi à l'origine du Devoir de philo, une série de textes inspirés des idées des grands philosophes qui trouve aussi son écho dans ce carnet.

Au niveau d'André Riedl

image Depuis qu'André Riedl a traversé le parquet de la chambre vers les banquettes libérales, plusieurs lecteurs m'ont demandé qui il est. Il occupait le poste de critique en matière de Relations internationales, dossier dont je suis responsable au journal. Je me souviens d'une de ses déclarations (retrouvée ici), lors de la dernière étude des crédits du ministère: «Mme la Présidente, je reste sur mon appétit au niveau de sentir une volonté de la part de la ministre [Gagnon-Tremblay] de développer l'activité économique des délégations du Québec.» Gageons que le nouveau libéral dira maintenant «qu'au niveau de sentir une volonté», eh bien... désormais, il la sent. Ah, «au niveau»!

L’écrivain français Renaud Camus s'en moque magnifiquement. Il est utilisé de façon délirante non seulement au Québec, mais en France. R. Camus écrivait, dans Répertoire des délicatesses du français contemporain : «Au niveau de a été parfaitement et très tôt repéré comme scie, et même comme scie des scies, comme emblème même de la scies. Au niveau de a été, avec quelque part comme seul rival sérieux, le stéréotype roi des années soixante, soixante-dix et quatre vingt. […] Mais l’expression se porte encore assez bien, hélas, malgré toutes les dénonciations et les quolibets qui se sont abattus sur elle depuis trente ans.» Au niveau, c'est une sorte de maladie. Au niveau suscite la créativité. L'ancien collègue adéquiste de M. Riedl, Claude Roy, avait un jour déclaré : «Je l'ai dit à maintes reprises, comme j'ai eu la chance de passer ma vie au niveau de la nature et d'en vivre, aujourd'hui, je suis particulièrement fier de pouvoir participer à ma première journée de la Terre.» Au niveau de la nature?
 
 
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